📋 Plan du Cours
- Rejet du classement par familles juridiques
- Limites des classifications opératoires
- Histoire du droit allemand en quatre phases
- Saint Empire romain germanique et institutions
- État fédéral allemand et répartition des compétences
- Séparation des pouvoirs en Allemagne
- Hiérarchie des sources du droit allemand
- Professions juridiques et judiciaires en Allemagne
- Common Law et Equity : naissance et évolution
- Institutions britanniques et dévolution au Royaume-Uni
- Sources et acteurs du droit au Royaume-Uni
- Droit américain : organisation fédérale et juridictions
📖 1. Rejet du classement par familles juridiques
🔑 Notions clés & Définitions
- René David : René David est un juriste français qui propose une classification des grands systèmes juridiques à partir de critères techniques et idéologiques.
- Zweigert et Kötz : Zweigert et Kötz sont deux professeurs allemands qui proposent une classification alternative, jugée plus précise, fondée notamment sur l’histoire et les institutions.
- Mazaji Chiba : Mazaji Chiba est un professeur japonais qui critique à nouveau les classifications existantes et propose une approche centrée sur des contextes non occidentaux.
- Critère technique : Le critère technique renvoie à la manière dont le droit se forme et se développe, notamment via la hiérarchie des sources et les méthodes juridiques.
- Critère idéologique : Le critère idéologique renvoie à la conception de l’ordre social, de l’État et du droit, qui influence les choix politiques, économiques et religieux.
📝 Points essentiels
- Le rejet vise surtout l’idée que classer les systèmes en “familles” peut être trop imprécis ou insuffisant pour rendre compte des réalités juridiques.
- René David construit ses familles en combinant un critère technique (sources et méthodes) et un critère idéologique (conception de l’État et du droit).
- La classification de René David distingue quatre familles : romano-germanique, common law, droit socialiste, systèmes philosophiques ou religieux.
- Zweigert et Kötz critiquent la classification de René David en la jugeant trop imprécise et proposent davantage de familles.
- La classification de Zweigert et Kötz ajoute, en plus du mode de pensée et des sources, le développement historique et des institutions particulièrement remarquables.
- Mazaji Chiba intervient ensuite en réaction aux classifications déjà proposées, en s’inscrivant dans une perspective sur les pays non occidentaux.
💡 Astuce mémo
Critique en chaîne : David (technique+idéologie) → Zweigert-Kötz (ajout histoire+institutions) → Chiba (réaction pour non-occidentaux).
📖 2. Limites des classifications opératoires
🔑 Notions clés & Définitions
- Systèmes mixtes : Les systèmes mixtes combinent, au sein d’un même État, des mécanismes juridiques issus de plusieurs traditions, entremêlés par l’histoire.
- Systèmes bi-juridiques : Les systèmes bi-juridiques font cohabiter plusieurs systèmes juridiques sur le territoire d’un même État, sans interaction entre eux.
- Unité discutable des familles : L’unité interne d’une famille de droit est parfois faible, car des systèmes d’une même famille peuvent diverger fortement selon leur histoire et leurs institutions.
- Rapprochement common law droit écrit : Le rapprochement progressif désigne la convergence actuelle entre common law et droits écrits, visible dans les sources et la manière de rédiger les décisions.
- Mazaji Chiba : Mazaji Chiba est un juriste et sociologue japonais qui critique l’ethnocentrisme des classifications occidentales et propose une distinction droit occidental/non-occidental.
📝 Points essentiels
- La classification par familles a un mérite descriptif mais peut figer la matière et masquer des évolutions réelles entre systèmes.
- Les classifications opératoires échouent surtout face aux systèmes mixtes et bi-juridiques, car ils brouillent les frontières entre traditions.
- Dans les systèmes mixtes, les règles et mécanismes de plusieurs traditions sont entremêlés, comme au Canada (fédéral) ou en Écosse, ou encore via des héritages coloniaux.
- Dans les systèmes bi-juridiques, la cohabitation existe mais sans interaction territoriale, souvent avec des systèmes distincts selon les entités fédérées.
