đ Plan du Cours
- SĂ©paration des pouvoirs et fonctions de lâĂtat
- Pouvoir législatif et création des lois
- Pouvoir exécutif et application des lois
- Pouvoir juridictionnel et respect du droit
- Droit, loi et portée générale des rÚgles
- Hiérarchie des normes et bloc de légalité
- DĂ©crets, arrĂȘtĂ©s et circulaires
- Ordonnances et lois de lâarticle 38
- Ordres de juridictions et organisation de la justice
- Juridictions civiles et pénales de premiÚre instance
- Voies de recours et rÎle des cours supérieures
- Preuves en justice et loyauté de la preuve
đ 1. SĂ©paration des pouvoirs et fonctions de lâĂtat
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Pouvoir exĂ©cutif : Pouvoir chargĂ© dâappliquer et de faire respecter les lois, notamment via lâaction de la police et de lâarmĂ©e.
- Pouvoir législatif : Pouvoir qui vote et crée les lois afin de fixer des rÚgles générales pour la société.
- Pouvoir judiciaire : Pouvoir qui rĂšgle les litiges et veille au respect de la loi par les juridictions.
- Parlement : Institution composĂ©e de lâAssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat, chargĂ©e de crĂ©er et voter les lois.
- Droit : Ensemble de rÚgles qui organisent la vie en société et encadrent les comportements.
đ Points essentiels
- La sĂ©paration des pouvoirs vise Ă empĂȘcher les abus et Ă limiter lâarbitraire en rĂ©partissant les fonctions de lâĂtat.
- Le pouvoir exĂ©cutif exĂ©cute les lois et les fait appliquer par lâautoritĂ© publique, notamment police et armĂ©e.
- Le pouvoir législatif fixe de nouvelles rÚgles pour la population sous forme de lois à portée générale.
- Le pouvoir judiciaire fait respecter la loi en réglant les litiges entre personnes et en assurant son application.
- Le Parlement (Assemblée nationale et Sénat) crée et vote les lois en répondant respectivement aux besoins du peuple et des territoires.
- Le droit est présenté comme un ensemble de rÚgles organisant la vie en société, distinct de la simple conduite des acteurs.
đĄ Astuce mĂ©mo
SĂ©pare pour Ă©viter lâabus : LĂ©gislatif = loi gĂ©nĂ©rale, ExĂ©cutif = application, Judiciaire = litiges et respect.
đ 2. Pouvoir lĂ©gislatif et crĂ©ation des lois
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Séparation des pouvoirs : Principe selon lequel les fonctions législative, exécutive et judiciaire sont confiées à des organes distincts pour éviter la concentration du pouvoir.
- Réglementation autonome : Pouvoir de créer des rÚgles dans un domaine non réservé à la loi, via un ministre, sans passer par le Parlement.
- Bloc de légalité : Ensemble de normes de référence qui encadrent la validité des lois nationales, notamment la Constitution et les engagements internationaux.
- Ordonnances de lâarticle 38 : MĂ©canisme permettant au gouvernement, aprĂšs autorisation, de prendre des mesures ayant valeur de loi pour exĂ©cuter son programme sans vote parlementaire direct.
- Loi organique : Type de loi prévu par la Constitution, chargé de préciser ou compléter certains articles constitutionnels et soumis au contrÎle du Conseil constitutionnel avant promulgation.
đ Points essentiels
- Les lois ne peuvent pas ĂȘtre créées contre la Constitution, car elles doivent respecter ses exigences (ex. libertĂ© dâaller et venir).
- Les lois actuelles doivent ĂȘtre compatibles avec les traitĂ©s internationaux, mĂȘme si lâalignement nâest pas automatique.
- Le non-respect des traitĂ©s peut entraĂźner des sanctions financiĂšres, comme des amendes versĂ©es Ă lâUE.
- Les ordonnances de lâarticle 38 sont prises par le gouvernement avec autorisation parlementaire pour contourner le vote direct sur la loi pendant la mise en Ćuvre du programme.
- Les lois nâont pas toutes la mĂȘme portĂ©e : certaines catĂ©gories (organique, rĂ©fĂ©rendaire, ordinaire) nâont pas le mĂȘme niveau dâexigence et de contrĂŽle.
