Revision sheet: Organisation et droits du Conseil de l'Europe

Plan du Cours

  1. Organisation internationale et traité
  2. Conseil de l’Europe : crĂ©ation et membres
  3. ComitĂ© des ministres du Conseil de l’Europe
  4. SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Europe
  5. Autres organes du Conseil de l’Europe
  6. Coopération internationale et intégration
  7. Conventions du Conseil de l’Europe
  8. Convention europĂ©enne des droits de l’homme
  9. Droits intangibles et obligations étatiques
  10. Protocoles et contrĂŽle juridictionnel

1. Organisation internationale et traité

Notions clés & Définitions

  • Organisation internationale : Une organisation internationale est une entitĂ© créée par un traitĂ© (ou un autre instrument) et rĂ©gie par le droit international, dotĂ©e d’une personnalitĂ© juridique internationale propre.
  • Principe de spĂ©cialitĂ© : La personnalitĂ© juridique d’une organisation internationale est limitĂ©e aux fonctions prĂ©vues par son traitĂ© constitutif.
  • TraitĂ© : Un traitĂ© est un accord international conclu par Ă©crit entre États (et/ou organisations internationales) et rĂ©gi par le droit international, quelle que soit son appellation.
  • Pacta sunt servanda : Le principe de pacta sunt servanda impose aux États d’exĂ©cuter de bonne foi les obligations issues des traitĂ©s auxquels ils sont parties.

Points essentiels

  • Une organisation internationale a une personnalitĂ© juridique distincte de celle de ses États membres, mais une personnalitĂ© limitĂ©e par le principe de spĂ©cialitĂ©.
  • Les organisations internationales combinent souvent des organes dĂ©libĂ©rants (dĂ©cision) et consultatifs (avis non contraignants).
  • Un traitĂ© est un accord international rĂ©gi par le droit international, conclu par Ă©crit, et valable sous toute dĂ©nomination (traitĂ©, convention, accord, etc.).
  • Un traitĂ© produit une obligation dĂšs qu’il est en vigueur, c’est-Ă -dire valablement ratifiĂ© (et publiĂ©) par l’État concernĂ©.
  • Le principe pacta sunt servanda figure Ă  l’article 26 de la Convention de Vienne sur le droit des traitĂ©s.
  • En droit français, l’article 55 de la Constitution donne aux traitĂ©s rĂ©guliĂšrement ratifiĂ©s une autoritĂ© supĂ©rieure aux lois, reconnue notamment par les arrĂȘts Nicolo (30 octobre 1989), Jacques Vabre (24 mai 1975) et Sarran et Levacher (30 octobre 1998).

2. Conseil de l’Europe : crĂ©ation et membres

Notions clés & Définitions

  • Conseil de l’Europe : Organisation internationale dont le siĂšge est Ă  Strasbourg et qui rassemble des États d’Europe autour de valeurs communes.
  • Statut du Conseil de l’Europe : Texte fondateur adoptĂ© Ă  Londres qui crĂ©e le Conseil de l’Europe en 1949.
  • Membres du Conseil de l’Europe : États participant au Conseil de l’Europe, au nombre de 46, avec des pays europĂ©ens non membres de l’UE.

Points essentiels

  • Le Conseil de l’Europe est créé en 1949 par le Statut adoptĂ© Ă  Londres le 5 mai 1949.
  • Le Conseil de l’Europe rĂ©unit 46 États membres, dont 27 sont aussi membres de l’UE.
  • Seules la BiĂ©lorussie et la Russie ne sont pas membres du Conseil de l’Europe au regard du cours, la Russie Ă©tant exclue le 15 mars 2022.
  • La mission du Conseil de l’Europe est de promouvoir la dĂ©mocratie et de protĂ©ger les droits de l’homme ainsi que l’État de droit en Europe.

Astuce mémo

5 mai 1949 à Londres → Conseil de l’Europe (Strasbourg, 46 États).

