Revision sheet: Introduction aux Fondements du Droit

Plan du Cours

  1. BrĂšve histoire du droit
  2. Droit hébraïque
  3. Droit canonique
  4. Droit musulman
  5. Histoire du droit français
  6. Sources et hiérarchie des normes
  7. Personnes et personnalité juridique
  8. Bioéthique, filiation et nationalité
  9. Incapacités et responsabilité
  10. Justice, preuve et juridictions

1. BrĂšve histoire du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit universel : Le droit est un phĂ©nomĂšne prĂ©sent dans toute sociĂ©tĂ© structurĂ©e autour de relations durables, car elle produit des normes pour rĂ©guler les comportements et traiter les conflits.
  • Code d’Hammurabi : Le Code d’Hammurabi est une compilation mĂ©sopotamienne de dĂ©cisions royales utilisĂ©e comme rĂ©fĂ©rence exemplaire, vers 1750 avant notre Ăšre.
  • Loi du talion : La loi du talion est une rĂšgle de justice proportionnĂ©e formulĂ©e dans le droit hĂ©braĂŻque, exprimĂ©e par l’idĂ©e de rĂ©paration Ă©quivalente.
  • Manusmriti : Le Manusmriti (Loi de Manu) est un texte normatif de l’Inde ancienne liant les rĂšgles sociales et juridiques Ă  un ordre moral et cosmique, le dharma.

Points essentiels

  • Le droit de type Ă©tatique (État de droit) rĂ©sulte d’une lente Ă©laboration europĂ©enne, mais les rĂšgles juridiques existent depuis des pĂ©riodes beaucoup plus anciennes.
  • Le Code d’Hammurabi (vers 1750 av. J.-C.) compile des dĂ©cisions royales et applique une justice qui varie selon le statut social de la victime.
  • Le LĂ©vitique 24 prĂ©sente la logique du talion et l’utilise pour limiter la vengeance privĂ©e par une rĂ©paration proportionnĂ©e.
  • Le Manusmriti est datĂ© probablement entre le IIe siĂšcle av. J.-C. et le IIe siĂšcle ap. J.-C., et subordonne le droit au dharma.
  • En Chine impĂ©riale, le droit se dĂ©veloppe en lien avec la morale confucĂ©enne et vise surtout la conformitĂ© Ă  un rĂŽle social plus que l’affirmation de droits individuels.
  • Les grands codes des dynasties Tang (VIIe siĂšcle) et Qing (XVIIe-XIXe siĂšcles) associent une rigueur administrative et une hiĂ©rarchie des peines.

Astuce mémo

HMC : Hammurabi (MĂ©sopotamie) → Talion (HĂ©breux) → Manusmriti (Inde) → Chine (rĂŽle social confucĂ©en).

2. Droit hébraïque

Notions clés & Définitions

  • Halakha : Le droit hĂ©braĂŻque correspond Ă  l’ensemble des rĂšgles interprĂ©tĂ©es et appliquĂ©es par le judaĂŻsme pour organiser la vie religieuse et sociale.
  • Torah : La Torah est la source fondamentale du droit hĂ©braĂŻque, transmise comme la rĂ©fĂ©rence majeure du cadre normatif du peuple juif.
  • Mishnah : La Mishnah est la mise par Ă©crit de la loi orale, fixĂ©e vers l’an 200, afin de stabiliser l’enseignement juridique traditionnel.
  • Talmud : Le Talmud est la compilation qui commente la Mishnah, Ă©laborĂ©e entre le IVe et le VIe siĂšcle, avec deux versions distinctes.

Points essentiels

  • La Torah est prĂ©sentĂ©e comme rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  MoĂŻse, mais les travaux historiques la situent dans une rĂ©daction progressive entre le Xe et le Ve siĂšcle avant notre Ăšre.
  • La Mishnah est rĂ©digĂ©e vers l’an 200 par Rabbi Yehouda ha-Nassi.
  • Le Talmud est compilĂ© entre le IVe et le VIe siĂšcle, avec une version de JĂ©rusalem et une version de Babylone.
  • Le divorce exige un acte Ă©crit, le get, et le refus de l’homme maintient la femme dans une situation d’« agouna » empĂȘchant en pratique tout remariage.
  • L’annĂ©e sabbatique, appelĂ©e shmita, entraĂźne l’annulation des dettes, et Hillel a créé le prouzbol pour permettre le recouvrement malgrĂ© la shmita.
  • Le prĂȘt Ă  intĂ©rĂȘt est contournĂ© par le hĂ©ter iska, qui transforme l’intĂ©rĂȘt en participation commerciale.