- Les dĂ©crets, arrĂȘtĂ©s et circulaires sont des actes administratifs Ă©manant dâune autoritĂ© administrative et ne sont pas des lois votĂ©es par le Parlement.
đĄ Astuce mĂ©mo
Constitution + traitĂ©s = limites du Parlement ; article 38 = âgouvernement temporairement lĂ©gislateurâ ; actes administratifs = âpas du Parlementâ.
đ 3. Pouvoir exĂ©cutif et application des lois
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit administratif : Le droit administratif encadre lâaction de lâĂtat et des administrations, ainsi que les litiges entre administrations et usagers.
- DĂ©cret autonome : Un dĂ©cret autonome est un dĂ©cret pris directement par un ministre pour fixer des rĂšgles nouvelles sans attendre une loi dâhabilitation.
- DĂ©cret dâapplication : Un dĂ©cret dâapplication prĂ©cise et organise lâexĂ©cution dâune loi ou dâun texte, en complĂ©tant ses modalitĂ©s.
- Circulaire administrative : Une circulaire est un document dâorientation destinĂ© en gĂ©nĂ©ral aux administrations pour expliquer comment appliquer un texte.
- ArrĂȘtĂ© municipal : Un arrĂȘtĂ© municipal est une dĂ©cision prise par le maire pour organiser localement certaines rĂšgles, dans le cadre des compĂ©tences de la commune.
đ Points essentiels
- Les dĂ©cisions des cours et tribunaux rĂšglent une situation juridique prĂ©cise et nâont pas pour rĂŽle de crĂ©er du droit gĂ©nĂ©ral, mais de rĂ©soudre un litige.
- Le droit public (administratif) concerne lâadministration de lâĂtat, les pouvoirs publics et les conflits entre administrations et usagers.
- Un décret autonome peut fixer des rÚgles nouvelles (ex. mesures sur des médicaments) en précisant une quantité par personne.
- Un dĂ©cret dâapplication vient complĂ©ter et organiser lâexĂ©cution dâun texte, et peut modifier un dĂ©cret antĂ©rieur pour limiter ou ajuster des Ă©lĂ©ments (ex. nombre de places).
- Les circulaires visent généralement les administrations publiques et servent à expliquer comment appliquer les décrets ou décisions.
- Les arrĂȘtĂ©s peuvent ĂȘtre rĂ©glementaires (rĂšgles pour tous, ex. interdiction de se baigner) ou individuels (mesure pour une personne, ex. obligation de quitter un logement).
đĄ Astuce mĂ©mo
DĂ©cret autonome = âje fixe directâ, dĂ©cret dâapplication = âjâexĂ©cute la loiâ, circulaire = âjâexplique aux servicesâ, arrĂȘtĂ© = âje rĂšgle localement (maire)â, tribunal = âje tranche un casâ.
đ 4. Pouvoir juridictionnel et respect du droit
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit privé : Le droit privé regroupe les rÚgles qui encadrent les conflits entre personnes privées et leurs conséquences juridiques.
- Droit civil : Le droit civil traite les litiges entre personnes privĂ©es et peut conduire Ă une sanction financiĂšre comme des dommages et intĂ©rĂȘts.
- Droit pénal : Le droit pénal vise les infractions et prévoit des peines, notamment des sanctions privatives de liberté, décidées par un juge.
- Juridiction : Une juridiction est lâorganisme compĂ©tent pour rendre la justice et trancher un litige dans un domaine et parfois une zone gĂ©ographique.
- Aide juridictionnelle : Lâaide juridictionnelle est un dispositif qui permet de financer la dĂ©fense (notamment lâavocat) quand on ne peut pas payer ses honoraires.
đ Points essentiels
- En droit privĂ©, le juge peut condamner une partie Ă payer une somme dâargent, sans prononcer de sanctions pĂ©nales.
- En droit civil, les litiges opposent des personnes privĂ©es (physiques ou morales) et la sanction typique est financiĂšre (dommages et intĂ©rĂȘts).
- En droit pĂ©nal, la sociĂ©tĂ© est reprĂ©sentĂ©e par le procureur et lâinfraction peut entraĂźner une peine, y compris la prison.
- Les tribunaux de proximitĂ© traitent de petits litiges civils de la vie quotidienne lorsque le montant est infĂ©rieur Ă 10 000 âŹ.
- Ă tout stade de la procĂ©dure civile, le juge peut ordonner aux parties de rencontrer un mĂ©diateur quâil dĂ©signe.
