đ Plan du Cours
- Contrats spéciaux et droit commun
- Contrats nommés et contrats innomés
- Sources du régime des contrats innomés
- Sous-spécialisation des contrats de baux
- Articulation droit commun et droit spécial
- Contrats de production et de distribution
- Contrats de recherche et développement
- Droit de la concurrence et ententes
- Cession et licence de brevet
- Savoir-faire et contrats de communication
- Contrats de coopération industrielle
- Consortium et joint venture
đ 1. Contrats spĂ©ciaux et droit commun
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit commun des contrats : Ensemble des rÚgles générales applicables aux contrats, notamment via le régime de la théorie générale des obligations conventionnelles.
- Contrats spéciaux : Contrats régis par un régime particulier prévu par le droit, souvent organisé en titres dédiés dans le code civil.
- Contrats nommĂ©s : Contrats dĂ©finis par le droit positif et soumis Ă un rĂ©gime spĂ©cial, car ils font lâobjet dâune rĂ©glementation lĂ©gale propre.
- Contrats innomés : Contrats sans réglementation spéciale dédiée, soumis au droit commun des obligations tout en restant gouvernés par la liberté contractuelle.
- Contrats sui generis : Catégorie de contrats innomés décrite comme atypique, souvent utilisée pour viser des contrats de type distribution.
đ Points essentiels
- La distinction droit commun / droits spéciaux est structurée dans le code civil par un titre général sur les contrats et obligations conventionnelles, puis des titres spéciaux pour des contrats particuliers.
- Les contrats nommĂ©s correspondent Ă des contrats ayant une dĂ©finition lĂ©gale et un rĂ©gime particulier, comme la vente, lâĂ©change, le louage, le prĂȘt, le mandat ou le contrat de sociĂ©tĂ©.
- La matiÚre des contrats spéciaux dépasse les seuls contrats nommés : on y inclut aussi des contrats innomés, parfois qualifiés de sui generis, notamment en matiÚre de distribution.
- Un contrat innomĂ© nâest pas « sans droit » : il relĂšve du droit commun des obligations et peut aussi ĂȘtre fortement encadrĂ© par la jurisprudence, mĂȘme si la source nâest pas la loi.
- La liste des contrats spĂ©ciaux nâest pas fermĂ©e : lâĂ©volution des besoins et des pratiques (notamment numĂ©riques) fait naĂźtre de nouvelles figures contractuelles, comme les « smart contracts » mentionnĂ©s dans le cours.
- Le phĂ©nomĂšne dâhyperspĂ©cialisation conduit Ă un « droit des contrats trĂšs spĂ©ciaux » : un mĂȘme contrat peut superposer plusieurs niveaux de rĂšgles (genre, espĂšce, variĂ©tĂ©s).
đĄ Astuce mĂ©mo
HiĂ©rarchie en 3 Ă©tages : droit commun (thĂ©orie gĂ©nĂ©rale) â rĂšgles du contrat (espĂšce) â rĂšgles de la variĂ©tĂ© (rĂ©gime spĂ©cial).
đ 2. Contrats nommĂ©s et contrats innomĂ©s
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Contrat spécial : Contrat spécial : contrat soumis à des rÚgles particuliÚres en plus du droit commun des obligations.
- Droit commun des contrats : Droit commun des contrats : ensemble des rÚgles générales applicables à la théorie générale du contrat (ex. vente, entreprise) avant les rÚgles propres à chaque contrat.
- Contrat nommĂ© : Contrat nommĂ© : contrat prĂ©vu et rĂ©glementĂ© par la loi, identifiable par sa qualification juridique (ex. vente, bail, prĂȘt).
- Contrat innomé : Contrat innomé : contrat non spécifiquement réglementé par des rÚgles propres et sans qualification juridique imposée par la loi.
- IncompatibilitĂ© des rĂšgles : IncompatibilitĂ© des rĂšgles : situation oĂč la rĂšgle spĂ©ciale et la rĂšgle gĂ©nĂ©rale ne peuvent pas ĂȘtre appliquĂ©es ensemble sans contradiction.
