Revision sheet: Introduction aux Pouvoirs et Normes Juridiques

Plan du Cours

  1. SĂ©paration des pouvoirs et fonctions de l’État
  2. Pouvoir législatif et création des lois
  3. Pouvoir exécutif et application des lois
  4. Pouvoir juridictionnel et respect du droit
  5. Droit, loi et portée générale des rÚgles
  6. Hiérarchie des normes et bloc de légalité
  7. DĂ©crets, arrĂȘtĂ©s et circulaires
  8. Ordonnances et lois de l’article 38
  9. Ordres de juridictions et organisation de la justice
  10. Juridictions civiles et pénales de premiÚre instance
  11. Voies de recours et rÎle des cours supérieures
  12. Preuves en justice et loyauté de la preuve

1. SĂ©paration des pouvoirs et fonctions de l’État

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir exĂ©cutif : Pouvoir chargĂ© d’appliquer et de faire respecter les lois, notamment via l’action de la police et de l’armĂ©e.
  • Pouvoir lĂ©gislatif : Pouvoir qui vote et crĂ©e les lois afin de fixer des rĂšgles gĂ©nĂ©rales pour la sociĂ©tĂ©.
  • Pouvoir judiciaire : Pouvoir qui rĂšgle les litiges et veille au respect de la loi par les juridictions.
  • Parlement : Institution composĂ©e de l’AssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat, chargĂ©e de crĂ©er et voter les lois.
  • Droit : Ensemble de rĂšgles qui organisent la vie en sociĂ©tĂ© et encadrent les comportements.

Points essentiels

  • La sĂ©paration des pouvoirs vise Ă  empĂȘcher les abus et Ă  limiter l’arbitraire en rĂ©partissant les fonctions de l’État.
  • Le pouvoir exĂ©cutif exĂ©cute les lois et les fait appliquer par l’autoritĂ© publique, notamment police et armĂ©e.
  • Le pouvoir lĂ©gislatif fixe de nouvelles rĂšgles pour la population sous forme de lois Ă  portĂ©e gĂ©nĂ©rale.
  • Le pouvoir judiciaire fait respecter la loi en rĂ©glant les litiges entre personnes et en assurant son application.
  • Le Parlement (AssemblĂ©e nationale et SĂ©nat) crĂ©e et vote les lois en rĂ©pondant respectivement aux besoins du peuple et des territoires.
  • Le droit est prĂ©sentĂ© comme un ensemble de rĂšgles organisant la vie en sociĂ©tĂ©, distinct de la simple conduite des acteurs.

Astuce mémo

SĂ©pare pour Ă©viter l’abus : LĂ©gislatif = loi gĂ©nĂ©rale, ExĂ©cutif = application, Judiciaire = litiges et respect.

2. Pouvoir législatif et création des lois

Notions clés & Définitions

  • SĂ©paration des pouvoirs : Principe selon lequel les fonctions lĂ©gislative, exĂ©cutive et judiciaire sont confiĂ©es Ă  des organes distincts pour Ă©viter la concentration du pouvoir.
  • RĂ©glementation autonome : Pouvoir de crĂ©er des rĂšgles dans un domaine non rĂ©servĂ© Ă  la loi, via un ministre, sans passer par le Parlement.
  • Bloc de lĂ©galitĂ© : Ensemble de normes de rĂ©fĂ©rence qui encadrent la validitĂ© des lois nationales, notamment la Constitution et les engagements internationaux.
  • Ordonnances de l’article 38 : MĂ©canisme permettant au gouvernement, aprĂšs autorisation, de prendre des mesures ayant valeur de loi pour exĂ©cuter son programme sans vote parlementaire direct.
  • Loi organique : Type de loi prĂ©vu par la Constitution, chargĂ© de prĂ©ciser ou complĂ©ter certains articles constitutionnels et soumis au contrĂŽle du Conseil constitutionnel avant promulgation.