- Une juridiction peut ĂȘtre dĂ©finie par sa compĂ©tence (domaine et parfois territoire), ce qui dĂ©termine quel juge peut connaĂźtre du litige.
đĄ Astuce mĂ©mo
Civil = argent entre privés ; Pénal = société/peine (procureur).
đ 5. Droit, loi et portĂ©e gĂ©nĂ©rale des rĂšgles
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Appel : Lâappel est une procĂ©dure par laquelle une partie mĂ©contente dâune dĂ©cision de justice demande Ă une juridiction supĂ©rieure de rĂ©examiner lâaffaire.
- Assignation : Lâassignation est un acte par lequel un demandeur cite son adversaire Ă comparaĂźtre devant le tribunal.
- DĂ©fendeur : Le dĂ©fendeur est la personne contre laquelle une requĂȘte est formĂ©e, donc celle qui subit lâaction en justice.
- Juridictions civiles : Les juridictions civiles tranchent les litiges entre personnes privées, comme les conflits familiaux ou contractuels.
- Juridictions pĂ©nales : Les juridictions pĂ©nales jugent les personnes physiques ou morales soupçonnĂ©es dâavoir commis une infraction.
đ Points essentiels
- Lâassignation sert Ă faire comparaĂźtre lâadversaire devant le tribunal saisi.
- Lâappel permet Ă une partie insatisfaite dâobtenir un rĂ©examen par une juridiction supĂ©rieure.
- En procĂ©dure, le dĂ©fendeur est celui qui subit la requĂȘte du demandeur.
- Les tribunaux judiciaires de premiĂšre instance rĂšglent notamment les litiges civils, lâĂ©tat des personnes et les affaires de famille.
- Les juridictions pénales sont saisies en tenant compte du domicile du défendeur.
- Les juridictions pĂ©nales peuvent prononcer des dommages et intĂ©rĂȘts, des amendes et des mesures complĂ©mentaires, mais pas de peines privatives de libertĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Appel = ârĂ©examen en hautâ, Assignation = âcitation Ă comparaĂźtreâ, DĂ©fendeur = âsubit la requĂȘteâ.
đ 6. HiĂ©rarchie des normes et bloc de lĂ©galitĂ©
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- HiĂ©rarchie des normes : Principe juridique qui ordonne les rĂšgles de droit du plus Ă©levĂ© au plus faible, afin de dĂ©terminer lesquelles sâimposent en cas de conflit.
- Bloc de lĂ©galitĂ© : Ensemble des normes de rĂ©fĂ©rence utilisĂ©es pour contrĂŽler la conformitĂ© dâune dĂ©cision ou dâun acte aux rĂšgles supĂ©rieures.
- ContrĂŽle de conformitĂ© : VĂ©rification quâun acte respecte les rĂšgles de droit applicables, notamment celles issues des normes supĂ©rieures.
- Cour de cassation : Juridiction qui examine la conformité des décisions aux rÚgles de droit et assure une interprétation uniforme.
- Cour criminelle : Juridiction chargée de juger les crimes les plus graves, avec des jurés tirés au sort en plus des juges.
đ Points essentiels
- La hiérarchie des normes sert à trancher les conflits entre rÚgles en imposant la norme supérieure.
- Le bloc de légalité sert de cadre de contrÎle pour apprécier si une décision respecte les rÚgles de droit pertinentes.
- La cour de cassation vĂ©rifie la conformitĂ© aux rĂšgles de droit des arrĂȘts des cours dâappel et de certains jugements de premiĂšre instance.
- La cour de cassation est présentée comme le dernier recours dans le schéma décrit, aprÚs une premiÚre et une deuxiÚme instance.
- Les crimes les plus graves sont jugés par la cour criminelle, composée de juges et de jurés tirés au sort.
- Les jurés sont des citoyens tirés au sort, distincts des juges professionnels.
đĄ Astuce mĂ©mo
HiĂ©rarchie = âdu plus fort au plus faibleâ ; Bloc de lĂ©galitĂ© = âce que la dĂ©cision doit respecterâ ; Cassation = âcontrĂŽle du droitâ ; Cour criminelle = âjuges + jurĂ©sâ.
