Revision sheet: Introduction au droit de la concurrence

Plan du Cours

  1. Droit de la concurrence et droit des marchés
  2. Concurrence déloyale : notion et contours
  3. Protection des concurrents par le droit commercial
  4. Transparence tarifaire dans les négociations
  5. Notion de marchĂ© et d’opĂ©rateur
  6. Coexistence droit français et droit européen
  7. ContrĂŽle ex ante des concentrations : domaine
  8. Procédure de contrÎle des concentrations
  9. Ententes et abus de position dominante
  10. Accords verticaux : franchise, concession, distribution sélective
  11. Accords horizontaux : rapprochements géographiques et structurels
  12. Distributeurs pour leur propre compte et commissionnaires

1. Droit de la concurrence et droit des marchés

Notions clés & Définitions

  • Droit de la concurrence dĂ©loyale : Droit civil de la concurrence qui sanctionne des comportements fautifs entre opĂ©rateurs pour protĂ©ger leurs activitĂ©s Ă©conomiques.
  • Droit des marchĂ©s concurrentiels : Droit de l’UE centrĂ© sur la concurrence comme mĂ©canisme Ă©conomique, visant le bon fonctionnement du marchĂ© plutĂŽt que la rivalitĂ© entre concurrents.
  • AutoritĂ© de la concurrence : AutoritĂ© administrative indĂ©pendante française chargĂ©e d’enquĂȘter et de sanctionner en matiĂšre de concurrence, avec des pouvoirs proches d’une juridiction.
  • Concurrence : Notion Ă©conomique de rivalitĂ© entre opĂ©rateurs, pouvant aussi dĂ©signer un modĂšle de marchĂ© fondĂ© sur l’absence d’intervention Ă©tatique et la compĂ©tition.
  • Concurrence pure et parfaite : ModĂšle Ă©conomique dĂ©crivant un marchĂ© trĂšs efficient, supposant atomisation, transparence/libertĂ© d’accĂšs et produits homogĂšnes.

Points essentiels

  • Le droit de la concurrence est prĂ©sentĂ© comme un ensemble Ă©clatĂ© entre concurrence dĂ©loyale et marchĂ©s concurrentiels, avec des finalitĂ©s et des mĂ©canismes distincts.
  • Le droit des marchĂ©s concurrentiels s’appuie davantage sur des outils autonomes issus du droit de l’UE que sur les logiques strictement civiles.
  • L’objectif concret du droit de la concurrence varie selon les rĂšgles, et s’identifie en pratique via la jurisprudence, les lignes directrices et la lĂ©gislation.
  • Le droit de la concurrence mobilise des sources et matiĂšres multiples (droit matĂ©riel et institutionnel de l’UE, droit administratif, parfois droit processuel).
  • La concurrence est dĂ©finie d’abord comme rivalitĂ© d’intĂ©rĂȘts entre opĂ©rateurs pour capter la clientĂšle, puis comme systĂšme Ă©conomique sans intervention de l’État limitant l’industrie et le commerce.
  • Pour les Ă©conomistes, la concurrence a une valeur instrumentale : elle tend Ă  amĂ©liorer le bien-ĂȘtre collectif via baisse des prix et amĂ©lioration de la qualitĂ©, et stimule l’innovation par la diffĂ©renciation des offres.

Astuce mémo

Concurrence = RivalitĂ© (capter) puis ModĂšle (libertĂ© sans État) ; CPP = Atomisation + Transparence/accĂšs + HomogĂ©nĂ©itĂ©.

2. Concurrence déloyale : notion et contours

Notions clés & Définitions

  • Concurrence dĂ©loyale : La concurrence dĂ©loyale est une responsabilitĂ© civile fondĂ©e sur un comportement fautif d’un opĂ©rateur qui perturbe le jeu concurrentiel au dĂ©triment d’un concurrent.
  • Concurrent raisonnable : Le concurrent raisonnable est le modĂšle de rĂ©fĂ©rence utilisĂ© pour apprĂ©cier si le comportement du dĂ©fendeur s’écarte de ce qui serait admis dans une conduite loyale.
  • PrĂ©somption de prĂ©judice : La prĂ©somption de prĂ©judice est un mĂ©canisme probatoire qui facilite l’établissement du dommage en matiĂšre de concurrence dĂ©loyale.
  • Risque de confusion : Le risque de confusion est la probabilitĂ© que le public attribue Ă  tort l’origine ou l’identitĂ© d’un produit ou service Ă  un concurrent, sans exiger une confusion effective.
  • DĂ©nigrement : Le dĂ©nigrement est la diffusion d’informations pĂ©joratives visant Ă  jeter le discrĂ©dit sur un concurrent, ses produits ou ses prestations.

