📋 Plan du Cours
- Définition du droit des affaires
- Origines historiques du droit des affaires
- Sources du droit des affaires
- La loi en droit des affaires
- Jurisprudence et usages en droit des affaires
- Droit souple et doctrine en droit des affaires
- Liberté d’entreprendre et ses limites
- Principes de lucrativité, secret et simplicité
- Rigueur et rapidité des règles commerciales
- Transparence et durabilité en droit des affaires
- Qualité de commerçant et restrictions
- Bail commercial : renouvellement et non renouvellement
📖 1. Définition du droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit des affaires : Le droit des affaires regroupe les règles applicables aux commerçants, qu’ils soient personnes physiques ou morales, et encadre leurs activités et litiges.
- Droit commercial : Le droit des affaires est présenté comme une dénomination proche de celle de droit commercial, avec un contenu centré sur les règles des commerçants.
- Commerçant personne physique : Le commerçant personne physique désigne une personne qui exerce une activité commerciale à titre personnel, comme un commerçant de proximité.
- Commerçant personne morale : Le commerçant personne morale désigne une entité juridique créée pour exercer une activité, notamment via des sociétés comme la SA, la SARL ou la SAS.
- Société unipersonnelle : La société unipersonnelle permet à une seule personne de créer et gérer une société, sans nécessiter plusieurs associés.
📝 Points essentiels
- Le droit des affaires s’applique aux commerçants, personnes physiques ou morales, et vise les règles générales qui leur sont spécifiques.
- Le droit des affaires est lié à l’idée de droit commercial et couvre l’ensemble des règles propres aux activités commerciales.
- Les personnes morales commerciales incluent notamment les sociétés (SA, SARL, SAS) créées par des fondateurs ou associés.
- Le droit des affaires est présenté comme important car le volume d’entreprises entraîne de nombreux contentieux.
- En France, on compte environ 160 000 immatriculations d’entreprises par an et environ 7 233 863 entreprises au total.
- Le droit des affaires est décrit comme un droit d’exception : si une règle spéciale existe pour les commerçants, elle prime, sinon on applique le droit civil.
💡 Astuce mémo
DAF = Droit des Affaires pour les Commerçants (personnes physiques ou morales) ; d’exception : règle spéciale d’abord, droit civil ensuite.
📖 2. Origines historiques du droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Baux 3-6-9 : Régime historique des baux commerciaux où la durée minimale est de 9 ans, avec une faculté de résiliation triennale pour le locataire commerçant.
- Loi du 1926 : Loi de 1926 qui instaure une protection du locataire commerçant face au bailleur, notamment pour sécuriser l’exploitation.
- Décret du 1953 : Décret de 1953 qui reprend les principes protecteurs de la loi de 1926 en matière de bail commercial.
- Ordonnance 67 : Ordonnance de 1967 visant à renforcer le droit des entreprises pour limiter les faillites des sociétés.
- Codification à droits constants : Technique de refonte consistant à regrouper et réorganiser les textes sans modifier leur contenu de fond.
📝 Points essentiels
- Le bail commercial suit historiquement le schéma 3-6-9 : durée de 9 ans, résiliation possible tous les 3 ans pour le commerçant, bailleur tenu pour 9 ans.
- À l’issue des 9 ans, si le bailleur refuse le renouvellement, il doit verser une indemnité au locataire commerçant.
- La loi de 1926 est reprise par un décret de 1953, puis l’ordonnance de 1967 est révisée pour répondre à la volonté de sauver les sociétés de la faillite.
- Le droit des banques a attendu une loi de 1984, et la concurrence une loi de 1956, montrant des lacunes historiques du code de commerce.
- En 2000, le gouvernement refond le code de commerce par codification à droits constants : création de nouvelles rubriques et regroupement, sans changement de fond.
- Le nouveau code de commerce de 2000 comporte 9 livres, dont notamment commerce en général, sociétés commerciales, concurrence, effets de commerce et juridictions commerciales, et outre-mer.
💡 Astuce mémo
Bail 3-6-9 = 9 ans de sécurité, 3 ans de liberté pour le commerçant.