- La famille romano-germanique est la plus unifiée, tandis que la common law apparaît plus disparate malgré la place centrale de la jurisprudence.
- Le rapprochement common law/droit écrit se lit dans l’augmentation du rôle de la jurisprudence (notamment constitutionnelle) dans les droits écrits et dans l’usage croissant de l’écrit dans la common law (lois codifiées,
💡 Astuce mémo
Mixte = mélange; Bi-juridique = deux mondes côte à côte; Famille = utile mais figée; Convergence = écrit ↔ jurisprudence.
📖 3. Histoire du droit allemand en quatre phases
🔑 Notions clés & Définitions
- Saint Empire romain-germanique : Ensemble politique médiéval issu de la recomposition de l’empire carolingien, qui sert de cadre historique au droit germanique.
- Traité de Verdun : Accord de 843 qui organise la division de l’empire de Charlemagne entre les trois petits-fils, préfigurant la séparation des espaces juridiques.
- Othon I : Empereur couronné en 962 par le pape, symbole du rattachement impérial dans l’espace germanique.
- Unification de l’Allemagne : Période de consolidation politique allemande qui précède l’essor d’une influence juridique plus unifiée.
- Allemagne après la Première Guerre mondiale : Phase marquée par des crises puis un renouveau, qui reconfigure le droit dans un contexte instable.
📝 Points essentiels
- Le droit allemand est présenté comme ayant eu une forte influence internationale, malgré une unité politique tardive.
- Le droit privé allemand prend un tournant avec l’entrée en vigueur du code civil allemand le 1er janvier 1900.
- Le droit public allemand prend un autre tournant à partir de 1949 avec l’État de droit et une constitution.
- L’histoire du droit allemand est résumée en quatre phases : Saint Empire romain-germanique, disparition de l’unité politique, unification de l’Allemagne, puis Allemagne après la Première Guerre mondiale (crises et renouv
- En 843, le traité de Verdun divise l’empire de Charlemagne : l’ouest devient le Royaume de France, l’est le Royaume de Germanie, et le centre le Royaume de Lotharingie rattaché ensuite à la Germanie.
- En 962, Othon I est couronné empereur par le pape, ce qui ancre l’empire dans l’espace romain-germanique.
💡 Astuce mémo
Verdun 843 = séparation ; Othon 962 = couronnement ; 1900 = code civil ; 1949 = État de droit.
📖 4. Saint Empire romain germanique et institutions
🔑 Notions clés & Définitions
- Traité de Verdun : Traité historique qui divise l’empire de Charlemagne entre ses petits-fils, donnant naissance à des ensembles politiques distincts.
- Othon I : Empereur germanique couronné en 962 par le pape, qui transforme le royaume de Germanie en empire.
- Reichstag : Institution impériale réunissant délégués, princes et villes, dotée d’un pouvoir législatif au sein du Saint Empire.
- Reichskammergericht : Juridiction d’appel commune à l’empire, notamment pour les principautés et certaines villes de taille moyenne.
- Ordonnance criminelle de Charles Quint : Texte majeur de droit pénal de 1532, inspiré du droit italien et influençant indirectement le droit romain.
📝 Points essentiels
- En 843, le traité de Verdun répartit l’empire de Charlemagne : ouest en Royaume de France, est en Royaume de Germanie, centre en Lotharingie rattachée ensuite à la Germanie.
- En 962, le couronnement d’Othon I par le pape fait naître le Saint-Empire romano-germanique, présenté comme héritier des empereurs romains.
- À partir de 1250, le pouvoir politique de l’empereur décline au profit des princes et des villes, qui organisent des institutions communes.
- Le Reichstag réunit princes et villes et devient un acteur législatif, avec une montée en puissance en matière de droit pénal à partir du XVe siècle.
- Le Reichskammergericht sert de juridiction d’appel commune à l’empire, au moins pour les principautés et certaines villes de moyenne importance.
- En droit pénal, l’ordonnance criminelle de Charles Quint (1532) constitue une norme écrite centrale, avec une inspiration du droit italien.