Points essentiels

  • La faute s’apprĂ©cie par comparaison avec le comportement d’un concurrent raisonnable, et non par une simple rĂ©fĂ©rence figĂ©e aux usages de la profession.
  • L’action en concurrence dĂ©loyale suppose un prĂ©judice, et la jurisprudence retient classiquement une prĂ©somption simple de prĂ©judice.
  • La prĂ©somption de prĂ©judice vise Ă  pallier la difficultĂ© d’identifier concrĂštement l’atteinte (ex. captation de clientĂšle) lorsque le dommage est difficile Ă  quantifier.
  • Le juge exige aussi un lien de causalitĂ© entre la faute et le prĂ©judice, notamment en montrant une relation avec la perte de clientĂšle ou la perturbation commerciale.
  • En sanctions, la rĂ©paration peut ĂȘtre demandĂ©e en nature (ex. publication d’un extrait du jugement) et/ou par Ă©quivalent (dommages-intĂ©rĂȘts).
  • Pour certains contentieux, la jurisprudence admet d’évaluer les dommages-intĂ©rĂȘts au regard du profit rĂ©alisĂ© par le dĂ©fendeur, tout en restant possible d’établir l’absence de prĂ©judice dans des cas ultĂ©rieurs.

Astuce mémo

Faute = écart au concurrent raisonnable ; Préjudice = présumé (simple) ; Imitation = risque de confusion ; Dénigrement = malveillance ; Sanction = réparer (souvent + profit).

3. Protection des concurrents par le droit commercial

Notions clés & Définitions

  • Clause de non-concurrence : Clause contractuelle qui interdit au dĂ©biteur d’exercer une activitĂ© concurrente pendant une pĂ©riode et sur un territoire dĂ©terminĂ©s.
  • Non-concurrence post-contractuelle : Non-concurrence prĂ©vue aprĂšs la fin du contrat, notamment dans les contrats de travail, soumise Ă  des exigences spĂ©cifiques.
  • ProportionnalitĂ© : Exigence selon laquelle l’étendue de la non-concurrence doit rester adaptĂ©e aux intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes du crĂ©ancier, sans excĂšs.
  • Convention rĂ©capitulative : Document imposĂ© en droit commercial pour tracer ce qui a Ă©tĂ© nĂ©gociĂ© entre distributeur et fournisseur, notamment le lien entre prix et conditions.
  • Pratiques dĂ©loyales : Comportements d’entreprises dans leurs relations commerciales prohibĂ©s par le code de commerce, visant Ă  Ă©viter des dĂ©sĂ©quilibres au dĂ©triment des partenaires.

Points essentiels

  • En matiĂšre de non-concurrence, la validitĂ© dĂ©pend notamment de la limitation dans le temps et dans l’espace, avec une zone identifiĂ©e correspondant Ă  l’activitĂ© du crĂ©ancier.
  • Une clause trop large territorialement peut ĂȘtre jugĂ©e non valable si le crĂ©ancier n’est implantĂ© que sur une partie du territoire alors que la clause interdit sur tout le territoire national.
  • La non-concurrence doit ĂȘtre raisonnable dans sa durĂ©e, et une durĂ©e excessive peut conduire Ă  une rĂ©duction plutĂŽt qu’à une application intĂ©grale.
  • En droit du travail, la non-concurrence post-contractuelle exige une rĂ©munĂ©ration du salariĂ© qui s’engage Ă  ne pas concurrencer son ancien employeur.
  • La sanction de l’inexĂ©cution d’une obligation de non-concurrence s’analyse avec les mĂ©canismes de droit commun de l’inexĂ©cution (notamment dommages-intĂ©rĂȘts, et parfois exĂ©cution forcĂ©e).
  • En cas de preuve de la concurrence, les dommages-intĂ©rĂȘts peuvent ĂȘtre accordĂ©s sans que le prĂ©judice soit dĂ©montrĂ©, car le manquement suffit Ă  caractĂ©riser l’atteinte.

Astuce mémo

Non-concurrence = Temps + Espace + Proportion + (travail) Rémunération.

