đ Plan du Cours
- Justification de la liberté de concurrence
- Concurrence pure et limites empiriques
- Historique du droit de la concurrence
- Concurrence déloyale et responsabilité civile
- Dénigrement entre professionnels et publicité comparative
- Clauses de non concurrence et qualification
- Domaine des clauses de non concurrence
- Conditions de validitĂ© et intĂ©rĂȘt lĂ©gitime
- Sanctions de la violation et de lâirrĂ©gularitĂ©
- Pratiques commerciales déloyales entre entreprises
- Transparence tarifaire dans la relation commerciale
- Pratiques restrictives de concurrence et sanctions
đ 1. Justification de la libertĂ© de concurrence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit de la concurrence : Ensemble des rÚgles juridiques visant à préserver une concurrence effective et loyale entre opérateurs économiques.
- LibertĂ© de la concurrence : Principe selon lequel chaque personne peut accĂ©der librement Ă lâexploitation dâun commerce ou dâune industrie sans entraves injustifiĂ©es.
- DĂ©cret dâAllarde : Texte fondateur du libĂ©ralisme Ă©conomique consacrant la libertĂ© dâexploiter le commerce ou lâindustrie de son choix.
- Droit antitrust : Branche du droit de la concurrence apparue aux Ătats-Unis pour lutter contre les ententes et les abus de monopole.
- Art. 101 TFUE : Dispositif du droit de lâUnion interdisant les ententes susceptibles dâempĂȘcher, restreindre ou fausser la concurrence.
đ Points essentiels
- La concurrence est justifiĂ©e par lâidĂ©e que la rivalitĂ© pousse les acteurs Ă amĂ©liorer la qualitĂ© et Ă baisser les prix pour attirer la clientĂšle.
- Le « dommage concurrentiel » nâest en principe pas rĂ©parable au titre de la responsabilitĂ© civile, sauf hypothĂšses particuliĂšres liĂ©es Ă une faute ou Ă des clauses rĂ©munĂ©rĂ©es.
- La concurrence « pure et parfaite » nâexiste pas en pratique car le marchĂ© nâest ni atomistique, ni parfaitement transparent, ni composĂ© de produits parfaitement substituables.
- La contestabilité du marché suppose une entrée et une sortie faciles et libres, ce qui renvoie à des mécanismes de régulation des accÚs (ex. DMA).
- En rĂ©alitĂ©, le jeu concurrentiel peut conduire Ă la disparition dâacteurs via rachat, abus de position dominante ou ententes, dâoĂč la distinction entre protection de la concurrence et protection des concurrents.
- Aux Ătats-Unis, le Sherman Antitrust Act du 2 juillet 1890 prohibe les ententes et la monopolisation, avec sanction de dĂ©mantĂšlement (ex. Standard Oil).
đĄ Astuce mĂ©mo
DĂ©cret dâAllarde = libertĂ© dâexploiter ; Sherman 2/07/1890 = anti-ententes/anti-monopole ; concurrence = amĂ©liore qualitĂ© + baisse prix.
đ 2. Concurrence pure et limites empiriques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Comité de la concurrence : Institution française chargée de la régulation de la concurrence, créée dans le cadre de la mise en place du contrÎle des pratiques.
- AutoritĂ© de la concurrence : AutoritĂ© administrative indĂ©pendante issue de lâĂ©volution du ComitĂ© de la concurrence, dotĂ©e de compĂ©tences de contrĂŽle et de fonctions contentieuses.
- Transparence tarifaire : Exigence de transparence issue du droit européen, notamment appliquée aux éléments tarifaires pour encadrer la concurrence.
- Abus de dĂ©pendance Ă©conomique : Interdiction en droit français visant lâexploitation dâune situation de dĂ©pendance Ă©conomique dâun partenaire.
- Principe de territorialitĂ© : RĂšgle selon laquelle le droit de la concurrence sâapplique lorsque des pratiques anticoncurrentielles produisent des effets sur un territoire donnĂ©.
đ Points essentiels
- La crĂ©ation du ComitĂ© de la concurrence sâinscrit dans la structuration du contrĂŽle des pratiques et du marchĂ©, avec des sanctions prĂ©vues.
- Les sanctions en matiÚre de concurrence sont civiles et administratives, et ne relÚvent pas du pénal.