Points essentiels

  • Les lois ne peuvent pas ĂȘtre créées contre la Constitution, car elles doivent respecter ses exigences (ex. libertĂ© d’aller et venir).
  • Les lois actuelles doivent ĂȘtre compatibles avec les traitĂ©s internationaux, mĂȘme si l’alignement n’est pas automatique.
  • Le non-respect des traitĂ©s peut entraĂźner des sanctions financiĂšres, comme des amendes versĂ©es Ă  l’UE.
  • Les ordonnances de l’article 38 sont prises par le gouvernement avec autorisation parlementaire pour contourner le vote direct sur la loi pendant la mise en Ɠuvre du programme.
  • Les lois n’ont pas toutes la mĂȘme portĂ©e : certaines catĂ©gories (organique, rĂ©fĂ©rendaire, ordinaire) n’ont pas le mĂȘme niveau d’exigence et de contrĂŽle.
  • Les dĂ©crets, arrĂȘtĂ©s et circulaires sont des actes administratifs Ă©manant d’une autoritĂ© administrative et ne sont pas des lois votĂ©es par le Parlement.

Astuce mémo

Constitution + traitĂ©s = limites du Parlement ; article 38 = “gouvernement temporairement lĂ©gislateur” ; actes administratifs = “pas du Parlement”.

3. Pouvoir exécutif et application des lois

Notions clés & Définitions

  • Droit administratif : Le droit administratif encadre l’action de l’État et des administrations, ainsi que les litiges entre administrations et usagers.
  • DĂ©cret autonome : Un dĂ©cret autonome est un dĂ©cret pris directement par un ministre pour fixer des rĂšgles nouvelles sans attendre une loi d’habilitation.
  • DĂ©cret d’application : Un dĂ©cret d’application prĂ©cise et organise l’exĂ©cution d’une loi ou d’un texte, en complĂ©tant ses modalitĂ©s.
  • Circulaire administrative : Une circulaire est un document d’orientation destinĂ© en gĂ©nĂ©ral aux administrations pour expliquer comment appliquer un texte.
  • ArrĂȘtĂ© municipal : Un arrĂȘtĂ© municipal est une dĂ©cision prise par le maire pour organiser localement certaines rĂšgles, dans le cadre des compĂ©tences de la commune.

Points essentiels

  • Les dĂ©cisions des cours et tribunaux rĂšglent une situation juridique prĂ©cise et n’ont pas pour rĂŽle de crĂ©er du droit gĂ©nĂ©ral, mais de rĂ©soudre un litige.
  • Le droit public (administratif) concerne l’administration de l’État, les pouvoirs publics et les conflits entre administrations et usagers.
  • Un dĂ©cret autonome peut fixer des rĂšgles nouvelles (ex. mesures sur des mĂ©dicaments) en prĂ©cisant une quantitĂ© par personne.
  • Un dĂ©cret d’application vient complĂ©ter et organiser l’exĂ©cution d’un texte, et peut modifier un dĂ©cret antĂ©rieur pour limiter ou ajuster des Ă©lĂ©ments (ex. nombre de places).
  • Les circulaires visent gĂ©nĂ©ralement les administrations publiques et servent Ă  expliquer comment appliquer les dĂ©crets ou dĂ©cisions.
  • Les arrĂȘtĂ©s peuvent ĂȘtre rĂ©glementaires (rĂšgles pour tous, ex. interdiction de se baigner) ou individuels (mesure pour une personne, ex. obligation de quitter un logement).

Astuce mémo

DĂ©cret autonome = “je fixe direct”, dĂ©cret d’application = “j’exĂ©cute la loi”, circulaire = “j’explique aux services”, arrĂȘtĂ© = “je rĂšgle localement (maire)”, tribunal = “je tranche un cas”.