📖 3. Sources du droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Convention européenne des droits de l’homme : La Convention européenne des droits de l’homme est un traité qui garantit notamment le respect des biens et influence l’interprétation des droits dans le monde des affaires.
- Traité de Lisbonne : Le traité de Lisbonne rend la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne juridiquement contraignante.
- Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : La Charte des droits fondamentaux fixe des droits opposables dans l’ordre de l’Union, dont des dispositions importantes pour les entreprises.
- Jurisprudence : La jurisprudence désigne l’ensemble des décisions rendues par les juridictions et qui interprètent, complètent et parfois créent du droit.
- Usages : Les usages sont des pratiques propres à un groupe de commerçants, pouvant être pris en compte par les tribunaux selon leur nature.
📝 Points essentiels
- La CEDH applique une interprétation stricte aux sociétés commerciales, notamment car elles peuvent être assistées par des conseils professionnels.
- Les sociétés ne bénéficient pas du régime d’assistance judiciaire gratuite évoqué dans le contenu, et les commerçants bénéficient du respect de leurs biens.
- Arrêt CEDH de 1979 : les droits consacrés ont des prolongements économiques et sociaux même lorsqu’ils sont d’abord civils ou politiques.
- Le traité de Lisbonne rend la Charte contraignante, et l’article 16 est présenté comme la disposition la plus importante pour les entreprises.
- Le droit des affaires ne peut pas être isolé des influences internationales, et le TFUE s’est intéressé directement avant le traité de Rome.
- En droit des affaires, la jurisprudence correspond aux décisions des tribunaux de première instance composés de commerçants, puis aux cours d’appel et à la Cour de cassation en cas de pourvoi.
💡 Astuce mémo
CEDH + biens : « société = conseils, pas assistance gratuite » ; Lisbonne = Charte contraignante (art. 16).
📖 4. La loi en droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Liberté d’entreprendre : La liberté d’entreprendre est un principe constitutionnel qui garantit l’accès et l’exercice d’une activité économique, et s’impose au législateur.
- Décret d’Allarde : Le décret d’Allarde est une loi de mars 1791 qui proclame la liberté d’entreprendre en droit français.
- Loi Le Chapelier : La loi Le Chapelier du 14 juin 1791 consacre une liberté fondamentale qui irrigue le droit des affaires.
- Principe de lucrativité : Le principe de lucrativité caractérise le droit des affaires par la recherche de bénéfices destinés à être partagés.
- Secret des affaires : Le secret des affaires protège des informations non publiques ayant une valeur commerciale et faisant l’objet de mesures raisonnables pour rester secrètes.
📝 Points essentiels
- La liberté d’entreprendre découle de la DDHC de 1789 (art. 4) et a été proclamée notamment par le décret d’Allarde (2 et 17 mars 1791) et la loi Le Chapelier (14 juin 1791).
- Le Conseil constitutionnel a reconnu une valeur constitutionnelle à la liberté d’entreprendre dans une décision du 16 janvier 1982.
- Le Conseil d’État distingue la liberté d’entreprendre de la liberté du commerce et de l’industrie.
- La liberté d’entreprendre comprend deux volets : l’accès à une activité économique et l’exercice de cette activité.
- Une atteinte à la liberté d’entreprendre ne doit pas dénaturer sa portée : le législateur peut limiter, mais les limites doivent respecter l’essence de la liberté.
- Le Conseil constitutionnel contrôle la proportionnalité des atteintes au regard de l’objectif poursuivi, ce qui entraîne des censures fréquentes notamment via des QPC.
💡 Astuce mémo
Accès + Exercice = Liberté d’entreprendre ; Limite = pas d’essence perdue (proportionnalité).
📖 5. Jurisprudence et usages en droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie de la circulation des richesses : La théorie de la circulation qualifie l’acte de commerce quand il s’insère dans le transfert de richesses entre producteur et consommateur.
- Théorie de l’acte spéculatif : La théorie de l’acte spéculatif définit l’acte de commerce par la recherche d’un bénéfice, même si le gain n’est pas réalisé.