đ 7. DĂ©crets, arrĂȘtĂ©s et circulaires
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DĂ©cret : Acte rĂ©glementaire pris par lâexĂ©cutif, qui fixe des rĂšgles gĂ©nĂ©rales applicables sur le territoire.
- ArrĂȘtĂ© : Acte rĂ©glementaire pris par une autoritĂ© administrative, Ă portĂ©e gĂ©nĂ©ralement plus limitĂ©e quâun dĂ©cret.
- Circulaire : Document administratif qui prĂ©cise lâinterprĂ©tation ou la mise en Ćuvre de textes, sans crĂ©er de nouvelles rĂšgles.
- Juridiction administrative : Ensemble des tribunaux chargĂ©s de trancher les litiges opposant lâadministration ou portant sur lâaction administrative.
đ Points essentiels
- La cour de cassation est la plus haute juridiction de lâordre judiciaire et ne rejugera pas le fond du litige.
- La cour dâappel constitue le second degrĂ© et examine les recours contre des dĂ©cisions rendues en premiĂšre instance.
- La cour dâassises juge les personnes accusĂ©es de crimes et lâavocat est obligatoire pour lâaccusĂ©.
- Le Conseil dâĂtat est la plus haute juridiction de lâordre administratif et contrĂŽle la conformitĂ© des dĂ©cisions administratives.
- Le Conseil dâĂtat ne rejugera pas le litige : il vĂ©rifie lâapplication de la loi et lâabsence de vice de procĂ©dure.
- En cas dâannulation, le Conseil dâĂtat renvoie lâaffaire Ă la juridiction compĂ©tente, sauf dĂ©cision exceptionnelle de rejuger lui-mĂȘme.
đĄ Astuce mĂ©mo
DĂ©cret = rĂšgle gĂ©nĂ©rale ; ArrĂȘtĂ© = rĂšgle plus ciblĂ©e ; Circulaire = mode dâemploi (interprĂ©tation).
đ 8. Ordonnances et lois de lâarticle 38
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Article 38 de la Constitution : Dispositif constitutionnel permettant au Gouvernement dâadopter, sous conditions, des mesures relevant du domaine de la loi par voie dâordonnances.
- Projet de loi : Texte prĂ©sentĂ© au Parlement en vue dâĂȘtre adoptĂ©, puis promulguĂ©, pour crĂ©er ou modifier des rĂšgles juridiques.
- Projet dâordonnance : Texte prĂ©parĂ© par le Gouvernement pour ĂȘtre pris par ordonnance dans le cadre prĂ©vu par lâarticle 38.
- Projet de dĂ©cret : Texte rĂ©glementaire pris par lâexĂ©cutif pour prĂ©ciser lâapplication des lois et des normes supĂ©rieures.
- Conseil dâĂtat : Juridiction et instance consultative de lâordre administratif, notamment chargĂ©e de vĂ©rifier la lĂ©galitĂ© et de rendre des avis.
đ Points essentiels
- Le Gouvernement peut utiliser lâarticle 38 pour modifier le domaine de la loi par ordonnances, puis faire intervenir le contrĂŽle du Parlement selon les modalitĂ©s prĂ©vues.
- Les projets de loi, projets dâordonnance et certains projets de dĂ©cret font lâobjet dâun avis avant leur adoption finale.
- Le Conseil dâĂtat intervient dans lâexamen des textes administratifs, notamment pour vĂ©rifier leur conformitĂ© et leur cohĂ©rence juridique.
- Les ordonnances et lois relĂšvent de procĂ©dures distinctes : lâordonnance est une mesure prise par lâexĂ©cutif dans le cadre de lâarticle 38, tandis que la loi est adoptĂ©e par le Parlement.
- La procĂ©dure dâadoption des textes sâaccompagne dâun contrĂŽle juridictionnel possible ensuite, notamment par les juridictions administratives en cas de litige.
đĄ Astuce mĂ©mo
Article 38 = « ordonner » temporairement : le Gouvernement agit, puis le Parlement reprend le relais.
đ 9. Ordres de juridictions et organisation de la justice
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Conseil constitutionnel : Institution chargée de contrÎler la régularité des élections nationales et de veiller à la conformité des rÚgles constitutionnelles, avec des avis possibles dans certains cas.
- Conseil dâĂtat : Juridiction de lâordre administratif composĂ©e notamment de hauts magistrats, jouant un rĂŽle central dans le contentieux administratif.
