đ Plan du Cours
- Mesures alternatives aux poursuites et conditions dâapplication
- Abrogation de la loi pĂ©nale et effets sur lâaction publique et civile
- Amnistie et ses diffĂ©rentes formes comme cause dâextinction de lâaction publique
- Causes dâextinction liĂ©es aux parties : mort du mis en cause et retrait de plainte
- Causes dâextinction liĂ©es aux autoritĂ©s publiques : transaction, composition pĂ©nale et amende forfaitaire dĂ©lictuelle
- Effets de la chose jugĂ©e et principe non bis in idem sur lâextinction de lâaction publique
- Prescription de lâaction publique : fondements et principes gĂ©nĂ©raux
- Durée et classification des délais de prescription selon la nature des infractions
- Calcul du délai de prescription : point de départ, report et situations particuliÚres
- Prorogation du délai de prescription : interruption et actes interruptifs
- Spécificités de la prescription pour infractions commises sur mineurs et infractions clandestines
- Introduction à la procédure pénale et protection des droits fondamentaux
đ 1. Mesures alternatives aux poursuites et conditions dâapplication
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Exceptions : Situations dans lesquelles certaines rĂšgles ou procĂ©dures ne sâappliquent pas, notamment lorsque la dĂ©tention provisoire est en cause, si le prĂ©venu demande une formation collĂ©giale, ou si la complexitĂ© des faits ou la gravitĂ© de la peine le justifie.
- La mĂ©diation pĂ©nale : ProcĂ©dure alternative aux poursuites qui se rĂ©alise Ă la demande ou avec lâaccord de la victime, visant Ă rĂ©gler le conflit entre lâauteur des faits et la victime sans engager de poursuites, sauf en cas de violences au sein du couple.
- Rappel Ă la loi : Mesure alternative aux poursuites possible lorsque lâauteur reconnaĂźt les faits, nâa pas Ă©tĂ© condamnĂ© rĂ©cemment, et si la mesure peut assurer la rĂ©paration du dommage, mettre fin au trouble ou contribuer au reclassement de lâauteur.
- Alternatives aux poursuites : Aujourdâhui troisiĂšme choix consistant en des alternatives aux poursuites retrouvĂ©s Ă lâarticle 40-1 CPP.
đ Points essentiels
- La mesure doit apparaĂźtre au procureur comme susceptible dâassurer la rĂ©paration du dommage, de mettre fin au trouble ou de contribuer au reclassement de lâauteur.
- Lâorientation vers une structure sanitaire, sociale ou professionnelle implique un stage ou une formation Ă la charge de lâauteur.
- La mĂ©diation pĂ©nale nĂ©cessite la demande ou lâaccord de la victime et vise Ă rĂ©gler le conflit hors poursuites.
-
- Lâorientation de lâauteur des faits vers une structure sanitaire sociale ou professionnelle => accomplissement Ă sa charge dâun stage dâune formation dans un service ou un organisme.
đĄ Ă retenir
Les mesures alternatives, comme la médiation ou le rappel à la loi, visent à concilier réparation, prévention et désengorgement judiciaire en étant strictement encadrées.
đ 2. Abrogation de la loi pĂ©nale et effets sur lâaction publique et civile
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Action publique : Suivre son cours et elle appartient aux juges qui vont dĂ©cider ou pas dâarrĂȘter le procĂšs pĂ©nal.
- Action civile : En revanche pour lâaction civile il doit attendre que le juge pĂ©nal ai statuĂ©.
đ Points essentiels
- Lâabrogation de la loi pĂ©nale supprime rĂ©troactivement lâĂ©lĂ©ment lĂ©gal de lâinfraction, ce qui Ă©teint lâaction publique.
- Le juge doit constater lâextinction de lâaction publique et prononcer la relaxe ou lâacquittement si la loi est abrogĂ©e en cours de procĂšs.
- Lâabrogation entraĂźne Ă©galement lâextinction de lâaction civile accessoire Ă lâaction publique, sauf si une dĂ©cision au fond a dĂ©jĂ Ă©tĂ© rendue.
- La Cour de cassation autorise la poursuite de lâaction civile si une dĂ©cision au fond a Ă©tĂ© rendue avant lâabrogation.