Astuce mémo

Get = “geste Ă©crit” : sans get, pas de divorce, donc agouna (blocage du remariage).

3. Droit canonique

4. Droit musulman

Notions clés & Définitions

  • Islam en France : Le terme dĂ©signe l’islam comme religion prĂ©sente dans l’espace public français, notamment comme deuxiĂšme religion du pays avec environ 5 millions de fidĂšles.
  • LibertĂ© de religion : La libertĂ© de religion est un droit qui protĂšge la croyance et le culte, mais admet des restrictions si la manifestation trouble l’ordre public.
  • NeutralitĂ© de l’État : La neutralitĂ© de l’État signifie que les institutions et agents publics ne favorisent aucune religion et n’expriment pas leur foi dans le service.
  • Financement Ă©tranger des cultes : Le financement Ă©tranger des cultes renvoie au soutien de certaines religions par des États, avec un encadrement renforcĂ© pour prĂ©server la souverainetĂ©.

Points essentiels

  • La loi du 9 dĂ©cembre 1905 consacre la libertĂ© de conscience et met fin Ă  tout lien organique entre l’État et les cultes Ă  travers le non-financement des religions Ă  titre direct.
  • La libertĂ© de religion peut ĂȘtre limitĂ©e si la pratique trouble l’ordre public via une mise en balance sĂ©curitĂ©, tranquillitĂ© et salubritĂ©.
  • En pratique, l’État interdit notamment les appels Ă  la haine et les propos discriminatoires liĂ©s Ă  la foi.
  • L’islam est prĂ©sentĂ© comme la deuxiĂšme religion de France avec environ 5 millions de fidĂšles.
  • La loi du 24 aoĂ»t 2021 renforce le contrĂŽle des fonds Ă©trangers vers les cultes et impose une dĂ©claration au-delĂ  de 10 000 euros.

Astuce mémo

LibertĂ© religieuse = oui, mais si trouble de l’ordre public : SĂ©curité–Tranquillité–SalubritĂ© (3S).

5. Histoire du droit français

Notions clés & Définitions

  • Loi du 11 octobre 2010 : La loi du 11 octobre 2010 interdit la dissimulation du visage pour des motifs liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ© et au vivre ensemble.
  • Burkini : Le “burkini” dĂ©signe un contentieux illustrant les limites du pouvoir du maire pour interdire une tenue religieuse dans l’espace public.
  • NeutralitĂ© laĂŻque ouverte : La laĂŻcitĂ© ouverte admet l’expression des convictions religieuses dans l’espace public commun.
  • NeutralitĂ© laĂŻque exigeante : La laĂŻcitĂ© exigeante vise Ă  cantonner l’affichage religieux au domaine strictement privĂ©.
  • Conseil d’État Villeneuve-Loubet : La dĂ©cision du Conseil d’État du 26 aoĂ»t 2016 encadre les restrictions de tenue religieuse fondĂ©es sur l’ordre public.

Points essentiels

  • La loi du 11 octobre 2010 vise surtout le niqab, mais aussi d’autres dissimulations comme cagoules et casques, afin de prĂ©venir des risques liĂ©s Ă  l’ordre public et au vivre ensemble.
  • Le Conseil d’État (ordonnance de suspension, 26 aoĂ»t 2016, Villeneuve-Loubet) rappelle qu’une restriction ne peut pas reposer sur des considĂ©rations idĂ©ologiques, mais doit viser un trouble avĂ©rĂ© Ă  l’ordre public.
  • Le contentieux du “burkini” illustre que le maire ne peut pas, sans base suffisante, interdire une tenue religieuse dans un lieu public.
  • La prĂ©sence de crĂšches en mairie est tolĂ©rĂ©e si elle a un caractĂšre culturel, mais elle est interdite si elle manifeste une prĂ©fĂ©rence religieuse explicite (CE, Commune de Melun, 2016).
  • Le dĂ©bat oppose deux modĂšles de neutralitĂ©, parfois difficiles Ă  concilier sans controverse, entre tolĂ©rance des convictions et limitation stricte de l’affichage religieux.