4. Transparence tarifaire dans les négociations

Notions clés & Définitions

  • Police des prix : La police des prix dĂ©signe l’ensemble des rĂšgles qui encadrent les pratiques tarifaires pour Ă©viter des distorsions entre opĂ©rateurs sur un mĂȘme marchĂ©.
  • Revente Ă  perte : La revente Ă  perte est l’interdiction faite aux commerçants de revendre (ou d’annoncer la revente) d’un produit en l’état Ă  un prix infĂ©rieur Ă  son prix d’achat effectif.
  • Prix d’achat effectif : Le prix d’achat effectif est le prix unitaire net de facture ajustĂ© par des minorations d’avantages financiers et des majorations de taxes et coĂ»ts liĂ©s Ă  la revente.
  • Pratiques restrictives de concurrence : Les pratiques restrictives de concurrence regroupent des comportements contractuels qui portent atteinte Ă  la concurrence et engagent la responsabilitĂ© de leur auteur.
  • Transparence contractuelle : La transparence contractuelle correspond Ă  la formalisation des nĂ©gociations et Ă©tapes du contrat afin de produire des traces utiles en cas de contentieux.

Points essentiels

  • La transparence tarifaire contribue Ă  prĂ©server l’équilibre contractuel et donc la concurrence entre opĂ©rateurs sur un mĂȘme marchĂ©.
  • La revente Ă  perte est sanctionnĂ©e par l’article L442-5 du code de commerce lorsqu’un commerçant revend ou annonce une revente Ă  un prix infĂ©rieur au prix d’achat effectif.
  • L’amende prĂ©vue pour la revente Ă  perte est de 75 000 € lorsque le prix est infĂ©rieur au prix d’achat effectif.
  • Le prix d’achat effectif se calcule Ă  partir du prix unitaire net de facture, minorĂ© des avantages financiers consentis (exprimĂ©s en %), puis majorĂ© des taxes et coĂ»ts spĂ©cifiques (dont transport).
  • La revente Ă  perte vise la revente d’un produit en l’état, et les exceptions doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es restrictivement.
  • Le droit des pratiques restrictives de concurrence repose sur une logique de responsabilitĂ© et permet notamment d’obtenir cessation du comportement ou de la clause, ainsi que des dommages-intĂ©rĂȘts et, depuis 2019, l’annu

Astuce mémo

Transparence = traces : facture + réductions + taxes, puis preuve en contentieux.

5. Notion de marchĂ© et d’opĂ©rateur

Notions clés & Définitions

  • MarchĂ© concurrentiel : Le marchĂ© concurrentiel est l’espace Ă©conomique oĂč s’affrontent des entreprises, et oĂč le droit vise Ă  prĂ©server une concurrence effective.
  • OpĂ©rateur Ă©conomique : L’opĂ©rateur Ă©conomique dĂ©signe une entreprise ou un acteur qui intervient sur le marchĂ© par des activitĂ©s de production, distribution ou services.
  • Puissance de marchĂ© : La puissance de marchĂ© est la capacitĂ© d’un opĂ©rateur Ă  influencer les conditions de concurrence, notamment les prix et l’accĂšs au marchĂ©.
  • Concentration du marchĂ© : La concentration du marchĂ© correspond au regroupement d’opĂ©rateurs, susceptible de rĂ©duire le nombre d’acteurs et d’affaiblir la concurrence.

Points essentiels

  • Le droit des marchĂ©s concurrentiels protĂšge la concurrence pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre des consommateurs, notamment via des prix plus bas et une meilleure qualitĂ©.
  • La concurrence suppose un marchĂ© libre, c’est-Ă -dire sans blocage par l’État ou par des opĂ©rateurs capables de limiter la capacitĂ© des autres Ă  baisser leurs prix ou Ă  innover.
  • Le risque d’une concentration excessive est analysĂ© par l’école structuraliste (Harvard) : prix supra-concurrentiels, baisse d’innovation et ententes possibles.
  • À l’inverse, l’école de Chicago voit des effets potentiellement positifs Ă  la concentration : Ă©conomies d’échelle, accĂšs Ă  un territoire plus large et capacitĂ© d’innovation.
  • Le contrĂŽle des opĂ©rations de concentration intervient en amont, avant que l’atteinte Ă  la concurrence ne se produise.
  • Le contrĂŽle des comportements intervient plutĂŽt en aval, par exemple pour sanctionner un abus de position dominante.

Astuce mémo

Structuralistes : trop concentrĂ© = prix trop hauts + moins d’innovation + ententes ; Chicago : gros = Ă©conomies d’échelle + innovation.

