Scheda di revisione: Histoire et philosophie du droit

📋 Plan du Cours

  1. Thémis et Dikè dans la Grèce antique
  2. Platon, loi naturelle et hiérarchie sociale
  3. Exégèse du Code civil et monopole doctrinal
  4. Kelsen : droit naturel rejeté et validité
  5. Positivisme sociologique d’Auguste Comte
  6. Durkheim et les lois sociales inconscientes
  7. Duguit : droit, service public et solidarité
  8. Marx : lutte des classes et construction de l’État
  9. Libéralisme et bicamérisme fonctionnel
  10. Retour du jusnaturalisme et critique d’Arendt
  11. Droits naturels face aux totalitarismes

📖 1. Thémis et Dikè dans la Grèce antique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Thémis : Déesse grecque associée à l’idéal du droit, c’est-à-dire la justice recherchée dans une affaire.
  • Dikè : Déesse grecque associée à la pratique du droit, c’est-à-dire l’issue concrète d’un jugement.
  • Nomos : Terme ancien désignant le droit comme ensemble de règles ou de lois.
  • Dikaion : Terme ancien désignant l’application du jugement, autrement dit le droit mis en œuvre dans un cas.
  • Physis : Notion grecque renvoyant à la nature et à l’ordre du monde, utilisé comme modèle pour penser le droit.

📝 Points essentiels

  • Dans la Grèce antique, chaque cité est politiquement autonome et possède sa propre organisation juridique.
  • Les Grecs partagent langue et croyances religieuses, ce qui favorise des références communes comme Thémis et Dikè.
  • À partir du vocabulaire ancien, Nomos renvoie au texte des lois tandis que Dikè renvoie à l’application du jugement.
  • Au Ve siècle av. J.-C., des auteurs voyageurs comparent les cités et dénoncent l’écart entre apparence de bonnes lois et respect réel des lois.
  • Athènes se distingue par une pensée juridique plus développée grâce à la possibilité pour les citoyens de discuter et réfléchir sur les lois.
  • Platon relie la justice à un ordre naturel hiérarchisé : le droit doit respecter les règles de la nature (physis).

💡 Astuce mémo

Thémis = idéal (justice à viser) ; Dikè = procès (justice rendue).

📖 2. Platon, loi naturelle et hiérarchie sociale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Loi naturelle : Notion de droit naturel fondée sur l’idée que certaines règles découlent de la nature humaine et de la raison, plutôt que d’un simple décret.
  • Hiérarchie sociale : Organisation de la société en rangs ou niveaux, où la place de chacun influence l’ordre politique et la manière de concevoir le droit.
  • Platon : Philosophe grec dont les idées sont mobilisées dans l’enseignement médiéval, notamment via la philosophie antique reprise par les scolastiques.
  • Scolastique médiévale : Courant intellectuel du Moyen Âge qui développe l’enseignement dans les écoles puis les universités, en articulant philosophie grecque et pensée chrétienne.

📝 Points essentiels

  • La scolastique se développe au XIIe siècle avec des écoles urbaines, puis au tournant des XIIe-XIIIe siècles avec de grandes universités comme Bologne.
  • Les scolastiques réintroduisent des auteurs grecs, en particulier Aristote, et remettent en avant des notions de droit naturel et de raison.
  • La pensée juridique médiévale combine des valeurs chrétiennes avec des apports grecs, ce qui modifie la manière de justifier le droit.
  • Dans l’enseignement, Platon sert de référence philosophique, mais le retour décisif des notions oubliées passe surtout par Aristote.
  • La hiérarchie sociale est pensée comme un cadre où l’ordre politique et la conception du droit s’articulent avec la place des individus.

💡 Astuce mémo

Scolastique = Écoles puis Universités + Grecs (surtout Aristote) + Christianisme : le droit naturel revient.

📖 3. Exégèse du Code civil et monopole doctrinal

🔑 Notions clés & Définitions

  • Monopole doctrinal : Notion désignant la domination d’une doctrine savante sur l’interprétation et l’application du droit, au détriment d’autres lectures.
  • Droit naturel : Notion selon laquelle il existe un droit fondé sur la nature humaine, distinct du droit créé par les autorités.
  • Droit positif : Notion désignant le droit effectivement produit par des autorités humaines, donc contingent et variable.
  • Querelle des universaux : Notion médiévale opposant réalistes et nominalistes sur le statut des réalités abstraites et des noms.
  • Nominalisme : Notion selon laquelle il n’existe qu’une réalité concrète, et les universaux ne seraient que des noms.