đ Points essentiels
- Pour une situation contractuelle, on peut appliquer trois niveaux de rÚgles : rÚgles spéciales du contrat, rÚgles du contrat en général, puis droit commun des contrats.
- Adage « le spĂ©cial dĂ©roge au gĂ©nĂ©ral » : il est consacrĂ© par lâarticle 1105 du Code civil (rĂ©forme 2016) et organise lâarticulation entre rĂšgles gĂ©nĂ©rales et rĂšgles particuliĂšres.
- Le principe nâest pas lâĂ©viction du droit commun : la rĂšgle spĂ©ciale sâajoute au droit commun sauf incompatibilitĂ© rendant lâapplication conjointe impossible.
- Exemple de cumul : en bail commercial, le preneur victime dâun dol peut invoquer Ă la fois le droit spĂ©cial du statut et le droit commun des contrats.
- Exemple dâincompatibilitĂ© : pour modifier les statuts avant immatriculation, lâexigence dâun accord unanime des associĂ©s contredit une rĂšgle spĂ©ciale prĂ©voyant une majoritĂ© des 2/3.
đĄ Astuce mĂ©mo
Spécial = + droit commun, sauf si ça bloque : « cumul sauf incompatibilité ».
đ 3. Sources du rĂ©gime des contrats innomĂ©s
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Contrats spéciaux : Contrats identifiés par leur régime particulier, souvent influencés par la pratique et par la qualité des parties.
- Partie faible : Notion désignant une partie présumée en situation de faiblesse, ce qui déclenche des rÚgles protectrices dans certains domaines.
- Contrat dâadhĂ©sion : Contrat prĂ©-rĂ©digĂ© destinĂ© Ă une utilisation massive, typiquement liĂ© au phĂ©nomĂšne de prĂȘt-Ă -porter contractuel.
- Contrat sur mesure : Contrat négocié librement, adapté à des besoins précis et généralement plus coûteux et complexe.
- Contrat dâaffaire : Contrat qui formalise souvent une relation commerciale durable et sert Ă anticiper la gestion des risques.
đ Points essentiels
- La distinction entre contrats spĂ©ciaux tient Ă la qualitĂ© des contractants, notamment selon quâils agissent en professionnels ou Ă titre particulier.
- La protection de la partie faible sâexplique par la dĂ©pendance, la domination et le dĂ©sĂ©quilibre du rapport de force, renforcĂ©s par la massification et lâanonymisation.
- Le droit contemporain multiplie des rÚgles dérogatoires fondées sur la protection de la partie faible, ce qui perturbe les classifications traditionnelles des contrats spéciaux.
- En droit de la consommation, lâĂ©lĂ©ment central est lâidentification dâun consommateur et dâun professionnel, sans prise en compte de la qualitĂ© rĂ©elle des contractants au-delĂ de cette qualification.
- Le prĂȘt-Ă -porter contractuel correspond Ă des formules pour une utilisation massive et renvoie aux contrats dâadhĂ©sion.
- Le contrat sur mesure est en principe librement nĂ©gociĂ© et devient plus frĂ©quent quand les besoins sont rares, prĂ©cis et lâenjeu financier Ă©levĂ©, avec une complexitĂ© maximale dans les relations dâaffaires.
đĄ Astuce mĂ©mo
Partie faible â protection; prĂȘt-Ă -porter â adhĂ©sion; sur mesure â nĂ©gociation; affaire â durĂ©e â risques.
đ 4. Sous-spĂ©cialisation des contrats de baux
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Contrats de production et de distribution : Contrats professionnels nés de la révolution industrielle, organisant sur le long terme la création des biens puis leur écoulement vers la consommation.
- Contrats relationnels : Contrats de durĂ©e qui structurent un projet commun sur la vie du contrat, avec une forte attention aux clauses pour gĂ©rer lâincertitude.
- Contrat cadre : ModÚle de distribution fondé sur une organisation contractuelle générale qui encadre les opérations successives entre producteurs et distributeurs.
- Contrat de reprĂ©sentation : ModĂšle de distribution oĂč un reprĂ©sentant agit pour organiser lâĂ©coulement des produits, en reliant producteur et consommateur via un intermĂ©diaire.