6. Coexistence droit français et droit européen

Notions clés & Définitions

  • Droit des marchĂ©s concurrentiels : Ensemble des rĂšgles visant Ă  protĂ©ger la concurrence sur les marchĂ©s, notamment contre les effets nĂ©fastes des comportements des opĂ©rateurs.
  • Analyse Ă©conomique du droit : Discipline qui mobilise des concepts Ă©conomiques pour expliquer ou orienter des rĂšgles juridiques, en particulier en matiĂšre de concurrence.
  • Bien-ĂȘtre des consommateurs : Objectif Ă©conomique souvent prĂ©sentĂ© comme finalitĂ© du droit de la concurrence, associĂ© Ă  la baisse des prix et Ă  l’amĂ©lioration de la situation des acheteurs.
  • Entreprise : Notion centrale du droit de la concurrence, dĂ©signant une entitĂ© exerçant une activitĂ© Ă©conomique indĂ©pendamment de sa forme juridique ou de son financement.
  • Guichet unique : MĂ©canisme de rĂ©partition des compĂ©tences en matiĂšre de concentrations, permettant qu’une seule autoritĂ© traite le dossier au niveau europĂ©en ou national.

Points essentiels

  • Le droit des marchĂ©s concurrentiels vise l’incidence des comportements sur le marchĂ©, contrairement Ă  la concurrence dĂ©loyale qui peut sanctionner sans atteinte au marchĂ©.
  • L’analyse Ă©conomique du droit s’est renforcĂ©e en concurrence car l’approche purement juridique Ă©tait jugĂ©e trop abstraite face Ă  la rĂ©alitĂ© Ă©conomique.
  • La logique dominante associe le droit de la concurrence Ă  la protection du consommateur contre l’usage du pouvoir de marchĂ© au dĂ©triment des acheteurs.
  • Les critiques de l’analyse Ă©conomique portent notamment sur l’instabilitĂ© liĂ©e aux raisonnements dĂ©pendant des faits, et sur l’abstraction des modĂšles et des donnĂ©es.
  • Le droit europĂ©en et le droit français poursuivent des objectifs qui peuvent diverger, ce qui peut crĂ©er des frictions entre niveaux de contrĂŽle.
  • En matiĂšre de concentrations, la compĂ©tence se rĂ©partit selon des seuils et une logique de guichet unique : notification soit Ă  la Commission europĂ©enne, soit Ă  l’AutoritĂ© de la concurrence française.

Astuce mémo

Concurrence = MarchĂ© touchĂ© ; Économie = modĂšles contestĂ©s ; Europe = guichet unique.

7. ContrĂŽle ex ante des concentrations : domaine

Notions clés & Définitions

  • Dimension europĂ©enne : La dimension europĂ©enne d’une opĂ©ration de concentration correspond au cas oĂč l’opĂ©ration dĂ©passe des seuils de chiffre d’affaires Ă  l’échelle mondiale et europĂ©enne et franchit les frontiĂšres d’au moins deux États.
  • Dimension nationale : La dimension nationale d’une opĂ©ration correspond au cas oĂč les critĂšres de dimension europĂ©enne ne sont pas remplis, ce qui rend compĂ©tente l’autoritĂ© nationale de concurrence.
  • Article 22 du rĂšglement 2004 : L’article 22 du rĂšglement 2004 organise un mĂ©canisme de renvoi permettant Ă  un État de demander Ă  la Commission d’examiner certaines opĂ©rations mĂȘme sans dimension europĂ©enne.
  • Killer acquisition : Une killer acquisition dĂ©signe une acquisition visant Ă  Ă©liminer un concurrent potentiel, souvent un nouvel entrant, malgrĂ© l’absence apparente de dĂ©clenchement des contrĂŽles par les seuils.
  • Changement durable de contrĂŽle : Le changement durable de contrĂŽle est le critĂšre central permettant de qualifier une opĂ©ration de concentration, car il traduit une prise d’influence dĂ©terminante sur une autre entreprise.

Points essentiels

  • La compĂ©tence dĂ©pend des seuils : si les critĂšres de dimension europĂ©enne sont dĂ©passĂ©s et que l’opĂ©ration dĂ©passe les frontiĂšres d’un seul État membre, le contrĂŽle relĂšve du cadre europĂ©en.
  • Si les critĂšres ne sont pas remplis, l’opĂ©ration relĂšve du contrĂŽle national et l’autoritĂ© française de la concurrence est compĂ©tente, notamment au titre de l’article L430-2 du code de commerce et du rĂšglement du 2 janv.
  • La logique des seuils est comptable : elle s’appuie sur les chiffres d’affaires des entreprises concernĂ©es, et non sur une logique Ă©conomique directe.
  • Pour une opĂ©ration de dimension europĂ©enne, le texte Ă©voque un seuil supĂ©rieur Ă  5 milliards d’€ et des conditions supplĂ©mentaires portant sur le chiffre d’affaires hors taxe d’au moins deux entreprises (100 000 €).
  • L’article 22 du rĂšglement 2004 permettait aux États de renvoyer Ă  la Commission des opĂ©rations non couvertes par la dimension europĂ©enne, notamment pour pallier le manque de capacitĂ©s des autoritĂ©s de certains États.
  • La pratique de la Commission a Ă©voluĂ© : depuis les annĂ©es 2010, les demandes ont Ă©tĂ© plus souvent rejetĂ©es, puis la Commission a semblĂ© rĂ©utiliser l’article 22 pour examiner des opĂ©rations sous les seuils, notamment des