- Le principe de transparence provient du droit de lâUnion europĂ©enne, avec un accent notamment sur la dimension tarifaire.
- En France, lâabus de dĂ©pendance Ă©conomique est interdit, et lâordonnance du 18 septembre 2000 lâabroge avant intĂ©gration du contenu au Livre IV du Code de commerce.
- LâĂ©volution institutionnelle passe par la loi Vallon (1987) et la loi de modernisation de lâĂ©conomie, puis le ComitĂ© devient lâAutoritĂ© de la concurrence.
- Le droit de la concurrence sâapplique en fonction des effets territoriaux des pratiques, indĂ©pendamment de la nationalitĂ© des entreprises concernĂ©es.
đĄ Astuce mĂ©mo
Effets dâabord : nationalitĂ© â compĂ©tence, câest le territoire touchĂ© qui compte.
đ 3. Historique du droit de la concurrence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ADLC : AutoritĂ© administrative chargĂ©e de lâapplication du droit de la concurrence, dont les dĂ©cisions peuvent faire lâobjet de recours.
- Juridictions spĂ©cialisĂ©es de la concurrence : Tribunaux compĂ©tents pour connaĂźtre des litiges liĂ©s Ă lâapplication des rĂšgles de concurrence et aux pratiques restrictives.
- Ententes : Pratique concurrentielle prohibée consistant en des accords ou coordinations entre entreprises.
- Abus de position dominante : Comportement dâune entreprise disposant dâun pouvoir de marchĂ© lui permettant de restreindre la concurrence.
- Abus de dĂ©pendance Ă©conomique : Situation oĂč une entreprise impose Ă un partenaire des conditions abusives en raison de sa dĂ©pendance.
đ Points essentiels
- Seule lâADLC peut ĂȘtre attaquĂ©e par des recours, et un pourvoi en cassation est aussi possible devant la chambre compĂ©tente de la Cour de cassation de la CDC.
- Les juridictions spĂ©cialisĂ©es ont une compĂ©tence exclusive pour les litiges dâapplication des rĂšgles de concurrence (art L420-1 et s. CCom) et des pratiques restrictives.
- Ces juridictions sont aussi compétentes pour les demandes de décisions liées à certaines infractions concurrentielles : ententes, abus de position dominante et abus de dépendance économique.
- La rupture brutale des relations commerciales relÚve de la compétence des juridictions spécialisées depuis la fin des années 2000.
- Au niveau de lâordre communautaire, la Commission europĂ©enne met en Ćuvre le droit de la concurrence via la direction gĂ©nĂ©rale de la concurrence, avec pouvoirs dâenquĂȘte, de rĂ©glementation et de dĂ©cision.
- La compĂ©tence de la Commission dĂ©pend dâune affectation du commerce entre Ătats membres, câest-Ă -dire dâeffets dans lâespace de lâUnion, peu importe lâauteur des pratiques.
đĄ Astuce mĂ©mo
ADLC = recours ; UE = affectation du commerce ; Juridictions = ententes/dominance/dépendance.
đ 4. Concurrence dĂ©loyale et responsabilitĂ© civile
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DĂ©nigrement : Le dĂ©nigrement est une pratique consistant Ă jeter le discrĂ©dit sur les produits ou services dâun concurrent pour influencer le marchĂ©.
- ResponsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle : La responsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle est le mĂ©canisme qui oblige lâauteur dâun fait fautif Ă rĂ©parer le dommage causĂ© Ă autrui.
- Action en concurrence dĂ©loyale : Lâaction en concurrence dĂ©loyale est une action fondĂ©e sur la faute concurrentielle, visant la rĂ©paration du prĂ©judice et la cessation de la pratique.
- Rapport de concurrence : Le rapport de concurrence est le lien de rivalitĂ© entre lâauteur et la victime, longtemps exigĂ© avant dâĂȘtre assoupli par la jurisprudence.
- Parasitisme : Le parasitisme est une faute concurrentielle qui consiste Ă tirer profit du travail ou des investissements dâun concurrent sans contribuer Ă©quitablement.
đ Points essentiels
- Le dĂ©nigrement est une forme de concurrence dĂ©loyale prĂ©vue par le droit de la consommation, mais entre professionnels il nâexiste pas toujours de texte spĂ©cial.