3. ComitĂ© des ministres du Conseil de l’Europe

Notions clés & Définitions

  • ComitĂ© des ministres : Institution intergouvernementale du Conseil de l’Europe oĂč les États membres coordonnent leurs dĂ©cisions par l’action de leurs ministres compĂ©tents.
  • ComitĂ© des reprĂ©sentants permanents : Organe auxiliaire qui assiste le ComitĂ© des ministres dans son fonctionnement entre les rĂ©unions annuelles.
  • RĂ©solutions du ComitĂ© des ministres : Actes du ComitĂ© des ministres qui formulent la position officielle du Conseil de l’Europe sur une question et prĂ©cisent ou mettent en Ɠuvre le Statut.
  • Recommandations du ComitĂ© des ministres : Conclusions adressĂ©es aux gouvernements pour orienter leur action, sans caractĂšre juridiquement contraignant direct.

Points essentiels

  • Le ComitĂ© des ministres se rĂ©unit une fois par an et est assistĂ© par un ComitĂ© des reprĂ©sentants permanents.
  • Chaque État membre y siĂšge avec un reprĂ©sentant, gĂ©nĂ©ralement le ministre des Affaires Ă©trangĂšres, et la prĂ©sidence est tournante tous les 6 mois.
  • Les dĂ©cisions se prennent Ă  l’égalitĂ© des États, Ă  l’unanimitĂ© ou Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e dans certains cas restreints, notamment Ă  2/3 pour l’invitation de nouveaux États membres.
  • Le ComitĂ© peut Ă©laborer des projets de traitĂ©s et examiner, sur recommandation de l’AssemblĂ©e ou de sa propre initiative, les mesures pour atteindre les buts du Conseil de l’Europe (art. 15 a du Statut).
  • Les recommandations peuvent inviter les États Ă  informer le ComitĂ© de la suite donnĂ©e, et elles n’ont pas un caractĂšre contraignant bien qu’elles influencent les systĂšmes internes.
  • Le ComitĂ© vĂ©rifie l’exĂ©cution des arrĂȘts de la Cour EDH et peut engager une procĂ©dure en manquement, prĂ©sentĂ©e comme une pression « ultime » en cas d’échec des autres moyens. (Ex : 5 dĂ©cembre 2017 contre l’AzerbaĂŻdjan, constat de non-exĂ©cution par l’arrĂȘt en manquement du 29 mai 2019).

4. SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Europe

Notions clés & Définitions

  • SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral : Organe administratif du Conseil de l’Europe qui assure le fonctionnement courant et l’appui aux autres organes.
  • SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral : AutoritĂ© du Conseil de l’Europe destinataire des communications officielles et interlocuteur institutionnel pour certaines notifications.

Points essentiels

  • Les conclusions du ComitĂ© des Ministres sont communiquĂ©es aux États Membres par le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Europe.
  • Le retrait d’un Membre est notifiĂ© au SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral et prend effet Ă  la fin de l’annĂ©e financiĂšre selon le calendrier de notification (9 premiers mois ou 3 derniers mois).
  • La suspension de la FĂ©dĂ©ration de Russie s’est accompagnĂ©e d’une rĂ©solution CM/Res(2022)1 sur ses consĂ©quences juridiques et financiĂšres.

Astuce mémo

SG = destinataire du courrier : conclusions du Comité et notification de retrait passent par lui.

5. Autres organes du Conseil de l’Europe

Notions clés & Définitions

  • CongrĂšs des pouvoirs locaux et rĂ©gionaux : Organe du Conseil de l’Europe qui renforce la dĂ©mocratie locale et rĂ©gionale en reprĂ©sentant les collectivitĂ©s.
  • Cour europĂ©enne des droits de l’homme : Juridiction du Conseil de l’Europe chargĂ©e de contrĂŽler le respect de la Convention europĂ©enne des droits de l’homme par les États.
  • Commissaire aux droits de l’homme : AutoritĂ© indĂ©pendante du Conseil de l’Europe chargĂ©e de promouvoir et de protĂ©ger les droits de l’homme au niveau europĂ©en.
  • ConfĂ©rence des OING : Espace du Conseil de l’Europe associant des organisations non gouvernementales pour contribuer au dĂ©bat et aux activitĂ©s de l’Organisation.