- Pour ce qui est de lâaction civile, elle ne pourra plus ĂȘtre exercĂ©e devant les juridictions rĂ©pressives sauf si on a dĂ©jĂ eu une dĂ©cision sur le fond.
- Cela ne vau que si aucune dĂ©cision au fond nâest intervenu avant que le texte soit abrogĂ© sinon la Cour de cass considĂšre que le juge rĂ©pressif peut continuer Ă connaitre de lâaction civile car premiĂšre dĂ©cision au fond.
đĄ Ă retenir
Lâabrogation de la loi pĂ©nale Ă©teint rĂ©troactivement lâaction publique et lâaction civile accessoire, assurant la protection des droits fondamentaux.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Amnistie : Est aussi visĂ©e par lâarticle 6, elle rĂ©sulte dâune loi qui vient faire perdre aux faits leur caractĂšre dĂ©lictueux.
- Extinction de lâaction publique : Le pouvoir exercĂ© par le ministĂšre public de mettre en mouvement les poursuites pĂ©nales contre une infraction.
đ Points essentiels
- Lâamnistie est une loi spĂ©cifique qui fait perdre rĂ©troactivement aux faits leur caractĂšre dĂ©lictueux, obligeant la cessation des poursuites.
- Elle fonctionne comme une abrogation en privant les faits de leur caractĂšre pĂ©nal, mais rĂ©sulte dâune loi particuliĂšre.
- Elle oblige les juges à mettre fin aux poursuites engagées en considérant les faits comme non délictueux.
- Lâamnistie a un effet rĂ©troactif qui efface les consĂ©quences pĂ©nales des faits, constituant une fiction juridique.
đĄ Ă retenir
Lâamnistie est un mĂ©canisme lĂ©gislatif rĂ©troactif qui Ă©teint lâaction publique en privant les faits de leur caractĂšre dĂ©lictueux par une fiction juridique.
đ 4. Causes dâextinction liĂ©es aux parties : mort du mis en cause et retrait de plainte
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Mort du mis en cause : La cessation de vie du prĂ©venu entraĂźne l'arrĂȘt de l'action publique Ă son encontre, indĂ©pendamment de la gravitĂ© de l'infraction.
- Cause dâextinction : Un Ă©vĂ©nement ou une condition qui met fin Ă l'action publique engagĂ©e contre une personne.
- Extinction de lâaction : Section III - Lâextinction de lâaction civile 3 causes dâextinctions : - La rĂ©paration - Le renoncement par la victime de son droit a
đ Points essentiels
- La mort du mis en cause Ă©teint lâaction publique Ă son Ă©gard, quel que soit le degrĂ© de gravitĂ© de lâinfraction.
- La responsabilitĂ© pĂ©nale ne se transmet pas aux hĂ©ritiers, mais lâaction en rĂ©paration est transmissible.
- Le retrait de plainte Ă©teint lâaction publique uniquement lorsque la loi en fait une condition nĂ©cessaire Ă la poursuite.
- Le retrait de plainte concerne la victime et peut empĂȘcher lâengagement des poursuites si la loi lâexige.
đĄ Ă retenir
La disparition du mis en cause ou la volontĂ© de la victime influencent directement lâextinction de lâaction publique selon les conditions lĂ©gales spĂ©cifiques.
đ 5. Causes dâextinction liĂ©es aux autoritĂ©s publiques : transaction, composition pĂ©nale et amende forfaitaire dĂ©lictuelle
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Transaction pénale : Accord entre la personne poursuivie et une autorité habilitée, prévu par la loi, qui éteint l'action publique lorsque la loi le prévoit.
- Amende forfaitaire délictuelle : Sanction prévue par la loi pour certains délits, dont le paiement éteint l'action publique, avec un plafond fixé à 3000 euros.
- Composition pénale : Procédure permettant d'éteindre l'action publique avant son exercice, avec intervention du juge pour validation, visant à sanctionner la personne impliquée tout en assurant la réparation du préjudice.
- AutoritĂ©s publiques : §3 - Lâextinction liĂ©e aux autoritĂ©s publiques Ces causes renvoient Ă des mĂ©canismes particuliers mis en place par les autoritĂ©s publiques afin dâapporter une rĂ©ponse pĂ©nale plus rapide et dâĂ©viter de saisir une juridiction de jugement.