📝 Points essentiels

  • Le juriste est présenté comme un être libre, capable de produire du droit positif en dehors du cadre strictement religieux.
  • Saint Thomas d’Aquin relie la production du droit à des valeurs chrétiennes et s’appuie sur des idées d’Aristote.
  • Duns Scot affirme que l’homme possède raison et libre arbitre, ce qui le rapproche des scolastiques.
  • Guillaume d’Occam s’inscrit dans la querelle des universaux et défend une position nominaliste.
  • Pour les réalistes, une même réalité aurait une version abstraite et une version concrète, tandis que pour les nominalistes il n’y aurait qu’une réalité concrète.
  • Occam distingue le droit positif comme seul véritable droit, car il est créé par l’homme, et il pose la question de la provenance du droit naturel et du droit public.

💡 Astuce mémo

Libre arbitre → droit produit par l’homme ; Universaux : Réalistes (double réalité) vs Nominalistes (une seule réalité concrète).

📖 4. Kelsen : droit naturel rejeté et validité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Validité juridique : La validité juridique désigne le caractère juridiquement obligatoire d’une norme, indépendamment de sa moralité ou de sa conformité à une religion.
  • Droit naturel : Le droit naturel regroupe des normes présentées comme valables par nature, souvent liées à une idée de justice universelle.
  • Critère religieux : Le critère religieux est l’idée que la validité du droit dépend d’une référence à Dieu ou à un dogme.
  • Jus gentium : Le jus gentium est un ensemble de principes supposés communs aux peuples, permettant d’organiser des relations entre sociétés différentes.

📝 Points essentiels

  • Le droit naturel est rejeté comme fondement de la validité : une norme est dite valable par son statut juridique, pas parce qu’elle serait moralement juste.
  • La validité ne dépend pas d’un critère religieux : la logique juridique peut être construite sans référence au dogme.
  • Le jus gentium sert de base à l’idée d’un droit commun entre peuples, notamment pour des règles diplomatiques et des pratiques de guerre.
  • La recherche d’un droit universel est présentée comme possible à partir d’éléments communs entre civilisations, même si l’approche est jugée parfois utopique.
  • Le contraste empirique/rationaliste influence la manière de penser le droit : l’observation précède la théorie chez les empiriques, tandis que les rationalistes partent d’une théorie pour ensuite vérifier son efficacité.
  • Le passage du jus à la lex illustre une évolution vers un droit posé et organisé, plutôt qu’un droit tiré d’une source naturelle ou traditionnelle.

💡 Astuce mémo

Validité = statut juridique (pas morale, pas religion) : « valable parce que droit, pas parce que juste ».

📖 5. Positivisme sociologique d’Auguste Comte

🔑 Notions clés & Définitions

  • Figure forte de l’État : La figure forte de l’État désigne l’idée qu’un pouvoir central puissant est nécessaire pour organiser la société et éviter le désordre.
  • Césarisme : Le césarisme est une conception politique où l’autorité repose sur un chef fort, capable de maintenir l’ordre et de gouverner efficacement.
  • État de nature : L’état de nature est un état théorique antérieur à la société organisée, où les hommes vivent sans contraintes juridiques communes.
  • Léviathan : Le Léviathan est le symbole d’un pouvoir fort qui tire son existence de l’accord des hommes et qui organise la vie sociale.

📝 Points essentiels

  • Le pouvoir politique est présenté comme devant être incarné par une figure forte, ce qui renvoie à l’idée de césarisme.
  • Le Léviathan sert de symbole d’un pouvoir puissant, associé à une logique de puissance et de légitimation.
  • Le pouvoir du Léviathan dépend des hommes : il existe parce que les hommes lui ont donné leurs pouvoirs.
  • À l’état de nature, les hommes disposent de droits naturels et vivent selon une logique de force, sans contraintes collectives.
  • La sortie de l’état de nature passe par une réunion des hommes qui inventent la société, ses règles et ses punitions.
  • Dans le contrat social, les droits naturels disparaissent sauf le droit de défendre sa vie, et seul le Léviathan a le privilège de produire le droit.

