Revision sheet: Introduction au droit immobilier

Plan du Cours

  1. Source et champ d’application du droit immobilier
  2. Classification meubles et immeubles
  3. Notion de servitude et éléments constitutifs
  4. Classification des servitudes selon leurs sources
  5. Modes d’établissement des servitudes
  6. Indivision : historique et sources
  7. Indivision légale et droit au partage
  8. Indivision conventionnelle : durée et conditions
  9. Copropriété des immeubles bùtis : objet et évolutions
  10. Organisation de la copropriété et répartition des charges
  11. Organes de la copropriété : syndic et conseil syndical
  12. Mitoyenneté : droits, obligations et extinction

1. Source et champ d’application du droit immobilier

Notions clés & Définitions

  • Qualification meuble ou immeuble : Notion de base qui impose de classer un bien comme meuble ou immeuble pour appliquer le rĂ©gime juridique correspondant.
  • Res nullius : Chose qui n’appartient Ă  personne, mais qui peut devenir appropriable selon les conditions prĂ©vues par le droit.
  • Res communes : Chose dĂ©jĂ  affectĂ©e Ă  l’usage de tous, comme l’air, et donc non appropriable comme un bien privĂ©.
  • Res derelictae : Chose abandonnĂ©e par son propriĂ©taire, susceptible d’entrer dans un rĂ©gime d’appropriation ou de traitement spĂ©cifique.
  • Immeuble par nature : CatĂ©gorie d’immeubles dĂ©terminĂ©e par la nature du bien, notamment lorsqu’il est liĂ© au sol et aux bĂątiments.

Points essentiels

  • Le droit immobilier couvre notamment construction, urbanisme, mitoyennetĂ©, copropriĂ©tĂ© et indivision, servitudes lĂ©gales et conventionnelles, hypothĂšques, associations fonciĂšres et syndicales, ainsi que le domaine public
  • La qualification meuble/immeuble conditionne des rĂ©gimes diffĂ©rents, notamment la prescription et d’autres rĂšgles de procĂ©dure et de protection
  • Principe de summa divisio : tous les biens sont meubles ou immeubles, mais la nature peut ĂȘtre modifiĂ©e par la volontĂ© combinĂ©e Ă  d’autres critĂšres
  • CritĂšre gĂ©nĂ©ral : tout ce qui n’est pas un immeuble est un meuble, ce qui sert de rĂšgle de clĂŽture pour la qualification
  • Immeuble par nature : les fonds de terre et les bĂątiments sont immeubles, avec le sol et tout ce qui s’y incorpore
  • Immeuble par destination : certains meubles deviennent immeubles par une fiction si des conditions cumulatives sont rĂ©unies (meuble par nature, immeuble par nature, unitĂ© de maĂźtre, rapport de destination)

Astuce mémo

Meuble/Immeuble = RĂ©gime/Prescription : d’abord qualifier, ensuite appliquer.

2. Classification meubles et immeubles

Notions clés & Définitions

  • Servitudes naturelles : Servitudes naturelles : elles naissent de la configuration des lieux et s’imposent sans qu’il soit besoin d’un accord entre voisins.
  • Servitudes lĂ©gales : Servitudes lĂ©gales : elles sont imposĂ©es par la loi pour l’utilitĂ© publique ou pour l’utilitĂ© privĂ©e entre fonds voisins.
  • Servitudes conventionnelles : Servitudes conventionnelles : elles sont créées par accord entre propriĂ©taires, selon des modalitĂ©s fixĂ©es par les parties.
  • Servitudes judiciaires : Servitudes judiciaires : elles sont créées par dĂ©cision du juge lorsque les conditions lĂ©gales sont rĂ©unies.
  • Servitudes continues et discontinues : Servitudes continues et discontinues : la classification dĂ©pend de l’existence d’un usage qui peut se faire sans intervention humaine actuelle.

Points essentiels

  • Les servitudes naturelles sont prĂ©vues aux articles 640 Ă  648 du Code civil et dĂ©rivent de la configuration des lieux.
  • La servitude d’écoulement des eaux (art. 640) impose de gĂ©rer les eaux pluviales et de source selon les rĂšgles liĂ©es au droit de rĂ©cupĂ©ration dans le cadre naturel.
  • Les servitudes communales (art. 642) empĂȘchent un habitant de dĂ©tourner une source pour priver les autres habitants de la commune.
  • Pour les eaux formant riviĂšre ou fleuve (art. 643), on ne peut pas s’approprier ni dĂ©tourner ces eaux au dĂ©triment du cours naturel.
  • La servitude lĂ©gale d’utilitĂ© publique (art. 649 Ă  685-1) vise notamment l’urbanisation, les communications, les loisirs et la protection de l’environnement.
  • La servitude lĂ©gale d’utilitĂ© privĂ©e comprend des rĂšgles de distances (ex. art. 671), de vue (art. 675 et s.), d’égout des toits (art. 681) et d’enclave (art. 682 et s.).