đ Points essentiels
- Le procureur ne peut transiger avec l'auteur des faits sauf disposition légale spécifique, mais certains maires peuvent transiger pour certaines contraventions constatées par la police municipale en cas de préjudice à la commune.
- L'amende forfaitaire délictuelle éteint l'action publique par son paiement, limitée à 3000 euros, et concerne certains délits selon la loi.
- Article 33 CPP. Le procureur reprĂ©sente les intĂ©rĂȘts de la sociĂ©tĂ© et il peut donc se prononcer oralement en faveur dâune relaxe ou autre. - Le PG ne peut pas se substituer au PDLR => si un PDLR refuse de poursuivre quand bien mĂȘme il en aurait reçus lâinstruction par le PG, le PG ne va pas pouvoir poursuivre Ă sa place sauf en demandant Ă un autre procureur de poursuivre. Page sur36 55 Colyne Canard ProcĂ©dure pĂ©nale L3 2025-2026 B - Le rĂŽle du ministĂšre public Il a un double rĂŽle consistant dâabord et avant tout Ă reprĂ©senter la sociĂ©tĂ©, câest le PDLR qui reprĂ©sente7 le ministĂšre public (art 39 CPP). Ă ce titre, le procureur dĂ©clenche lâaction publique et lâexerce. Dans lâexercice de lâaction publique lâidĂ©e est que le parquet est prĂ©sent tout au long du procĂšs pĂ©nal, câest pour cette raison quâil est irrĂ©cusable. En revanche si le ministĂšre public exerce lâaction publique il nâen dispose pas. Cela signifie que en principe il ne va pas pouvoir transiger avec lâauteur des faits. Et en principe le ministĂšre public ne peut pas se dĂ©sister et renoncer Ă ĂȘtre prĂ©sent au procĂšs pĂ©nal. En dĂ©lenchant lâaction publique il devient demandeur Ă lâaction publique consistant au second rĂŽle, câest aussi une partie publique au procĂšs pĂ©nal. §2 - Les fonctionnaires dĂ©signĂ©s par la loi On est dans des hypothĂšses limitatives donc dans une compĂ©tence spĂ©ciale, il faut que la loi donne cette
- La composition pĂ©nale InstituĂ©e par la loi du 23 juin 1999 Ă lâart 41-2, elle ne peut ĂȘtre proposĂ©e que si lâaction publique nâa pas encore Ă©tĂ© exercĂ©e et câest une alternative qui a une visĂ©e punitive car la composition pĂ©nale va tendre Ă sanctionner la personne impliquĂ©e et parce quâon a cette visĂ©e le lĂ©gislateur a du prĂ©voir lâintervention du juge pour la valider.
đĄ Ă retenir
L'amende forfaitaire délictuelle éteint l'action publique par son paiement, limitée à 3000 euros, et concerne certains délits selon la loi.
đ 6. Effets de la chose jugĂ©e et principe non bis in idem sur lâextinction de lâaction publique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Principe non bis in idem : Principe juridique qui interdit de poursuivre ou punir une personne deux fois pour les mĂȘmes faits, assurant la sĂ©curitĂ© juridique et la protection contre les poursuites multiples.
- Action publique : Procédure engagée par le ministÚre public pour poursuivre une infraction pénale devant une juridiction.
đ Points essentiels
- La chose jugĂ©e pĂ©nale empĂȘche la rĂ©ouverture dâune action publique dĂ©jĂ jugĂ©e sur le fond, garantissant la stabilitĂ© des dĂ©cisions.
- Ces principes sâappliquent strictement pour Ă©viter la rĂ©pĂ©tition des procĂšs et protĂ©ger les droits de la dĂ©fense.
- §4 - Lâextinction liĂ©e Ă une dĂ©cision dĂ©finitive Cette idĂ©e exprimĂ©e par lâarticle 6 alinĂ©a 1 qui indique que lâaction publique sâĂ©teint par la chose jugĂ©e.
- Pour ce qui est de lâaction civile, elle ne pourra plus ĂȘtre exercĂ©e devant les juridictions rĂ©pressives sauf si on a dĂ©jĂ eu une dĂ©cision sur le fond.
đĄ Ă retenir
La chose jugée et le principe non bis in idem protÚgent contre la double poursuite et assurent la stabilité des décisions pénales.