💡 Astuce mémo

Contrat social = droits naturels réduits à la vie + Léviathan seul producteur du droit (le pouvoir vient des hommes).

📖 6. Durkheim et les lois sociales inconscientes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Séparation des pouvoirs : Principe politique selon lequel les fonctions de décision, d’exécution et de jugement doivent être distinctes pour limiter les abus.
  • Magistrats professionnels : Catégorie de juges formés et chargés de rendre la justice, plutôt que des citoyens non spécialisés.
  • Contrat social : Idée politique selon laquelle les citoyens confient aux institutions judiciaires la protection des droits et la sanction des atteintes à l’ordre commun.
  • Légalité des peines : Principe pénal selon lequel la peine doit être fixée par la loi, afin d’éviter l’arbitraire des juges.
  • Sécularisation pénale : Transformation du droit pénal qui retire la référence religieuse pour ne traiter que l’infraction comme atteinte au contrat social.

📝 Points essentiels

  • Sans séparation des pouvoirs, il n’y a pas de garantie contre l’excès politique, ce qui favorise le risque de despotisme.
  • Montesquieu défend l’indépendance du pouvoir judiciaire : si le juge dépend de l’autorité politique, les citoyens sont exposés à l’oppression.
  • Pour Montesquieu, la justice sert à punir les mauvaises actions et les délinquants remettent en cause le contrat social.
  • Montesquieu critique l’échelle des crimes et des peines : des infractions punies très durement à cause de la religion devraient être traitées autrement.
  • Beccaria veut une justice pénale débarrassée des notions religieuses : le crime est une atteinte au contrat social, pas un péché.
  • Beccaria impose la légalité des peines : le magistrat ne choisit pas librement la sanction, elle doit être prévue par un code écrit par la loi.

💡 Astuce mémo

Séparation = anti-despotisme ; Légalité = anti-arbitraire ; Sécularisation = anti-péché.

📖 7. Duguit : droit, service public et solidarité

🔑 Notions clés & Définitions

  • École de l’exégèse : Courant du XIXe siècle qui enseigne et applique le droit en interprétant les textes comme un ensemble de sens précis à découvrir.
  • Méthode exégétique : Démarche d’interprétation qui part du texte pour décider s’il est clair, s’il est obscur, ou s’il manque des éléments à compléter.
  • Monopole doctrinal : Situation où les commentateurs dominent durablement l’enseignement et l’interprétation du Code civil, sans véritable contestation.
  • Apologie du Code civil : Attitude consistant à présenter le Code civil comme une œuvre quasi parfaite, synthèse entre ancien droit et droit révolutionnaire.
  • Critique du Code civil : Ensemble de contestations du XIXe siècle visant la qualité, l’adéquation ou l’idéologie du Code civil et de sa méthode d’application.

📝 Points essentiels

  • L’exégèse est une méthode d’explication des textes, inspirée des pratiques d’autorité religieuse pour rendre le sens accessible aux non-spécialistes.
  • La méthode exégétique suppose trois cas : texte clair appliqué tel quel, texte obscur nécessitant une interprétation, et lacunes du Code à compléter par d’autres références.
  • Quand le Code ne prévoit pas tout, le juge peut recourir à l’histoire et aux coutumes, ou à l’équité pour trancher malgré son statut jugé imparfait.
  • Le monopole doctrinal s’appuie sur des générations de commentateurs qui évitent de critiquer le Code pendant plusieurs décennies, notamment après la création des facultés de droit en 1808.
  • La critique du Code apparaît surtout à partir des années 1820-1830, portée par des juristes non exclusivement civilistes et par des débats idéologiques.
  • Von Savigny critique l’idée que la codification française fonctionnerait partout, en s’appuyant sur le fait que le Code napoléonien ne s’est pas imposé durablement en Allemagne après les conquêtes napoléoniennes.

💡 Astuce mémo

Texte clair→application; texte obscur→interprétation; lacune→coutumes/histoire ou équité.