- Producteur (dĂ©finition Capitant) : Professionnel qui, Ă titre habituel, extrait, crĂ©e, façonne ou transforme une richesse destinĂ©e Ă ĂȘtre mise sur le marchĂ©, en amont de la vente.
đ Points essentiels
- Les contrats spéciaux du Code civil ne couvrent pas toute la matiÚre contractuelle, car la liberté contractuelle a permis de nouveaux montages au XXe siÚcle.
- La production et la distribution correspondent aux deux temps forts de lâactivitĂ© Ă©conomique, la consommation Ă©tant le stade final.
- La production vise la crĂ©ation de biens, tandis que la distribution organise lâĂ©coulement des produits du producteur vers la consommation.
- Les contrats de production sont antĂ©rieurs aux ventes de produits finis, car lâindustriel fournit avant la vente du rĂ©sultat.
- Les contrats de production ne forment pas une catégorie homogÚne : on parle de plusieurs contrats de production.
- Les contrats de production sâinscrivent dans le paysage des rĂšgles de concurrence et peuvent rapprocher des entreprises via des montages contractuels ou sociĂ©taires.
đĄ Astuce mĂ©mo
Production = avant la vente ; Distribution = Ă©coulement vers la consommation ; Relationnel = long terme + clauses contre lâincertitude.
đ 5. Articulation droit commun et droit spĂ©cial
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Informations industrielles : Les informations industrielles sont des Ă©lĂ©ments immatĂ©riels qui constituent un actif de lâentreprise et peuvent ĂȘtre valorisĂ©s via des opĂ©rations contractuelles.
- Biens incorporels : Les biens incorporels sont des droits ou savoirs non matĂ©riels (ex. brevets, marques, signes distinctifs, savoir-faire) susceptibles dâĂȘtre exploitĂ©s contractuellement.
- Contrat de recherche : Le contrat de recherche est un accord par lequel une entreprise réalise un programme de recherche selon un cahier des charges.
- Clause de répartition des résultats : La clause de répartition des résultats organise, en cas de recherche en commun, la façon dont chaque partie exploite les résultats obtenus.
- Entente : Une entente est une pratique anticoncurrentielle collective fondée sur la concertation entre entreprises pour fausser la concurrence.
đ Points essentiels
- Les informations industrielles deviennent des actifs patrimoniaux et des objets dâopĂ©rations contractuelles pour lâentreprise.
- Les informations industrielles recouvrent notamment brevets, marques, signes distinctifs et savoir-faire, tous qualifiés de biens incorporels.
- Dans le contrat de recherche, lâobjet est la rĂ©alisation dâun programme de recherche conforme aux spĂ©cifications du cahier des charges.
- Si le contrat vise la remise des rĂ©sultats au donneur dâordre, la propriĂ©tĂ© des rĂ©sultats et le dĂ©pĂŽt du brevet peuvent ĂȘtre prĂ©vus au nom du donneur dâordre.
- En recherche en commun, le contrat doit prĂ©voir une clause de rĂ©partition des rĂ©sultats afin dâassurer un profit suffisant Ă chaque partie.
- La libertĂ© contractuelle sâexerce sous rĂ©serve du droit commun des contrats et du droit de la concurrence, car les parties sont des entreprises concurrentes.
đĄ Astuce mĂ©mo
Actifs immatĂ©riels â contrats ; recherche : donneur dâordre = propriĂ©tĂ©, recherche en commun = rĂ©partition.
đ 6. Contrats de production et de distribution
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RĂšglement dâexemption par catĂ©gorie : RĂšglement exĂ©cutif de la Commission qui accorde une dĂ©rogation collective aux rĂšgles de concurrence pour des contrats appartenant Ă une mĂȘme catĂ©gorie.
- Exemption collective automatique : DĂ©rogation accordĂ©e automatiquement aux accords visĂ©s par un rĂšglement dâexemption, sous rĂ©serve du respect des conditions prĂ©vues.
- Accords de recherche et de dĂ©veloppement : Accords portant sur la recherche et le dĂ©veloppement, susceptibles dâĂȘtre couverts par un rĂšglement dâexemption de la Commission.