- Actes de commerce isolés : Les actes de commerce isolés sont ceux que le Code de commerce qualifie directement, sans exiger qu’ils soient accomplis dans le cadre d’une entreprise.
- Opération de banque : L’opération de banque est une activité définie par la loi et regroupant la réception de fonds, le crédit et des services de paiement.
- Actes de commerce par accessoires : Les actes de commerce par accessoires sont des actes civils qui deviennent commerciaux lorsqu’ils sont accomplis par un commerçant pour son activité commerciale prépondérante.
📝 Points essentiels
- La théorie de la circulation est critiquée car elle est trop large (ex revente au prix de revient par une association) et trop étroite (ex achats/reventes d’immeubles sans circulation au sens strict).
- La théorie spéculative est critiquée car l’intention de faire un bénéfice est difficile à prouver et certains actes spéculatifs ne sont pas des actes de commerce (ex sous-location d’un appartement).
- Il n’existe pas de définition générale unique de l’acte de commerce : le Code énumère des actes et la jurisprudence complète.
- Les actes de commerce isolés incluent notamment l’achat en vue de la revente, les opérations de banque et de change, le courtage, et l’émission d’une lettre de change.
- L’achat en vue de la revente suppose un lien entre achat et vente par une intention de réaliser un gain, avec possibilité d’inversion du schéma (ex paiement avant réception).
- Avant 1967, l’achat visait surtout les biens meubles ; la loi du 16 juillet 1967 étend aux immeubles si l’objectif est de les revendre, mais la loi du 70 exclut la promotion immobilière dans le cas d’un terrain nu pour y
💡 Astuce mémo
Circulation = trop large/trop étroite ; Spéculation = bénéfice visé mais intention difficile à prouver.
📖 6. Droit souple et doctrine en droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Information du consommateur : Notion de droit de la consommation imposant au professionnel de fournir des informations permettant un consentement éclairé avant l’achat.
- Contrôle du contenu du contrat : Notion de protection du consommateur visant à encadrer les clauses et pratiques contractuelles pouvant créer un déséquilibre.
- Sanctions pénales en droit de la consommation : Notion consistant à prévoir des peines pénales pour dissuader les professionnels de méconnaître les règles protectrices.
- Moyens collectifs de défense : Notion regroupant des mécanismes permettant d’agir efficacement lorsque les atteintes touchent plusieurs consommateurs ou rendent l’action individuelle trop coûteuse.
- DGCCRF : Administration chargée de veiller au respect des règles de concurrence et de consommation par les professionnels.
📝 Points essentiels
- Un consommateur mal informé est exposé à un consentement vicié et à des pratiques de “grugage” lors de l’achat.
- Le professionnel doit communiquer le prix et les caractéristiques essentielles du produit pour permettre un choix éclairé.
- Avant la conclusion du contrat, certaines ventes imposent une période de réflexion et/ou un droit de rétractation, comme en prêt immobilier.
- En prêt immobilier, le délai de rétractation est de 10 jours après la signature de la promesse de vente.
- Le droit de la consommation encadre les clauses abusives et vise aussi des pratiques dangereuses comme les ventes par renvois forcés.
- Des sanctions pénales peuvent être prévues pour dissuader les professionnels (“peur du gendarme”).
💡 Astuce mémo
Info → Contrat → Peur du gendarme → Action collective (ICPA).
📖 7. Liberté d’entreprendre et ses limites
🔑 Notions clés & Définitions
- Liberté du commerce et de l’industrie : Principe juridique qui autorise l’exercice du commerce, mais qui n’est pas absolu et peut être encadré par des textes.
- Actes de commerce : Opérations reconnues par le droit comme relevant du commerce, dont la répétition et l’intention peuvent fonder la qualité de commerçant.
- Profession habituelle : Critère de la qualité de commerçant fondé sur la répétition d’actes de commerce dans le temps, avec une dimension matérielle et intentionnelle.
- Indépendance : Critère de la qualité de commerçant qui exige d’agir à son propre compte, et non comme salarié ou représentant d’une société.
- Commerçant de fait : Personne qui accomplit des actes comme un commerçant malgré une incapacité ou une interdiction, et qui peut se voir appliquer le droit des affaires.