Astuce mémo

Ordre public, pas idĂ©ologie : Villeneuve-Loubet (26/08/2016) rĂ©sume le cap du Conseil d’État.

6. Sources et hiérarchie des normes

Notions clés & Définitions

  • Application immĂ©diate de la loi nouvelle : Principe selon lequel une loi nouvelle s’applique en principe aux situations en cours, sauf pour prĂ©server les droits dĂ©jĂ  acquis.
  • Conflits de lois dans l’espace : Situation oĂč une relation comporte un Ă©lĂ©ment d’extranĂ©itĂ© et oblige Ă  dĂ©terminer quelle loi nationale ou locale rĂ©git le problĂšme.
  • Lex rei sitae : RĂšgle de conflit utilisĂ©e pour les biens, selon laquelle la loi applicable est celle du lieu oĂč le bien se trouve.
  • Autonomie de la volontĂ© en matiĂšre contractuelle : Principe selon lequel les parties choisissent la loi applicable Ă  leur contrat, et Ă  dĂ©faut une loi prĂ©sentant les liens les plus Ă©troits s’applique.
  • HiĂ©rarchie des normes (Kelsen) : ModĂšle expliquant qu’en cas de conflit, la norme la plus Ă©levĂ©e prĂ©vaut sur les normes subordonnĂ©es.

Points essentiels

  • En conflit de lois dans le temps, la loi nouvelle s’applique aux situations en cours sauf atteinte aux droits acquis (exemple : rĂ©forme des rĂ©gimes matrimoniaux, Civ. 1re, 1959, Saint-Chamond).
  • En droit international privĂ©, le statut personnel relĂšve souvent de la loi de la nationalitĂ© tandis que les biens sont rĂ©gis par la loi du lieu de situation, la lex rei sitae.
  • Pour les contrats, la loi choisie par les parties s’applique en principe, et Ă  dĂ©faut on retient la loi du pays ayant les liens les plus Ă©troits (Convention de Rome 1980, RĂšglement Rome I).
  • Pour la responsabilitĂ© dĂ©lictuelle, la loi du lieu du fait dommageable est frĂ©quemment retenue (RĂšglement Rome II).
  • Quand deux normes de mĂȘme rang s’opposent, la loi spĂ©ciale prime sur la gĂ©nĂ©rale et une loi postĂ©rieure prime en principe sur une loi antĂ©rieure (lex posterior derogat priori).
  • Quand les normes sont de nature diffĂ©rente, la Constitution et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la RĂ©publique priment, puis viennent les traitĂ©s (art. 55 C°) et enfin la loi sur laquelle les rĂšglements doivent s’aligner (Arrighi, 1936, loi Ă©cran).

Astuce mémo

MĂȘme rang = spĂ©cial puis plus rĂ©cent ; nature diffĂ©rente = ordre vertical : Constitution > traitĂ©s > loi > rĂšglements.

7. Personnes et personnalité juridique

Notions clés & Définitions

  • PersonnalitĂ© juridique : La personnalitĂ© juridique est le statut qui fait d’une personne un sujet de droits et de devoirs en droit, mĂȘme avant l’exercice effectif de ceux-ci.
  • CapacitĂ© de jouissance : La capacitĂ© de jouissance est l’aptitude Ă  ĂȘtre titulaire de droits, par principe, et qui peut ĂȘtre restreinte dans des cas prĂ©vus par la loi.
  • CapacitĂ© d’exercice : La capacitĂ© d’exercice est l’aptitude Ă  exercer soi-mĂȘme ses droits, que la loi peut limiter pour protĂ©ger certaines personnes.
  • Personnes morales : Les personnes morales sont des groupements reconnus par la loi comme sujets de droit distincts de leurs membres.