4. Pouvoir juridictionnel et respect du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit privĂ© : Le droit privĂ© regroupe les rĂšgles qui encadrent les conflits entre personnes privĂ©es et leurs consĂ©quences juridiques.
  • Droit civil : Le droit civil traite les litiges entre personnes privĂ©es et peut conduire Ă  une sanction financiĂšre comme des dommages et intĂ©rĂȘts.
  • Droit pĂ©nal : Le droit pĂ©nal vise les infractions et prĂ©voit des peines, notamment des sanctions privatives de libertĂ©, dĂ©cidĂ©es par un juge.
  • Juridiction : Une juridiction est l’organisme compĂ©tent pour rendre la justice et trancher un litige dans un domaine et parfois une zone gĂ©ographique.
  • Aide juridictionnelle : L’aide juridictionnelle est un dispositif qui permet de financer la dĂ©fense (notamment l’avocat) quand on ne peut pas payer ses honoraires.

Points essentiels

  • En droit privĂ©, le juge peut condamner une partie Ă  payer une somme d’argent, sans prononcer de sanctions pĂ©nales.
  • En droit civil, les litiges opposent des personnes privĂ©es (physiques ou morales) et la sanction typique est financiĂšre (dommages et intĂ©rĂȘts).
  • En droit pĂ©nal, la sociĂ©tĂ© est reprĂ©sentĂ©e par le procureur et l’infraction peut entraĂźner une peine, y compris la prison.
  • Les tribunaux de proximitĂ© traitent de petits litiges civils de la vie quotidienne lorsque le montant est infĂ©rieur Ă  10 000 €.
  • À tout stade de la procĂ©dure civile, le juge peut ordonner aux parties de rencontrer un mĂ©diateur qu’il dĂ©signe.
  • Une juridiction peut ĂȘtre dĂ©finie par sa compĂ©tence (domaine et parfois territoire), ce qui dĂ©termine quel juge peut connaĂźtre du litige.

Astuce mémo

Civil = argent entre privés ; Pénal = société/peine (procureur).

5. Droit, loi et portée générale des rÚgles

Notions clés & Définitions

  • Appel : L’appel est une procĂ©dure par laquelle une partie mĂ©contente d’une dĂ©cision de justice demande Ă  une juridiction supĂ©rieure de rĂ©examiner l’affaire.
  • Assignation : L’assignation est un acte par lequel un demandeur cite son adversaire Ă  comparaĂźtre devant le tribunal.
  • DĂ©fendeur : Le dĂ©fendeur est la personne contre laquelle une requĂȘte est formĂ©e, donc celle qui subit l’action en justice.
  • Juridictions civiles : Les juridictions civiles tranchent les litiges entre personnes privĂ©es, comme les conflits familiaux ou contractuels.
  • Juridictions pĂ©nales : Les juridictions pĂ©nales jugent les personnes physiques ou morales soupçonnĂ©es d’avoir commis une infraction.

Points essentiels

  • L’assignation sert Ă  faire comparaĂźtre l’adversaire devant le tribunal saisi.
  • L’appel permet Ă  une partie insatisfaite d’obtenir un rĂ©examen par une juridiction supĂ©rieure.
  • En procĂ©dure, le dĂ©fendeur est celui qui subit la requĂȘte du demandeur.
  • Les tribunaux judiciaires de premiĂšre instance rĂšglent notamment les litiges civils, l’état des personnes et les affaires de famille.
  • Les juridictions pĂ©nales sont saisies en tenant compte du domicile du dĂ©fendeur.
  • Les juridictions pĂ©nales peuvent prononcer des dommages et intĂ©rĂȘts, des amendes et des mesures complĂ©mentaires, mais pas de peines privatives de libertĂ©.

Astuce mémo

Appel = “rĂ©examen en haut”, Assignation = “citation Ă  comparaĂźtre”, DĂ©fendeur = “subit la requĂȘte”.