- En lâabsence de texte spĂ©cial, les juges construisent lâaction sur la responsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle (art. 1240 et 1241 du code civil).
- Tout procĂ©dĂ© dĂ©loyal constitue une faute au sens de lâart. 1240 du code civil et engage la responsabilitĂ© de son auteur si un dommage est Ă©tabli.
- Lâaction en concurrence dĂ©loyale est dite « spĂ©ciale » car elle valorise progressivement la faute et le dommage, alors que le raisonnement de lâaction en responsabilitĂ© suit un chemin inverse.
- Les conditions de lâaction sont la faute, le dommage et le lien de causalitĂ© entre les deux.
đĄ Astuce mĂ©mo
Faute â dommage â causalitĂ© : la concurrence dĂ©loyale se prouve en 3 briques.
đ 5. DĂ©nigrement entre professionnels et publicitĂ© comparative
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DĂ©nigrement entre professionnels : Pratique dĂ©loyale consistant Ă porter atteinte Ă la rĂ©putation dâun concurrent par des propos ou informations dĂ©valorisants.
- Publicité comparative : Communication qui met en regard des offres de plusieurs opérateurs, avec un risque de dénigrement si la comparaison dégrade la réputation du concurrent.
- Faute et étendue du préjudice : Principe de réparation en concurrence déloyale exigeant de prouver à la fois la faute et le montant du dommage subi.
- Expert judiciaire : Personne dĂ©signĂ©e par le juge pour Ă©valuer lâĂ©tendue du prĂ©judice lorsque le dommage est difficile Ă chiffrer.
- PrĂ©somption de causalitĂ© : MĂ©canisme probatoire qui facilite lâimputation du dĂ©part de clientĂšle au comportement dĂ©loyal lorsque la preuve directe est difficile.
đ Points essentiels
- La rĂ©paration suppose de prouver la faute et aussi lâĂ©tendue du prĂ©judice, car la mise en cause ne suffit pas Ă elle seule.
- Quand le dommage est difficile Ă Ă©tablir, le juge peut ordonner une expertise judiciaire pour mesurer lâampleur du prĂ©judice.
- Certains utilisent volontairement ces procĂ©dures pour accĂ©der aux dossiers du concurrent et contourner le secret professionnel, dâoĂč lâimportance de ne transmettre Ă lâexpert que les Ă©lĂ©ments utiles Ă la comparaison.
- Le lien de causalité est présumé car plusieurs causes peuvent expliquer le départ de clientÚle, ce qui rend la preuve directe délicate.
- La prĂ©somption de causalitĂ© peut ĂȘtre renversĂ©e, ce qui conduit Ă rĂ©duire le montant des dommages si dâautres causes sont identifiĂ©es.
đĄ Astuce mĂ©mo
Faute + Chiffre + Lien : sans preuve du dommage et de son Ă©tendue, lâexpertise compense; le lien est prĂ©sumĂ© mais peut ĂȘtre cassĂ©.
đ 6. Clauses de non concurrence et qualification
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Risque de confusion : Le risque de confusion est lâhypothĂšse oĂč la clientĂšle peut croire que deux produits ou services proviennent de la mĂȘme source, rendant lâimitation illicite.
- Action en concurrence dĂ©loyale : Lâaction en concurrence dĂ©loyale vise Ă sanctionner un comportement dĂ©loyal entre concurrents, notamment quand il existe un risque de confusion.
- Contrefaçon : La contrefaçon est lâaction fondĂ©e sur lâatteinte Ă des droits de propriĂ©tĂ© intellectuelle, exigeant dâĂ©tablir lâexistence et lâactualitĂ© des DPI.
- Dénigrement : Le dénigrement est la diffusion de propos visant à discréditer un concurrent afin de détourner sa clientÚle en atteignant son image ou sa réputation.
- DĂ©sorganisation : La dĂ©sorganisation est un ensemble de manĆuvres qui perturbe gravement lâentreprise concurrente pour rĂ©cupĂ©rer sa clientĂšle.
đ Points essentiels
- Pour que lâimitation devienne illicite, la victime doit Ă©tablir un risque de confusion dans lâesprit de la clientĂšle.