Astuce mémo

Nature = lieux; Légale = loi; Convention = contrat; Judiciaire = juge.

3. Notion de servitude et éléments constitutifs

Notions clés & Définitions

  • Servitude continue et apparente : Servitude dont l’usage est rĂ©gulier et perceptible, ce qui peut influencer les conditions de prescription.
  • Servitude discontinue et non apparente : Servitude dont l’exercice n’est pas rĂ©gulier et ne se voit pas, ce qui exclut la prescription dans les mĂȘmes conditions que les servitudes continues et apparentes.
  • Servitude par destination du pĂšre de famille : Servitude nĂ©e d’un amĂ©nagement rĂ©alisĂ© par un mĂȘme propriĂ©taire puis maintenu aprĂšs division du fonds, sans acte Ă©crit.
  • Destination du pĂšre de famille : RĂšgle qui permet de considĂ©rer qu’un amĂ©nagement initial vaut titre de servitude aprĂšs division, sous conditions.
  • Principe de fixitĂ© de la servitude : Principe selon lequel l’exercice de la servitude ne peut ĂȘtre dĂ©placĂ© ni aggravĂ©, sauf exceptions prĂ©vues par le Code civil.

Points essentiels

  • Une servitude de la chasse d’eau peut ĂȘtre qualifiĂ©e de discontinue et non apparente, donc l’usage de la canalisation du voisin doit cesser si la servitude n’est pas Ă©tablie autrement.
  • La prescription ne permet pas de prescrire une assiette diffĂ©rente de celle fixĂ©e par le titre, et on ne peut pas acquĂ©rir par l’usage successif un droit sur une assiette distincte.
  • Art. 693 : la servitude par destination du pĂšre de famille suppose un amĂ©nagement initial puis une division ultĂ©rieure sans modification de l’amĂ©nagement.
  • Art. 692 : la destination du pĂšre de famille vaut titre, mais il s’agit d’une prĂ©somption lĂ©gale.
  • Pour que la servitude par destination du pĂšre de famille joue, l’amĂ©nagement doit exister avant la division et ĂȘtre apparent au moment de la cession.
  • Art. 701 al. 2 : le propriĂ©taire du fonds servant ne peut rien faire qui diminue l’usage de la servitude ou la rende plus incommode, tout en conservant ses attributs de propriĂ©tĂ©.

Astuce mémo

Apparence→Prescription : si ça ne se voit pas (discontinue/non apparente), pas de prescription sur l’assiette.

4. Classification des servitudes selon leurs sources

Notions clés & Définitions

  • Principe de fixitĂ© de la servitude : Principe selon lequel l’assiette de la servitude ne peut pas ĂȘtre modifiĂ©e ni dĂ©placĂ©e ailleurs que lĂ  oĂč elle a Ă©tĂ© initialement assignĂ©e.
  • Exception d’assignation plus onĂ©reuse : Exception permettant, si l’assignation initiale devient plus coĂ»teuse ou empĂȘche des rĂ©parations avantageuses, de proposer une assiette aussi commode sur le fonds servant.
  • Action confessoire de servitude : Action en justice visant Ă  faire reconnaĂźtre l’existence et le bĂ©nĂ©fice d’une servitude au profit d’un fonds.
  • Action nĂ©gatoire de servitude : Action en justice par laquelle le propriĂ©taire du fonds prĂ©tendument grevĂ© conteste l’existence d’une servitude sur son fonds.
  • Servitude par destination du pĂšre de famille : Servitude qui naĂźt d’une situation créée par le propriĂ©taire unique des deux fonds puis maintenue lors de la sĂ©paration, sous conditions.

Points essentiels

  • La fixitĂ© interdit au propriĂ©taire du fonds servant de changer l’état des lieux ou de dĂ©placer l’exercice de la servitude vers un autre endroit que l’assiette primitive.
  • L’exception suppose une assignation devenue plus onĂ©reuse ou empĂȘchant d’y faire des rĂ©parations avantageuses, avec proposition d’un endroit aussi commode.
  • La nouvelle assiette doit ĂȘtre situĂ©e sur la propriĂ©tĂ© du fonds servant, sinon la modification est refusĂ©e.
  • Les dĂ©penses liĂ©es au dĂ©placement de la servitude sont Ă  la charge du propriĂ©taire du fonds servant.
  • En action nĂ©gatoire, on prĂ©sume le fonds libre de servitude et il appartient Ă  l’autre partie de prouver qu’elle est bĂ©nĂ©ficiaire d’une servitude.
  • La prĂ©somption de libertĂ© du fonds servant rend la charge de la preuve dĂ©favorable au demandeur en nĂ©gation.