- Clause noire : Clause interdite qui empĂȘche certaines parties dâaccĂ©der aux rĂ©sultats de la recherche, ce qui fait perdre lâexemption.
- Contrats de transfert de technologie : Contrats portant sur des informations techniques, assimilĂ©es Ă des biens incorporels, dont lâexploitation passe par des mĂ©canismes de cession ou de licence.
đ Points essentiels
- La concurrence est lâautoritĂ© de lâUE chargĂ©e de la politique de concurrence, avec des pouvoirs dâenquĂȘte et de sanction.
- Un rĂšglement dâexemption par catĂ©gorie nâest pas un acte lĂ©gislatif : câest un rĂšglement exĂ©cutif pris par la Commission europĂ©enne.
- Pour les accords de recherche et de dĂ©veloppement, le rĂšglement dâexemption du 1er juin 2023 prĂ©voit une exemption collective automatique.
- Lâexemption dĂ©pend du poids Ă©conomique : la somme des parts des entreprises parties Ă lâaccord ne doit pas dĂ©passer 25% et la dominance exclut lâexemption.
- Lâexemption dĂ©pend aussi du contenu : certaines clauses sont interdites, notamment la clause noire et la clause de concurrence post-contractuelle.
- La clause de concurrence post-contractuelle est interdite lorsquâelle sâapplique aprĂšs la fin de la relation, pour une durĂ©e limitĂ©e et sur un territoire donnĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Exemption = 25% + Contenu interdit (clause noire, post-contrat).
đ 7. Contrats de recherche et dĂ©veloppement
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Cession de brevet : Contrat par lequel le titulaire dâun brevet transfĂšre au cessionnaire la propriĂ©tĂ© du brevet, en tout ou partie, pour un territoire dĂ©terminĂ©.
- Cession totale ou partielle : ModalitĂ© de cession qui peut porter sur lâensemble des brevets dĂ©tenus ou seulement sur certains, avec possibilitĂ© de co-titularitĂ© selon lâĂ©tendue.
- Concession de brevet : Contrat par lequel le titulaire autorise un tiers à exploiter tout ou partie du brevet contre une rémunération, sans transfert de propriété.
- Licence de brevet : Contrat de coopĂ©ration oĂč le titulaire (concĂ©dant) autorise lâexploitant (licenciĂ©) Ă exploiter le brevet moyennant des redevances, souvent proportionnelles au chiffre dâaffaires.
- Clause de perfectionnement : Clause qui impose au concĂ©dant de continuer Ă amĂ©liorer lâinvention pendant lâexĂ©cution du contrat de licence.
đ Points essentiels
- La cession de brevet suppose un acte de délivrance du brevet par une autorité publique (INPI) et vise un droit protégé sur un territoire déterminé.
- En contexte international, il faut conclure autant de contrats que de territoires oĂč le brevet est protĂ©gĂ© pour transfĂ©rer ou licencier efficacement les droits.
- La cession peut porter sur tous les brevets ou seulement certains, et peut ĂȘtre totale ou partielle, avec une co-titularitĂ© possible selon la structuration.
- La cession de brevet est assimilĂ©e Ă une vente : le cĂ©dant doit dĂ©livrer le brevet en fournissant lâintĂ©gralitĂ© des titres de propriĂ©tĂ© et leurs accessoires (notamment perfectionnements et savoir-faire nĂ©cessaires).
- Le cĂ©dant vendeur garantit les vices cachĂ©s et doit protĂ©ger le cessionnaire contre lâĂ©viction, notamment en cas de revendication de paternitĂ© par des tiers.
- La concession ou licence de brevet rĂ©munĂšre lâexploitation via des redevances/royalties, le plus souvent variables et proportionnelles au chiffre dâaffaires du licenciĂ©, tout en conservant la propriĂ©tĂ© par le concĂ©dant.
đĄ Astuce mĂ©mo
Territoires = contrats multiples ; Vente = délivrance + garanties ; Licence = royalties + clauses (perfectionnement, exclusivité, assistance).