Astuce mémo

Seuils → compĂ©tence : UE si chiffres d’affaires + frontiĂšres ; sinon France ; et l’article 22 sert de “porte de renvoi” pour viser les killer acquisitions.

8. Procédure de contrÎle des concentrations

Notions clés & Définitions

  • Notification de la concentration : Obligation procĂ©durale faite aux parties de saisir les autoritĂ©s de contrĂŽle lorsqu’une opĂ©ration relĂšve du contrĂŽle des concentrations.
  • Suspension de la rĂ©alisation : Mesure procĂ©durale imposant de ne pas exĂ©cuter l’opĂ©ration tant que l’autoritĂ© de contrĂŽle n’a pas statuĂ©, afin d’éviter le fait accompli.
  • ContrĂŽle rapide : ProcĂ©dure d’examen initiale permettant Ă  l’autoritĂ© de dĂ©cider rapidement d’un feu vert ou d’un passage Ă  une enquĂȘte approfondie.
  • EnquĂȘte approfondie : Phase d’examen plus longue destinĂ©e Ă  analyser en dĂ©tail les effets concurrentiels et Ă  confronter risques et intĂ©rĂȘts de la concentration.
  • Engagements de comportement : Concessions proposĂ©es pendant la procĂ©dure pour limiter les atteintes Ă  la concurrence en modifiant des pratiques, notamment contractuelles.

Points essentiels

  • Si l’opĂ©ration relĂšve du contrĂŽle europĂ©en ou national, les parties doivent notifier et suspendre la rĂ©alisation pour permettre un contrĂŽle effectif avant l’exĂ©cution.
  • En cas d’absence de notification, les sanctions peuvent atteindre 5 Ă  10% du chiffre d’affaires et la concentration peut ĂȘtre remise en cause, ce qui rend la notification quasi systĂ©matique.
  • AprĂšs la notification, la demande d’autorisation est publiĂ©e pour permettre aux tiers intĂ©ressĂ©s de formuler des remarques avant l’examen au fond.
  • Lors du contrĂŽle rapide, l’autoritĂ© peut dĂ©cider en 25 jours de valider l’opĂ©ration ou d’ouvrir une procĂ©dure plus approfondie en cas de doute sĂ©rieux.
  • La phase 2 dure 90 jours en droit europĂ©en et 75 jours en droit interne et se conclut par un refus, une autorisation totale ou une autorisation sous conditions.
  • Les autoritĂ©s dialoguent avec les entreprises pendant la procĂ©dure pour obtenir des garanties et rĂ©duire les risques concurrentiels, l’interdiction restant l’issue lorsque aucun accord n’est trouvĂ©.

Astuce mémo

Notification + suspension = contrÎle réel avant fusion.

9. Ententes et abus de position dominante

Notions clés & Définitions

  • Accords verticaux : Les accords verticaux sont des ententes conclues entre des acteurs situĂ©s Ă  des niveaux diffĂ©rents de la chaĂźne de distribution, comme fournisseur et distributeur.
  • RĂšglement d’exemption 2022 : Le rĂšglement d’exemption 2022 encadre les restrictions verticales pouvant bĂ©nĂ©ficier d’une prĂ©somption de validitĂ© sous conditions prĂ©cises.
  • Soft law : La soft law dĂ©signe des instruments non contraignants qui orientent l’interprĂ©tation sans imposer directement une obligation juridique.
  • Article 102 TFUE : L’article 102 TFUE interdit les pratiques abusives liĂ©es Ă  l’exploitation d’une position dominante sur le marchĂ© intĂ©rieur.
  • Concurrence par l’émĂ©rite : La concurrence par l’émĂ©rite dĂ©signe une logique oĂč l’éviction d’un concurrent n’est acceptable que si elle repose sur le mĂ©rite et non sur des pratiques anormales.