Points essentiels

  • La capacitĂ© juridique dĂ©coule directement de la personnalitĂ© juridique : toute personne a des droits du seul fait de sa naissance, et parfois avant sous conditions.
  • Les mineurs non Ă©mancipĂ©s sont incapables de contracter seuls et sont en principe protĂ©gĂ©s par la reprĂ©sentation des titulaires de l’autoritĂ© parentale.
  • Les majeurs protĂ©gĂ©s relĂšvent de quatre rĂ©gimes graduĂ©s selon l’altĂ©ration des facultĂ©s : sauvegarde de justice, curatelle, tutelle, et habilitation familiale.
  • En droit français, la mort met fin Ă  la personnalitĂ© juridique, constatĂ©e notamment selon des critĂšres mĂ©dicaux (arrĂȘt cardiaque et respiratoire persistant ou mort cĂ©rĂ©brale).
  • La disparition peut ĂȘtre judiciairement dĂ©clarĂ©e lorsqu’une personne est exposĂ©e Ă  un danger de mort imminent et que le corps n’est pas retrouvĂ©, et le jugement peut ĂȘtre annulĂ© en cas de retour.
  • Le dĂ©cĂšs dĂ©clarĂ© en cas d’absence intervient aprĂšs un dĂ©lai (10 ans ou 20 ans selon les cas), avec des effets patrimoniaux et familiaux qui cessent ou s’ajustent si l’absent reparaĂźt.

Astuce mémo

Jouissance = avoir des droits ; Exercice = faire soi-mĂȘme ; Mort = fin ; Disparition/Absence = “dĂ©cĂšs judiciaire” avec retour possible.

8. Bioéthique, filiation et nationalité

Notions clés & Définitions

  • Accouchement sous X : RĂ©gime juridique français permettant Ă  une femme d’accoucher anonymement, ce qui empĂȘche l’établissement de la filiation maternelle jusqu’à une Ă©ventuelle procĂ©dure ultĂ©rieure.
  • Filiation par AMP : Mode d’établissement de la filiation qui, depuis la loi bioĂ©thique du 2 aoĂ»t 2021, relie juridiquement la parentalitĂ© au projet parental pour les couples de femmes ou les femmes seules.
  • Tests ADN en filiation : Expertise gĂ©nĂ©tique admise en matiĂšre de filiation uniquement sur autorisation judiciaire, afin de concilier la preuve et la protection des droits.
  • Jus sanguinis : Principe d’attribution de la nationalitĂ© fondĂ© sur la filiation, oĂč l’enfant reçoit la nationalitĂ© française lorsqu’un parent est français.
  • DĂ©claration anticipĂ©e conjointe : Acte permettant d’établir la filiation de l’autre mĂšre en AMP par une dĂ©claration effectuĂ©e Ă  l’avance devant notaire.

Points essentiels

  • Depuis la loi du 2 aoĂ»t 2021, l’accĂšs Ă  l’AMP est ouvert aux couples de femmes et aux femmes seules, avec Ă©tablissement de la filiation par l’accouchement et la dĂ©claration anticipĂ©e conjointe devant notaire (art. 342-11 C. civ.).
  • En cas d’accouchement sous X (art. 326 C. civ.), l’enfant est considĂ©rĂ© sans filiation maternelle et peut ĂȘtre proposĂ© Ă  l’adoption plĂ©niĂšre aprĂšs 2 mois, sauf manifestation des parents biologiques avant ce dĂ©lai.
  • Les tests ADN en matiĂšre de filiation ne sont admis que sur autorisation judiciaire (art. 16-11 C. civ.), ce qui conditionne la recevabilitĂ© des preuves biologiques.
  • L’attribution automatique de la nationalitĂ© française par filiation (jus sanguinis) vise l’enfant d’un parent français quel que soit le lieu de naissance (art. 18 C. civ.).
  • Pour la naturalisation, la rĂ©sidence rĂ©guliĂšre est en principe de 5 ans, rĂ©duite Ă  2 ans en cas d’études en France, avec exigence de niveau B2 en langue française depuis le dĂ©cret du 15 juillet 2025.
  • En 2024, le nombre d’acquisitions par naturalisation atteint 88 000, et le dĂ©bat sur le droit du sol est relancĂ© en 2025 sans rĂ©forme adoptĂ©e Ă  ce jour.