đ 8. Droit de la concurrence et ententes
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Convention de non opposition : Convention unilatĂ©rale par laquelle le titulaire dâun droit de propriĂ©tĂ© industrielle sâengage Ă ne pas agir contre le cocontractant.
- Contrat de transfert de technologie : Contrat portant sur des éléments techniques transférés, pouvant viser des droits de propriété industrielle ou des informations non appropriées.
- Savoir-faire : Ensemble dâinformations techniques, industrielles ou commerciales non immĂ©diatement accessibles au public, reposant sur un caractĂšre secret.
- Secret des affaires : RĂ©gime de protection visant Ă limiter la divulgation et la diffusion dâinformations confidentielles, notamment dans les contrats de savoir-faire.
- ExclusivitĂ© dâexploitation : MĂ©canisme contractuel permettant au licenciĂ© ou au cessionnaire dâexploiter le savoir-faire sur un territoire, conditionnĂ© par son utilitĂ©.
đ Points essentiels
- La convention de non opposition oblige le titulaire Ă sâabstenir dâactions en contrefaçon ou en concurrence dĂ©loyale contre le cocontractant.
- Dans la pratique, le cocontractant est présenté comme un concurrent qui pourrait exploiter illégitimement le brevet protégé.
- Les contrats de transfert de technologie peuvent porter sur des biens appropriés (droits de propriété industrielle) ou sur des biens non appropriés (informations techniques).
- En droit français, le savoir-faire nâest pas dĂ©fini par les textes mais la jurisprudence le rattache Ă des connaissances techniques/industrielles/commerciales non immĂ©diatement accessibles au public.
- En droit europĂ©en, la dĂ©finition du savoir-faire exige quâil soit secret, substantiel et identifiĂ©, avec des critĂšres liĂ©s Ă lâexpĂ©rience du fournisseur et Ă la description vĂ©rifiable.
- Depuis 2016, la protection du secret des affaires renforce la responsabilité civile en cas de diffusion du savoir-faire, ce qui rend ces contrats plus sensibles.
đĄ Astuce mĂ©mo
Non-opposition = Non-action : pas de contrefaçon ni de concurrence déloyale contre le cocontractant.
đ 9. Cession et licence de brevet
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Savoir-faire : Ensemble dâinformations et de connaissances techniques gardĂ©es secrĂštes, transmissibles par un contrat de communication ou de transfert.
- ExclusivitĂ© dâexploitation : Droit accordĂ© au licenciĂ© ou au cessionnaire sur un territoire, afin que le savoir-faire soit rĂ©ellement utile au producteur.
- Obligation de confidentialité : Engagement réciproque de ne pas divulguer à des tiers les informations communiquées dans le cadre du contrat de savoir-faire.
- Promesse de porte-fort : Engagement par lequel une personne garantit le fait dâun tiers, avec une responsabilitĂ© en cas dâinexĂ©cution du tiers.
- Clause de non-concurrence post-contractuelle : Clause qui interdit au licenciĂ© dâexploiter ou de concurrencer aprĂšs la fin du contrat, sous conditions de validitĂ©.
đ Points essentiels
- La transmission du savoir-faire correspond Ă lâenseignement du savoir-faire, pas seulement Ă la mise Ă disposition de moyens matĂ©riels comme des usines ou laboratoires.
- LâexclusivitĂ© dâexploitation exigĂ©e en droit europĂ©en vise un savoir-faire substantiel, significatif et utile pour le producteur, sur un territoire permettant lâutilitĂ© Ă©conomique.
- Le savoir-faire ne doit pas ĂȘtre facilement accessible Ă tous ou Ă des concurrents, car une entreprise ne paierait pas pour une information dĂ©jĂ librement exploitable.
- La confidentialité doit peser sur le titulaire et sur le destinataire, avec une obligation de ne pas divulguer les informations à des tiers.
- Quand le destinataire est une sociĂ©tĂ©, de nombreuses personnes peuvent connaĂźtre le savoir-faire, dâoĂč la pratique de faire signer un engagement de confidentialitĂ© Ă chaque interlocuteur.
