Revision sheet: Principes et pratiques de la concurrence

Plan du Cours

  1. Justification de la liberté de concurrence
  2. Concurrence pure et limites empiriques
  3. Historique du droit de la concurrence
  4. Concurrence déloyale et responsabilité civile
  5. Dénigrement entre professionnels et publicité comparative
  6. Clauses de non concurrence et qualification
  7. Domaine des clauses de non concurrence
  8. Conditions de validitĂ© et intĂ©rĂȘt lĂ©gitime
  9. Sanctions de la violation et de l’irrĂ©gularitĂ©
  10. Pratiques commerciales déloyales entre entreprises
  11. Transparence tarifaire dans la relation commerciale
  12. Pratiques restrictives de concurrence et sanctions

1. Justification de la liberté de concurrence

Notions clés & Définitions

  • Droit de la concurrence : Ensemble des rĂšgles juridiques visant Ă  prĂ©server une concurrence effective et loyale entre opĂ©rateurs Ă©conomiques.
  • LibertĂ© de la concurrence : Principe selon lequel chaque personne peut accĂ©der librement Ă  l’exploitation d’un commerce ou d’une industrie sans entraves injustifiĂ©es.
  • DĂ©cret d’Allarde : Texte fondateur du libĂ©ralisme Ă©conomique consacrant la libertĂ© d’exploiter le commerce ou l’industrie de son choix.
  • Droit antitrust : Branche du droit de la concurrence apparue aux États-Unis pour lutter contre les ententes et les abus de monopole.
  • Art. 101 TFUE : Dispositif du droit de l’Union interdisant les ententes susceptibles d’empĂȘcher, restreindre ou fausser la concurrence.

Points essentiels

  • La concurrence est justifiĂ©e par l’idĂ©e que la rivalitĂ© pousse les acteurs Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© et Ă  baisser les prix pour attirer la clientĂšle.
  • Le « dommage concurrentiel » n’est en principe pas rĂ©parable au titre de la responsabilitĂ© civile, sauf hypothĂšses particuliĂšres liĂ©es Ă  une faute ou Ă  des clauses rĂ©munĂ©rĂ©es.
  • La concurrence « pure et parfaite » n’existe pas en pratique car le marchĂ© n’est ni atomistique, ni parfaitement transparent, ni composĂ© de produits parfaitement substituables.
  • La contestabilitĂ© du marchĂ© suppose une entrĂ©e et une sortie faciles et libres, ce qui renvoie Ă  des mĂ©canismes de rĂ©gulation des accĂšs (ex. DMA).
  • En rĂ©alitĂ©, le jeu concurrentiel peut conduire Ă  la disparition d’acteurs via rachat, abus de position dominante ou ententes, d’oĂč la distinction entre protection de la concurrence et protection des concurrents.
  • Aux États-Unis, le Sherman Antitrust Act du 2 juillet 1890 prohibe les ententes et la monopolisation, avec sanction de dĂ©mantĂšlement (ex. Standard Oil).

Astuce mémo

DĂ©cret d’Allarde = libertĂ© d’exploiter ; Sherman 2/07/1890 = anti-ententes/anti-monopole ; concurrence = amĂ©liore qualitĂ© + baisse prix.

2. Concurrence pure et limites empiriques

Notions clés & Définitions

  • ComitĂ© de la concurrence : Institution française chargĂ©e de la rĂ©gulation de la concurrence, créée dans le cadre de la mise en place du contrĂŽle des pratiques.
  • AutoritĂ© de la concurrence : AutoritĂ© administrative indĂ©pendante issue de l’évolution du ComitĂ© de la concurrence, dotĂ©e de compĂ©tences de contrĂŽle et de fonctions contentieuses.
  • Transparence tarifaire : Exigence de transparence issue du droit europĂ©en, notamment appliquĂ©e aux Ă©lĂ©ments tarifaires pour encadrer la concurrence.
  • Abus de dĂ©pendance Ă©conomique : Interdiction en droit français visant l’exploitation d’une situation de dĂ©pendance Ă©conomique d’un partenaire.
  • Principe de territorialitĂ© : RĂšgle selon laquelle le droit de la concurrence s’applique lorsque des pratiques anticoncurrentielles produisent des effets sur un territoire donnĂ©.