Points essentiels

  • Le CongrĂšs compte 648 Ă©lus reprĂ©sentant plus de 200 000 collectivitĂ©s territoriales et comprend deux chambres : pouvoirs locaux et rĂ©gions.
  • Le CongrĂšs peut s’organiser autour de trois commissions pour Ă©laborer ses travaux et contribuer Ă  ses objectifs de dĂ©mocratie locale et rĂ©gionale.
  • La Cour europĂ©enne des droits de l’homme est composĂ©e de 46 juges, un par État, Ă©lus par l’AssemblĂ©e parlementaire Ă  partir de listes de 3 candidats par État.
  • Les juges siĂšgent Ă  titre individuel et ne reprĂ©sentent pas leur État, avec un mandat de 9 ans non renouvelable.

Astuce mémo

Cour EDH : 46 juges pour 46 États, mandat 9 ans non renouvelable.

6. Coopération internationale et intégration

Notions clés & Définitions

  • Lanceur d’alerte : Personne physique ou morale qui rĂ©vĂšle ou signale, de bonne foi, un crime, un dĂ©lit, une violation de la loi, ou une menace ou un prĂ©judice pour l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
  • IntĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : Notion qui dĂ©signe l’objectif collectif justifiant qu’un signalement vise des dangers graves pour la collectivitĂ© plutĂŽt que des intĂ©rĂȘts privĂ©s.
  • CoopĂ©ration internationale du Conseil de l’Europe : IdĂ©e selon laquelle la consolidation de la paix fondĂ©e sur la justice et la coopĂ©ration internationale relĂšve d’un intĂ©rĂȘt vital pour la sociĂ©tĂ© humaine.

Points essentiels

  • La protection du lanceur d’alerte doit couvrir ceux qui s’exposent en poursuivant un objectif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, afin de favoriser des signalements responsables.
  • Depuis les RĂ©solution 1729 (2010) et Recommandation 1916 (2010) et la Recommandation CM/Rec(2014)7, de nombreux États membres ont adoptĂ© des lois de protection des lanceurs d’alerte.
  • L’AssemblĂ©e considĂšre que des violations graves du Statut peuvent rendre une exclusion compatible avec la qualitĂ© de membre.
  • Tout État membre peut se retirer en notifiant sa dĂ©cision au SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral, avec effet Ă  la fin de l’annĂ©e financiĂšre selon que la notification intervient dans les 9 premiers mois ou les 3 derniers mois.
  • En cas de violation grave de l’article 3, un État peut d’abord ĂȘtre suspendu de son droit de reprĂ©sentation et invitĂ© Ă  se retirer, puis cesser d’appartenir au Conseil Ă  une date fixĂ©e par le ComitĂ© des Ministres.
  • En 2022, le 15 mars la FĂ©dĂ©ration de Russie informe de son retrait et de la dĂ©nonciation de la Convention EDH, puis le 16 mars le ComitĂ© des Ministres adopte une rĂ©solution d’exclusion (CM/Res(2022)2).

Astuce mémo

Bonne foi + intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral = lanceur d’alerte; et pour l’intĂ©gration, violations graves du Statut → suspension puis exclusion (2022 : 15/03 puis 16/03).

7. Conventions du Conseil de l’Europe

Notions clés & Définitions

  • Convention europĂ©enne des droits de l’homme : Convention europĂ©enne fixant un catalogue de droits protĂ©gĂ©s, complĂ©tĂ© ensuite par des protocoles et contrĂŽlĂ© par la Cour europĂ©enne des droits de l’homme.
  • Protocoles de fond : Protocoles ajoutant de nouveaux droits au catalogue de la Convention europĂ©enne des droits de l’homme, par des matiĂšres substantives.
  • Protocoles procĂ©duraux : Protocoles rĂ©glant la procĂ©dure devant la Cour, visant Ă  simplifier le traitement et Ă  rĂ©duire le nombre de requĂȘtes.