📝 Points essentiels
- La liberté du commerce et de l’industrie est posée par la loi Royer de 1873 et connaît de nombreuses limites pour des raisons de police des affaires ou d’équilibre économique.
- La qualité de commerçant suppose des actes de commerce répétés dans le temps (habitude) et une intention de répéter ces actes même si, en pratique, la répétition ne se réalise pas.
- L’indépendance exclut notamment les vendeurs salariés et les dirigeants agissant au nom et pour le compte de la société, car les effets se produisent dans le patrimoine de celle-ci.
- Les concessionnaires sont indépendants car ils achètent pour leur compte, tandis que les représentants de commerce agissent pour vendre des produits appartenant à des grossistes.
- Les personnes en franchise sont commerçantes : elles utilisent l’enseigne mais agissent pour leur compte personnel.
- Les conjoints du commerçant relèvent de trois statuts (salarié, co-exploitant, collaborateur) et doivent être déclarés lors de la création ou lors de l’entrée dans l’activité, avec une qualification automatique en cas de
💡 Astuce mémo
Liberté = oui, mais Police + Équilibre : si tu n’es pas indépendant ou si tu es frappé d’incapacité, tu bascules vers des limites (et parfois vers le commerçant de fait).
📖 8. Principes de lucrativité, secret et simplicité
🔑 Notions clés & Définitions
- Liberté de la preuve : Principe de procédure commerciale permettant d’établir un fait par tout moyen, ce qui facilite la preuve des engagements en matière d’affaires.
- Commerçant de fait : Personne qui exerce en pratique une activité commerciale sans être formellement immatriculée, et qui se voit appliquer le droit des affaires en cas de litige.
- Rôle du silence : Idée selon laquelle, dans certains contextes commerciaux, le silence du destinataire peut valoir acceptation et donc formation du contrat.
- Théorie de l’anticipation : Construction jurisprudentielle qui traite comme actes de commerce ceux conclus par un futur commerçant pour préparer son activité à venir.
- Crédit-bail : Mode de financement permettant de louer un équipement, avec possibilité d’en devenir propriétaire à l’issue selon les conditions prévues.
📝 Points essentiels
- En matière commerciale, le juge peut admettre la preuve par tout moyen, ce qui joue contre le commerçant de fait en cas de contestation.
- Une facture non appuyée par un bon de commande ou un bon de livraison ne suffit pas à prouver l’engagement du destinataire.
- Pour avoir force probante, la facture doit être acceptée par le client, ce qui revient à une reconnaissance de dette.
- La liberté de la preuve reste fondamentale en droit des affaires, mais elle est écartée pour les sociétés commerciales qui doivent produire des rapports aux autorités de contrôle.
- Le silence peut créer une obligation commerciale quand la réception des marchandises et des factures se fait sans contestation.
- En droit commercial, le silence vaut acceptation si les circonstances sont suffisamment caractéristiques pour éviter toute ambiguïté sur sa portée; en cas de doute, il ne vaut pas consentement implicite.
💡 Astuce mémo
Silence = accord seulement si les faits crient clairement; sinon, silence ≠ consentement.
📖 9. Rigueur et rapidité des règles commerciales
🔑 Notions clés & Définitions
- Tribunal de commerce : Le tribunal de commerce est une juridiction spécialisée qui juge les litiges entre commerçants selon des règles proches de celles du tribunal civil.
- Article 853 CPC : L’article 853 du code de procédure civile fixe quand le ministère d’avocat devient obligatoire devant le tribunal de commerce.
- Liberté de la preuve : La liberté de la preuve permet d’apporter au juge des éléments variés pour établir les faits, sans être enfermé dans un seul mode de preuve.
- Ordonnance de référé : L’ordonnance de référé est une décision provisoire rendue en urgence par le président du tribunal de commerce.
- Ordonnance sur requête : L’ordonnance sur requête est rendue sans débat contradictoire, car elle vise à éviter un préjudice lié à l’attente.
📝 Points essentiels
- Depuis 1973, le code prévoit des règles applicables devant toutes les juridictions, y compris le tribunal de commerce.