- Quand il nây a pas de droits privatifs particuliers, lâaction en concurrence dĂ©loyale repose sur la preuve de la dĂ©loyautĂ©, donc du risque de confusion.
- Si des droits de propriĂ©tĂ© existent, la victime peut agir en contrefaçon en prouvant lâexistence et lâactualitĂ© des DPI.
- En matiÚre de contrefaçon, le tribunal judiciaire est compétent pour tout le litige, et non le tribunal de commerce.
- Le dénigrement suppose des propos péjoratifs visant à discréditer un concurrent, par exemple en mettant en cause sa qualité, ses méthodes ou sa solvabilité.
- La frontiĂšre avec la critique est liĂ©e Ă la libertĂ© dâexpression : les messages humoristiques, non commerciaux ou informatifs et exacts sont en principe prĂ©servĂ©s.
đĄ Astuce mĂ©mo
Confusion â clientĂšle ; DĂ©loyautĂ© â concurrence dĂ©loyale ; DPI Ă jour â contrefaçon ; DĂ©nigrement â image ; DĂ©sorganisation â entreprise.
đ 7. Domaine des clauses de non concurrence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Clause de non concurrence : Obligation contractuelle ou lĂ©gale qui interdit Ă une partie dâexercer une activitĂ© professionnelle en concurrence avec celle du cocontractant.
- Concurrence interdite : Forme de limitation contractuelle visant Ă empĂȘcher toute concurrence entre les parties, distincte de la concurrence dĂ©loyale.
- Clause de non rétablissement : Dénomination fréquente utilisée par les parties pour masquer une obligation de non concurrence que le juge peut requalifier.
- Clause de non sollicitation : Clause portant sur la captation de personnes (ex. collaborateurs) sans interdire directement lâactivitĂ© concurrente.
- Garantie dâĂ©viction dâeffet personnel : MĂ©canisme liĂ© Ă la vente qui peut conduire Ă une obligation de non concurrence dans certaines hypothĂšses prĂ©vues par le droit.
đ Points essentiels
- La clause de non concurrence peut exister dans le contrat de travail mais aussi dans dâautres conventions, y compris des contrats commerciaux.
- Le domaine est trÚs étendu, notamment dans les opérations de cession de fonds de commerce et les contrats de distribution.
- Les parties utilisent parfois des intitulés alternatifs (non rétablissement, non réembauchage, non ré affiliation) pour éviter le régime, mais le juge procÚde à la requalification.
- Ni la loi ni le juge ne sont favorables à ces clauses car elles portent atteinte à la liberté de commerce et à la liberté du travail.
- Lâorigine peut ĂȘtre lĂ©gale dans de rares contrats dĂ©terminĂ©s, mais la source principale reste le contrat, souvent pour combler un vide ou encadrer prĂ©cisĂ©ment la situation.
đĄ Astuce mĂ©mo
Requalification = « le nom ne fait pas la rĂšgle » : si lâeffet est une interdiction de concurrence, le juge lây ramĂšne.
đ 8. Conditions de validitĂ© et intĂ©rĂȘt lĂ©gitime
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Clause de non concurrence : Clause contractuelle qui limite lâactivitĂ© concurrente du dĂ©biteur pendant une pĂ©riode et/ou sur un territoire dĂ©terminĂ©s.
- Indemnité compensatrice : Contrepartie financiÚre versée au débiteur pour rendre la clause de non concurrence compatible avec les exigences jurisprudentielles.
- IntĂ©rĂȘt lĂ©gitime : Motif propre Ă lâentreprise du crĂ©ancier qui justifie lâatteinte portĂ©e Ă la libertĂ© du dĂ©biteur par une clause de non concurrence.
- Test de proportionnalitĂ© : ContrĂŽle du juge consistant Ă vĂ©rifier que la clause nâexcĂšde pas ce qui est nĂ©cessaire pour protĂ©ger lâintĂ©rĂȘt lĂ©gitime.
- Garantie dâĂ©viction : Obligation du cĂ©dant visant Ă empĂȘcher lâacquĂ©reur dâĂȘtre privĂ© de la jouissance paisible, notamment par une concurrence prohibĂ©e.
đ Points essentiels
- En droit du travail, lâabsence de clause nâempĂȘche pas lâinterdiction de concurrence pendant le temps de travail, au titre de lâexigence de bonne foi.