- La promesse de porte-fort est dĂ©finie Ă lâarticle 1204 du Code civil comme lâengagement de promettre le fait dâun tiers par une personne porte-fort.
đĄ Astuce mĂ©mo
Savoir-faire = Secret + Utilité : exclusivité territoriale et confidentialité réciproque, puis verrouillage (porte-fort, non-concurrence).
đ 10. Savoir-faire et contrats de communication
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Accords de transfert de technologie : Accords portant sur le transfert de savoir-faire ou de technologie, notamment via des contrats de recherche et dĂ©veloppement, soumis Ă un rĂ©gime spĂ©cifique dâexemption.
- RĂšglement dâexemption par catĂ©gorie : RĂšglement qui fixe les conditions permettant Ă certains accords dâĂȘtre exemptĂ©s de sanction, sans examen au cas par cas.
- Contrats de coopĂ©ration industrielle : Contrats conclus entre deux ou plusieurs entreprises pour combiner compĂ©tences et moyens en vue dâun objectif que chacune seule ne pourrait atteindre.
- Co-traitance : Contrat de coopĂ©ration horizontale entre entreprises qui sâassocient pour rĂ©aliser un mĂȘme travail ou projet.
- Groupement momentanĂ© dâentreprises : Rassemblement dâentreprises conclu pour candidater et exĂ©cuter un marchĂ© dĂ©terminĂ©, puis cessant une fois le marchĂ© rĂ©alisĂ©.
đ Points essentiels
- Le rĂ©gime dâexemption applicable aux accords de transfert de technologie relĂšve dâun rĂšglement du 21 mars 2014.
- Lâexemption est automatique et de plein droit lorsque les conditions du rĂšglement sont remplies.
- Le rÚglement est annoncé comme expirant au 30 avril 2026, avec une procédure de révision en cours au sein de la Commission européenne.
- Le rĂšglement a une durĂ©e limitĂ©e, ce qui impose une reconduction Ă lâĂ©chĂ©ance.
- Les contrats de coopération industrielle regroupent aussi des notions proches comme co-traitance, coopération inter-entreprise ou coopération industrielle.
- Ces contrats servent Ă partager des compĂ©tences et Ă unir des moyens pour atteindre un objectif au-delĂ des capacitĂ©s humaines, techniques ou financiĂšres dâune seule entreprise.
đĄ Astuce mĂ©mo
Exemption = 21/03/2014 puis fin annoncĂ©e 30/04/2026 : automatique, donc conditions dâabord, reconduction ensuite.
đ 11. Contrats de coopĂ©ration industrielle
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Groupement dâintĂ©rĂȘt Ă©conomique (GIE) : Groupement dotĂ© dâune autonomie juridique des membres, permettant de mettre en commun des moyens et de dĂ©velopper plus efficacement lâactivitĂ© des entreprises participantes.
- ConnexitĂ© de lâobjet : Exigence de cohĂ©rence entre lâobjet du GIE et lâactivitĂ© des membres, condition de licĂ©itĂ© du groupement.
- Société de fait : Situation sociétaire créée par le comportement des parties, sans personnalité morale, que le juge peut reconnaßtre a posteriori.
- Affection societatis : ĂlĂ©ment caractĂ©ristique dâun contrat de sociĂ©tĂ©, traduisant la volontĂ© de participer Ă la vie sociale et au rĂ©sultat commun.
- ComitĂ© de coordination : Instance interne du consortium chargĂ©e dâorganiser la prĂ©paration de lâoffre, la rĂ©daction du contrat et le pilotage de lâexĂ©cution du marchĂ©.
đ Points essentiels
- Pour ĂȘtre licite, le GIE doit prĂ©senter une connexitĂ© entre son objet et lâactivitĂ© des sociĂ©tĂ©s membres.
- Le GIE ne doit pas rĂ©aliser de bĂ©nĂ©fices pour lui-mĂȘme : les gains doivent ĂȘtre rĂ©partis entre les membres.
- Le GIE nâimplique pas automatiquement la rĂ©alisation dâapports par les membres.