đ 7. Prescription de lâaction publique : fondements et principes gĂ©nĂ©raux
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Prescription de lâaction publique : Ăteinte, la victime ne perd pas son droit Ă rĂ©paration et peut toujours obtenir rĂ©paration dĂšs lors que lâaction civile est toujours ouverte.
đ Points essentiels
- La prescription repose sur un fondement de paix sociale et dâintĂ©rĂȘt Ă ne pas poursuivre indĂ©finiment, car engager un procĂšs longtemps aprĂšs la commission de lâinfraction peut causer plus de torts quâil nâen Ă©vite.
- Elle traduit lâidĂ©e que lâopinion publique oublie le trouble causĂ© par lâinfraction avec le temps, justifiant la limitation dans la durĂ©e des poursuites.
- La prescription nâest pas universelle, notamment absente dans les systĂšmes de Common Law, mais elle vise Ă limiter les poursuites Ă un dĂ©lai raisonnable pour protĂ©ger les droits des individus.
- Art 7 dernier alinĂ©a CPP. - La nĂ©gligence de la partie poursuivante lui fait perdre son droit dâagir aux termes dâun certain dĂ©lai : si le ministĂšre public ne fait pas ce quâil faut au bon moment alors la prescription serait un moyen de sanctionner lâinertie de lâautoritĂ© publique. Ce fondement comprend que si la partie poursuivante sâest montrĂ©e diligente le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre prorogĂ© ce qui rendra lâaction publique toujours possible. - La prescription pourrait ĂȘtre justifiĂ©e au regard de la situation de lâauteur des faits : poursuivre lâauteur dâune infraction longtemps aprĂšs les faits pourrait sâapparenter Ă un systĂšme de double peine. - La preuve qui est rĂ©coltĂ©e trĂšs longtemps aprĂšs les faits soit va ĂȘtre impossible Ă rĂ©colter soit elle sera peu fiable en raison de lâĂ©coulement du temps qui va faire craindre un risque dâerreur. Les procĂšs de la science remettent en question cet argument car elles permettent dâexploiter des preuves anciennes de maniĂšre suffisamment fiable. MalgrĂ© cette pluralitĂ© de fondements, on constate que ce mĂ©canisme est malmenĂ© Ă la fois par le lĂ©gislateur et Ă la fois par la jurisprudence. Quasiment Ă chaque fois, lâobjectif est de faire en sorte que la prescription de lâaction publique intervienne de plus en plus tard. Notamment le cas avec la derniĂšre grande rĂ©forme de la prescription par la loi du 27 fĂ©vrier 2017 â rapport
- ArrĂȘt 9 novembre 2022 chambre crim dans sa formation plĂ©niĂšre : elle maintient sa JP constante et rappelle que si chaque acte de la procĂ©dure est rĂ©gulier il nây a pas lieu dâannuler la procĂ©dure quand bien mĂȘme on a violation du dĂ©lai raisonnable. B - Les dĂ©lais prĂ©cis Le lĂ©gislateur intervient avec des dĂ©lais prĂ©cis pour les actes et les dĂ©cisions notamment en matiĂšre dâenquĂȘte, lâenquĂȘte de flagrance ne peut excĂ©der 8 jours ou lâenquĂȘte prĂ©liminaire qui ne peut excĂ©der 2 ans. Cela a pour objectif de rĂ©duire la phase dâenquĂȘte afin dâaller plus vite. Ces diffĂ©rents dĂ©lais doivent ĂȘtres combinĂ©s avec le dĂ©lai raisonnable, on peut avoir des dĂ©lais lĂ©gaux respectĂ©s mais un dĂ©lai raisonnable dĂ©passĂ© compte tenu des faits. On assure la cĂ©lĂ©ritĂ© de 2 maniĂšre : - Par rĂ©fĂ©rence au standard du dĂ©lai raisonnable - Par rĂ©fĂ©rence a des dĂ©lais chiffrĂ©s. Section II - Les principes relatifs aux parties Cela renvoie Ă la fois au ministĂšre public et aux mis en cause (lâaccusĂ© au sens europĂ©en) et Ă©galement Ă la victime si elle est partie civile. §1 - Les droits de la dĂ©fense Il est trouvĂ© expressĂ©ment inscrit Ă lâarticle 48 de la charte des droits fondamentaux. La CEDH a dĂ©gagĂ© les droits de la dĂ©fense de lâarticle 6 depuis un arrĂȘt Artico c/Italie de 1980. Ă lâĂ©chelle nationale on lui reconnait une valeur constitutionnelle : dĂ©cision SĂ©curitĂ© et libertĂ© du 19 et 20 janvier 1981 par le CC qui
đĄ Ă retenir
La prescription de lâaction publique constitue un Ă©quilibre entre justice et paix sociale, en limitant la durĂ©e des poursuites pĂ©nales.