Points essentiels

  • La Convention europĂ©enne des droits de l’homme est adoptĂ©e Ă  Rome le 4 novembre 1950, avec une mise en Ɠuvre assurĂ©e par la Cour EDH.
  • Les droits conditionnels peuvent faire l’objet de dĂ©rogations (art. 15), tandis que des droits intangibles ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©rogĂ©s mĂȘme en cas de danger public menaçant la vie de la nation.
  • Les protocoles de fond ajoutent des droits, comme le Protocole additionnel du 1952 (droit Ă  l’instruction) et le Protocole 12 de 2000 (interdiction gĂ©nĂ©rale de la discrimination).
  • Les protocoles de fond sont facultatifs pour les États parties et peuvent entrer en vigueur mĂȘme si tous les États ne les ont pas ratifiĂ©s.
  • En principe, les protocoles procĂ©duraux n’entrent en vigueur que lorsque tous les États parties les ont ratifiĂ©s, mĂȘme si l’exemple du Protocole 16 montre une entrĂ©e en vigueur aprĂšs 10 ratifications.
  • Le Protocole 14 (2004) ajoute une condition de recevabilitĂ© liĂ©e au prĂ©judice important et crĂ©e notamment une procĂ©dure de manquement, tandis que le Protocole 16 (2013) permet aux plus hautes juridictions d’adresser des demandes d’avis consultatifs Ă  la Cour.

Astuce mémo

Fond = nouveaux DROITS ; Procédural = rÚgles de PROCÈDURE et filtres (recevabilité, délais).

8. Convention europĂ©enne des droits de l’homme

Notions clés & Définitions

  • Droits conditionnels : CatĂ©gorie de droits protĂ©gĂ©s par la Convention pour lesquels les États parties peuvent dĂ©roger si les circonstances le justifient, notamment pour protĂ©ger un autre droit ou l’ordre public.
  • Droits intangibles absolus : CatĂ©gorie de droits insusceptibles de dĂ©rogation, mĂȘme en cas de guerre ou de danger public menaçant la vie de la nation.
  • Obligations nĂ©gatives : Obligations qui imposent aux autoritĂ©s de s’abstenir d’interfĂ©rer injustement avec les droits garantis par la Convention.
  • Obligations positives : Obligations qui imposent aux autoritĂ©s de mettre en place des mesures effectives pour sauvegarder et garantir la jouissance des droits conventionnels.
  • Protocoles de la CEDH : Instruments additionnels Ă  la Convention, complĂ©tant le catalogue des droits ou encadrant la procĂ©dure devant la Cour selon leur nature.

Points essentiels

  • La dĂ©rogation de l’État vise des droits conditionnels dans des circonstances particuliĂšres, notamment pour protĂ©ger un autre droit, l’ordre public, ou en cas de guerre et de danger public menaçant la vie de la nation (art. 15).
  • Les droits intangibles prĂ©voient notamment le droit Ă  la vie (art. 2), l’interdiction de l’esclavage (art. 4§1), l’interdiction de la torture (art. 3) et le principe de lĂ©galitĂ© des dĂ©lits et des peines (art. 7).
  • Les obligations nĂ©gatives reposent sur la non-ingĂ©rence et s’illustrent par la libertĂ© d’expression, l’interdiction de la torture et le respect de la vie privĂ©e.
  • Les obligations positives naissent notamment de la jurisprudence de la Cour EDH Ă  partir de l’affaire Linguistique belge c. Belgique (1968) et peuvent exiger des enquĂȘtes et sanctions effectives, y compris lorsque les atteintes viennent de personnes privĂ©es.
  • Les protocoles de fond ajoutent des droits au catalogue, par exemple le Protocole n° 1 (1952) pour l’instruction (art. 2) ou le Protocole n° 12 (2000) pour l’interdiction gĂ©nĂ©rale de la discrimination (art. 1).
  • Les protocoles procĂ©duraux modifient la procĂ©dure devant la Cour (recevabilitĂ©, contrĂŽle, dĂ©lais, demandes d’avis), avec une entrĂ©e en vigueur en principe subordonnĂ©e Ă  la ratification de tous les États parties, puis une exception pour certains aspects de fonctionnement.