Astuce mémo

AMP = 2 août 2021 : la filiation suit le projet, donc accouchement + déclaration anticipée notaire (art. 342-11).

9. Incapacités et responsabilité

Notions clés & Définitions

  • CapacitĂ© juridique : La capacitĂ© juridique est l’aptitude d’une personne Ă  accomplir valablement des actes produisant des effets de droit.
  • IncapacitĂ© : L’incapacitĂ© dĂ©signe le fait qu’une personne ne peut pas exercer seule certains actes, notamment en raison d’un statut de minoritĂ© ou de tutelle.
  • ResponsabilitĂ© civile : La responsabilitĂ© civile est le rĂ©gime qui impose de rĂ©parer un dommage, avec une finalitĂ© principalement indemnitaire.
  • ResponsabilitĂ© pĂ©nale : La responsabilitĂ© pĂ©nale est le rĂ©gime qui sanctionne une atteinte Ă  l’ordre public, avec une finalitĂ© rĂ©pressive.
  • ResponsabilitĂ© du fait des choses : La responsabilitĂ© du fait des choses oblige Ă  rĂ©parer un dommage causĂ© par une chose, mĂȘme sans faute, dans les conditions prĂ©vues par le droit.

Points essentiels

  • La validitĂ© des actes juridiques suppose notamment un consentement sans vices, une capacitĂ© juridique, et un contenu licite et certain.
  • Un mineur ou une personne sous tutelle ne peut conclure certains actes sans assistance, par exemple la vente d’un bien immobilier ne peut pas ĂȘtre faite seul.
  • La responsabilitĂ© civile vise Ă  indemniser la victime, tandis que la responsabilitĂ© pĂ©nale vise Ă  sanctionner l’atteinte Ă  l’ordre public.
  • La responsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle suppose une faute, un dommage et un lien de causalitĂ©, sans qu’un contrat soit nĂ©cessaire.
  • L’arrĂȘt Jand’heur du 13 fĂ©vrier 1930 consacre la responsabilitĂ© sans faute du gardien d’une chose ayant causĂ© un dommage.
  • La responsabilitĂ© du fait des choses et celle du fait d’autrui permettent d’engager des tiers (gardien, parents, commettant) sans que la victime doive Ă©tablir leur faute.

Astuce mémo

CapacitĂ© = “peut agir seul” ; ResponsabilitĂ© civile = “rĂ©parer”, pĂ©nale = “punir” (Jand’heur : “sans faute”).

10. Justice, preuve et juridictions

Notions clés & Définitions

  • Aide juridictionnelle : Dispositif permettant aux personnes aux revenus modestes de bĂ©nĂ©ficier d’une prise en charge totale ou partielle de leurs frais de justice par l’État selon un barĂšme actualisĂ© chaque annĂ©e.
  • PublicitĂ© des dĂ©bats : Principe imposant que les audiences judiciaires soient ouvertes au public, sauf exceptions lĂ©gales, afin d’assurer la transparence et la confiance dans la justice.
  • Monopole de la justice : RĂšgle selon laquelle l’État dĂ©tient le pouvoir de dire le droit de façon contraignante et exĂ©cutoire, interdisant en principe aux particuliers de se faire justice eux-mĂȘmes.
  • LĂ©galitĂ© et loyautĂ© de la preuve pĂ©nale : Exigences selon lesquelles une preuve en matiĂšre pĂ©nale doit avoir Ă©tĂ© obtenue conformĂ©ment Ă  la loi et sans procĂ©dĂ©s dĂ©loyaux ou provocateurs.