- Pour quâune clause de non concurrence soit valable, elle doit prĂ©voir une indemnitĂ© compensatrice, dont la jurisprudence exige quâelle ne soit pas dĂ©risoire.
- La contrepartie financiĂšre est exigĂ©e en matiĂšre de contrat de travail, mĂȘme si la doctrine propose son extension Ă dâautres contrats.
- Une clause de non sollicitation de collaborateurs nâinterdit pas la concurrence en tant que telle et nâest donc pas rĂ©munĂ©rĂ©e comme une clause de non concurrence.
- En matiĂšre de fonds de commerce, la clause de non concurrence peut ĂȘtre rattachĂ©e aux intĂ©rĂȘts du cessionnaire (Ă©lĂ©ments dâexploitation comme stock, enseigne, marque, bail).
- La garantie dâĂ©viction impose au vendeur de ne pas concurrencer lâacquĂ©reur, notamment en Ă©vitant de sâinstaller Ă proximitĂ© avec une activitĂ© similaire.
đĄ Astuce mĂ©mo
IntĂ©rĂȘt lĂ©gitime = preuve + nĂ©cessitĂ© : pas dâIL, pas de CNC ; pas de nĂ©cessitĂ©, pas de CNC.
đ 9. Sanctions de la violation et de lâirrĂ©gularitĂ©
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RĂ©fĂ©rĂ© : ProcĂ©dure dâurgence permettant au juge dâordonner des mesures provisoires en cas de violation dâune clause de non-concurrence.
- Clause de non-concurrence : Engagement contractuel imposant au débiteur de ne pas concurrencer, directement ou indirectement, une activité ou une clientÚle.
- Dommages et intĂ©rĂȘts : RĂ©paration pĂ©cuniaire due en cas de non-respect dâune obligation de ne pas faire, couvrant notamment la perte subie et les gains manquĂ©s.
- InopposabilitĂ© : Sanction permettant dâĂ©carter lâeffet de la clause Ă lâencontre de son dĂ©biteur lorsque les conditions de validitĂ© ne sont pas rĂ©unies.
- RĂ©faction de la clause : Modification judiciaire du contenu dâune clause jugĂ©e irrĂ©guliĂšre, afin dâen rĂ©duire la portĂ©e lorsque la demande Ă©mane du dĂ©biteur.
đ Points essentiels
- Le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s peut ordonner des mesures provisoires, dont lâinterdiction de poursuivre lâactivitĂ© concurrentielle fautive ou la dĂ©claration dâinopposabilitĂ© de la clause.
- Le rĂ©fĂ©rĂ© suppose lâurgence et lâabsence de contestation sĂ©rieuse, ce qui impose au demandeur de le dĂ©montrer.
- Pour qualifier la faute, le juge interprĂšte lâobligation contractuelle (souvent imprĂ©cise) afin de dĂ©terminer si le comportement relĂšve bien de lâinterdiction de non-concurrence.
- Le non-respect dâune obligation de ne pas faire se rĂ©sout en principe par lâallocation de dommages et intĂ©rĂȘts, sur le fondement de la rĂ©paration du prĂ©judice.
- Le dommage se calcule comme la perte subie et les gains manqués, et la perte de clientÚle peut servir de base lorsque la clientÚle a été détournée.
- LâexĂ©cution en nature (cessation de lâactivitĂ©) peut ĂȘtre ordonnĂ©e lorsque la clause est jugĂ©e valable, sauf hypothĂšse renvoyĂ©e Ă un autre cours.
đĄ Astuce mĂ©mo
Violation = faute â D&I; IrrĂ©gularitĂ© = juge â rĂ©faction/inopposabilitĂ© (avec urgence au rĂ©fĂ©rĂ©).
đ 10. Pratiques commerciales dĂ©loyales entre entreprises
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Protection contre les pratiques commerciales déloyales : Régime juridique visant des pratiques entre entreprises interdites car déloyales, distinct des actions en concurrence déloyale et des pratiques anticoncurrentielles.
- Partie la moins puissante : Principe de protection de la partie économiquement la plus faible dans la relation commerciale, notamment au titre des articles L442-1 et suivants du Code de commerce.