đ 8. DurĂ©e et classification des dĂ©lais de prescription selon la nature des infractions
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DĂ©lai de prescription : PĂ©riode aprĂšs laquelle lâaction publique ou civile ne peut plus ĂȘtre exercĂ©e, dont la durĂ©e varie selon la nature de lâinfraction.
đ Points essentiels
- Les dĂ©lais de prescription varient selon la nature de lâinfraction : un an pour les contraventions, 3 mois pour la presse, 6 mois pour les infractions Ă©lectorales, et jusquâĂ 20 ans pour certaines infractions graves comme les abus de confiance ou les infractions sexuelles sur mineurs.
- Les dĂ©lais de droit commun ont Ă©tĂ© allongĂ©s pour mieux protĂ©ger les intĂ©rĂȘts de la sociĂ©tĂ©, notamment pour les infractions graves.
- Des dĂ©lais plus longs sâappliquent par exception pour certaines infractions graves, notamment en matiĂšre de criminalitĂ© organisĂ©e ou dâabus de confiance.
đĄ Ă retenir
La durĂ©e de prescription est modulĂ©e selon la gravitĂ© de lâinfraction pour Ă©quilibrer rĂ©pression et sĂ©curitĂ© juridique.
đ 9. Calcul du dĂ©lai de prescription : point de dĂ©part, report et situations particuliĂšres
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Point de départ : On a à la fois un report du point de départ et un prolongement du délai.
đ Points essentiels
- Le dĂ©lai de prescription commence Ă courir Ă partir de la commission de lâinfraction, le jour mĂȘme nâĂ©tant pas comptĂ©.
- Pour une infraction instantanĂ©e, le point de dĂ©part est le jour de lâacte.
- Pour une infraction continue, le point de dĂ©part est le jour oĂč lâinfraction cesse.
- Pour une infraction dâhabitude, le point de dĂ©part est la date du dernier acte infractionnel.
- Le point de dĂ©part Le principe est que lâon va calculer le dĂ©lai de prescription Ă compter de la commission de lâinfraction, plus prĂ©cisĂ©ment le jour de commission de lâinfraction ne compte pas dans le dĂ©lai.
- Si lâinfraction est une infraction dâhabitude (ex : lâexercice illĂ©gal de la mĂ©decine) le point de dĂ©part sera la date de commission du dernier acte infractionnel.
đĄ Ă retenir
MaĂźtriser les rĂšgles prĂ©cises de calcul du dĂ©lai de prescription selon la nature temporelle de lâinfraction permet de dĂ©terminer correctement le point de dĂ©part et dâidentifier les situations oĂč ce point peut ĂȘtre reportĂ©.
đ 10. Prorogation du dĂ©lai de prescription : interruption et actes interruptifs
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Crim : La catĂ©gorie de juridiction pĂ©nale compĂ©tente pour juger les crimes, câest-Ă -dire les infractions les plus graves.
- Dans un dĂ©lai : DĂ©sormais cet article prĂ©voit quâil peut faire appel du jugement dans un dĂ©lai de 20 jours.
- Actes interruptifs : En faisant des actes interruptifs la partie poursuivante a eu un rÎle actif et a montré sa volonté de poursuivre.
- Délai de prescription : Les immunités parlementaires suspendent le délai de prescription, la force majeure.
- Prescription de lâaction : Lâavocat du mis en examen demande lâannulation pour prescription de lâaction publique.
đ Points essentiels
- Lâinterruption du dĂ©lai de prescription fait repartir le dĂ©lai Ă zĂ©ro Ă partir de lâacte interruptif.
- Tout acte Ă©manant du ministĂšre public ou de la partie civile tendant Ă mettre en mouvement lâaction publique interrompt la prescription.
- La partie poursuivante manifeste ainsi sa volontĂ© active de poursuivre lâinfraction.