💡 Astuce mémo
Verdun = 3 morceaux ; Othon = pape + empire ; Reichstag = loi ; Reichskammergericht = appel.
📖 5. État fédéral allemand et répartition des compétences
🔑 Notions clés & Définitions
- Fédéralisme allemand : Organisation politique où l’État fédéral et 16 Länder disposent chacun de compétences propres, avec une forte décentralisation.
- Loi fondamentale : Texte constitutionnel allemand qui fixe la répartition des pouvoirs entre fédération et Länder, ainsi que les règles financières du fédéralisme.
- Compétence législative de principe : Règle selon laquelle les Länder peuvent légiférer quand la Loi fondamentale ne donne pas à la fédération le pouvoir de le faire.
- Compétence législative exclusive : Catégorie où la fédération seule peut légiférer, et où les Länder ne peuvent agir que si une loi fédérale les y autorise expressément.
- Compétence législative concurrente : Catégorie où les Länder peuvent légiférer tant que la fédération n’a pas exercé sa compétence dans les matières listées.
📝 Points essentiels
- Le fédéralisme est rétabli en 1949 après la rupture du régime nazi, avec l’État fédéral et 16 Länder ayant qualité d’États fédérés.
- Chaque Land possède sa propre constitution et sa propre juridiction constitutionnelle, et l’ordre constitutionnel des Länder doit respecter les fondamentaux fédéraux.
- Article 70 : les Länder ont une compétence législative de principe, sauf lorsque la Loi fondamentale attribue la législation à la fédération.
- Article 71 : en compétence exclusive, les Länder ne légifèrent que si une loi fédérale les y autorise expressément et dans les limites prévues.
- Article 73 : la liste des domaines de compétence exclusive de la fédération est limitative (notamment certains domaines régaliens et des matières comme propriété intellectuelle et droit d’auteur/édition).
- Article 72 : en compétence concurrente, les Länder légifèrent tant que la fédération n’a pas utilisé sa compétence dans les matières de l’article 74.
💡 Astuce mémo
Principe = Länder (art.70), Exclusif = fédé autorise (art.71), Concurrence = Länder tant que fédé n’a pas agi (art.72).
📖 6. Séparation des pouvoirs en Allemagne
🔑 Notions clés & Définitions
- Recours en annulation : Recours en justice visant à faire supprimer un acte de la puissance publique, sous réserve de conditions de recevabilité strictes.
- Lésion directe : Condition de recevabilité exigeant que le requérant soit touché directement par l’acte contesté, ce qui limite fortement les recours contre des normes générales.
- Épuisement des voies de droit : Exigence procédurale imposant, pour contester un acte administratif ou une décision judiciaire, d’avoir utilisé toutes les autres voies de recours disponibles.
- Juridictions non constitutionnelles : Ensemble des juridictions ordinaires chargées de trancher les litiges, distinct des mécanismes de contrôle constitutionnel.
- Cinq ordres de juridiction : Organisation juridictionnelle allemande issue de la Loi fondamentale, répartissant les contentieux en cinq familles de juridictions.
📝 Points essentiels
- La recevabilité d’un recours suppose une lésion directe du requérant par l’acte de la puissance publique, ce qui exclut la plupart des contestations visant une loi générale.
- En pratique, les recours portent surtout sur les actes d’exécution de la loi plutôt que sur la loi elle-même.
- Pour un recours contre un acte administratif ou une décision judiciaire, toutes les voies de droit doivent en principe être épuisées avant de saisir la juridiction compétente.
- L’attaque d’une décision « intérieure » de justice est en principe écartée, et la source indique que 95 % des recours concernent une décision de la Cour fédérale.
- L’inconstitutionnalité d’une décision de justice peut venir d’une violation directe d’une règle constitutionnelle relative à la justice, comme le principe d’audition préalable des parties avant le jugement.
- Elle peut aussi résulter d’une interprétation inconstitutionnelle de la loi ou de l’application au litige d’une loi inconstitutionnelle, notamment quand le juge doit choisir l’interprétation compatible avec la Loi fonda
💡 Astuce mémo
Lésion directe + voies épuisées = recours recevable ; sinon vise l’exécution de la loi plutôt que la loi générale.