Astuce mémo

FixitĂ© = mĂȘme place : on ne dĂ©place pas la servitude hors de l’assiette primitive, sauf si c’est sur le fonds servant et que c’est devenu plus onĂ©reux.

5. Modes d’établissement des servitudes

Notions clés & Définitions

  • Indivision : L’indivision est une situation oĂč plusieurs personnes dĂ©tiennent des droits de mĂȘme nature sur un mĂȘme bien sans droit exclusif sur une partie dĂ©terminĂ©e.
  • Indivision lĂ©gale : L’indivision lĂ©gale est le rĂ©gime de droit commun qui s’applique automatiquement Ă  toute indivision sans organisation particuliĂšre des indivisaires.
  • Indivision conventionnelle : L’indivision conventionnelle est une indivision organisĂ©e par convention pour organiser l’exercice des droits indivis.
  • Droit au partage : Le droit au partage permet Ă  chaque indivisaire de demander la sortie de l’indivision, mĂȘme si des accords contraires existent.
  • IndemnitĂ© d’occupation privative : L’indemnitĂ© d’occupation privative est la somme due quand un indivisaire use ou jouit seul d’un bien indivis, sauf convention contraire.

Points essentiels

  • L’indivision relĂšve du Livre III du Code civil (maniĂšres d’acquĂ©rir la propriĂ©tĂ©), avec des rĂšgles sur le rĂ©gime lĂ©gal (art. 815 et s.) et sur les conventions d’exercice (art. 1873-1 et s.).
  • L’indivision n’est pas une situation normale : la propriĂ©tĂ© est en principe exercĂ©e de façon absolue (rĂ©fĂ©rence Ă  l’art. 544).
  • Le partage peut toujours ĂȘtre provoquĂ© : nul n’est contraint de demeurer dans l’indivision (art. 815), mĂȘme en prĂ©sence de prohibitions ou conventions contraires.
  • L’action en partage est toujours ouverte, ne se prescrit pas et ne peut pas ĂȘtre qualifiĂ©e d’abusive.
  • Le partage a un effet dĂ©claratif avec rĂ©troactivitĂ© : l’indivisaire est rĂ©putĂ© propriĂ©taire depuis le dĂ©but de l’indivision, sauf exceptions.
  • Exceptions au principe de rĂ©troactivitĂ© : le maintien judiciaire de l’indivision peut ĂȘtre ordonnĂ© pour 2 ans non renouvelables (art. 820) ou pour 5 ans renouvelables (art. 821 Ă  823), et un maintien partiel peut exister

Astuce mémo

Indivision = « pas de part exclusive » → partage possible Ă  tout moment, mais le juge peut temporiser (2 ans ou 5 ans).

6. Indivision : historique et sources

Notions clés & Définitions

  • Indivision communautaire : L’indivision communautaire est la situation nĂ©e aprĂšs divorce lorsque des biens communs doivent ĂȘtre gĂ©rĂ©s et partagĂ©s entre les ex-Ă©poux.
  • Plus-value indivise : La plus-value indivise est l’augmentation de valeur d’un bien entre le moment oĂč il valait et le moment oĂč il est Ă©valuĂ© aprĂšs les faits.
  • Moins-value indivise : La moins-value indivise est la diminution de valeur d’un bien entre sa valeur initiale et sa valeur aprĂšs dĂ©gradation ou dĂ©tĂ©rioration.
  • Actes de conservation : Les actes de conservation sont les mesures nĂ©cessaires pour prĂ©server l’état et la valeur des biens indivis, mĂȘme sans urgence.
  • Gestion d’affaires : La gestion d’affaires est un quasi-contrat qui oblige celui qui s’occupe d’une affaire d’autrui Ă  en respecter les engagements et Ă  indemniser les dĂ©penses utiles.

Points essentiels

  • Art 815-11 permet Ă  tout indivisaire de demander sa part annuelle des bĂ©nĂ©fices, aprĂšs dĂ©duction des dĂ©penses (art 815-1 I).
  • Art 815-12 et 815-13 organisent l’indemnisation liĂ©e aux variations de valeur : plus-value et moins-value.
  • Plus-value = diffĂ©rence entre la valeur du bien avant et sa valeur aprĂšs ; moins-value = perte de valeur due Ă  un fait imputable.
  • Le gĂ©rant de fait (ex. mĂ©decin sans contrat de mariage) ne perçoit pas les revenus comme un propriĂ©taire : il n’a droit qu’à sa rĂ©munĂ©ration de gĂ©rant de fait, les revenus allant Ă  la masse indivise.
  • Le juge peut modĂ©rer l’indemnisation (pouvoir modĂ©rateur) selon l’équitĂ© et la situation particuliĂšre.
  • Pour les dĂ©penses nĂ©cessaires Ă  la conservation, l’indemnitĂ© peut ĂȘtre calculĂ©e mĂȘme si la valeur n’augmente pas, avec une logique de comparaison entre dĂ©pense et profit subsistant.