- Transparence tarifaire : Exigence de communication et de clartĂ© sur les conditions et montants tarifaires lors des nĂ©gociations et pendant lâexĂ©cution des contrats commerciaux.
- CGV : Conditions gĂ©nĂ©rales de vente qui doivent contenir les Ă©lĂ©ments dĂ©terminant le prix, ĂȘtre communiquĂ©es et respecter des dĂ©lais et sanctions prĂ©vus par le Code de commerce.
- PĂ©nalitĂ©s logistiques : Sanctions que le distributeur peut infliger au fournisseur en cas dâinexĂ©cution dâobligations logistiques, encadrĂ©es par des rĂšgles de proportion et de plafond.
đ Points essentiels
- Ces pratiques visent des relations transparentes et loyales entre professionnels et protĂšgent la partie la moins puissante (C. com., L442-1 et s.).
- Le régime prévoit des sanctions administratives, civiles et parfois pénales selon les manquements.
- Lâordonnance du 24 avril 2019 a cherchĂ© Ă simplifier le texte et Ă supprimer des pratiques peu invoquĂ©es, mais a aussi créé de nouvelles pratiques commerciales dĂ©loyales.
- La transparence tarifaire sâimpose lors des nĂ©gociations commerciales (C. com., L441-1 et s.) et pendant lâexĂ©cution du contrat (C. com., L441-9).
- Les CGV doivent contenir lâintĂ©gralitĂ© des Ă©lĂ©ments permettant de dĂ©terminer le prix et ĂȘtre envoyĂ©es chaque annĂ©e avant le 1er mars dans un dĂ©lai raisonnable.
- AprĂšs rĂ©ception des CGV, le distributeur dispose dâun dĂ©lai raisonnable pour notifier son refus ou son acceptation des CGV (C. com., L441-1).
đĄ Astuce mĂ©mo
Transparence = CGV avant 1er mars + facture Ă la livraison : si ça manque, lâamende tombe.
đ 11. Transparence tarifaire dans la relation commerciale
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ResponsabilitĂ© civile L442-4 Ccom : La responsabilitĂ© civile peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de non-respect des obligations prĂ©vues par le rĂ©gime des pratiques commerciales dĂ©loyales, avec exposition Ă une amende civile.
- Pratiques restrictives de concurrence : Les pratiques restrictives de concurrence sont des comportements visant Ă obtenir des avantages ou imposer des conditions susceptibles dâengager la responsabilitĂ© de leurs auteurs.
- Avantage sans contrepartie ou disproportionnĂ© : La pratique consiste Ă obtenir ou tenter dâobtenir un avantage ne correspondant Ă aucune contrepartie ou manifestement disproportionnĂ© par rapport Ă la valeur de la contrepartie consentie.
- DĂ©sĂ©quilibre significatif : La pratique vise Ă soumettre ou tenter de soumettre lâautre partie Ă des obligations crĂ©ant un dĂ©sĂ©quilibre significatif dans les droits et obligations des parties.
- Rupture brutale de relations commerciales établies : La pratique sanctionne la rupture brutale de relations commerciales établies, notamment lorsque le préavis est insuffisant.
đ Points essentiels
- Le non-respect des obligations du régime peut engager la responsabilité civile et exposer à une amende civile (L442-4 Ccom).
- La rĂ©forme a tentĂ© de simplifier lâancien L442-6 CCom en réécrivant le texte et en dressant des listes de pratiques illicites et de clauses contractuelles interdites.
- Le champ des pratiques dĂ©loyales a Ă©tĂ© Ă©largi par la dĂ©finition de lâauteur et par la notion de victime, avec un remaniement du texte (L442-1 Ccom).
- En 2020, deux modifications interviennent : le 3 dĂ©cembre pour des pratiques visant les plateformes en ligne, puis le 7 dĂ©cembre pour remettre lâinterdiction liĂ©e aux pĂ©nalitĂ©s logistiques.
- En 2021, le rĂ©gime est complĂ©tĂ© par un renvoi aux articles L441-17 Ă 19 CCom et rĂ©introduit lâinterdiction de la discrimination abusive, puis ajoute des pratiques restrictives spĂ©cifiques Ă lâagriculture et Ă lâaliment (
- Le 30 mars 2023 qualifie notamment comme pratiques restrictives de concurrence les pénalités logistiques et le fait de ne pas avoir mené de BF aux négociations commerciales.