- La procédure devant le tribunal de commerce suit les mêmes phases qu’au tribunal civil : citation par exploit d’huissier, échange de conclusions, puis plaidoiries et délibéré.
- La procédure est orale et contradictoire, et les débats sont publics sauf demande de huis clos en chambre du conseil.
- Le ministère d’avocat n’était pas longtemps obligatoire devant le tribunal de commerce, puis le décret du 11 décembre 2019 a rapproché les règles du tribunal judiciaire.
- Article 853 CPC : l’avocat devient obligatoire devant le tribunal de commerce si le litige porte sur une somme supérieure à 10 000 euros.
- En cas d’avocat en face, le commerçant doit se faire défendre aussi pour éviter un déséquilibre procédural et mieux préparer ses écritures et plaidoiries.
💡 Astuce mémo
TC = « Contradictoire, Conclusions, Délibéré » ; Avocat obligatoire au-delà de 10 000 € (art. 853 CPC).
📖 10. Transparence et durabilité en droit des affaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Registre du commerce et des sociétés : Le registre du commerce et des sociétés est la base d’inscription des commerçants, utilisée par les tiers pour apprécier la situation juridique publiée.
- Article L123-8 du code de commerce : L’article L123-8 encadre l’opposabilité de la qualité de commerçant quand l’immatriculation n’a pas été demandée dans le délai légal.
- Article L123-9 du code de commerce : L’article L123-9 limite la possibilité pour une personne immatriculée d’opposer aux tiers ou à l’administration des faits non publiés au registre.
- Registre national des entreprises : Le registre national des entreprises centralise à l’échelle nationale les informations relatives aux entreprises en France, tenu par l’INPI.
- INPI : L’INPI est l’organisme chargé de tenir le registre national des entreprises.
📝 Points essentiels
- La radiation d’une société intervient après la clôture des opérations de liquidation, après paiement des dettes aux créanciers puis répartition du solde (boni de liquidation).
- Les informations publiées au RCS peuvent être invoquées par les tiers, et l’auteur commerçant ne peut pas soutenir que la mention publiée est inexacte pour échapper à ses effets.
- En cas de divergence entre la réalité et ce qui figure au registre, les tiers peuvent en principe se prévaloir de la réalité plutôt que du registre.
- Une personne assujettie à l’immatriculation qui ne l’a pas demandée dans les 15 jours suivant le commencement de son activité ne peut pas invoquer sa qualité de commerçant contre les tiers et les administrations.
- Une personne immatriculée ne peut pas, dans l’exercice de son activité, opposer aux tiers ou aux administrations publiques des faits et actes non opposables car non publiés au registre.
- Le régime du fonds de commerce est critiqué notamment pour son formalisme, l’absence de contrôle approfondi du greffier, et le caractère incomplet des informations (certaines données relevant d’autres registres).
💡 Astuce mémo
RCS = tiers protégés : publié = opposable contre le commerçant ; réalité = opposable contre le registre quand ça diverge.
📖 11. Qualité de commerçant et restrictions
🔑 Notions clés & Définitions
- Patrimoine d’affectation : Patrimoine distinct affecté à l’activité professionnelle, qui sert de gage principal aux créanciers liés à cette activité.
- Patrimoine personnel : Ensemble des biens et dettes qui restent rattachés à la personne, et qui répondent des créances non liées au patrimoine professionnel.
- Patrimoine professionnel : Ensemble des biens corporels et incorporels nécessaires à l’activité, servant de base au paiement des créanciers professionnels.
- Transfert universel du patrimoine professionnel : Transmission de l’actif et du passif du patrimoine professionnel lors de la cession, qui fait porter le risque sur les dettes correspondantes.
- Preuve à la charge de l’entrepreneur individuel : Règle probatoire selon laquelle l’entrepreneur doit démontrer l’origine personnelle d’un bien lorsqu’un créancier saisit un bien.
📝 Points essentiels
- Il n’y a pas de séparation des patrimoines pour l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, ni pour la taxe foncière des immeubles à destination professionnelle.