6. Hiérarchie des normes et bloc de légalité

Notions clés & Définitions

  • HiĂ©rarchie des normes : Principe juridique qui ordonne les rĂšgles de droit du plus Ă©levĂ© au plus faible, afin de dĂ©terminer lesquelles s’imposent en cas de conflit.
  • Bloc de lĂ©galitĂ© : Ensemble des normes de rĂ©fĂ©rence utilisĂ©es pour contrĂŽler la conformitĂ© d’une dĂ©cision ou d’un acte aux rĂšgles supĂ©rieures.
  • ContrĂŽle de conformitĂ© : VĂ©rification qu’un acte respecte les rĂšgles de droit applicables, notamment celles issues des normes supĂ©rieures.
  • Cour de cassation : Juridiction qui examine la conformitĂ© des dĂ©cisions aux rĂšgles de droit et assure une interprĂ©tation uniforme.
  • Cour criminelle : Juridiction chargĂ©e de juger les crimes les plus graves, avec des jurĂ©s tirĂ©s au sort en plus des juges.

Points essentiels

  • La hiĂ©rarchie des normes sert Ă  trancher les conflits entre rĂšgles en imposant la norme supĂ©rieure.
  • Le bloc de lĂ©galitĂ© sert de cadre de contrĂŽle pour apprĂ©cier si une dĂ©cision respecte les rĂšgles de droit pertinentes.
  • La cour de cassation vĂ©rifie la conformitĂ© aux rĂšgles de droit des arrĂȘts des cours d’appel et de certains jugements de premiĂšre instance.
  • La cour de cassation est prĂ©sentĂ©e comme le dernier recours dans le schĂ©ma dĂ©crit, aprĂšs une premiĂšre et une deuxiĂšme instance.
  • Les crimes les plus graves sont jugĂ©s par la cour criminelle, composĂ©e de juges et de jurĂ©s tirĂ©s au sort.
  • Les jurĂ©s sont des citoyens tirĂ©s au sort, distincts des juges professionnels.

Astuce mémo

HiĂ©rarchie = “du plus fort au plus faible” ; Bloc de lĂ©galitĂ© = “ce que la dĂ©cision doit respecter” ; Cassation = “contrĂŽle du droit” ; Cour criminelle = “juges + jurĂ©s”.

7. DĂ©crets, arrĂȘtĂ©s et circulaires

Notions clés & Définitions

  • DĂ©cret : Acte rĂ©glementaire pris par l’exĂ©cutif, qui fixe des rĂšgles gĂ©nĂ©rales applicables sur le territoire.
  • ArrĂȘtĂ© : Acte rĂ©glementaire pris par une autoritĂ© administrative, Ă  portĂ©e gĂ©nĂ©ralement plus limitĂ©e qu’un dĂ©cret.
  • Circulaire : Document administratif qui prĂ©cise l’interprĂ©tation ou la mise en Ɠuvre de textes, sans crĂ©er de nouvelles rĂšgles.
  • Juridiction administrative : Ensemble des tribunaux chargĂ©s de trancher les litiges opposant l’administration ou portant sur l’action administrative.

Points essentiels

  • La cour de cassation est la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire et ne rejugera pas le fond du litige.
  • La cour d’appel constitue le second degrĂ© et examine les recours contre des dĂ©cisions rendues en premiĂšre instance.
  • La cour d’assises juge les personnes accusĂ©es de crimes et l’avocat est obligatoire pour l’accusĂ©.
  • Le Conseil d’État est la plus haute juridiction de l’ordre administratif et contrĂŽle la conformitĂ© des dĂ©cisions administratives.
  • Le Conseil d’État ne rejugera pas le litige : il vĂ©rifie l’application de la loi et l’absence de vice de procĂ©dure.
  • En cas d’annulation, le Conseil d’État renvoie l’affaire Ă  la juridiction compĂ©tente, sauf dĂ©cision exceptionnelle de rejuger lui-mĂȘme.

Astuce mémo

DĂ©cret = rĂšgle gĂ©nĂ©rale ; ArrĂȘtĂ© = rĂšgle plus ciblĂ©e ; Circulaire = mode d’emploi (interprĂ©tation).