- Cour de cassation : Juridiction de lâordre judiciaire qui statue sur le bien-fondĂ© juridique des dĂ©cisions, notamment via le contrĂŽle en cassation.
- Ordre judiciaire : Ensemble des juridictions qui connaissent des litiges relevant du droit privĂ© et de la compĂ©tence des tribunaux de lâordre judiciaire.
- Ordre administratif : Ensemble des juridictions compĂ©tentes pour les litiges relevant du droit administratif et de la compĂ©tence de lâordre administratif.
đ Points essentiels
- Le Conseil constitutionnel assure le contrÎle de la constitutionnalité des lois, veille à la régularité des élections nationales et peut rendre des avis dans certains cas spécifiques.
- Le Conseil constitutionnel a aussi pour mission de rĂ©soudre les conflits de compĂ©tence entre juridictions de lâordre judiciaire et de lâordre administratif.
- Le Conseil constitutionnel vise Ă prĂ©venir un dĂ©ni de justice en cas de contrariĂ©tĂ© de dĂ©cisions dĂ©finitives rendues dans le mĂȘme litige par les deux ordres.
- La composition du Conseil constitutionnel doit garantir lâindĂ©pendance et la continuitĂ© de lâinstitution.
- En cassation, « casser et annuler » signifie annuler la décision attaquée et conduire à un nouvel examen par une juridiction compétente.
đĄ Astuce mĂ©mo
Ordres = deux voies; Conseil constitutionnel = arbitre des conflits + garde-fou contre le déni de justice.
đ 10. Juridictions civiles et pĂ©nales de premiĂšre instance
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Faits de lâespĂšce : En procĂ©dure, les faits de lâespĂšce dĂ©signent le rĂ©cit du litige et de son dĂ©roulement avant lâexamen par la juridiction.
- Motifs dâappel : En contentieux, les motifs dâappel sont les raisons invoquĂ©es pour contester la dĂ©cision attaquĂ©e et rĂ©pondre Ă ses motifs.
- Visa ou chapeau : Dans un arrĂȘt, le visa ou chapeau est la partie qui annonce les textes de loi ou principes gĂ©nĂ©raux sur lesquels la juridiction sâappuie.
- Attendu que : Dans un arrĂȘt, lâexpression « attendu que » introduit la partie qui expose les faits et le raisonnement juridique menant Ă la solution.
- Motif de la décision : Le motif de la décision correspond aux arguments juridiques qui justifient la solution retenue par la cour.
đ Points essentiels
- Un arrĂȘt rappelle dâabord les faits et la procĂ©dure de lâaffaire, en reconstituant ce qui sâest passĂ© avant la juridiction.
- Les motifs invoqués en appel servent de réfutation des motifs de la décision attaquée, pour contester la justification retenue.
- Le dispositif (souvent) reprend la demande et indique ce que la cour dĂ©cide, aprĂšs lâhistorique du contexte du litige.
- Le visa commence typiquement par « vu les articles », pour citer les textes ou principes généraux mobilisés.
- « Attendu que » sert à présenter la partie « en fait » et le raisonnement qui mÚne à la solution.
- Les motifs dâune dĂ©cision relient visa et faits : ils aboutissent Ă lâĂ©noncĂ© de la solution de la cour (câest le raisonnement juridique).
đĄ Astuce mĂ©mo
ProcĂ©dureâFaitsâVisaâAttenduâMotifsâSolution (et le dispositif tranche).
đ 11. Voies de recours et rĂŽle des cours supĂ©rieures
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ProcĂšs de Bobigny : ProcĂšs historique liĂ© Ă lâaccĂšs Ă lâavortement, ayant dĂ©clenchĂ© un mouvement social et influencĂ© lâĂ©volution du droit.
- ArrĂȘt municipal : DĂ©cision rendue par une juridiction municipale, susceptible dâĂȘtre cassĂ©e par une juridiction supĂ©rieure.
- Loyauté de la preuve : Principe selon lequel les preuves produites en justice doivent avoir été obtenues de maniÚre licite et respectueuse des droits.
- Preuves Ă©crites : ĂlĂ©ments documentaires produits en justice, comme des factures, lettres ou courriels.
- PrĂ©somptions : DĂ©ductions fondĂ©es sur un fait connu, permettant dâinfĂ©rer un autre fait sans preuve directe.