Astuce mémo

Art. 15 = dĂ©rogations possibles; Art. 2-3-4§1-7 = intangibles, mĂȘme en cas de danger public menaçant la vie de la nation.

9. Droits intangibles et obligations étatiques

Notions clés & Définitions

  • Traitements inhumains ou dĂ©gradants : Traitements inhumains ou dĂ©gradants : Atteintes d’une gravitĂ© suffisante pour dĂ©clencher la protection de l’article 3 de la Convention, notamment en cas de violences sexuelles.
  • Vie privĂ©e au sens de l’article 8 : Vie privĂ©e au sens de l’article 8 : Notion qui inclut des aspects essentiels touchĂ©s par des agressions sexuelles, au-delĂ  de la seule sphĂšre intime.
  • Consentement libre et Ă©clairĂ© : Consentement libre et Ă©clairĂ© : CritĂšre juridique de non-consentement en matiĂšre d’actes sexuels, apprĂ©ciĂ© au regard des circonstances et non dĂ©ductible du seul silence.

Points essentiels

  • La Cour EDH considĂšre que le viol et les agressions sexuelles graves sont contraires Ă  l’article 3 et mettent aussi en jeu des aspects essentiels de la « vie privĂ©e » au sens de l’article 8.
  • Les obligations positives dĂ©coulant des articles 3 et 8 imposent Ă  l’État d’instaurer un cadre rĂ©pressif protĂ©geant contre les actes sexuels non consentis et de le mettre effectivement en Ɠuvre.
  • Dans l’affaire E.A. (viol/ agression sexuelle), la Cour retient une violation des articles 3 et 8 faute de cadre juridique adĂ©quat Ă  la date des faits et de dĂ©faillances lors de sa mise en Ɠuvre.
  • Depuis la loi n°2025-1057 du 6 novembre 2025, l’agression sexuelle/viol est dĂ©finie comme un acte sexuel non consenti, avec un consentement libre et Ă©clairĂ©, spĂ©cifique, prĂ©alable et rĂ©vocable, apprĂ©ciĂ© au regard des circonstances.
  • Dans Ukraine c. Russie (CrimĂ©e) du 25 juin 2024, la Cour conclut Ă  un ensemble ou systĂšme de violations et souligne l’absence apparente d’enquĂȘte effective et l’application gĂ©nĂ©rale insuffisante des mesures Ă  toutes les personnes concernĂ©es.

Astuce mémo

Articles 3 & 8 = devoirs positifs : cadre + application effective ; sans enquĂȘte effective = violation.

10. Protocoles et contrĂŽle juridictionnel

Notions clés & Définitions

  • Ensemble ou systĂšme de violations : En droit de la CEDH, c’est l’idĂ©e que des faits nombreux et liĂ©s peuvent former une pratique d’ensemble caractĂ©risant une violation rĂ©pĂ©tĂ©e et structurĂ©e.
  • EnquĂȘte effective : C’est l’exigence d’une enquĂȘte suffisamment sĂ©rieuse et aboutie pour Ă©tablir les faits et y rĂ©pondre, faute de quoi la CEDH peut dĂ©duire une tolĂ©rance institutionnelle.
  • Droit d’accĂšs au juge : C’est la possibilitĂ©, garantie par la Convention, de saisir un tribunal et d’obtenir un examen rĂ©el des griefs, sans rejets procĂ©duraux qui vident le droit de sa substance.
  • Recours effectif : C’est un mĂ©canisme permettant de contester utilement une violation allĂ©guĂ©e et d’obtenir un examen et une rĂ©paration appropriĂ©s au regard de la Convention.