đĄ Astuce mĂ©mo
''Avantage/Disproportion = A-D ; Déséquilibre = D ; Rupture = R (préavis insuffisant)''
đ 12. Pratiques restrictives de concurrence et sanctions
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DĂ©sĂ©quilibre significatif : Le dĂ©sĂ©quilibre significatif est lâĂ©tat contractuel apprĂ©ciĂ© globalement par le juge pour dĂ©terminer si une partie impose Ă lâautre des conditions manifestement dĂ©favorables.
- Rupture brutale de relations commerciales Ă©tablies : La rupture brutale de relations commerciales Ă©tablies dĂ©signe la fin dâune relation commerciale sans prĂ©avis suffisant, malgrĂ© lâexistence dâune relation durable.
- Revente hors rĂ©seau : La revente hors rĂ©seau correspond Ă la commercialisation de produits en violation dâun rĂ©seau de distribution sĂ©lective, engageant la responsabilitĂ© du participant Ă la violation.
- Clauses noires : Les clauses noires sont des clauses prohibées par le droit commercial qui sont déclarées nulles de plein droit.
- Action en responsabilitĂ© dĂ©lictuelle : Lâaction en responsabilitĂ© dĂ©lictuelle permet Ă la victime de demander rĂ©paration en prouvant faute, prĂ©judice et lien de causalitĂ©.
đ Points essentiels
- Le juge rĂ©alise une analyse globale du contrat pour rechercher lâexistence dâun dĂ©sĂ©quilibre significatif, en intĂ©grant aussi les clauses purement financiĂšres.
- Les clauses financiĂšres entrent dans lâapprĂ©ciation du dĂ©sĂ©quilibre, mais cela nâimplique pas un contrĂŽle du prix de la prestation par le juge.
- La rupture brutale des relations commerciales Ă©tablies est prohibĂ©e par lâarticle L442-2 II du code de commerce.
- La responsabilitĂ© ne peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de prĂ©avis que si le prĂ©avis est insuffisant au regard de la nature et de la durĂ©e des relations.
- Une rupture est qualifiĂ©e de brutale notamment sans notification avec prĂ©avis, ou lorsquâelle est totale/partielle, ou encore lorsquâelle rĂ©sulte dâune diminution drastique des commandes.
- MĂȘme sans prĂ©avis, une faute peut ĂȘtre invoquĂ©e par la victime, et la pratique retient souvent un repĂšre de 18 mois pour apprĂ©cier la suffisance du prĂ©avis.
đĄ Astuce mĂ©mo
DS = Analyse globale (y compris financier) mais pas contrÎle du prix ; Rupture = préavis suffisant (sinon faute).
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 18Ăšme s. | DĂ©veloppement de la libertĂ© de la concurrence sous lâimpulsion du libĂ©ralisme Ă©conomique |
| 2 juillet 1890 | Sherman Antitrust Act : prohibition des ententes et des abus de monopolisation |
| 1 déc. 1986 | Ordonnance relative à la liberté des prix et de la concurrence (droit moderne) |
đ Tableaux de synthĂšse
Concurrence dĂ©loyale : conditions dâaction
| ĂlĂ©ment | Ce quâil faut Ă©tablir | RĂŽle de la JP |
|---|
| Faute | Comportement contraire aux usages professionnels | Comportement déloyal requis, intentionnel ou non |
| PrĂ©judice | Trouble commercial et perte dâune clientĂšle (Ă©tendue Ă chiffrer) | PrĂ©somption de prĂ©judice par la faute, mais preuve de lâĂ©tendue |
| Lien de causalité | Imputation du départ de clientÚle au comportement | Présomption de causalité, renversable |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre protection du marchĂ© et protection des concurrents : la concurrence dĂ©loyale vise la victime, pas la rĂ©paration du âdommage concurrentielâ au sens large.
- Croire que le dommage concurrentiel est toujours rĂ©parable en responsabilitĂ© civile : le cours indique quâil ne lâest pas en principe, sauf hypothĂšses (faute, dĂ©nigrement, clause de non-concurrence rĂ©munĂ©rĂ©e, etc.).