Points essentiels

  • La crĂ©ation du ComitĂ© de la concurrence s’inscrit dans la structuration du contrĂŽle des pratiques et du marchĂ©, avec des sanctions prĂ©vues.
  • Les sanctions en matiĂšre de concurrence sont civiles et administratives, et ne relĂšvent pas du pĂ©nal.
  • Le principe de transparence provient du droit de l’Union europĂ©enne, avec un accent notamment sur la dimension tarifaire.
  • En France, l’abus de dĂ©pendance Ă©conomique est interdit, et l’ordonnance du 18 septembre 2000 l’abroge avant intĂ©gration du contenu au Livre IV du Code de commerce.
  • L’évolution institutionnelle passe par la loi Vallon (1987) et la loi de modernisation de l’économie, puis le ComitĂ© devient l’AutoritĂ© de la concurrence.
  • Le droit de la concurrence s’applique en fonction des effets territoriaux des pratiques, indĂ©pendamment de la nationalitĂ© des entreprises concernĂ©es.

Astuce mémo

Effets d’abord : nationalitĂ© ≠ compĂ©tence, c’est le territoire touchĂ© qui compte.

3. Historique du droit de la concurrence

Notions clés & Définitions

  • ADLC : AutoritĂ© administrative chargĂ©e de l’application du droit de la concurrence, dont les dĂ©cisions peuvent faire l’objet de recours.
  • Juridictions spĂ©cialisĂ©es de la concurrence : Tribunaux compĂ©tents pour connaĂźtre des litiges liĂ©s Ă  l’application des rĂšgles de concurrence et aux pratiques restrictives.
  • Ententes : Pratique concurrentielle prohibĂ©e consistant en des accords ou coordinations entre entreprises.
  • Abus de position dominante : Comportement d’une entreprise disposant d’un pouvoir de marchĂ© lui permettant de restreindre la concurrence.
  • Abus de dĂ©pendance Ă©conomique : Situation oĂč une entreprise impose Ă  un partenaire des conditions abusives en raison de sa dĂ©pendance.

Points essentiels

  • Seule l’ADLC peut ĂȘtre attaquĂ©e par des recours, et un pourvoi en cassation est aussi possible devant la chambre compĂ©tente de la Cour de cassation de la CDC.
  • Les juridictions spĂ©cialisĂ©es ont une compĂ©tence exclusive pour les litiges d’application des rĂšgles de concurrence (art L420-1 et s. CCom) et des pratiques restrictives.
  • Ces juridictions sont aussi compĂ©tentes pour les demandes de dĂ©cisions liĂ©es Ă  certaines infractions concurrentielles : ententes, abus de position dominante et abus de dĂ©pendance Ă©conomique.
  • La rupture brutale des relations commerciales relĂšve de la compĂ©tence des juridictions spĂ©cialisĂ©es depuis la fin des annĂ©es 2000.
  • Au niveau de l’ordre communautaire, la Commission europĂ©enne met en Ɠuvre le droit de la concurrence via la direction gĂ©nĂ©rale de la concurrence, avec pouvoirs d’enquĂȘte, de rĂ©glementation et de dĂ©cision.
  • La compĂ©tence de la Commission dĂ©pend d’une affectation du commerce entre États membres, c’est-Ă -dire d’effets dans l’espace de l’Union, peu importe l’auteur des pratiques.

Astuce mémo

ADLC = recours ; UE = affectation du commerce ; Juridictions = ententes/dominance/dépendance.