📖 7. Hiérarchie des sources du droit allemand
🔑 Notions clés & Définitions
- Curia Regis : La Curia Regis est une cour royale anglaise itinérante, compétente pour les litiges impliquant des personnes importantes et certains intérêts financiers de la couronne.
- Writ : Le writ est un acte royal nécessaire pour saisir une cour royale, car il matérialise à la fois l’action et la convocation en justice.
- Common law : La common law est un droit jurisprudentiel anglais fondé sur la procédure propre à chaque writ, qui vise d’abord à obtenir un remède au litige.
- Equity : L’equity est un droit de correction rendu par le chancelier, plus nuancé et casuistique, destiné à remédier aux insuffisances de la common law.
- Court of Chancery : La Court of Chancery est la juridiction spécialisée qui rend les décisions d’equity à partir d’environ 1400.
📝 Points essentiels
- La justice royale se renforce progressivement, notamment avec Henri Ier (professionnalisation) puis Henri II (efficacité et comparution du défendeur).
- La Curia Regis ne traite que certains litiges, et suit le Roi, ce qui limite son champ par rapport aux juridictions seigneuriales existantes.
- Les writs sont indispensables pour saisir l’une des trois cours royales de common law, sinon le litige relève de la justice seigneuriale.
- La common law se stabilise vers le XIIIe siècle et se rigidifie par un respect strict des règles procédurales, ce qui favorise le formalisme.
- L’equity naît quand les justiciables se sentent démunis face à une common law devenue trop figée et à l’impossibilité de porter certains litiges devant une cour compétente.
- Le chancelier, gardien des writs, préside le conseil et rend des décisions d’equity fondées sur la considération du cas particulier, pouvant corriger ou compléter la common law.
💡 Astuce mémo
Writ = porte d’entrée : sans writ, pas de cour royale.
📖 8. Professions juridiques et judiciaires en Allemagne
🔑 Notions clés & Définitions
- Administrative tribunals : Des autorités administratives indépendantes qui tranchent certains litiges avec une procédure simplifiée, notamment en droit du travail et en droit administratif.
- Statutory tribunals : Des juridictions spécialisées créées par des textes, fonctionnant comme des alternatives aux tribunaux classiques pour des contentieux déterminés.
- Chambre des Lords : Une chambre du Parlement britannique ayant historiquement exercé une fonction juridictionnelle suprême via la formation de jugement.
- Law Lords : Les juges issus de la Chambre des Lords qui exerçaient le rôle de juridiction suprême dans l’Appellate Committee avant la réforme.
- Cour suprême du Royaume-Uni : La juridiction suprême du Royaume-Uni depuis la réforme, compétente notamment en matière civile et, en principe, pas en pénal sauf exception liée à la CEDH.
📝 Points essentiels
- Les Administrative tribunals et statutory tribunals ne sont pas des tribunaux administratifs au sens strict, mais des autorités indépendantes à procédure simplifiée.
- Ces juridictions spécialisées apparaissent dès le début du XXe siècle et se développent comme alternatives aux juridictions classiques.
- Une réorganisation partielle intervient avec la création d’une juridiction spécialisée aux affaires administratives au sein de la Haute Cour.
- En 2005, la formation de jugement de la Chambre des Lords cesse d’être la juridiction suprême sous la pression de la CEDH.
- Avant 2005, les Law Lords siégeaient dans l’Appellate Committee et cumulaient des fonctions juridictionnelles et un rôle dans l’adoption des décisions de la plus haute instance.
- Depuis l’entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle (2009), la Cour suprême du Royaume-Uni devient la juridiction suprême, remplaçant le système des Law Lords.
💡 Astuce mémo
Tribunaux spécialisés = procédure simplifiée (travail + administratif), et la suprématie judiciaire bascule en 2005 vers la Cour suprême.
📖 9. Common Law et Equity : naissance et évolution
🔑 Notions clés & Définitions
- Common Law : Le droit de Common Law est un ensemble de règles forgées principalement par les décisions judiciaires, appliquées via le système des précédents.