8. Ordonnances et lois de l’article 38

Notions clés & Définitions

  • Article 38 de la Constitution : Dispositif constitutionnel permettant au Gouvernement d’adopter, sous conditions, des mesures relevant du domaine de la loi par voie d’ordonnances.
  • Projet de loi : Texte prĂ©sentĂ© au Parlement en vue d’ĂȘtre adoptĂ©, puis promulguĂ©, pour crĂ©er ou modifier des rĂšgles juridiques.
  • Projet d’ordonnance : Texte prĂ©parĂ© par le Gouvernement pour ĂȘtre pris par ordonnance dans le cadre prĂ©vu par l’article 38.
  • Projet de dĂ©cret : Texte rĂ©glementaire pris par l’exĂ©cutif pour prĂ©ciser l’application des lois et des normes supĂ©rieures.
  • Conseil d’État : Juridiction et instance consultative de l’ordre administratif, notamment chargĂ©e de vĂ©rifier la lĂ©galitĂ© et de rendre des avis.

Points essentiels

  • Le Gouvernement peut utiliser l’article 38 pour modifier le domaine de la loi par ordonnances, puis faire intervenir le contrĂŽle du Parlement selon les modalitĂ©s prĂ©vues.
  • Les projets de loi, projets d’ordonnance et certains projets de dĂ©cret font l’objet d’un avis avant leur adoption finale.
  • Le Conseil d’État intervient dans l’examen des textes administratifs, notamment pour vĂ©rifier leur conformitĂ© et leur cohĂ©rence juridique.
  • Les ordonnances et lois relĂšvent de procĂ©dures distinctes : l’ordonnance est une mesure prise par l’exĂ©cutif dans le cadre de l’article 38, tandis que la loi est adoptĂ©e par le Parlement.
  • La procĂ©dure d’adoption des textes s’accompagne d’un contrĂŽle juridictionnel possible ensuite, notamment par les juridictions administratives en cas de litige.

Astuce mémo

Article 38 = « ordonner » temporairement : le Gouvernement agit, puis le Parlement reprend le relais.

9. Ordres de juridictions et organisation de la justice

Notions clés & Définitions

  • Conseil constitutionnel : Institution chargĂ©e de contrĂŽler la rĂ©gularitĂ© des Ă©lections nationales et de veiller Ă  la conformitĂ© des rĂšgles constitutionnelles, avec des avis possibles dans certains cas.
  • Conseil d’État : Juridiction de l’ordre administratif composĂ©e notamment de hauts magistrats, jouant un rĂŽle central dans le contentieux administratif.
  • Cour de cassation : Juridiction de l’ordre judiciaire qui statue sur le bien-fondĂ© juridique des dĂ©cisions, notamment via le contrĂŽle en cassation.
  • Ordre judiciaire : Ensemble des juridictions qui connaissent des litiges relevant du droit privĂ© et de la compĂ©tence des tribunaux de l’ordre judiciaire.
  • Ordre administratif : Ensemble des juridictions compĂ©tentes pour les litiges relevant du droit administratif et de la compĂ©tence de l’ordre administratif.

Points essentiels

  • Le Conseil constitutionnel assure le contrĂŽle de la constitutionnalitĂ© des lois, veille Ă  la rĂ©gularitĂ© des Ă©lections nationales et peut rendre des avis dans certains cas spĂ©cifiques.
  • Le Conseil constitutionnel a aussi pour mission de rĂ©soudre les conflits de compĂ©tence entre juridictions de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif.
  • Le Conseil constitutionnel vise Ă  prĂ©venir un dĂ©ni de justice en cas de contrariĂ©tĂ© de dĂ©cisions dĂ©finitives rendues dans le mĂȘme litige par les deux ordres.
  • La composition du Conseil constitutionnel doit garantir l’indĂ©pendance et la continuitĂ© de l’institution.
  • En cassation, « casser et annuler » signifie annuler la dĂ©cision attaquĂ©e et conduire Ă  un nouvel examen par une juridiction compĂ©tente.

Astuce mémo

Ordres = deux voies; Conseil constitutionnel = arbitre des conflits + garde-fou contre le déni de justice.