Points essentiels

  • L’article 6 §1 de la CEDH garantit que la cause soit entendue publiquement, et le juge peut ordonner le huis clos pour protĂ©ger notamment les mineurs, la vie privĂ©e et certains secrets sensibles.
  • L’article 38 ter de la loi du 29 juillet 1881 interdit en principe la captation sonore ou visuelle des dĂ©bats, avec des dĂ©rogations encadrĂ©es (loi Badinter du 11 juillet 1985 puis loi du 22 dĂ©cembre 2021).
  • Le juge ne peut pas refuser de statuer et les particuliers ne doivent pas se rendre justice eux-mĂȘmes, sous peine d’une incrimination de justice privĂ©e (art. 222-12 du Code pĂ©nal mentionnĂ©).
  • En matiĂšre pĂ©nale, la charge de la preuve incombe Ă  l’accusation et le doute profite Ă  l’accusĂ© (in dubio pro reo) tandis que les preuves ne sont recevables que si elles sont obtenues lĂ©galement et loyalement (art. 427 CPP).
  • La distinction incitation Ă  la preuve / incitation Ă  l’infraction commande le sort des preuves issues d’agents infiltrĂ©s : l’infraction créée est prohibĂ©e tandis que la preuve d’un comportement dĂ©jĂ  existant peut ĂȘtre admise.
  • Le systĂšme français repose sur deux ordres juridictionnels sĂ©parĂ©s : ordre judiciaire et ordre administratif, avec respectivement la Cour de cassation et le Conseil d’État comme juridictions suprĂȘmes.

Astuce mémo

Publicité = public sauf Protection (mineurs, vie privée, secrets) ; Preuve pénale = Légal + Loyal (sinon écartée).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1750 avant notre ĂšreCode d’Hammurabi gravĂ©, compilation de dĂ©cisions royales
9 décembre 1905Loi fondatrice de la laïcité : liberté de conscience et non-financement des cultes
4 octobre 1958Entrée en vigueur de la Constitution fondatrice de la Ve République

Tableaux de synthĂšse

Droit naturel vs droit positif

CritĂšreDroit naturelDroit positif
Fondement de l’obligationConformitĂ© Ă  la raison/justice transcendante (indĂ©pendamment de l’État)Obligation garantie par une autoritĂ© compĂ©tente assortie d’une sanction
DĂ©finitionNormes qui s’imposent par elles-mĂȘmesEnsemble des rĂšgles effectivement en vigueur dans un ordre juridique
RĂŽle de la sanctionPeut exister sans sanction Ă©tatiqueIndispensable pour garantir l’effectivitĂ©
Exemple d’idĂ©e-clĂ©pacta sunt servanda (contrat respectĂ©)Kelsen : validitĂ© par la hiĂ©rarchie des normes

Droit public vs droit privé

CritÚreDroit publicDroit privé
Personnes concernĂ©esInstitutions publiques (État, collectivitĂ©s, administrations)Personnes privĂ©es (individus, sociĂ©tĂ©s, associations)
Objet principalOrganisation des libertés, pouvoirs publics, administrations, finances publiquesRapports entre particuliers : famille, contrats, responsabilité civile, travail
Exemplesdroit constitutionnel, droit administratif, droit fiscaldroit civil, droit commercial, droit du travail, droit de la consommation

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre droit objectif (ensemble des rÚgles applicables) et droits subjectifs (prérogatives concrÚtes des titulaires).
  2. Croire que la jurisprudence est une « source officielle » : en France, elle n’est pas censĂ©e crĂ©er la rĂšgle gĂ©nĂ©rale mais elle produit effectivement du droit par interprĂ©tation.
  3. Mélanger droit naturel et droit positif : le droit positif tient sa force de sa source et de la sanction, pas forcément de sa moralité.
  4. Oublier que les lois « en principe » s’appliquent dans le temps sans rĂ©troactivitĂ©, sauf exceptions (pĂ©nal plus doux, procĂ©dure, lois interprĂ©tatives, etc.).
  5. Confondre neutralitĂ© : elle s’impose aux institutions/agents publics, tandis que l’expression religieuse des citoyens en espace public fait l’objet de limites liĂ©es Ă  l’ordre public.
  6. Assimiler disparition/absence/fugue d’un mineur : ce sont des rĂ©gimes distincts, la fugue n’est pas une institution du droit civil (disparition/absence relĂšvent du Code civil).
  7. Confondre incapacitĂ© et responsabilitĂ© : un mineur ou un protĂ©gĂ© peut ne pas pouvoir agir seul, mais cela n’exclut pas nĂ©cessairement la responsabilitĂ© selon le cas (civile/pĂ©nale).