- Equity : L’Equity est un ensemble de solutions judiciaires distinctes, fonctionnant aussi avec des précédents, pour compléter ou corriger la Common Law.
- Building precedent : Le building precedent désigne la manière dont une décision sert de référence pour trancher des affaires semblables à l’avenir.
- Stare decisis : Le stare decisis impose de s’en tenir aux décisions antérieures pertinentes, afin d’assurer la stabilité du droit.
- Ratio decidendi : La ratio decidendi est la règle issue d’une décision, appliquée aux faits similaires et donc contraignante comme précédent.
📝 Points essentiels
- Le système des précédents impose une hiérarchie : les juridictions inférieures doivent suivre les précédents de la Cour suprême, sauf revirement par celle-ci.
- Les décisions de la Court of Appeal lient les juridictions inférieures et elles-mêmes, tandis que les décisions de la High Court sont généralement suivies par la Crown Court sans être strictement obligatoires.
- Le précédent ne joue que si les faits sont analogues ; la technique de la distinction permet de s’écarter du précédent lorsque les faits diffèrent.
- Un précédent ne peut pas être fondé sur la seule motivation, ni sur des opinions dissidentes : il faut une règle appliquée aux faits.
- Le principe d’interdiction des revirements vise la sécurité juridique, mais des exceptions existent notamment depuis 1966 pour la modification de la jurisprudence de l’Appellate Committee.
- La loi (Statute Law) concurrence la jurisprudence : en cas de conflit, la loi nouvelle prime sur les précédents car le Parlement est souverain.
💡 Astuce mémo
Stare decisis = « on garde la décision » ; ratio decidendi = « la règle qui tranche ».
📖 10. Institutions britanniques et dévolution au Royaume-Uni
🔑 Notions clés & Définitions
- Parlement souverain : Le parlement souverain est l’autorité qui prime sur le juge, de sorte qu’une loi nouvelle s’impose même si elle contredit le droit jurisprudentiel.
- Literal rule : La literal rule est une méthode d’interprétation qui oblige le juge à suivre le sens ordinaire des mots sans chercher l’objectif de la loi.
- Golden rule : La golden rule est une interprétation qui permet d’écarter le sens littéral quand il mène à un résultat absurde.
- Mischief rule : La mischief rule est une interprétation centrée sur le « mal » que la loi voulait corriger, en tenant compte du contexte et du défaut de droit antérieur.
- Constitutional Convention : La Constitutional Convention désigne des pratiques politiques qui structurent les relations entre le monarque, le cabinet, le gouvernement et les chambres du parlement.
📝 Points essentiels
- Une loi nouvelle prime sur la jurisprudence car le juge ne peut pas la concurrencer dans un système où le parlement est souverain.
- La loi est traitée comme un correctif au droit issu des décisions antérieures, ce qui explique une interprétation particulière en droit anglais.
- Literal rule impose de retenir le sens ordinaire des mots même si le résultat paraît absurde ou ne correspond pas à la motivation de la loi.
- Golden rule intervient quand la literal rule produit une solution absurde, en autorisant un sens non absurde.
- Mischief rule autorise l’usage des travaux parlementaires comme « background of legislation » seulement s’ils établissent clairement l’intention du législateur et le défaut visé.
- Présomptions en mischief rule : le législateur modifie le moins possible la norme antérieure et le précédent ne lie que si la nouvelle loi a les mêmes mots, le même objet et le même but.
💡 Astuce mémo
Literal = mots, Golden = absurde corrigé, Mischief = mal à réparer.
📖 11. Sources et acteurs du droit au Royaume-Uni
🔑 Notions clés & Définitions
- Common Law : Le système de droit fondé sur la jurisprudence et les décisions antérieures, avec un rôle central des juges dans la création du droit.
- Supremacy clause : La règle constitutionnelle qui impose la primauté des normes fédérales sur les normes des États en cas de conflit.
- Constitution écrite : Le texte constitutionnel fédéral, supérieur aux autres normes, qui organise la séparation des pouvoirs et encadre la validité des lois.