📖 8. Marx : lutte des classes et construction de l’État

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lutte des classes : Concept politique selon lequel la société est traversée par des conflits entre groupes aux intérêts opposés.
  • Code civil bourgeois : Idée selon laquelle le Code civil reflète surtout les intérêts de ceux qui détiennent déjà des ressources et du pouvoir.
  • Liberté contractuelle : Notion selon laquelle les parties peuvent organiser leurs rapports juridiques par leur volonté, dans les limites du droit.
  • Autonomie de la volonté : Principe selon lequel les engagements juridiques doivent découler prioritairement de la volonté des personnes.
  • Droit positif : Ensemble des règles effectivement créées et reconnues par les hommes, par opposition à un droit supposé naturel.

📝 Points essentiels

  • Pour Marx, le Code civil donne trop de place aux détenteurs de pouvoir au détriment des petits gens, ce qui nourrit la critique sociale.
  • Les libéraux critiquent le Code en matière de liberté contractuelle et visent davantage d’autonomie de la volonté.
  • À l’époque, les critiques socialistes considèrent le Code comme un droit bourgeois, lié à l’ordre social existant.
  • Le texte oppose la logique de modernisation (adaptation du droit à la société) à une logique de conservation du Code.
  • Le positivisme juridique (droit positif) est présenté comme l’idée qu’il n’y a de droit que dans le droit créé par les hommes.

💡 Astuce mémo

Conflit = Code = pouvoir : plus le Code sert les détenteurs, plus la lutte des classes s’exacerbe.

📖 9. Libéralisme et bicamérisme fonctionnel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Libéralisme : Courant politique qui met l’accent sur la liberté individuelle et la limitation du pouvoir, ce qui influence la manière de concevoir les institutions.
  • Bicamérisme fonctionnel : Organisation politique qui répartit le travail législatif entre deux chambres, afin d’améliorer la qualité et l’efficacité des décisions.
  • Sociologie positiviste : Approche qui traite la société comme un objet scientifique, étudié par des méthodes d’enquête et d’observation.
  • Service public : Notion juridique associée à Duguit, qui relie l’action de l’État à une fonction sociale plutôt qu’à une justification théologique.
  • Lutte des classes : Idée marxiste selon laquelle l’histoire des sociétés est marquée par l’opposition entre dominants et dominés liée à l’économie et à la production.

📝 Points essentiels

  • Comte décrit une progression des formes de pensée vers l’« état positif », où la science est censée expliquer le monde.
  • Comte classe les « sciences fondamentales » en mathématiques, biologie, physique, chimie, astronomie et sociologie, et présente le droit comme une branche de la sociologie.
  • Pour Comte, la sociologie doit s’appuyer sur des enquêtes sérieuses, en se détachant de ses valeurs, puis présenter des résultats objectifs.
  • Durkheim affirme que les sociétés obéissent à de grandes lois qui s’imposent aux individus de façon inconsciente, et que le sociologue doit les expliquer notamment via le droit.
  • Duguit rejette l’idée d’un droit fondé sur Dieu ou sur un droit naturel : le droit n’existe vraiment qu’à partir du droit positif né de la vie en société.
  • Duguit explique l’origine de l’État par la difficulté de sanctionner directement les règles quand les sociétés s’agrandissent, ce qui conduit à une autorité chargée de punir.

💡 Astuce mémo

Comte–Durkheim–Duguit : science → lois invisibles → droit positif né de la société.

📖 10. Retour du jusnaturalisme et critique d’Arendt

🔑 Notions clés & Définitions

  • Jusnaturalisme : Doctrine selon laquelle certains droits sont naturels et donc antérieurs aux lois positives, ce qui rend les textes juridiques ambigus s’ils prétendent garantir l’égalité.
  • Propriété privée : Droit attaché à la maîtrise d’un bien, dont la naissance est présentée comme liée à l’instauration d’un ordre juridique favorable aux plus forts.
  • Droit socialiste : Projet de droit visant à protéger davantage les dominés en créant, au départ, une inégalité juridique au profit des travailleurs.
  • Inflation législative : Augmentation continue du nombre de lois, analysée comme un mécanisme qui renforce la mainmise de l’État et favorise le despotisme.
  • Ordre spontané : Organisation sociale qui émerge de la société civile sans être imposée par le despotisme, et qui sert de modèle pour limiter la loi.