- Art 7 dernier alinĂ©a CPP. - La nĂ©gligence de la partie poursuivante lui fait perdre son droit dâagir aux termes dâun certain dĂ©lai : si le ministĂšre public ne fait pas ce quâil faut au bon moment alors la prescription serait un moyen de sanctionner lâinertie de lâautoritĂ© publique. Ce fondement comprend que si la partie poursuivante sâest montrĂ©e diligente le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre prorogĂ© ce qui rendra lâaction publique toujours possible. - La prescription pourrait ĂȘtre justifiĂ©e au regard de la situation de lâauteur des faits : poursuivre lâauteur dâune infraction longtemps aprĂšs les faits pourrait sâapparenter Ă un systĂšme de double peine. - La preuve qui est rĂ©coltĂ©e trĂšs longtemps aprĂšs les faits soit va ĂȘtre impossible Ă rĂ©colter soit elle sera peu fiable en raison de lâĂ©coulement du temps qui va faire craindre un risque dâerreur. Les procĂšs de la science remettent en question cet argument car elles permettent dâexploiter des preuves anciennes de maniĂšre suffisamment fiable. MalgrĂ© cette pluralitĂ© de fondements, on constate que ce mĂ©canisme est malmenĂ© Ă la fois par le lĂ©gislateur et Ă la fois par la jurisprudence. Quasiment Ă chaque fois, lâobjectif est de faire en sorte que la prescription de lâaction publique intervienne de plus en plus tard. Notamment le cas avec la derniĂšre grande rĂ©forme de la prescription par la loi du 27 fĂ©vrier 2017 â rapport
-
- IdentitĂ© de cause â identitĂ© de faits (les faits sont identiques Ă ceux de la premiĂšre poursuite : on sâintĂ©resse aux faits prĂ©cis et non pas Ă leur qualification juridique) §5 - Lâextinction liĂ©e Ă lâĂ©coulement du temps (la prescription) Au bout dâun certain temps lâaction publique va sâĂ©teindre aussi visĂ©e Ă lâarticle 6 CPP et de façon gĂ©nĂ©rale on la dĂ©finit comme un mode dâextinction de lâaction publique rĂ©sultats du non exercice de celle-ci avant lâexpiration dâun dĂ©lai fixĂ© par la loi.
đĄ Ă retenir
Lâinterruption du dĂ©lai de prescription fait repartir le dĂ©lai Ă zĂ©ro Ă partir de lâacte interruptif.
đ 11. SpĂ©cificitĂ©s de la prescription pour infractions commises sur mineurs et infractions clandestines
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Infractions commises sur les mineurs : Infractions pour lesquelles le délai de prescription de l'action publique commence à courir à partir de la majorité de la victime, conformément aux articles 7 et 8 du Code de procédure pénale.
đ Points essentiels
- Les infractions commises sur mineurs bénéficient de délais de prescription plus longs, à partir de la majorité de la victime.
- Les infractions clandestines ont des rÚgles de prescription particuliÚres tenant compte de leur nature dissimulée, avec un report du point de départ.
- Ces spécificités visent à protéger les victimes vulnérables et à garantir la poursuite effective, en tenant compte des difficultés de révélation et de preuve.
- Le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre reportĂ© pour les infractions commises sur mineurs, Ă compter de leur majoritĂ©, selon les articles 7 et 8 du CPP.
- Le report du point de dĂ©part Il peut ĂȘtre reportĂ© par la loi et le lĂ©gislateur va considĂ©rer dans certaines situations quâil va commencer Ă courir plus tard notamment pour les infractions commises sur les mineurs et les infractions clandestines.
- Article 8 alinĂ©a 2 â Pour les dĂ©lits commis contre les mineurs allongements soit de 20 ans ou 10 ans selon les cas. NouveautĂ© par la loi du 21 avril 2021 â vient crĂ©er le mĂ©canisme de la prescription glissante, lâidĂ©e que si avant lâexpiration du dĂ©lai de prescription dâun premier viol, lâauteur commet un nouveau viol sur un autre mineur la prescription de la premiĂšre infraction est prolongĂ©e jusquâĂ la date de prescription de la deuxiĂšme infraction. La consĂ©quence est que si ces poursuites interviennent avant la prescription du dernier viol tous les actes pourront ĂȘtres jugĂ©s. LâidĂ©e est de retarder la prescription dâun viol sur mineur. Il faut que la deuxiĂšme infraction intervienne avant la fin du dĂ©lai de prescription de la premiĂšre infraction. 3. Les dĂ©lais plus courts HypothĂšses plus rares concernant des domaines prĂ©cis notamment en matiĂšre dâinfraction de presse, le dĂ©lai de prescription est de 3 mois. En matiĂšre Ă©lectorale le dĂ©lai est de 6 mois.