Points essentiels

  • La Cour ordonne Ă  la Russie de prendre sans dĂ©lai des mesures pour assurer le retour en sĂ©curitĂ© des prisonniers transfĂ©rĂ©s de la CrimĂ©e vers des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires en FĂ©dĂ©ration de Russie.
  • La Cour conclut au-delĂ  de tout doute raisonnable que les faits, nombreux et liĂ©s, forment un ensemble ou systĂšme de violations, notamment grĂące Ă  des rapports d’organisations intergouvernementales et non gouvernementales corroborĂ©s par d’autres Ă©lĂ©ments.
  • Le dĂ©faut d’enquĂȘte effective et/ou l’application gĂ©nĂ©rale des mesures Ă  toutes les personnes concernĂ©es peut montrer que les pratiques ont Ă©tĂ© officiellement tolĂ©rĂ©es par les autoritĂ©s russes.
  • La Cour rattache les faits au plein exercice du droit russe en CrimĂ©e et juge la situation contraire au droit international humanitaire, qui oblige Ă  respecter les lois en vigueur sur un territoire occupĂ©, ici le droit ukrainien prĂ©existant.
  • Dans l’affaire Verein Klimaseniorinnen, la Cour constate une violation des articles 8 et 13, et retient aussi une violation de l’article 6§1 en raison du rejet des actions sans examen du fond des griefs.
  • La Cour admet que l’accĂšs au juge et le recours effectif (articles 6 et 13) peuvent ĂȘtre compromis en droit interne par l’incompĂ©tence ou l’irrecevabilitĂ©, empĂȘchant d’engager la responsabilitĂ© ou d’obtenir des injonctions.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
19 septembre 1946Discours de Zurich de Winston Churchill
7/10 mai 1948CongrĂšs pour la paix Ă  La Haye
5 mai 1949TraitĂ© de Londres crĂ©ant le Conseil de l’Europe
4 novembre 1950Adoption de la Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertĂ©s fondamentales
23 mai 1969Convention de Vienne sur le droit des traités, définition du traité
31/01/2020Date liĂ©e au BREXIT (27 Etats membres de l’UE dans le cours)
18 octobre 1961Adoption de la Charte sociale européenne
10 dĂ©cembre 1948DĂ©claration universelle des droits de l’homme (AGNU)

Tableaux de synthĂšse

CoopĂ©ration vs intĂ©gration (types d’organisations)

Type d’organisationVoteCaractùre des effets
Organisation de coopĂ©rationUnanimitĂ©Pas d’effets directs/primautĂ© du droit dĂ©rivĂ© ; droit dĂ©rivĂ© non dĂ©crit comme primant dans l’ordre interne
Organisation d’intĂ©grationMajoritĂ© qualifiĂ©eCaractĂšre contraignant du droit dĂ©rivĂ©, effet direct et primautĂ© dans l’ordre interne, contrĂŽle de l’application par des organes de l’organisation

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « traitĂ© » et « organisation internationale » : le traitĂ© est un accord Ă©crit rĂ©gi par le droit international, tandis qu’une organisation internationale est instituĂ©e par un traitĂ© ou autre instrument.
  2. Croire que la personnalité juridique des organisations internationales est illimitée : elle est limitée par le principe de spécialité (fonctions du traité constitutif).
  3. Oublier que, pour la valeur juridique des traitĂ©s en droit français, l’autoritĂ© supĂ©rieure s’établit « dĂšs leur publication » et sous rĂ©serve d’application par l’autre partie (art. 55).
  4. MĂ©langer les actes du ComitĂ© des ministres : une rĂ©solution formule la position officielle et met en Ɠuvre le Statut, tandis qu’une recommandation n’a pas un caractĂšre juridiquement contraignant direct.
  5. DĂ©river la logique de procĂ©dure CEDH en droit interne : l’accĂšs au juge et le recours effectif peuvent ĂȘtre compromis par l’incompĂ©tence ou l’irrecevabilitĂ©, sans empĂȘcher toute responsabilitĂ©.
  6. Confondre protocoles de fond et procéduraux : les protocoles de fond ajoutent des droits au catalogue, les procéduraux modifient la procédure devant la Cour (recevabilité, délais, manquement, avis consultatifs).
  7. Se tromper sur les droits intangibles : ils ne font pas l’objet de dĂ©rogations mĂȘme en cas de guerre ou de danger public menaçant la vie de la nation (ex. art. 2, art. 3, art. 4§1, art. 7).