📝 Points essentiels

  • La propriété est décrite comme née de la force et du vol de la nature, puis protégée par une institution appelée l’État inventée par les dominants.
  • La logique de Marx prévoit une révolution politique et une révolution juridique : à terme, il n’y aurait plus de dominants ni de dominés et plus besoin d’État.
  • La DDHC de 1789 est jugée ambiguë car elle consacre à la fois des droits naturels et l’égalité, mais ne peut pas protéger les prolétaires dans le contexte industriel où la bourgeoisie contrôle usines et travail.
  • La stratégie marxiste est graduelle : d’abord créer un nouveau droit qui donne plus de droits aux dominés, puis viser une société où le droit serait supprimé.
  • Hayek attribue aux totalitarismes un rôle central de l’État, qu’il juge apte à gommer les droits naturels de l’individu.
  • Hayek soutient qu’on ne peut pas supprimer l’État, mais qu’il faut limiter son intervention à des “externalités” nécessaires au fonctionnement social (ex. éducation minimale, moyens de communication).

💡 Astuce mémo

DDHC = droits naturels + égalité → ambiguïté ; Marx : droit d’abord pour protéger les dominés, puis disparition du droit ; Hayek : État = risque totalitaire → limiter à l’externalité.

📖 11. Droits naturels face aux totalitarismes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit naturel : Notion de valeurs considérées comme inhérentes à l’être humain, censées fonder la légitimité du droit positif.
  • Jusnaturalisme : Courant qui affirme que le droit positif doit s’appuyer sur des droits naturels et des valeurs morales.
  • Positivisme de Kelsen : Courant selon lequel le droit se comprend surtout à partir des normes posées par l’autorité compétente, sans dépendre d’un fondement moral naturel.
  • Réalité du droit positif : Idée que la protection effective des personnes dépend de règles applicables et sanctionnables par des institutions.
  • Hannah Arendt : Philosophe qui critique le jusnaturalisme dans sa réflexion sur les origines du totalitarisme et la protection des personnes.

📝 Points essentiels

  • Des enquêtes sociologiques sont utilisées pour montrer que la société française voulait une évolution du droit, ce qui soutient l’idée d’un droit ajusté aux attentes sociales.
  • Carbonnier critique les juristes positivistes : formés au droit, ils tendent à restreindre les individus par logique juridique plutôt qu’à reconnaître d’autres valeurs (amour, haine, morale, amitié).
  • Troper défend un réalisme juridique : une norme devient pleinement juridique quand elle cesse d’être une simple spéculation interprétative.
  • Troper critique Kelsen : même une loi reste interprétable par les magistrats, donc elle n’est pas automatiquement une norme stabilisée.
  • Le réalisme juridique de Troper s’appuie sur l’idée que le sens devient fixé par les décisions des juridictions (cour de cassation, conseil constitutionnel, Conseil d’État), mais les revirements montrent ses limites.
  • Arendt (1951) explique que les régimes totalitaires du XXe siècle partagent plus de points communs que d’oppositions et formule l’enjeu « droit d’avoir des droits ».

💡 Astuce mémo

Arendt = « droits positifs sanctionnables » contre « droits naturels trop abstraits ».

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
427 avant JCNaissance de Platon (Athènes) selon le cours
348 avant JCMort de Platon selon le cours
5e siècle avant JCDébut des auteurs voyageurs comparant/montrant l’écart entre apparence et respect des lois
380Conversion de Saint Augustin au christianisme (selon le cours)
410Chute de Rome : Rome pillée/incendiée (contexte de La cité de Dieu) selon le cours
520Lois de l’empereur Justinien (selon le cours)
1599Seconde scolastique : admission de la théorie des causes secondes dans le droit canonique (selon le cours
1625Publication de Du droit de la guerre et de la paix (Grotius) selon le cours
1651Publication du Léviathan (Hobbes) selon le cours
1688Victoire des partisans du Parlement (Locke) et mise en place d’un nouveau régime selon le cours

📊 Tableaux de synthèse

Thémis vs Dikè (droit antique grec)

NotionIdéal / pratiqueSens dans le cours
ThémisIdéalÊtre juste dans une affaire
DikèPratiqueGagner un procès
Nomos / NomoiTexteLe texte juridique
Dikè / DikaionJugementL’application de jugement

Empirique vs rationaliste (impact sur la pensée juridique au XVIIe)