Astuce mémo

Plus-value = Plus d’argent ; Moins-value = Moins de valeur.

7. Indivision légale et droit au partage

Notions clés & Définitions

  • Mise en pĂ©ril de l’intĂ©rĂȘt commun : Condition de l’intervention du juge pour autoriser certains actes sans consentement de tous les indivisaires.
  • Autorisation judiciaire d’actes : DĂ©cision du juge qui dĂ©signe prĂ©cisĂ©ment les actes autorisĂ©s et rend l’acte opposable aux indivisaires non consentants.
  • AliĂ©nation Ă  la majoritĂ© des 2/3 : RĂ©gime lĂ©gal permettant d’autoriser la vente d’un bien indivis sans unanimitĂ©, sous conditions et selon une procĂ©dure encadrĂ©e.
  • Mesures urgentes (prĂ©sident du TJ) : Pouvoir du prĂ©sident du tribunal judiciaire d’ordonner ou d’autoriser des mesures nĂ©cessaires Ă  l’intĂ©rĂȘt commun.
  • CrĂ©anciers de l’indivision : CatĂ©gorie de crĂ©anciers dont la crĂ©ance est liĂ©e Ă  l’indivision et qui sont payĂ©s par prĂ©lĂšvement sur l’actif avant le partage.

Points essentiels

  • Le juge doit dĂ©signer expressĂ©ment l’acte (ou les actes) autorisĂ©(s) pour qu’il(s) soit opposable(s) Ă  l’indivisaire non consentant.
  • L’autorisation judiciaire suppose une mise en pĂ©ril de l’intĂ©rĂȘt commun, sinon l’acte ne peut pas ĂȘtre validĂ© sur ce fondement.
  • En cas d’aliĂ©nation, la procĂ©dure simplifiĂ©e vise une autorisation sans unanimitĂ©, mais elle reste subordonnĂ©e Ă  l’absence d’atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.
  • ProcĂ©dure notaire : signification aux autres indivisaires par acte d’huissier dans le mois, puis constat par procĂšs-verbal si opposition ou absence de rĂ©ponse dans un dĂ©lai de 3 mois.
  • Le tribunal judiciaire peut autoriser l’aliĂ©nation si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.
  • La vente peut ĂȘtre ordonnĂ©e pour rĂ©gler des droits de succession : l’opĂ©ration n’est pas un partage direct, le prix alimente l’indivision pour payer les droits.

Astuce mémo

IntĂ©rĂȘt commun en pĂ©ril → juge autorise prĂ©cisĂ©ment ; 2/3 + notaire → vente encadrĂ©e ; urgence → prĂ©sident agit.

8. Indivision conventionnelle : durée et conditions

Notions clés & Définitions

  • Article 664 du Code civil : Dispositif historique qui organisait la rĂ©partition des charges et travaux entre propriĂ©taires d’étages lorsque les titres ne prĂ©voyaient rien.
  • Loi du 10 juillet 1965 : Texte principal qui fixe le statut de la copropriĂ©tĂ© des immeubles bĂątis et encadre la rĂ©partition entre parties privatives et communes.
  • Ordonnance du 30 octobre 2019 : RĂ©forme majeure du droit de la copropriĂ©tĂ© des immeubles bĂątis, modifiant notamment la loi de 1965.
  • CopropriĂ©tĂ© par lots : Situation oĂč la propriĂ©tĂ© d’un immeuble est rĂ©partie en lots, chacun comprenant une partie privative et une quote-part de parties communes indissociables.
  • Partie privative : Zone rĂ©servĂ©e Ă  l’usage exclusif d’un copropriĂ©taire dĂ©terminĂ©, dont il a la propriĂ©tĂ© exclusive.