Points essentiels

  • Les accords sĂ©lectifs et la franchise peuvent ĂȘtre prĂ©sentĂ©s comme favorables au consommateur via un meilleur niveau de service et d’assistance aprĂšs vente.
  • Le rĂšglement d’exemption 2022 repose sur une prĂ©somption de validitĂ© pour les accords contenant des restrictions verticales, prĂ©somption pouvant ĂȘtre retirĂ©e.
  • La prĂ©somption ne joue pas si le distributeur et le fournisseur dĂ©passent le seuil de 30% chacun sur leurs marchĂ©s respectifs.
  • La prĂ©sence d’une clause noire listĂ©e dans le rĂšglement fait tomber la prĂ©somption de validitĂ©.
  • Une clause noire typique interdit ou redirige la vente Ă  certaines catĂ©gories de clients, ce qui empĂȘche l’application de la prĂ©somption.
  • La prĂ©sence d’une clause rouge empĂȘche aussi la prĂ©somption, mĂȘme si les parts de marchĂ© restent sous le seuil, avec exemple de prix imposĂ©s sur une marketplace par rapport au site propre (Amazon).

Astuce mémo

Accords verticaux = présomption sous 3 filtres : 30% chacun, pas de clause noire, pas de clause rouge.

10. Accords verticaux : franchise, concession, distribution sélective

Notions clés & Définitions

  • Accords verticaux : Accords verticaux : accords conclus entre un fournisseur et un distributeur pour organiser la distribution des biens ou services.
  • Franchise : Franchise : contrat par lequel le franchiseur permet au franchisĂ© de rĂ©itĂ©rer une activitĂ© Ă©conomique grĂące Ă  des signes distinctifs et un savoir-faire.
  • Savoir-faire : Savoir-faire : ensemble d’informations pratiques, non brevetĂ©es, permettant de reproduire une activitĂ© et d’en tirer un succĂšs Ă©conomique.
  • Concession : Concession : contrat fondĂ© sur une exclusivitĂ© territoriale accordĂ©e Ă  un concessionnaire pour la livraison de biens ou services.
  • Distribution sĂ©lective : Distribution sĂ©lective : accord vertical limitant le nombre de distributeurs selon des critĂšres plutĂŽt qualitatifs que gĂ©ographiques.

Points essentiels

  • La franchise est rĂ©gie en droit français par le droit commun des contrats, sans rĂ©gime spĂ©cial dĂ©diĂ©.
  • En droit de l’UE, la franchise est surtout apprĂ©hendĂ©e via le prisme des accords verticaux de concurrence et des exemptions.
  • Le contrat de franchise suppose la transmission de signes distinctifs (marque, nom commercial, enseigne, dessins) et d’un savoir-faire.
  • Le savoir-faire n’a pas de dĂ©finition lĂ©gale en droit français et est dĂ©crit comme un ensemble d’informations secret relatif, substantiel et pratique.
  • Le franchiseur doit fournir des informations prĂ©contractuelles au franchisĂ© au moins 20 jours avant la signature du contrat.
  • La jurisprudence refuse en principe d’imposer au franchiseur de communiquer une Ă©tude de marchĂ© prĂ©sentant les perspectives d’activitĂ© du concept au franchisĂ©, mais apprĂ©cie l’erreur selon sa raisonnabilitĂ© et la crĂ©dulĂŻ

11. Accords horizontaux : rapprochements géographiques et structurels

Notions clés & Définitions

  • Accords horizontaux : Accords entre opĂ©rateurs situĂ©s au mĂȘme niveau de la chaĂźne de valeur, visant un rapprochement d’activitĂ© plutĂŽt qu’une relation verticale.
  • Rapprochement gĂ©ographique : Rapprochement entre entreprises proches dans l’espace, qui peut concerner grossistes comme dĂ©taillants et produire des rĂšgles spĂ©cifiques.
  • Groupement de grossistes : Organisation de grossistes rĂ©unis pour exercer collectivement la distribution vers des dĂ©taillants, parfois dans un cadre de marchĂ© d’intĂ©rĂȘt national.
  • MarchĂ© d’intĂ©rĂȘt national : Service public de gestion de marchĂ© dĂ©fini par le code de commerce, offrant des services collectifs adaptĂ©s aux produits agricoles et alimentaires.
  • Centre commercial : Lieu d’exploitation oĂč plusieurs commerçants se rĂ©unissent pour vendre des produits et services, avec une organisation et des rĂšgles propres.