CourantPoint de départDémarche
EmpiriqueObservationObserver/mesurer puis élaborer une théorie
RationalisteThéorieÉlaborer une théorie puis vérifier son efficacité
GrotiusRationalisteRéfléchir une théorie en droit international

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre Thémis (idéal de justice) et Dikè (issue concrète du procès) : Thémis vise, Dikè réalise.
  2. Croire que Nomos/Nomoi et Dikè/Dikaion désignent la même chose : Nomos = texte juridique, Dikè/Dikaion = application du jugement.
  3. Mélanger Platon et Socrate sur la loi : Platon refuse d’appliquer une loi mauvaise, Socrate respecte même une loi critiquée.
  4. Penser que le droit naturel chez Kelsen fonde la validité : dans le cours, la validité dépend du statut juridique, pas de la moralité ni de la religion.
  5. Oublier la bascule Hobbes : dans le contrat social, les droits naturels disparaissent sauf la défense de la vie, et seul le Léviathan produit le droit.
  6. Confondre Montesquieu et Beccaria : Montesquieu insiste sur la séparation/anti-despotisme et la sécularisation pénale, Beccaria impose la légalité des peines et la fin de la torture.
  7. Croire que l’école de l’exégèse autorise à critiquer le Code civil : le cours insiste sur l’apologie et l’interdiction de critiquer le Code pendant longtemps.

✅ Checklist Examen

  1. Identifier Thémis et Dikè, puis relier Nomos/Nomoi au texte juridique et Dikè/Dikaion à l’application du jugement.
  2. Expliquer pourquoi Athènes développe davantage la pensée juridique (discussion des citoyens sur les lois) et résumer la justice chez Platon via physis et la hiérarchie sociale.
  3. Donner les critères du « bon droit » chez Platon (donner plus de droit à une catégorie, intérêt collectif, inspiration de la nature, création par les élites) et le rôle des juristes.
  4. Exposer l’influence stoïcienne : universalité du droit (Grecs et non-Grecs, même humanité) et lien avec le jus gentium chez les Romains.
  5. Décrire l’argument d’Augustinisme juridique : chute de Rome comme punition, nécessité d’un droit chrétien, et les références juridiques (Justinien, Charlemagne, droit canonique).
  6. Présenter la scolastique : retour d’Aristote, raison et libre arbitre, puis thomisme juridique (causes secondes, juriste libre) et opposition de Duns Scot.
  7. Expliquer la querelle des universaux et la thèse d’Occam : nominalisme, refus du droit naturel comme seul droit, et provenance du droit (Dieu/autorité politique, empereur).
  8. Exposer la naissance du jusnaturalisme moderne : émancipation de Dieu, contexte des guerres de religions, et rôle de la seconde scolastique (1599).
  9. Résumer l’école de Salamanque et Grotius : jus gentium pour fonder des règles internationales, et la définition du droit chez Grotius (règle rationnelle).
  10. Comparer Hobbes et Locke sur l’état de nature et le contrat social : Hobbes (Léviathan, lex, droits naturels réduits) vs Locke (droits naturels transformés en droits civils, séparation des pouvoirs).
  11. Expliquer la réforme pénale des Lumières : Montesquieu (séparation/anti-despotisme, sécularisation pénale, échelle des crimes/peines) et Beccaria (légalité des peines, fin de la torture, procès public, avocat).
  12. Décrire l’école de l’exégèse : méthode exégétique (texte clair/obscur/lacunes), monopole doctrinal, puis les critiques et la modernisation (Saleilles, Gény, Planiol, Ripert).
  13. Expliquer Kelsen : rejet du droit naturel comme fondement de validité, validité comme statut juridique, et la logique de la norme (hiérarchie/efficacité).
  14. Expliquer le positivisme sociologique : Comte (état positif, sociologie science) et Durkheim (lois inconscientes), puis Duguit (droit positif, service public).

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1. Dans la Grèce antique, quelle déesse est associée à l’idéal du droit, c’est-à-dire à la justice recherchée dans une affaire ?

2. Dans le vocabulaire juridique grec ancien, quel terme désigne l’application concrète du jugement ?

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Thémis — définition ?

Idéal de justice recherché dans une affaire.

Dikè — définition ?

Issue concrète d’un jugement.

Nomos — sens ?

Le texte juridique ou la loi.

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