- Uniform Commercial Code : Un ensemble de règles commerciales proposé aux États pour harmoniser le droit des affaires, adopté par les États mais pas toujours à l’identique.
- Cour suprême des États-Unis : La juridiction fédérale la plus élevée, composée de juges nommés à vie, qui sélectionne discrétionnairement les affaires et fixe l’interprétation du droit fédéral.
📝 Points essentiels
- La source du droit n’est pas systématisée comme en droit anglais : elle est multiple, avec une place majeure pour la norme écrite grâce à la Constitution.
- La Constitution fédérale limite fortement les compétences du pouvoir fédéral, tandis que la majorité des matières relève des États (famille, sociétés, pénal).
- Les États ne sont pas unifiés : des commissions de juristes élaborent des lois modèles que les États peuvent adopter ou modifier, sans obligation.
- La hiérarchie des normes repose sur la supériorité des normes fédérales (article 6) et sur la supériorité de la Constitution au sein de chaque ordre juridique.
- Les pouvoirs délégués et les agences administratives produisent des normes placées au même niveau que les lois parlementaires, et les traités sont aussi pris en compte dans la hiérarchie indiquée.
💡 Astuce mémo
Constitution = sommet ; article 6 = fédéral au-dessus ; lois modèles = harmoniser sans obligation.
📖 12. Droit américain : organisation fédérale et juridictions
🔑 Notions clés & Définitions
- Supremacy Clause : La Supremacy Clause consacre la supériorité des normes fédérales sur les normes étatiques en cas de conflit.
- Judicial review : Le judicial review est le contrôle de validité des normes exercé par les juges pour écarter celles contraires à une norme supérieure ou hors compétence.
- Marbury v. Madison : Marbury v. Madison est l’arrêt qui a consacré l’idée que les juges peuvent contrôler la constitutionnalité des normes.
- Erie Railroad v. Tompkins : Erie Railroad v. Tompkins impose que la common law relève des États dans les matières relevant de leur compétence législative.
- American Law Institute : L’American Law Institute est une association privée de juristes qui publie des Restatements présentant les principes majoritaires et minoritaires du droit américain.
📝 Points essentiels
- La Constitution prévoit la primauté du fédéral sur l’étatique via l’article 6, ce qui fonde la hiérarchie des normes.
- Dans l’ordre fédéral et étatique, la Constitution prime sur la loi, tandis que les pouvoirs délégués (agencies) sont au même niveau que les lois parlementaires et les traités ratifiés.
- Le contrôle de validité est exercé par tout juge américain, qu’il soit fédéral ou étatique, supérieur ou inférieur.
- Une norme est écartée si son auteur a dépassé sa compétence ou si elle contredit une norme supérieure.
- Le contrôle constitutionnel est inclus dans le judicial review, même si la Constitution ne l’avait pas explicitement prévu au départ.
- Les juridictions appliquent common law et equity, mais la common law évolue différemment qu’au Royaume-Uni à cause du fédéralisme et de la pluralité des systèmes étatiques.
💡 Astuce mémo
Supremacy = fédéral au-dessus ; Judicial review = tout juge coupe la norme ; Erie = common law = États ; ALI = Restatements = carte du droit.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1964 | René David distingue 4 familles (critères technique et idéologique) dans sa classification |
| 1er janvier 1900 | Entrée en vigueur du code civil allemand (BGB) pour le droit privé |
| 23 mai 1949 | Adoption de la Loi fondamentale en Allemagne (RFA) et retour de l’État de droit |
| 1949 | Tournant du droit public allemand avec l’État de droit et une constitution |
| 843 | Traité de Verdun : division de l’empire de Charlemagne |
| 962 | Couronnement d’Othon I par le pape |
| 1532 | Ordonnance criminelle de Charles Quint (norme écrite centrale en droit pénal) |
| 23 juin 2016 | Référendum au Royaume-Uni en faveur du retrait de l’UE |
| 29 mars 2017 | Notification par le gouvernement britannique de la volonté de retrait à l’UE |
| 31 janvier 2020 | Prise d’effet de l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE |
📊 Tableaux de synthèse
Critères et familles (René David vs Zweigert-Kötz vs Chiba)
| Auteur | Critères | Familles / distinction |
|---|
| René David | Technique + idéologique | 4 familles : romano-germanique, common law, droit socialiste, systèmes philosophiques ou religieux |
| Zweigert et Kötz | Mode de pensée et sources + idéologie + développement historique et institutions | 8 familles (dont romaniste, germanique, nordique, common law, droit socialiste, extrême oriental, islamique, hindou) |
| Mazaji Chiba | Distinction binaire occidentaux / non-occidentaux | Classement centré sur la visibilité des droits non occidentaux |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre critère technique et critère idéologique chez René David : le premier vise la formation/sources/méthodes, le second la conception de l’État et de l’ordre social.