đ Points essentiels
- En matiĂšre de divorce, les messages adressĂ©s Ă un tiers ne sont admis que si lâĂ©poux y avait librement accĂšs (rĂ©seaux sociaux, smartphone, profils en ligne, absence de mot de passe ou mot de passe connu).
- Les preuves issues de photos, camĂ©ra de surveillance, tapissage, messages, vidĂ©os/photos ou dĂ©tective privĂ© ne sont recevables que si elles respectent la loyautĂ© de la preuve et les conditions dâaccĂšs/consentement.
- Les aveux constituent une catégorie de preuve, distincte des écrits, témoignages et éléments matériels.
- Les preuves écrites regroupent notamment facture, lettre et mail, tandis que les témoignages complÚtent le faisceau probatoire.
- Les arrĂȘts font Ă©voluer la loi : le procĂšs de Bobigny a conduit Ă lâinscription de lâIVG dans la loi, et la portĂ©e de lâarrĂȘt est reliĂ©e Ă la dignitĂ© humaine.
đĄ Astuce mĂ©mo
Bobigny â IVG : mouvement social â retour sur la dĂ©cision â inscription dans la loi.
đ 12. Preuves en justice et loyautĂ© de la preuve
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- LoyautĂ© de la preuve : Principe selon lequel une preuve doit ĂȘtre obtenue et utilisĂ©e de façon honnĂȘte, sans tromper ni piĂ©ger lâautre partie.
- Consentement Ă lâenregistrement : Exigence selon laquelle une discussion enregistrĂ©e (audio, vidĂ©o, tĂ©lĂ©phone ou face Ă face) doit ĂȘtre faite avec information prĂ©alable et accord des personnes concernĂ©es.
- Preuve dĂ©loyale : Preuve obtenue par des procĂ©dĂ©s contraires Ă la loyautĂ©, comme lâenregistrement clandestin ou lâobtention sans information ni consentement.
- IntĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice : Exception permettant, dans des cas trĂšs limitĂ©s, lâadmission dâune preuve dĂ©loyale si elle est cruciale pour Ă©tablir la vĂ©ritĂ© et quâil nâexiste pas dâautre moyen.
- ĂvĂ©nement public : Situation oĂč la prise de photos peut ĂȘtre autorisĂ©e, ce qui peut modifier lâanalyse de la loyautĂ© de la preuve.
đ Points essentiels
- Les enregistrements (audio/vidéo) sans consentement, comme les mouchards informatiques ou traceurs GPS, sont en principe des preuves non loyales.
- Avant dâenregistrer une discussion, chaque personne doit ĂȘtre informĂ©e et consentir, que lâĂ©change soit tĂ©lĂ©phonique, en vidĂ©o ou en face Ă face.
- Un juge peut admettre, dans des cas trĂšs limitĂ©s, une preuve obtenue de maniĂšre dĂ©loyale si lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice lâexige.
- Lâadmission exceptionnelle suppose que la preuve soit cruciale pour Ă©tablir la vĂ©ritĂ© et quâil nâexiste pas dâautres moyens dâobtenir des Ă©lĂ©ments.
- Vous ne pouvez pas produire une preuve issue de votre propre initiative pour attaquer lâadversaire, par exemple en fabriquant une facture pour prouver une dette.
- Une preuve ne doit pas piĂ©ger lâautre partie : provoquer volontairement une faute puis utiliser la preuve contre la personne est contraire Ă la loyautĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Consentement dâabord, justice ensuite : sans accord = dĂ©loyal, sauf cas extrĂȘme oĂč la vĂ©ritĂ© ne peut ĂȘtre prouvĂ©e autrement.
đ Tableaux de synthĂšse
Types de lois et actes (portée/contrÎle)
| CatĂ©gorie | Qui lâadopte | ContrĂŽle/effet |
|---|
| Loi organique | Par le Parlement | Soumise au Conseil constitutionnel avant promulgation |
| Loi référendaire | Par référendum | Adoptée par le référendum |
| Loi ordinaire | Par le Parlement | Loi simple (acte voté par le Parlement) |
| Décret autonome | Par un ministre | Crée des rÚgles dans un domaine non relevant de la loi |
| DĂ©cret dâapplication | Par lâexĂ©cutif | PrĂ©cise et organise lâexĂ©cution dâune loi (peut modifier un dĂ©cret antĂ©rieur) |
| Circulaire | Par lâadministration | PrĂ©cise lâinterprĂ©tation ou la mise en Ćuvre sans crĂ©er de nouvelles rĂšgles |
| ArrĂȘtĂ© | Par une autoritĂ© administrative | RĂšgles gĂ©nĂ©rales plus limitĂ©es (rĂ©glementaire) ou pour une personne (individuel) |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre pouvoir lĂ©gislatif et exĂ©cutif : le lĂ©gislatif vote/crĂ©e des rĂšgles gĂ©nĂ©rales, lâexĂ©cutif exĂ©cute et fait appliquer par police/armĂ©e.