Points essentiels

  • Les rapprochements horizontaux se structurent en deux logiques distinctes : gĂ©ographique ou par crĂ©ation d’une structure commune.
  • Les grossistes peuvent agir isolĂ©ment, mais aussi au sein de groupements ou de marchĂ©s d’intĂ©rĂȘt national.
  • Le marchĂ© d’intĂ©rĂȘt national est un pĂ©rimĂštre encadrĂ© par des rĂšgles propres, avec un exemple typique : Rungis.
  • Les rapprochements de dĂ©taillants peuvent ĂȘtre ponctuels (foires et salons) ou durables (centres commerciaux).
  • Sur les foires et salons, la vente sur place peut influencer l’application de certaines rĂšgles, notamment en matiĂšre de consommation.
  • Un centre commercial repose souvent sur une sociĂ©tĂ© d’exploitation et sur un bail commercial, avec des clauses visant la cohĂ©rence Ă©conomique du centre.

Astuce mémo

GĂ©o = proche dans l’espace (grossistes/dĂ©taillants) ; Structure = organisation commune (centre, rĂšgles, cohĂ©rence).

12. Distributeurs pour leur propre compte et commissionnaires

Notions clés & Définitions

  • Centre commercial : Un centre commercial est un ensemble de locaux exploitĂ©s via un bail commercial, avec des clauses organisant la vie Ă©conomique du site.
  • Association de commerçants : Une association de commerçants est une structure créée pour organiser des actions de promotion commerciale communes aux commerçants du centre.
  • RĂšglement intĂ©rieur : Le rĂšglement intĂ©rieur fixe les rĂšgles auxquelles les commerçants se soumettent pour exercer leur activitĂ© dans le cadre de l’association.
  • Distributeurs pour leur propre compte : Les distributeurs pour leur propre compte agissent en leur nom et pour leur intĂ©rĂȘt, sans agir comme reprĂ©sentants d’autrui.
  • Contrat de commission : Le contrat de commission est un contrat oĂč le commissionnaire agit en son nom propre pour le compte d’un commettant.

Points essentiels

  • L’exploitation d’un centre commercial repose souvent sur un bail commercial assorti de clauses visant notamment la cohĂ©rence Ă©conomique du centre.
  • Des clauses peuvent ĂȘtre prĂ©vues pour limiter la concurrence entre certains locataires du centre commercial.
  • L’ouverture ou l’extension d’un centre commercial n’est pas libre : des institutions examinent le projet au regard de facteurs Ă©conomiques, sociaux et environnementaux.
  • Les opĂ©rateurs de rĂ©seaux peuvent se rapprocher gĂ©ographiquement pour amĂ©liorer l’efficacitĂ© de la distribution des biens et services.
  • Le commissionnaire agit en son nom propre pour le compte d’un commettant, ce qui caractĂ©rise la qualification du contrat de commission.
  • Le secret de l’identitĂ© du commettant est l’élĂ©ment central du contrat de commission ; s’il est rĂ©vĂ©lĂ© dĂšs la nĂ©gociation, on bascule vers le droit commun du contrat concernĂ© (logique de reprĂ©sentation).

Astuce mémo

Centre commercial = bail + clauses + association ; Commissionnaire = nom propre, compte d’autrui (secret du commettant).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1883Convention de Paris : dĂ©finition de l’acte de concurrence dĂ©loyale comme acte contraire aux usages honnĂȘtes en matiĂšre industrielle et commerciale
1890Adoption du Sherman Act aux États-Unis pour rĂ©primer les trop grandes concentrations
mai 2022Affaire citĂ©e : le bien-ĂȘtre des consommateurs prĂ©sentĂ© comme objectif ultime du droit de la concurrence

Tableaux de synthĂšse

Deux sens de la concurrence

SensIdée centraleFinalité du droit
1RivalitĂ© d’intĂ©rĂȘts et compĂ©tition pour capter la clientĂšleDroit des concurrents (concurrence dĂ©loyale)
2SystĂšme Ă©conomique sans intervention de l’État, coalitions de producteurs assimilĂ©es Ă  des dĂ©litsProtection du modĂšle concurrentiel (droit des marchĂ©s concurrentiels)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre concurrence dĂ©loyale et droit des marchĂ©s concurrentiels : la premiĂšre vise des comportements fautifs entre concurrents, le second vise l’incidence sur le marchĂ©.
  2. Croire que la concurrence dĂ©loyale exige une concurrence directe entre demandeur et dĂ©fendeur : la JP admet que la clientĂšle d’un tiers peut ĂȘtre indiffĂ©rente.
  3. MĂ©langer imitation et agression : l’imitation vise la confusion (risque de confusion), l’agression vise le dĂ©tournement/dĂ©nigrement/dĂ©sorganisation.
  4. Penser que la confusion doit ĂȘtre prouvĂ©e comme effective : le cours insiste sur le risque de confusion (probatoire plus lĂ©ger).
  5. Oublier la trilogie de responsabilité en concurrence déloyale : faute + préjudice (présumé simple) + lien de causalité.
  6. Confondre dĂ©sĂ©quilibre significatif et avantage sans contrepartie/disproportion manifeste : le premier exige surtout la non-nĂ©gociabilitĂ© et un dĂ©sĂ©quilibre, le second vise l’absence de contrepartie ou la disproportion.
  7. Confondre abus de position dominante et entente : l’abus est un comportement individuel d’une entreprise dominante, l’entente suppose un accord de volontĂ© entre entreprises indĂ©pendantes.