- Le contrat de coopĂ©ration peut ĂȘtre requalifiĂ© en sociĂ©tĂ© de fait, avec consĂ©quences juridiques tirĂ©es a posteriori lors dâun litige.
- Un contrat de sociĂ©tĂ© se caractĂ©rise notamment par des apports, lâaffectio societatis et la volontĂ© de participer aux pertes.
- ArrĂȘt du 17 novembre 1970 : un groupement de trois entreprises a Ă©tĂ© requalifiĂ© en sociĂ©tĂ© de fait car elles avaient mis en commun leur potentiel pour un marchĂ©, voulu rĂ©partir les bĂ©nĂ©fices et participer aux pertes, et,
đĄ Astuce mĂ©mo
Connexité + pas de bénéfice pour le GIE = licéité ; sinon requalification en société de fait (a posteriori).
đ 12. Consortium et joint venture
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Consortium : Groupement dâentreprises chargĂ© de prĂ©parer lâoffre, rĂ©diger le contrat et assurer le contrĂŽle de lâexĂ©cution du marchĂ© commun.
- Organes ad hoc du consortium : Structures internes créées pour exécuter les missions confiées aux membres selon leurs compétences respectives.
- Chef de file du consortium : ReprĂ©sentant dĂ©signĂ© chargĂ© de coordonner les actions des parties et dâagir au nom et pour le compte du consortium.
- Obligation de coopération : Forme renforcée de la bonne foi dans les contrats de consortium, imposant une collaboration active entre partenaires.
- Joint venture : Contrat issu de la pratique internationale permettant à des entreprises de partager compétences et moyens pour un projet dépassant leurs capacités individuelles.
đ Points essentiels
- La gestion du consortium couvre la prĂ©paration de lâoffre, la rĂ©daction du contrat et le contrĂŽle de la bonne rĂ©alisation du marchĂ© et des tĂąches prĂ©vues.
- Le consortium prĂ©voit des organes ad hoc chargĂ©s dâexĂ©cuter des missions rĂ©parties selon les compĂ©tences de chaque membre.
- La coordination peut ĂȘtre assurĂ©e par un chef de file, qui reprĂ©sente le consortium et coordonne les actions des parties.
- La bonne foi, dans les contrats de consortium, se traduit par une obligation de coopération entre partenaires.
- La coopération ne se limite pas à répartir les tùches : elle impose de coordonner et de résoudre les problÚmes communs.
- En cas de difficultĂ© dâun partenaire, le co-partenaire doit lui venir en aide pour la tĂąche quâil accomplit.
đĄ Astuce mĂ©mo
Consortium = Chef + CoopĂ©ration : on coordonne et on sâentraide, pas seulement on rĂ©partit.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2016 | Article 1105 du Code civil (réforme 2016) consacré : rÚgles générales applicables sous réserve des rÚgles particuliÚres |
| 1er juin 2023 | RĂšglement dâexemption pour les accords de recherche et de dĂ©veloppement (exemption collective automatique) |
| 21 mars 2014 | RĂšglement dâexemption par catĂ©gorie applicable aux accords de transfert de technologie |
| 30 avril 2026 | Expiration annoncĂ©e du rĂšglement dâexemption (procĂ©dure de rĂ©vision en cours) |
| 17 novembre 1970 | Requalification dâun groupement de trois entreprises en sociĂ©tĂ© de fait |
| 6 dĂ©cembre 1983 | Obligation de coopĂ©ration dans un consortium : fourniture des notices nĂ©cessaires Ă lâautre membre |
| 1204 | Article 1204 du Code civil : promesse de porte-fort (promettre le fait dâun tiers) |
đ Tableaux de synthĂšse
Articulation droit commun / droit spécial
| Niveau de rĂšgles | Contenu | Principe dâarticulation |
|---|
| Droit spĂ©cial | RĂšgles particuliĂšres Ă certains contrats | Sâapplique sous rĂ©serve des rĂšgles gĂ©nĂ©rales, sauf incompatibilitĂ© |
| Droit commun (thĂ©orie gĂ©nĂ©rale) | RĂšgles gĂ©nĂ©rales des contrats et obligations conventionnelles | Sâapplique sous rĂ©serve des rĂšgles particuliĂšres |
| Cumul | Application conjointe des deux ensembles | Cumul admis sauf incompatibilitĂ© rendant lâapplication conjointe impossible |
Contrats innomĂ©s : sources de lâencadrement
| Qualification | RĂ©gime | Source dâencadrement |
|---|
| Contrat innomé | Pas de réglementation spéciale dédiée | Droit commun des contrats + rÎle de la jurisprudence (JP) |
| Contrat nommé | Prévu et réglementé par la loi | Régime particulier défini par les dispositions propres au contrat |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre « innomé » avec « vide juridique » : il reste soumis au droit commun et souvent encadré par la jurisprudence.