Checklist Examen

  1. Définir une organisation internationale et en donner 3 caractéristiques (traité/instrument, personnalité juridique internationale propre, principe de spécialité).
  2. Définir un traité (accord international par écrit, entre Etats et/ou OI, régi par le droit international, quelle que soit sa dénomination) et expliquer quand il produit une obligation (entrée en vigueur : ratification + publication dans le cours).
  3. Expliquer le lien traité/hiérarchie des normes en droit français : art. 55, pacta sunt servanda (art. 26 CVDT), et la supériorité sur les lois illustrée par Nicolo, Jacques Vabre, Sarran et Levacher.
  4. PrĂ©senter le Conseil de l’Europe : crĂ©ation en 1949 (TraitĂ© de Londres), siĂšge Ă  Strasbourg, 46 Etats membres, et mission (dĂ©mocratie/droits de l’homme/Etat de droit).
  5. Distinguer Comité des ministres, Assemblée parlementaire et Secrétariat général : rÎle, composition générale (ministres/siÚges), et canal de communication (Secrétaire général).
  6. MaĂźtriser les actes du ComitĂ© des ministres : rĂ©solutions vs recommandations (caractĂšre contraignant direct), et les attributions (Ă©laboration de traitĂ©s, recommandations, exĂ©cution des arrĂȘts EDH, procĂ©dure de manquement).
  7. ConnaĂźtre les rĂšgles d’intĂ©gration/sanction dans le Conseil de l’Europe : retrait (art. 7) et suspension/exclusion en cas de violation grave de l’art. 3 (art. 8), avec l’exemple chronologique 2022 (15/03 puis 16/03).
  8. Savoir dĂ©crire la Cour EDH : 46 juges Ă©lus par l’AssemblĂ©e Ă  partir de listes de 3, mandat de 9 ans non renouvelable, indĂ©pendance (pas de reprĂ©sentation de l’Etat).
  9. Expliquer l’architecture CEDH : droits conditionnels vs intangibles, obligations nĂ©gatives vs positives, et les protocoles (fond vs procĂ©duraux, logique d’entrĂ©e en vigueur et exemples P1 1952 / P12 2000 / P14 2004 / P16 2013).
  10. PrĂ©senter les mĂ©canismes de protection sous les articles 3 et 8 (cadre juridique + application effective ; enquĂȘte effective) et illustrer par l’approche « ensemble ou systĂšme » dans l’affaire Ukraine c. Russie (CrimĂ©e) et l’accĂšs au juge/recours effectif dans Verein Klimaseniorinnen.
  11. Comparer « organisation de coopĂ©ration » et « organisation d’intĂ©gration » Ă  partir des critĂšres du cours (vote, caractĂšre du droit dĂ©rivĂ©, effet direct/primautĂ©, contrĂŽle).

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1. Quelle caractĂ©ristique distingue une organisation internationale d’un simple accord entre États ?

2. Que signifie le principe de spécialité appliqué à une organisation internationale ?

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Organisation internationale — dĂ©finition ?

EntitĂ© créée par un traitĂ©, dotĂ©e d’une personnalitĂ© juridique propre.

Principe de spĂ©cialitĂ© — rĂŽle ?

Limite la personnalité juridique aux fonctions prévues par le traité.

TraitĂ© — dĂ©finition ?

Accord international Ă©crit entre États ou organisations, rĂ©gi par le droit international.

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