10. Juridictions civiles et pénales de premiÚre instance

Notions clés & Définitions

  • Faits de l’espĂšce : En procĂ©dure, les faits de l’espĂšce dĂ©signent le rĂ©cit du litige et de son dĂ©roulement avant l’examen par la juridiction.
  • Motifs d’appel : En contentieux, les motifs d’appel sont les raisons invoquĂ©es pour contester la dĂ©cision attaquĂ©e et rĂ©pondre Ă  ses motifs.
  • Visa ou chapeau : Dans un arrĂȘt, le visa ou chapeau est la partie qui annonce les textes de loi ou principes gĂ©nĂ©raux sur lesquels la juridiction s’appuie.
  • Attendu que : Dans un arrĂȘt, l’expression « attendu que » introduit la partie qui expose les faits et le raisonnement juridique menant Ă  la solution.
  • Motif de la dĂ©cision : Le motif de la dĂ©cision correspond aux arguments juridiques qui justifient la solution retenue par la cour.

Points essentiels

  • Un arrĂȘt rappelle d’abord les faits et la procĂ©dure de l’affaire, en reconstituant ce qui s’est passĂ© avant la juridiction.
  • Les motifs invoquĂ©s en appel servent de rĂ©futation des motifs de la dĂ©cision attaquĂ©e, pour contester la justification retenue.
  • Le dispositif (souvent) reprend la demande et indique ce que la cour dĂ©cide, aprĂšs l’historique du contexte du litige.
  • Le visa commence typiquement par « vu les articles », pour citer les textes ou principes gĂ©nĂ©raux mobilisĂ©s.
  • « Attendu que » sert Ă  prĂ©senter la partie « en fait » et le raisonnement qui mĂšne Ă  la solution.
  • Les motifs d’une dĂ©cision relient visa et faits : ils aboutissent Ă  l’énoncĂ© de la solution de la cour (c’est le raisonnement juridique).

Astuce mémo

ProcĂ©dure→Faits→Visa→Attendu→Motifs→Solution (et le dispositif tranche).

11. Voies de recours et rÎle des cours supérieures

Notions clés & Définitions

  • ProcĂšs de Bobigny : ProcĂšs historique liĂ© Ă  l’accĂšs Ă  l’avortement, ayant dĂ©clenchĂ© un mouvement social et influencĂ© l’évolution du droit.
  • ArrĂȘt municipal : DĂ©cision rendue par une juridiction municipale, susceptible d’ĂȘtre cassĂ©e par une juridiction supĂ©rieure.
  • LoyautĂ© de la preuve : Principe selon lequel les preuves produites en justice doivent avoir Ă©tĂ© obtenues de maniĂšre licite et respectueuse des droits.
  • Preuves Ă©crites : ÉlĂ©ments documentaires produits en justice, comme des factures, lettres ou courriels.
  • PrĂ©somptions : DĂ©ductions fondĂ©es sur un fait connu, permettant d’infĂ©rer un autre fait sans preuve directe.

Points essentiels

  • En matiĂšre de divorce, les messages adressĂ©s Ă  un tiers ne sont admis que si l’époux y avait librement accĂšs (rĂ©seaux sociaux, smartphone, profils en ligne, absence de mot de passe ou mot de passe connu).
  • Les preuves issues de photos, camĂ©ra de surveillance, tapissage, messages, vidĂ©os/photos ou dĂ©tective privĂ© ne sont recevables que si elles respectent la loyautĂ© de la preuve et les conditions d’accĂšs/consentement.
  • Les aveux constituent une catĂ©gorie de preuve, distincte des Ă©crits, tĂ©moignages et Ă©lĂ©ments matĂ©riels.
  • Les preuves Ă©crites regroupent notamment facture, lettre et mail, tandis que les tĂ©moignages complĂštent le faisceau probatoire.
  • Les arrĂȘts font Ă©voluer la loi : le procĂšs de Bobigny a conduit Ă  l’inscription de l’IVG dans la loi, et la portĂ©e de l’arrĂȘt est reliĂ©e Ă  la dignitĂ© humaine.

Astuce mémo

Bobigny → IVG : mouvement social → retour sur la dĂ©cision → inscription dans la loi.