- Croire que « le spécial déroge au général » signifie éviction automatique : le cours insiste sur le cumul sauf incompatibilité.
- MĂ©langer les niveaux de rĂšgles : oublier quâune situation peut exiger 3 corps (rĂšgles particuliĂšres, rĂšgles du contrat en gĂ©nĂ©ral, thĂ©orie gĂ©nĂ©rale).
- Penser que la distinction nommĂ©s/innomĂ©s a un enjeu pratique majeur aujourdâhui : le cours dit que lâenjeu est en vĂ©ritĂ© inexistant.
- Confondre prĂȘt-Ă -porter contractuel et contrat sur mesure : le premier renvoie aux contrats dâadhĂ©sion, le second est librement nĂ©gociĂ©.
- Sous-estimer la clause noire et la concurrence post-contractuelle : elles font perdre lâexemption dans les accords de recherche et de dĂ©veloppement.
- Oublier le risque de requalification en sociĂ©tĂ© de fait dans les consortiums : il dĂ©pend notamment des apports, de lâaffectio societatis et de la participation aux pertes.
â
Checklist Examen
- Expliquer la distinction droit commun / droits spéciaux et situer la structure du Code civil (titre général puis titres spéciaux).
- DĂ©finir contrat nommĂ©, contrat innomĂ© et prĂ©ciser pourquoi la qualification dâinnomĂ© est « dĂ©nuĂ©e » (JP et encadrement).
- PrĂ©senter lâarticulation droit commun / droit spĂ©cial : adage « le spĂ©cial dĂ©roge au gĂ©nĂ©ral » (art. 1105) et logique de cumul sauf incompatibilitĂ©.
- Illustrer par un exemple de cumul (bail commercial : dol du preneur) et un exemple dâincompatibilitĂ© (majoritĂ© 2/3 vs accord unanime avant immatriculation).
- MaĂźtriser la logique de sous-spĂ©cialisation : genre/espĂšce/variĂ©tĂ©s et lâidĂ©e dâun « droit des contrats trĂšs spĂ©ciaux » (ex. baux).
- Exposer la classification moderne par qualité des contractants (professionnel vs partie présumée faible) et ses effets (consommation, travail, assurances).
- Distinguer prĂȘt-Ă -porter contractuel (contrats dâadhĂ©sion) et contrat sur mesure, puis relier contrats dâaffaire Ă la durĂ©e et Ă la gestion des risques.
- Décrire les contrats de production et de distribution : production avant vente, distribution comme écoulement vers la consommation, et caractÚre relationnel/professionnel.
- Pour les contrats de recherche et dĂ©veloppement : dĂ©finir lâobjet (cahier des charges), la clause de rĂ©partition des rĂ©sultats en recherche en commun, et les contraintes concurrence (ententes, exemption).
- Pour les accords de recherche et dĂ©veloppement : rappeler le rĂšglement dâexemption (1er juin 2023), les conditions (seuil 25% + dominance) et les clauses interdites (clause noire, concurrence post-contractuelle).
- Pour les contrats de transfert de technologie : distinguer biens appropriés (cession/licence de brevet) et biens non appropriés (savoir-faire), puis exposer cession vs concession/licence (territoires, durée, royalties, c
- Pour les contrats de communication de savoir-faire : expliquer transmission comme enseignement, exclusivité territoriale utile (substantiel), confidentialité réciproque, et instruments (engagements individuels, promesse/
Create your own revision sheets
Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.
Sheet generator