đĄ Ă retenir
La prescription sâadapte aux vulnĂ©rabilitĂ©s des victimes et Ă la nature dissimulĂ©e des infractions, notamment en reportant le point de dĂ©part pour les infractions sur mineurs et clandestines.
đ 12. Introduction Ă la procĂ©dure pĂ©nale et protection des droits fondamentaux
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ProcĂ©dure pĂ©nale : Des rĂšgles qui changent extrĂȘmement souvent, elles sont de plus en plus complexes.
đ Points essentiels
- La garde Ă vue doit ĂȘtre de courte durĂ©e, exceptionnelle, proportionnĂ©e Ă la gravitĂ© de lâinfraction et strictement encadrĂ©e par des rĂšgles prĂ©cises.
- Elle constitue une atteinte Ă la libertĂ© de lâindividu, nĂ©cessitant un encadrement strict pour prĂ©server lâĂ©quilibre entre rĂ©pression et libertĂ©s publiques.
- La procĂ©dure pĂ©nale Ă©tablit un Ă©quilibre entre la rĂ©pression des infractions et la protection des libertĂ©s individuelles, en respectant notamment la prĂ©somption dâinnocence.
đĄ Ă retenir
La procédure pénale garantit la protection des libertés individuelles face à la puissance publique, notamment par un encadrement strict de mesures comme la garde à vue.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2025 | Introduction à la procédure pénale et protection des droits fondamentaux |
| 2026 | Prescription de lâaction publique : fondements et principes gĂ©nĂ©raux |
| 1999 | Abrogation de la loi pĂ©nale et effets sur lâaction publique |
| 2017 | Effets de la chose jugĂ©e et principe non bis in idem sur lâextinction de lâaction publique |
| 2022 | Causes dâextinction liĂ©es aux parties : mort du mis en cause et retrait de plainte |
| 1980 | Mesures alternatives aux poursuites et conditions dâapplication |
đ Tableaux de SynthĂšse
Comparaison des causes dâextinction de lâaction publique
| Cause | Effet | Parties concernées | Condition |
|---|
| Mort du mis en cause | Extinction de lâaction publique | Mis en cause | DĂ©cĂšs du prĂ©venu |
| Retrait de plainte | Extinction de lâaction publique | Victime | Retrait volontaire de la victime |
| Amnistie | Extinction de lâaction publique | Faits dĂ©lictueux | Loi spĂ©cifique dâamnistie |
| Amende forfaitaire dĂ©lictuelle | Extinction de lâaction publique | Infractions spĂ©cifiques | Paiement de lâamende |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confusion entre amnistie et prescription, qui ont des effets différents.
- MĂ©langer causes dâextinction liĂ©es aux parties et Ă lâautoritĂ© publique.
- Confondre la portée de la chose jugée et le principe non bis in idem.
- Oublier que la prescription varie selon la nature de lâinfraction.
- Confusion entre mesures alternatives et causes dâextinction classiques.
- Ne pas distinguer lâeffet rĂ©troactif de lâamnistie de la prescription.
- Mélanger les effets de la mort du mis en cause avec ceux du retrait de plainte.
â
Checklist Examen
- Comprendre la différence entre amnistie et prescription.
- Savoir quelles causes dâextinction concernent les parties.
- Maßtriser les principes de la prescription et ses délais.
- Identifier les effets de la chose jugée et du non bis in idem.
- ConnaĂźtre les mesures alternatives et leur cadre.
- Savoir comment le retrait de plainte influence lâaction publique.
- Comprendre lâimpact de la mort du mis en cause sur lâaction publique.
- DiffĂ©rencier causes dâextinction liĂ©es aux infractions et aux parties.
- Maßtriser la procédure pénale et la protection des droits fondamentaux.
- Savoir calculer le point de départ du délai de prescription.
- Connaßtre les spécificités pour infractions sur mineurs et clandestines.
- Identifier les effets de la chose jugĂ©e sur lâaction civile.
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