Points essentiels

  • En 1804, l’ancien article 664 CCiv visait une superposition de propriĂ©tĂ©s par Ă©tages et prĂ©voyait notamment la rĂ©partition des gros murs et du toit entre tous les propriĂ©taires.
  • La loi du 10 juillet 1965 (modifiĂ©e par l’ordonnance du 30 octobre 2019) s’applique aux immeubles bĂątis ou ensembles d’immeubles Ă  usage d’habitation dont la propriĂ©tĂ© est rĂ©partie par lots entre plusieurs personnes.
  • Le lot de copropriĂ©tĂ© est indissociable : il combine une partie privative et une quote-part de parties communes.
  • La soumission est obligatoire quand l’immeuble entre dans le champ de la loi de 1965 et que les conditions lĂ©gales sont rĂ©unies.
  • La soumission peut ĂȘtre facultative si une convention dĂ©roge expressĂ©ment et met en place une organisation dotĂ©e de la personnalitĂ© morale et structurĂ©e pour gĂ©rer les Ă©lĂ©ments et services communs ; sinon, la loi s’appli
  • La copropriĂ©tĂ© se distingue de l’indivision : l’objet du droit est un lot individualisĂ© (partie privative + quote-part), alors que l’indivision ne suppose pas un lot autonome dĂ©fini comme tel.

Astuce mémo

Lot = Privatif + Commun (indissociables) ; si tout se regroupe en une seule personne, le régime de copropriété disparaßt.

9. Copropriété des immeubles bùtis : objet et évolutions

Notions clés & Définitions

  • Lot de copropriĂ©tĂ© : Le lot de copropriĂ©tĂ© est l’ensemble indissociable formĂ© par une partie privative et la quote-part des parties communes correspondante.
  • Quote-part des parties communes : La quote-part des parties communes est la fraction des parties communes rattachĂ©e Ă  chaque lot, exprimĂ©e en tantiĂšmes.
  • TantiĂšmes : Les tantiĂšmes sont l’unitĂ© la plus frĂ©quente pour exprimer la quote-part de chaque lot dans les parties communes.
  • RĂšglement de copropriĂ©tĂ© : Le rĂšglement de copropriĂ©tĂ© est un document conventionnel qui fixe la destination, la jouissance et l’administration des parties privatives et communes.
  • État descriptif de division : L’état descriptif de division est un document technique servant Ă  la publicitĂ© fonciĂšre et Ă  l’identification des lots dans l’immeuble.

Points essentiels

  • La copropriĂ©tĂ© lie indissociablement la propriĂ©tĂ© privative et la quote-part des parties communes de chaque copropriĂ©taire.
  • La quote-part des parties communes est proportionnelle Ă  la valeur relative des parties privatives, dĂ©terminĂ©e lors de l’établissement de la copropriĂ©tĂ©, selon consistance, superficie et situation, sans tenir compte de l
  • L’unitĂ© de quote-part la plus frĂ©quente est le milliĂšme, par exemple 300/1000Ăšme.
  • La rĂ©partition des tantiĂšmes figure dans le rĂšglement de copropriĂ©tĂ© et dans l’état descriptif de division.
  • La destination de l’immeuble (art. 8) ne peut ĂȘtre modifiĂ©e qu’à l’unanimitĂ© et sert de base aux restrictions du rĂšglement.
  • Le rĂšglement conventionnel dĂ©termine la destination des parties privatives et communes, leurs conditions de jouissance, et les rĂšgles d’administration des parties communes (art. 8).

Astuce mémo

Lot = Privatif + TantiĂšmes : indissociable.

10. Organisation de la copropriété et répartition des charges

Notions clés & Définitions

  • AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : L’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale est l’organe qui dĂ©cide des questions relevant de la copropriĂ©tĂ© et vote les rĂ©solutions selon des rĂšgles de majoritĂ©.
  • PrĂ©sidence de l’assemblĂ©e : La prĂ©sidence de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale est assurĂ©e par un copropriĂ©taire Ă©lu qui organise les dĂ©bats, dirige les votes et Ă©tablit le procĂšs-verbal.
  • ProcĂšs-verbal de rĂ©union : Le procĂšs-verbal est le document rĂ©digĂ© par la prĂ©sidence qui retrace les dĂ©cisions et est ensuite envoyĂ© aux copropriĂ©taires.
  • Syndic : Le syndic est l’organe exĂ©cutif chargĂ© d’exĂ©cuter les dĂ©cisions de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et de gĂ©rer la copropriĂ©tĂ©, notamment sur le plan comptable et financier.
  • Conseil syndical : Le conseil syndical est un organe consultatif et de contrĂŽle qui donne des avis et peut ĂȘtre sollicitĂ© ou se saisir de questions.