- Penser que lâaction en concurrence dĂ©loyale exige un rapport de concurrence : lâarrĂȘt du 20 nov 2007 supprime cette condition (il suffit de faits fautifs gĂ©nĂ©rateurs dâun prĂ©judice).
- MĂ©langer dĂ©nigrement et critique : les messages humoristiques/non commerciaux/informatifs et exacts sont en principe prĂ©servĂ©s par la libertĂ© dâexpression.
- Oublier que lâimitation illicite suppose un risque de confusion dans lâesprit de la clientĂšle : sans confusion, lâaction fondĂ©e sur la concurrence dĂ©loyale est fragilisĂ©e.
- Confondre clause de non concurrence et concurrence dĂ©loyale : la clause relĂšve dâune limitation contractuelle (avec intĂ©rĂȘt lĂ©gitime, proportionnalitĂ©, indemnitĂ© en travail), alors que la concurrence dĂ©loyale sanctionne
- Croire que le juge âcontrĂŽle le prixâ dans le dĂ©sĂ©quilibre significatif : le cours prĂ©cise que lâanalyse globale nâimplique pas un contrĂŽle du prix de la prestation.
â
Checklist Examen
- Définir le droit de la concurrence et la liberté de la concurrence, puis expliquer pourquoi la rivalité pousse à améliorer qualité et prix.
- Expliquer pourquoi la concurrence pure et parfaite nâexiste pas (atomistique, transparence, substituabilitĂ©, contestabilitĂ©) et ce que suppose la contestabilitĂ©.
- Citer lâorigine amĂ©ricaine du droit antitrust et rappeler le rĂŽle de la Sherman Antitrust Act (ententes/monopolisation et sanction de dĂ©mantĂšlement).
- Distinguer compĂ©tence interne et compĂ©tence UE : territorialitĂ© (effets) cĂŽtĂ© interne et critĂšre dâaffectation du commerce entre Ătats membres cĂŽtĂ© UE.
- PrĂ©senter le contentieux concurrentiel : rĂŽle de lâADLC, recours devant la CA de Paris, et compĂ©tence exclusive des juridictions spĂ©cialisĂ©es pour certaines demandes de D&I.
- Expliquer lâaction en concurrence dĂ©loyale : faute, dommage et lien de causalitĂ©, et prĂ©ciser la suppression du rapport de concurrence (arrĂȘt 20 nov 2007).
- MaĂźtriser les 4 catĂ©gories de fautes concurrentielles (imitation, dĂ©nigrement, dĂ©sorganisation, parasitisme) et leurs logiques gĂ©nĂ©rales (ex. risque de confusion, propos pĂ©joratifs, secret/ fichiers, sâimmiscer dans le s
- Expliquer la prĂ©somption de prĂ©judice et la nĂ©cessitĂ© de prouver lâĂ©tendue, ainsi que la prĂ©somption de causalitĂ© et sa possibilitĂ© de renversement.
- Qualifier lâimitation : objet imitĂ© (signes, prestations, prĂ©sentation), antĂ©rioritĂ©/ non banalitĂ©, et risque de confusion ; distinguer action concurrence dĂ©loyale vs contrefaçon (DPI existence/actualitĂ©).
- Expliquer le dĂ©nigrement : propos pĂ©joratifs, diffusion, victime identifiable, et frontiĂšre avec la critique ; rappeler lâidĂ©e de publicitĂ© comparative comme comparaison objective (loyale/vĂ©ridique).
- PrĂ©senter la dĂ©sorganisation : dĂ©bauchage fautif (avec clause/ manĆuvres) et dĂ©sorganisation par obtention irrĂ©guliĂšre dâinformations privilĂ©giĂ©es ou dĂ©tournement de fichiers.
- Expliquer le parasitisme Ă©conomique : sâimmiscer dans le sillage sans dĂ©penser, concurrence parasitaire vs agissements parasitaires (ex. prestige).
- Définir la clause de non concurrence et distinguer concurrence interdite vs concurrence déloyale ; rappeler la requalification par le juge des intitulés alternatifs.
- Donner les conditions de validitĂ© : intĂ©rĂȘt lĂ©gitime (indispensable/protection de lâentreprise), limites dans le temps/espace/objet, et test de proportionnalitĂ© (nĂ©cessitĂ©/ adĂ©quation).
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