4. Concurrence déloyale et responsabilité civile

Notions clés & Définitions

  • DĂ©nigrement : Le dĂ©nigrement est une pratique consistant Ă  jeter le discrĂ©dit sur les produits ou services d’un concurrent pour influencer le marchĂ©.
  • ResponsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle : La responsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle est le mĂ©canisme qui oblige l’auteur d’un fait fautif Ă  rĂ©parer le dommage causĂ© Ă  autrui.
  • Action en concurrence dĂ©loyale : L’action en concurrence dĂ©loyale est une action fondĂ©e sur la faute concurrentielle, visant la rĂ©paration du prĂ©judice et la cessation de la pratique.
  • Rapport de concurrence : Le rapport de concurrence est le lien de rivalitĂ© entre l’auteur et la victime, longtemps exigĂ© avant d’ĂȘtre assoupli par la jurisprudence.
  • Parasitisme : Le parasitisme est une faute concurrentielle qui consiste Ă  tirer profit du travail ou des investissements d’un concurrent sans contribuer Ă©quitablement.

Points essentiels

  • Le dĂ©nigrement est une forme de concurrence dĂ©loyale prĂ©vue par le droit de la consommation, mais entre professionnels il n’existe pas toujours de texte spĂ©cial.
  • En l’absence de texte spĂ©cial, les juges construisent l’action sur la responsabilitĂ© civile dĂ©lictuelle (art. 1240 et 1241 du code civil).
  • Tout procĂ©dĂ© dĂ©loyal constitue une faute au sens de l’art. 1240 du code civil et engage la responsabilitĂ© de son auteur si un dommage est Ă©tabli.
  • L’action en concurrence dĂ©loyale est dite « spĂ©ciale » car elle valorise progressivement la faute et le dommage, alors que le raisonnement de l’action en responsabilitĂ© suit un chemin inverse.
  • Les conditions de l’action sont la faute, le dommage et le lien de causalitĂ© entre les deux.

Astuce mémo

Faute → dommage → causalitĂ© : la concurrence dĂ©loyale se prouve en 3 briques.

5. Dénigrement entre professionnels et publicité comparative

Notions clés & Définitions

  • DĂ©nigrement entre professionnels : Pratique dĂ©loyale consistant Ă  porter atteinte Ă  la rĂ©putation d’un concurrent par des propos ou informations dĂ©valorisants.
  • PublicitĂ© comparative : Communication qui met en regard des offres de plusieurs opĂ©rateurs, avec un risque de dĂ©nigrement si la comparaison dĂ©grade la rĂ©putation du concurrent.
  • Faute et Ă©tendue du prĂ©judice : Principe de rĂ©paration en concurrence dĂ©loyale exigeant de prouver Ă  la fois la faute et le montant du dommage subi.
  • Expert judiciaire : Personne dĂ©signĂ©e par le juge pour Ă©valuer l’étendue du prĂ©judice lorsque le dommage est difficile Ă  chiffrer.
  • PrĂ©somption de causalitĂ© : MĂ©canisme probatoire qui facilite l’imputation du dĂ©part de clientĂšle au comportement dĂ©loyal lorsque la preuve directe est difficile.

Points essentiels

  • La rĂ©paration suppose de prouver la faute et aussi l’étendue du prĂ©judice, car la mise en cause ne suffit pas Ă  elle seule.
  • Quand le dommage est difficile Ă  Ă©tablir, le juge peut ordonner une expertise judiciaire pour mesurer l’ampleur du prĂ©judice.
  • Certains utilisent volontairement ces procĂ©dures pour accĂ©der aux dossiers du concurrent et contourner le secret professionnel, d’oĂč l’importance de ne transmettre Ă  l’expert que les Ă©lĂ©ments utiles Ă  la comparaison.
  • Le lien de causalitĂ© est prĂ©sumĂ© car plusieurs causes peuvent expliquer le dĂ©part de clientĂšle, ce qui rend la preuve directe dĂ©licate.
  • La prĂ©somption de causalitĂ© peut ĂȘtre renversĂ©e, ce qui conduit Ă  rĂ©duire le montant des dommages si d’autres causes sont identifiĂ©es.