Points essentiels

  • Chaque copropriĂ©taire dispose de voix correspondant Ă  sa quote-part, et aucun copropriĂ©taire ne peut dĂ©tenir seul plus de la moitiĂ© des voix (art 22).
  • Principe : les dĂ©cisions sont prises Ă  la majoritĂ© simple des voix exprimĂ©es, sauf lorsque l’acte exige une majoritĂ© plus Ă©levĂ©e.
  • MajoritĂ© absolue (art 25) : dĂ©cision adoptĂ©e Ă  la majoritĂ© absolue des copropriĂ©taires prĂ©sents, reprĂ©sentĂ©s ou absents.
  • Passage au 2Ăšme vote (art 25) : si au 1er vote au moins 1/3 de tous les copropriĂ©taires a votĂ© favorablement, un vote immĂ©diat Ă  la majoritĂ© simple peut valider la dĂ©cision.
  • Double majoritĂ© (art 26) : dĂ©cision requiert Ă  la fois la majoritĂ© des copropriĂ©taires et les 2/3 des prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s.
  • Passage au 2Ăšme vote (art 26) : si au 1er vote au moins 1/3 de tous les copropriĂ©taires est favorable et si la moitiĂ© des prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s est favorable, un vote immĂ©diat Ă  la majoritĂ© absolue peut suffire.

Astuce mémo

MajoritĂ©s = Simple (voix exprimĂ©es) → Absolue (prĂ©sents/absents) → Double (majoritĂ© + 2/3) → UnanimitĂ© (tout le monde).

11. Organes de la copropriété : syndic et conseil syndical

Notions clés & Définitions

  • Syndic : Le syndic est l’organe chargĂ© d’exĂ©cuter les dĂ©cisions prises en assemblĂ©e et de gĂ©rer l’immeuble au quotidien.
  • Conseil syndical : Le conseil syndical assiste et contrĂŽle le syndic, notamment en suivant la gestion et en prĂ©parant des sujets pour l’assemblĂ©e.
  • CopropriĂ©tĂ© Ă  deux copropriĂ©taires : Une copropriĂ©tĂ© Ă  deux copropriĂ©taires est un cas particulier oĂč l’équilibre des voix et la rĂ©partition des dĂ©penses peuvent crĂ©er des blocages.
  • Abus de majoritĂ© : L’abus de majoritĂ© dĂ©signe l’hypothĂšse oĂč un copropriĂ©taire majoritaire dĂ©cide seul alors que la dĂ©cision porte atteinte aux intĂ©rĂȘts de l’autre.
  • État des dĂ©penses et crĂ©ances : L’état des dĂ©penses et crĂ©ances est un document tenu par le copropriĂ©taire qui gĂšre, mis Ă  disposition de l’autre copropriĂ©taire.

Points essentiels

  • Si un copropriĂ©taire dĂ©tient plus de la moitiĂ© des voix, il peut dĂ©cider seul de certaines dĂ©cisions normalement prises Ă  la majoritĂ© simple.
  • Le risque principal est l’abus de majoritĂ© lorsque le copropriĂ©taire majoritaire impose ses choix Ă  l’autre.
  • Pour certaines dĂ©cisions, l’article 41-16 prĂ©voit une rĂšgle renforcĂ©e permettant la dĂ©cision par un copropriĂ©taire dĂ©tenant plus de 2/3 des voix.
  • Les dĂ©cisions d’approbation des comptes doivent ĂȘtre prises lors d’une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale.
  • Chaque copropriĂ©taire peut convoquer l’autre Ă  une AG en notifiant l’ordre du jour, et l’autre peut le complĂ©ter en informant prĂ©alablement le premier.
  • En dehors du budget, des dĂ©cisions peuvent ĂȘtre prises selon un cadre de dĂ©cision simplifiĂ©e sans convocation prĂ©alable, sous rĂ©serve des conditions prĂ©vues par le rĂ©gime adaptĂ©.

Astuce mémo

Majorité = pouvoir seul ; 2/3 = pouvoir renforcé ; AG = comptes ; notification = opposabilité.

12. Mitoyenneté : droits, obligations et extinction

Notions clés & Définitions

  • Mur mitoyen : Un mur mitoyen est une clĂŽture appartenant en copropriĂ©tĂ© aux deux voisins, chacun ayant des droits et des charges sur la partie commune.
  • Droit d’usage des murs mitoyens : Le droit d’usage permet Ă  chaque copropriĂ©taire d’exploiter le mur mitoyen pour y appuyer ou y placer certains Ă©lĂ©ments, sous conditions.
  • Droit d’exhaussement : Le droit d’exhaussement permet d’augmenter la hauteur d’un mur mitoyen, avec rĂ©partition prĂ©cise des coĂ»ts et des effets sur la propriĂ©tĂ©.
  • Haie mitoyenne : Une haie mitoyenne est une clĂŽture commune dont les produits et les arbres suivent un rĂ©gime de partage par moitiĂ©.
  • Abandon de la mitoyennetĂ© : L’abandon de la mitoyennetĂ© est une renonciation unilatĂ©rale au droit de copropriĂ©tĂ© sur la clĂŽture, qui Ă©teint la mitoyennetĂ© sous limites.