Checklist Examen

  1. Expliquer les deux sens de la concurrence et distinguer les finalités/mécanismes du droit de la concurrence déloyale vs du droit des marchés concurrentiels.
  2. DĂ©finir la concurrence pure et parfaite (atomisation, transparence/libertĂ© d’accĂšs, homogĂ©nĂ©itĂ©) et rappeler les tensions doctrinales sur l’intervention publique (Ă©cole autrichienne vs autres).
  3. PrĂ©senter l’action en concurrence dĂ©loyale : nature (responsabilitĂ© civile pour faute), conditions de fond (faute, prĂ©judice prĂ©sumĂ© simple, causalitĂ©) et sanctions (nature/Ă©quivalent, logique du profit).
  4. Classer les actes de concurrence dĂ©loyale : imitation (libertĂ© d’imiter puis faute si risque de confusion) et agression (dĂ©tournement, dĂ©nigrement, dĂ©sorganisation) avec les critĂšres du dĂ©nigrement (information pĂ©jorante
  5. Expliquer la clause de non-concurrence : objet (obligation de ne pas faire), validitĂ© (intĂ©rĂȘt lĂ©gitime, temps/territoire, proportionnalitĂ©) et, en droit du travail, rĂ©munĂ©ration et durĂ©e.
  6. Expliquer la transparence tarifaire : rÎle des CGV et de la convention récapitulative (traces pour contrÎle), puis la transparence en facturation (facture comme preuve et contrÎle).
  7. MaĂźtriser les pratiques tarifaires : revente Ă  perte (L442-5, prix d’achat effectif, annonce, exceptions interprĂ©tĂ©es restrictivement) et prix minima (L442-6).
  8. Présenter les pratiques restrictives de concurrence (L442-1 s.) : logique de responsabilité, cadre procédural (ministre, spécialisation), et les 3 pratiques (avantage injustifié/disproportionné, déséquilibre significatif
  9. Expliquer la rupture brutale d’une relation commerciale Ă©tablie : conditions (prĂ©avis Ă©crit, relation Ă©tablie, non-victime par ricochet) et plafond de 18 mois.
  10. Expliquer le droit des marchĂ©s concurrentiels : notions de marchĂ© pertinent (produit + gĂ©ographique, substituabilitĂ©, tests type SSNIP/SSNDQ/SSLIP/SSLD P) et d’entreprise (activitĂ© Ă©conomique, indĂ©pendamment du statut).
  11. Expliquer la coexistence droit français/droit UE : guichet unique pour les concentrations et application parallùle en cas d’affectation du commerce entre États membres pour les pratiques anticoncurrentielles.
  12. Expliquer le contrÎle ex ante des concentrations : domaine (changement durable de contrÎle), procédure (notification + suspension, contrÎle rapide puis phase 2) et engagements.
  13. Expliquer le contrĂŽle ex post : ententes (accord de volontĂ©, objet/effet, exemption, sanctions) vs abus de position dominante (position dominante, abus, analyse contrefactuelle/approche par l’objet, justifications, types
  14. Expliquer les distributeurs : franchise (signes distinctifs + savoir-faire + information précontractuelle 20 jours), concession (exclusivité territoriale, limites concurrence, durée) et distribution sélective (critÚres,

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1. Quelle différence caractérise le mieux le droit de la concurrence déloyale par rapport au droit des marchés concurrentiels ?

2. Quel ensemble de conditions correspond au modĂšle de concurrence pure et parfaite ?

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Droit de la concurrence — dĂ©finition ?

Ensemble de rÚgles visant à préserver la compétition économique.

Concurrence dĂ©loyale — notion ?

Responsabilité civile pour comportement fautif perturbant la rivalité.

Protection des concurrents — par quoi ?

Par le droit commercial et la responsabilité civile.

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