12. Preuves en justice et loyauté de la preuve

Notions clés & Définitions

  • LoyautĂ© de la preuve : Principe selon lequel une preuve doit ĂȘtre obtenue et utilisĂ©e de façon honnĂȘte, sans tromper ni piĂ©ger l’autre partie.
  • Consentement Ă  l’enregistrement : Exigence selon laquelle une discussion enregistrĂ©e (audio, vidĂ©o, tĂ©lĂ©phone ou face Ă  face) doit ĂȘtre faite avec information prĂ©alable et accord des personnes concernĂ©es.
  • Preuve dĂ©loyale : Preuve obtenue par des procĂ©dĂ©s contraires Ă  la loyautĂ©, comme l’enregistrement clandestin ou l’obtention sans information ni consentement.
  • IntĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice : Exception permettant, dans des cas trĂšs limitĂ©s, l’admission d’une preuve dĂ©loyale si elle est cruciale pour Ă©tablir la vĂ©ritĂ© et qu’il n’existe pas d’autre moyen.
  • ÉvĂ©nement public : Situation oĂč la prise de photos peut ĂȘtre autorisĂ©e, ce qui peut modifier l’analyse de la loyautĂ© de la preuve.

Points essentiels

  • Les enregistrements (audio/vidĂ©o) sans consentement, comme les mouchards informatiques ou traceurs GPS, sont en principe des preuves non loyales.
  • Avant d’enregistrer une discussion, chaque personne doit ĂȘtre informĂ©e et consentir, que l’échange soit tĂ©lĂ©phonique, en vidĂ©o ou en face Ă  face.
  • Un juge peut admettre, dans des cas trĂšs limitĂ©s, une preuve obtenue de maniĂšre dĂ©loyale si l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice l’exige.
  • L’admission exceptionnelle suppose que la preuve soit cruciale pour Ă©tablir la vĂ©ritĂ© et qu’il n’existe pas d’autres moyens d’obtenir des Ă©lĂ©ments.
  • Vous ne pouvez pas produire une preuve issue de votre propre initiative pour attaquer l’adversaire, par exemple en fabriquant une facture pour prouver une dette.
  • Une preuve ne doit pas piĂ©ger l’autre partie : provoquer volontairement une faute puis utiliser la preuve contre la personne est contraire Ă  la loyautĂ©.

Astuce mémo

Consentement d’abord, justice ensuite : sans accord = dĂ©loyal, sauf cas extrĂȘme oĂč la vĂ©ritĂ© ne peut ĂȘtre prouvĂ©e autrement.

Tableaux de synthĂšse

Types de lois et actes (portée/contrÎle)

CatĂ©gorieQui l’adopteContrĂŽle/effet
Loi organiquePar le ParlementSoumise au Conseil constitutionnel avant promulgation
Loi référendairePar référendumAdoptée par le référendum
Loi ordinairePar le ParlementLoi simple (acte voté par le Parlement)
Décret autonomePar un ministreCrée des rÚgles dans un domaine non relevant de la loi
DĂ©cret d’applicationPar l’exĂ©cutifPrĂ©cise et organise l’exĂ©cution d’une loi (peut modifier un dĂ©cret antĂ©rieur)
CirculairePar l’administrationPrĂ©cise l’interprĂ©tation ou la mise en Ɠuvre sans crĂ©er de nouvelles rĂšgles
ArrĂȘtĂ©Par une autoritĂ© administrativeRĂšgles gĂ©nĂ©rales plus limitĂ©es (rĂ©glementaire) ou pour une personne (individuel)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre pouvoir lĂ©gislatif et exĂ©cutif : le lĂ©gislatif vote/crĂ©e des rĂšgles gĂ©nĂ©rales, l’exĂ©cutif exĂ©cute et fait appliquer par police/armĂ©e.
  2. Croire qu’une dĂ©cision de justice crĂ©e du droit gĂ©nĂ©ral : elle tranche un litige prĂ©cis, mĂȘme si la jurisprudence peut faire Ă©voluer la loi.
  3. MĂ©langer dĂ©cret autonome et dĂ©cret d’application : le premier fixe des rĂšgles nouvelles sans attendre une loi d’habilitation, le second organise l’exĂ©cution d’une loi.
  4. Penser que les circulaires créent des rÚgles : elles expliquent comment appliquer/interpréter, sans créer de nouvelles rÚgles.
  5. Oublier la hiĂ©rarchie des normes : en cas de conflit, la norme supĂ©rieure s’impose (et le bloc de lĂ©galitĂ© sert de cadre de contrĂŽle).
  6. Confondre ordre judiciaire et ordre administratif : le premier traite le droit privĂ© (litiges entre personnes privĂ©es), le second l’action/les litiges impliquant l’administration.
  7. Se tromper sur la loyautĂ© de la preuve : un enregistrement sans consentement est en principe dĂ©loyal, sauf cas trĂšs limitĂ©s d’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice.