Points essentiels

  • PrĂ©somption de mitoyennetĂ© : la qualification du mur se dĂ©duit notamment du titre et de la prĂ©somption de l’art. 663, et peut ĂȘtre confirmĂ©e par des Ă©lĂ©ments matĂ©riels comme des travaux visibles des deux cĂŽtĂ©s.
  • Art 657 : un copropriĂ©taire peut faire bĂątir contre un mur mitoyen et y placer poutres ou solives dans l’épaisseur, avec une limite de 54 mm et sans prĂ©judice du droit du voisin de rĂ©duire la poutre jusqu’à la moitiĂ© du
  • Art 662 : sans consentement, on ne peut pas faire d’enfoncement ni appliquer ou appuyer un ouvrage dans le corps du mur mitoyen, sauf si le voisin fait rĂ©gler par experts les moyens pour que le nouvel ouvrage ne nuise
  • Art 671 al. 2 : des plantations en espalier peuvent ĂȘtre faites de chaque cĂŽtĂ© sans distance, mais elles ne doivent pas dĂ©passer la crĂȘte du mur et ne doivent pas porter atteinte Ă  l’usage corrĂ©latif du voisin.
  • Art 658 : l’exhaussement est possible Ă  la discrĂ©tion du copropriĂ©taire, mais il supporte seul les dĂ©penses d’exhaussement et les rĂ©parations d’entretien au-dessus de la hauteur commune, et rembourse les frais rendus
  • Art 659 : si le mur ne peut pas supporter l’exhaussement, celui qui veut exhausser doit reconstruire tout le mur Ă  ses frais, et l’excĂ©dent d’épaisseur doit ĂȘtre pris de son cĂŽtĂ© 656 : l’exhaussement devient propriĂ©tĂ© du

Astuce mémo

Usage = Poutres/solives (657) + pas d’enfoncement (662) ; Haie = moitiĂ© (669-670) ; Exhausser = payer seul (658-659) ; Abandon = possible (656-667) mais interdit si mur indispensable ou fossĂ© utile.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1804Indivision : un seul article sur l’indivision (rĂ©gime historique) ; copropriĂ©tĂ© : article 664 (superposition par Ă©tages)
10 juillet 1965Loi fixant le statut de la copropriété des immeubles bùtis (régime principal)
30 octobre 2019Ordonnance portant réforme du droit de la copropriété des immeubles bùtis
4 dĂ©cembre 1958Texte (codifiĂ© au Code de l’urbanisme) relatif aux servitudes judiciaires (ex. cour commune)
23 juin 2006Loi rĂ©formant l’indivision (notamment sur les actes de conservation sans exigence d’urgence)
15 avril 1988Affaire fresques de l’église de Casenove : arrachage pouvant faire requalifier le bien
15 septembre 2015Interruption du délai de non-usage en matiÚre de servitudes
1 octobre 2014Action négatoire de servitude : présomption de liberté du fonds servant
27 fĂ©vrier 2002Servitude : exemple de qualification continue/discontinue et apparence (chasse d’eau)
7 avril 1998VolontĂ© combinĂ©e Ă  d’autres Ă©lĂ©ments pouvant modifier la nature juridique d’un bien

Tableaux de synthĂšse

Sources des servitudes (logique de classification)

SourceIdée centraleExemples du cours
NaturellesDĂ©rivent de la configuration des lieuxÉcoulement des eaux (art. 640), eaux de source communales (art. 642), eaux de riviĂšre/fleuve (art. 643)
LégalesImposées par la loiDistances (art. 671), vues (art. 675 et s.), égout des toits (art. 681), enclave (art. 682 et s.)
ConventionnellesCréées par accord entre propriĂ©tairesTour d’échelle (temporaire, objet prĂ©cis)
JudiciairesCréées par dĂ©cision du jugeServitude de cour commune (liĂ©e Ă  l’autorisation d’urbanisme)

Servitudes : modes d’exercice (effets sur la prescription)

ModeDéfinition (cours)Conséquence clé
ContinuesUsage continuel sans fait actuel de l’hommeSeules Ă  pouvoir ĂȘtre par usucapion (avec apparence)
DiscontinuesNĂ©cessitent le fait actuel de l’hommePrescription selon le rĂ©gime trentenaire (point de dĂ©part selon art. 707)
ApparentesS’annoncent par des ouvrages extĂ©rieursAvec continues : usucapion possible
Non apparentesPas de signe extĂ©rieurUsucapion exclue dans les mĂȘmes conditions