- Le patrimoine professionnel comprend les biens nécessaires à l’activité, et un bien à usage mixte comme un véhicule utilisé aussi pour le compte personnel est rattaché au patrimoine professionnel.
- En cas de cessation de l’activité indépendante ou de décès, les patrimoines deviennent réunis, ce qui crée une concurrence entre créanciers professionnels et créanciers personnels.
- Tout créancier peut saisir tout bien de l’entrepreneur, et c’est à l’entrepreneur de prouver que le bien relève du patrimoine personnel et non du patrimoine professionnel.
- Le patrimoine d’affectation peut évoluer pendant l’activité (achat, retrait de biens), et un bien du patrimoine professionnel peut être cédé selon le droit de la vente.
- Lors d’une transmission du patrimoine professionnel, la transmission porte sur l’actif et le passif, ce qui peut conduire les créanciers à n’agir que sur les biens du patrimoine professionnel en cas de faillite.
💡 Astuce mémo
Étanchéité = créanciers pro sur biens pro ; preuve = entrepreneur doit prouver l’origine personnelle.
📖 12. Bail commercial : renouvellement et non renouvellement
🔑 Notions clés & Définitions
- Renouvellement du bail commercial : Le renouvellement du bail commercial est la reconduction du contrat à l’issue des 9 ans, si les conditions légales sont réunies.
- Indemnité d’éviction : L’indemnité d’éviction est la somme versée au preneur lorsque le bailleur refuse le renouvellement sans pouvoir invoquer un motif grave et légitime.
- Motif grave et légitime : Le motif grave et légitime est la cause permettant au bailleur de refuser le renouvellement du bail sans indemnité d’éviction.
- Prorogation du bail : La prorogation du bail est la prolongation du contrat au-delà du terme, lorsque les formalités de renouvellement ou de non-renouvellement ne sont pas menées à temps.
- Droit de préemption du preneur : Le droit de préemption du preneur est la faculté dont dispose l’ancien locataire, notamment après certains travaux, pour acheter les locaux remis en état.
📝 Points essentiels
- À l’issue de la période de 9 ans, le preneur peut demander le renouvellement et le bailleur doit soit renouveler, soit verser une indemnité d’éviction.
- Le renouvellement suppose notamment une exploitation du fonds pendant 3 ans, l’absence de projet de reprise des locaux pour habiter, et l’absence de nécessité de grands travaux rendant l’occupation dangereuse.
- Le bailleur peut refuser le renouvellement sans indemnité seulement s’il invoque un motif grave et légitime contre le preneur sortant.
- Les manquements contractuels ne peuvent être utilisés pour refuser le renouvellement que s’ils ont été poursuivis plus d’1 mois après une mise en demeure du bailleur.
- Le renouvellement n’est pas automatique à la fin du terme : il faut un accord des parties, sauf clause de renouvellement automatique.
- Le preneur doit manifester sa demande dans les 6 mois qui précèdent l’expiration du bail, par lettre recommandée adressée au bailleur, pour éviter une situation de prorogation défavorable.
💡 Astuce mémo
Renouveler = 9 ans + 3 ans d’exploitation ; Sinon : indemnité d’éviction, sauf motif grave et légitime.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| -2k av JC | Développement des contrats commerciaux à Babylone (commerce maritime de blé, prêts avec intérêt). |
| 2 et 17 mars 1791 | Proclamation de la liberté d’entreprendre (décret d’Allarde). |
| 14 juin 1791 | Loi Le Chapelier consacrant une liberté fondamentale irrigant le droit des affaires. |
| 1549 | Création d’une juridiction spéciale pour les litiges commerciaux (premier tribunal de commerce à Toulouse). |
| 1563 | Création d’un tribunal de commerce à Paris. |
| 2 novembre 2017 | Création de tribunaux spécialement désignés pour certains contentieux et procédures collectives (dans le cadre des commerçants et artisans). |
| 1 janvier 2025 | Mise en place des tribunaux des activités économiques (expérimentation jusqu’à 2029). |
| 12 mai | Examen mardi 12 mai après-midi (4 questions de cours, dont une sur le bail commercial). |
📊 Tableaux de synthèse
Acte de commerce : théories
| Théorie | Idée centrale | Limites (selon le cours) |
|---|
| Circulation des richesses | Acte de commerce s’il s’insère dans le transfert de richesses entre producteur et consommateur | Trop large (ex association revendant au prix de revient) et trop étroite (ex achats/reventes d’immeubles). |
| Acte spéculatif | Acte de commerce par recherche d’un bénéfice (gain visé même si non réalisé) | Intention difficile à prouver ; certains actes spéculatifs ne sont pas des actes de commerce (ex sous-location). |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre droit des affaires et droit commercial : le cours insiste que le droit des affaires est une dénomination proche, centrée sur les règles des commerçants.