Checklist Examen

  1. Expliquer la séparation des pouvoirs : rÎle du pouvoir exécutif (exécuter/faire appliquer), législatif (voter/créer la loi), judiciaire (faire respecter la loi).
  2. Définir le droit comme ensemble de rÚgles organisant la vie en société et distinguer droit et conduite des acteurs.
  3. Identifier le Parlement (AssemblĂ©e nationale + SĂ©nat) et rappeler qu’il crĂ©e et vote les lois.
  4. Citer les limites à la création des lois : respect de la Constitution et compatibilité avec les traités internationaux (alignement non automatique).
  5. Expliquer la réglementation autonome : rÚgles créées par un ministre dans un domaine non relevant de la loi.
  6. DĂ©crire le bloc de lĂ©galitĂ© et le contrĂŽle de conformitĂ© : cadre de normes supĂ©rieures pour vĂ©rifier la validitĂ© d’un acte/dĂ©cision.
  7. Expliquer les ordonnances de l’article 38 : autorisation parlementaire, gouvernement prenant des mesures ayant valeur de loi pour son programme.
  8. Distinguer loi organique, loi référendaire et loi ordinaire, et préciser le contrÎle du Conseil constitutionnel pour la loi organique.
  9. Distinguer dĂ©cret autonome, dĂ©cret d’application, circulaire et arrĂȘtĂ© (rĂ©glementaire vs individuel) et donner Ă  chaque fois l’idĂ©e centrale.
  10. Expliquer la logique des juridictions : juridiction = organisme de compĂ©tence (domaine et parfois territoire) et rĂŽle de l’aide juridictionnelle.
  11. Distinguer droit privĂ© (civil : dommages et intĂ©rĂȘts) et droit pĂ©nal (procureur/sociĂ©tĂ© : peine, prison possible) et rappeler que le juge civil ne prononce pas de peines privatives de libertĂ©.
  12. MaĂźtriser les voies de recours et cours supĂ©rieures : assignation vs appel, et en cassation « casser et annuler » sans rejuger le fond ; Conseil d’État vĂ©rifie l’application de la loi et l’absence de vice de procĂ©dure.
  13. ReconnaĂźtre la structure d’un arrĂȘt : visa/chapeau (« vu les articles »), faits/procĂ©dure (« attendu que »), motifs, dispositif, et comprendre la portĂ©e/jurisprudence.
  14. Expliquer les preuves et la loyautĂ© : consentement Ă  l’enregistrement, preuves dĂ©loyales en principe exclues, exception d’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la justice, interdiction de fabriquer une preuve pour attaquer l’adversaire,

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1. Que dĂ©signe l’assignation dans une procĂ©dure ?

2. Quel ordre de juridiction traite les litiges relevant du droit administratif ?

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Memorize the key concepts of Introduction aux Pouvoirs et Normes Juridiques with 24 interactive flashcards.

Pouvoir exĂ©cutif — rĂŽle ?

Appliquer et faire respecter les lois

Pouvoir lĂ©gislatif — rĂŽle ?

Créer et voter les lois

Pouvoir judiciaire — rîle ?

Régler litiges et respecter le droit

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