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre qualification meuble/immeuble et régime : sans qualification, on applique le mauvais régime (notamment délais de prescription).
  2. Croire qu’un immeuble est fongible ou consomptible : le cours insiste qu’un immeuble n’est jamais fongible et n’est jamais consomptible.
  3. Penser qu’une servitude peut profiter Ă  une personne : le cours rappelle qu’elle doit profiter Ă  un fonds (pas Ă  la personne) et ĂȘtre fonciĂšre.
  4. MĂ©langer servitude continue/discontinue : la chasse d’eau est discutĂ©e car l’usage suppose une action humaine ; ne pas conclure automatiquement Ă  “continu”.
  5. Oublier la fixitĂ© de la servitude : le fonds servant ne peut pas dĂ©placer l’assiette ; l’exception ne permet qu’une nouvelle assiette sur son fonds et si elle est devenue plus onĂ©reuse/empĂȘche des rĂ©parations avantageuse
  6. Croire que l’action nĂ©gatoire “prouve” l’absence de servitude : le cours dit qu’on prĂ©sume le fonds libre et c’est l’autre partie qui doit prouver l’existence de la servitude.
  7. Confondre indivision et copropriĂ©tĂ© : en copropriĂ©tĂ©, l’objet est le lot (partie privative + quote-part) ; en indivision, pas de part exclusive sur une partie dĂ©terminĂ©e.

Checklist Examen

  1. Faire la qualification du bien (immeuble/meuble) et rappeler les catĂ©gories : immeuble par nature, par destination (4 conditions cumulatives), et immeuble par l’objet auquel ils s’appliquent.
  2. DĂ©finir la servitude (art. 637) : charge fonciĂšre imposĂ©e sur un hĂ©ritage pour l’usage et l’utilitĂ© d’un autre hĂ©ritage, avec fonds servant/fonds dominant.
  3. Lister les 3 conditions d’établissement de la servitude : pluralitĂ© de fonds, propriĂ©taires distincts, utilitĂ©/charge utile au fonds dominant (pas Ă  la personne).
  4. Classer les servitudes selon leurs sources (naturelles/légales/conventionnelles/judiciaires) et rattacher au moins un exemple de chaque source vu au cours.
  5. Classer les servitudes selon le mode d’exercice (continues/discontinues ; apparentes/non apparentes) et rappeler l’idĂ©e clĂ© sur la prescription/usucapion (continues et apparentes).
  6. Savoir les 3 modes d’établissement : par titre (avec publicitĂ© fonciĂšre), par usucapion trentenaire (conditions et limites d’assiette), et par destination du pĂšre de famille (amĂ©nagement prĂ©alable apparent + division ult
  7. Expliquer le fonctionnement : droits du fonds dominant (accessoires nécessaires, respect du titre) et obligations du fonds servant (art. 701 al. 2) + principe de fixité et exception art. 701 al. 3.
  8. Traiter l’extinction des servitudes : impossibilitĂ© d’exercice (art. 703-704), confusion (art. 705), non-usage trentenaire (art. 706-707), et renonciation (exigence de volontĂ© non Ă©quivoque).
  9. PrĂ©senter l’indivision : droit au partage (art. 815) et ses effets dĂ©claratifs rĂ©troactifs, puis les 3 hypothĂšses de maintien judiciaire (2 ans non renouvelable ; 5 ans renouvelable ; maintien partiel).
  10. Expliquer la gestion de l’indivision : actes de conservation (art. 815-2), actes Ă  majoritĂ© qualifiĂ©e (art. 815-3 : 2/3), actes Ă  l’unanimitĂ© (catĂ©gorie rĂ©siduelle), et sanction d’inopposabilitĂ© (art. 815-3 al. 5).
  11. MaĂźtriser les recours au juge en indivision (pĂ©ril de l’intĂ©rĂȘt commun, autorisation d’aliĂ©ner Ă  2/3, mesures urgentes) et le rĂ©gime des crĂ©anciers (crĂ©anciers de l’indivision payĂ©s avant partage ; crĂ©anciers personnels,

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1. Quel est le rîle principal de la qualification d’un bien en meuble ou immeuble en droit immobilier ?

2. Quelle catĂ©gorie dĂ©signe une chose qui n’appartient Ă  personne mais peut devenir appropriable selon les conditions du droit ?

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Source du droit immobilier ?

Législation spécifique et rÚgles générales

Champ d’application ?

Construction, urbanisme, copropriété, servitudes, hypothÚques

Meuble vs immeuble — diffĂ©rence ?

Immeuble est fixé au sol, meuble est mobile

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