- Croire qu’il existe une définition générale unique de l’acte de commerce : le cours rappelle que le Code énumère des actes (L110-1) et que la JP complète.
- Mélanger liberté de la preuve et preuve par écrit : en DAF, les actes de commerce se prouvent par tout moyen (sauf dispositions contraires), et la date certaine du CC ne s’applique pas comme en civil.
- Penser que le silence vaut toujours acceptation : en DAF, il vaut acceptation seulement si les circonstances sont suffisamment caractéristiques ; en cas de doute, pas de consentement implicite.
- Oublier que la qualité de commerçant exige habituel + indépendance : un dirigeant ou un salarié n’agit pas à son propre compte (effets dans le patrimoine de la société).
- Se tromper sur le bail commercial : le renouvellement n’est pas automatique à l’issue des 9 ans, et le bailleur ne peut refuser sans indemnité qu’avec un motif grave et légitime.
- Confondre compétence du tribunal : en acte mixte, le non-commerçant a une option (TC ou TJ), mais si c’est le commerçant qui assigne, il doit saisir le TJ (protection du non-commerçant).
✅ Checklist Examen
- Savoir définir le droit des affaires et distinguer commerçant personne physique/personne morale, ainsi que l’idée de droit d’exception (règle spéciale d’abord, sinon droit civil).
- Maîtriser les repères historiques du bail commercial (baux 3-6-9, loi de 1926, décret de 1953, ordonnance de 1967) et l’idée de codification à droits constants en 2000.
- Connaître les sources du droit des affaires : loi, jurisprudence et usages, et expliquer le rôle de la JP (interpréter, combler, créer du droit).
- Savoir articuler droit européen et droit interne : TFUE/traité de Rome, directives vs règlements, et l’influence sur l’interprétation des textes nationaux.
- Expliquer la liberté d’entreprendre : ses deux volets (accès et exercice), sa valeur constitutionnelle, et le contrôle de proportionnalité des atteintes.
- Connaître les principes de lucrativité, secret des affaires et simplicité/rigueur/rapidité/transparence/durabilité tels qu’ils structurent le droit des affaires dans le cours.
- Qualifier l’acte de commerce : rappeler l’absence de définition générale, les actes isolés (achat en vue de la revente, opérations de banque et de change, courtage, lettre de change) et les actes par accessoires.
- Expliquer les mécanismes de preuve en DAF : liberté de la preuve (L110-3), rôle du silence, et théorie de l’anticipation (commerçant futur).
- Savoir distinguer les frontières avec les activités civiles (artisanat, agriculture, associations, professions libérales) et les théories de l’accessoire et du commerçant de fait.
- Maîtriser les obligations du commerçant : comptabilité, inscription au RCS/RNE, concurrence (loyauté/libre/équilibre) et sanctions liées à la comptabilité.
- Connaître le fonds de commerce : éléments (clientèle, droit au bail, enseigne, propriété industrielle, éléments corporels) et l’idée de patrimoine d’affectation (IRL/2IRL) avec étanchéité et exceptions.
- Savoir le bail commercial : conditions d’application (preneur, local, clientèle personnelle, durée), droits du preneur (9 ans, résiliation triennale, cession du bail) et renouvellement/non-renouvellement (demande dans le
- date range 6 mois avant, exploitation 3 ans, motif grave et légitime, indemnité d’éviction, prorogation et déplafonnement).
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