- Croire que les classifications par familles sont toujours opératoires : elles échouent surtout avec les systèmes mixtes et bi-juridiques (frontières brouillées).
- Penser que dans un système bi-juridique il y a interaction entre traditions : le cours insiste sur la cohabitation sans interaction territoriale.
- Inverser l’idée de rapprochement common law/droit écrit : ce n’est pas un retour au passé, mais une convergence actuelle (rôle accru de l’écrit et de la jurisprudence).
- Se tromper sur la logique du recours en Allemagne : la lésion directe et l’épuisement des voies de droit visent surtout les actes d’exécution, pas l’attaque d’une loi générale.
- Croire que le writ n’est qu’un détail historique : sans writ, pas de saisine des cours royales de common law, donc le litige relève d’une autre justice.
- Confondre ratio decidendi et obiter dictum : seul le premier constitue la règle contraignante du précédent, pas la motivation générale ni les opinions dissidentes.
✅ Checklist Examen
- Expliquer à quoi sert le droit comparé (étude théorique, amélioration du droit national, importations, conseil en situation d’extranéité, unification).
- Définir un système juridique et préciser qu’il ne se réduit pas aux sources : structure de l’État + éclairage historique/politique/technique + mode de pensée.
- Présenter la classification de René David : critères technique et idéologique, et les 4 familles qu’il distingue.
- Expliquer la critique de Zweigert et Kötz : classification jugée trop imprécise, ajout de l’histoire et des institutions, et l’idée de 8 familles.
- Expliquer la réaction de Mazaji Chiba : critique de l’ethnocentrisme et distinction binaire droit occidental / non-occidental.
- Justifier le rejet d’une présentation systématique par familles : mérite descriptif mais vision figée, rapprochement common law/droit écrit, et limites avec systèmes mixtes/bi-juridiques.
- Distinguer systèmes mixtes et bi-juridiques avec au moins un exemple pour chacun, puis rappeler l’idée d’unité discutable des familles.
- Décrire le rapprochement common law/droit écrit : augmentation du rôle de la jurisprudence dans les droits écrits et recours croissant à l’écrit dans la common law.
- Raconter l’histoire du droit allemand en 4 phases en citant les repères : Verdun 843, Othon 962, code civil allemand 1er janvier 1900, et tournant de 1949.
- Expliquer les institutions du Saint Empire : Reichstag, Reichskammergericht, et l’ordonnance criminelle de Charles Quint (1532) en droit pénal.
- Présenter le fédéralisme allemand et la répartition des compétences : art.70 (principe), art.71 (exclusive), art.73 (liste limitative), art.72 (concurrente).
- Expliquer la séparation des pouvoirs en Allemagne via le contrôle juridictionnel : recours en annulation, lésion directe, épuisement des voies de droit, et logique des 5 ordres de juridiction.
- Décrire la hiérarchie des sources du droit allemand : droit écrit au sommet (Loi fondamentale, UE, lois fédérales/Länder, traités), puis coutume et rôle (non-source) de la jurisprudence.
- Expliquer les acteurs du droit en Allemagne : formation (université + referendariat), prestige des professions, et particularités (inamovibilité des juges du siège, statut des notaires selon les Länder).
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