- Croire quâune dĂ©cision de justice crĂ©e du droit gĂ©nĂ©ral : elle tranche un litige prĂ©cis, mĂȘme si la jurisprudence peut faire Ă©voluer la loi.
- MĂ©langer dĂ©cret autonome et dĂ©cret dâapplication : le premier fixe des rĂšgles nouvelles sans attendre une loi dâhabilitation, le second organise lâexĂ©cution dâune loi.
- Penser que les circulaires créent des rÚgles : elles expliquent comment appliquer/interpréter, sans créer de nouvelles rÚgles.
- Oublier la hiĂ©rarchie des normes : en cas de conflit, la norme supĂ©rieure sâimpose (et le bloc de lĂ©galitĂ© sert de cadre de contrĂŽle).
- Confondre ordre judiciaire et ordre administratif : le premier traite le droit privĂ© (litiges entre personnes privĂ©es), le second lâaction/les litiges impliquant lâadministration.
- Se tromper sur la loyautĂ© de la preuve : un enregistrement sans consentement est en principe dĂ©loyal, sauf cas trĂšs limitĂ©s dâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice.
â
Checklist Examen
- Expliquer la séparation des pouvoirs : rÎle du pouvoir exécutif (exécuter/faire appliquer), législatif (voter/créer la loi), judiciaire (faire respecter la loi).
- Définir le droit comme ensemble de rÚgles organisant la vie en société et distinguer droit et conduite des acteurs.
- Identifier le Parlement (AssemblĂ©e nationale + SĂ©nat) et rappeler quâil crĂ©e et vote les lois.
- Citer les limites à la création des lois : respect de la Constitution et compatibilité avec les traités internationaux (alignement non automatique).
- Expliquer la réglementation autonome : rÚgles créées par un ministre dans un domaine non relevant de la loi.
- DĂ©crire le bloc de lĂ©galitĂ© et le contrĂŽle de conformitĂ© : cadre de normes supĂ©rieures pour vĂ©rifier la validitĂ© dâun acte/dĂ©cision.
- Expliquer les ordonnances de lâarticle 38 : autorisation parlementaire, gouvernement prenant des mesures ayant valeur de loi pour son programme.
- Distinguer loi organique, loi référendaire et loi ordinaire, et préciser le contrÎle du Conseil constitutionnel pour la loi organique.
- Distinguer dĂ©cret autonome, dĂ©cret dâapplication, circulaire et arrĂȘtĂ© (rĂ©glementaire vs individuel) et donner Ă chaque fois lâidĂ©e centrale.
- Expliquer la logique des juridictions : juridiction = organisme de compĂ©tence (domaine et parfois territoire) et rĂŽle de lâaide juridictionnelle.
- Distinguer droit privĂ© (civil : dommages et intĂ©rĂȘts) et droit pĂ©nal (procureur/sociĂ©tĂ© : peine, prison possible) et rappeler que le juge civil ne prononce pas de peines privatives de libertĂ©.
- MaĂźtriser les voies de recours et cours supĂ©rieures : assignation vs appel, et en cassation « casser et annuler » sans rejuger le fond ; Conseil dâĂtat vĂ©rifie lâapplication de la loi et lâabsence de vice de procĂ©dure.
- ReconnaĂźtre la structure dâun arrĂȘt : visa/chapeau (« vu les articles »), faits/procĂ©dure (« attendu que »), motifs, dispositif, et comprendre la portĂ©e/jurisprudence.
- Expliquer les preuves et la loyautĂ© : consentement Ă lâenregistrement, preuves dĂ©loyales en principe exclues, exception dâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice, interdiction de fabriquer une preuve pour attaquer lâadversaire,
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