Checklist Examen

  1. Définir le droit comme ensemble de rÚgles socialement édictées et sanctionnées, et expliquer la différence entre idéal moral de justice et justice institutionnelle.
  2. Expliquer en 3 axes le droit hébraïque (Torah/Mishnah/Talmud) et donner au moins 2 exemples : get-agouna, shmita-prouzbol, héter iska.
  3. Présenter le droit canonique : sources (conciles, Gratien, Grégoire IX/Liber Extra, codes 1917 et 1983) et une illustration (mariage indissoluble, nullité, dispenses).
  4. PrĂ©senter le droit musulman : sources (Coran, Sunna, consensus, analogie) et un exemple (talaq/khul‘, codification ottomane Majalla, hudud/ta‘zir).
  5. Maßtriser le principe de laïcité de la loi du 9 décembre 1905 (liberté de conscience + séparation/non-financement) et ses aménagements (Alsace-Moselle, financements indirects, étrangers).
  6. Expliquer la limite Ă  la libertĂ© religieuse par la mise en balance avec l’ordre public via SĂ©curité–Tranquillité–SalubritĂ©, et relier Ă  la logique des contentieux (loi 11 octobre 2010, Villeneuve-Loubet, burkini, crĂšches).
  7. Donner le sens de la hiĂ©rarchie des normes et la logique de rĂ©solution des conflits : mĂȘme rang (spĂ©cial puis plus rĂ©cent) et nature diffĂ©rente (Constitution/traitĂ©s/loi/rĂšglements).
  8. Lister les sources principales (Constitution, traités, lois, rÚglements) et leurs places (ex. art. 55 C° pour les traités) puis présenter 3 sources complémentaires (jurisprudence, coutume, doctrine).
  9. Expliquer les conflits de sources : entrĂ©e en vigueur (publication/JO, art. 1er Code civil) + disparition (abrogation/annulation/caducitĂ©) + conflits dans le temps et dans l’espace (lex rei sitae, autonomie de la volontĂ©, lieu du fait dommageable).
  10. Exposer les bases de la personnalité juridique : naissance vivante et viable, fin par la mort (constat médical), et distinguer disparition/absence et leurs effets patrimoniaux/familiaux.
  11. ConnaĂźtre les rĂ©gimes de capacitĂ©/incapacitĂ© : mineurs non Ă©mancipĂ©s, majeurs protĂ©gĂ©s (sauvegarde/curatelle/tutelle/habilitation familiale) et effets sur l’exercice des actes.
  12. Présenter bioéthique et filiation : accouchement sous X, AMP pour couples de femmes/femmes seules (2 août 2021 + déclaration anticipée notaire), tests ADN sous autorisation judiciaire, et jus sanguinis ; articuler au moins un exemple de mécanisme (CNAOP, délai 2 mois adoption).
  13. Expliquer la responsabilitĂ© civile vs pĂ©nale (finalitĂ© indemnitaire vs rĂ©pressive) et la responsabilitĂ© sans faute en responsabilitĂ© du fait des choses (Jand’heur).
  14. Présenter les principes de la justice et de la preuve : publicité (art. 6§1 CEDH) et exceptions, monopole de la justice, contradictoire (art. 16 CPC), et en pénal preuve légale + loyale (art. 427 CPP, in dubio pro reo).

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1. Quel trait caractérise le mieux le droit comme phénomÚne historique universel ?

2. Que montre principalement le Code d’Hammurabi dans l’histoire du droit ?

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Droit universel — dĂ©finition ?

Normes présentes dans toutes sociétés structurées.

Code d’Hammurabi — date ?

Vers 1750 av. J.-C.

Loi du talion — principe ?

Réparation équivalente proportionnée.

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