Astuce mémo

Faute + Chiffre + Lien : sans preuve du dommage et de son Ă©tendue, l’expertise compense; le lien est prĂ©sumĂ© mais peut ĂȘtre cassĂ©.

6. Clauses de non concurrence et qualification

Notions clés & Définitions

  • Risque de confusion : Le risque de confusion est l’hypothĂšse oĂč la clientĂšle peut croire que deux produits ou services proviennent de la mĂȘme source, rendant l’imitation illicite.
  • Action en concurrence dĂ©loyale : L’action en concurrence dĂ©loyale vise Ă  sanctionner un comportement dĂ©loyal entre concurrents, notamment quand il existe un risque de confusion.
  • Contrefaçon : La contrefaçon est l’action fondĂ©e sur l’atteinte Ă  des droits de propriĂ©tĂ© intellectuelle, exigeant d’établir l’existence et l’actualitĂ© des DPI.
  • DĂ©nigrement : Le dĂ©nigrement est la diffusion de propos visant Ă  discrĂ©diter un concurrent afin de dĂ©tourner sa clientĂšle en atteignant son image ou sa rĂ©putation.
  • DĂ©sorganisation : La dĂ©sorganisation est un ensemble de manƓuvres qui perturbe gravement l’entreprise concurrente pour rĂ©cupĂ©rer sa clientĂšle.

Points essentiels

  • Pour que l’imitation devienne illicite, la victime doit Ă©tablir un risque de confusion dans l’esprit de la clientĂšle.
  • Quand il n’y a pas de droits privatifs particuliers, l’action en concurrence dĂ©loyale repose sur la preuve de la dĂ©loyautĂ©, donc du risque de confusion.
  • Si des droits de propriĂ©tĂ© existent, la victime peut agir en contrefaçon en prouvant l’existence et l’actualitĂ© des DPI.
  • En matiĂšre de contrefaçon, le tribunal judiciaire est compĂ©tent pour tout le litige, et non le tribunal de commerce.
  • Le dĂ©nigrement suppose des propos pĂ©joratifs visant Ă  discrĂ©diter un concurrent, par exemple en mettant en cause sa qualitĂ©, ses mĂ©thodes ou sa solvabilitĂ©.
  • La frontiĂšre avec la critique est liĂ©e Ă  la libertĂ© d’expression : les messages humoristiques, non commerciaux ou informatifs et exacts sont en principe prĂ©servĂ©s.

Astuce mémo

Confusion → clientĂšle ; DĂ©loyautĂ© → concurrence dĂ©loyale ; DPI Ă  jour → contrefaçon ; DĂ©nigrement → image ; DĂ©sorganisation → entreprise.

7. Domaine des clauses de non concurrence

Notions clés & Définitions

  • Clause de non concurrence : Obligation contractuelle ou lĂ©gale qui interdit Ă  une partie d’exercer une activitĂ© professionnelle en concurrence avec celle du cocontractant.
  • Concurrence interdite : Forme de limitation contractuelle visant Ă  empĂȘcher toute concurrence entre les parties, distincte de la concurrence dĂ©loyale.
  • Clause de non rĂ©tablissement : DĂ©nomination frĂ©quente utilisĂ©e par les parties pour masquer une obligation de non concurrence que le juge peut requalifier.
  • Clause de non sollicitation : Clause portant sur la captation de personnes (ex. collaborateurs) sans interdire directement l’activitĂ© concurrente.
  • Garantie d’éviction d’effet personnel : MĂ©canisme liĂ© Ă  la vente qui peut conduire Ă  une obligation de non concurrence dans certaines hypothĂšses prĂ©vues par le droit.

Points essentiels

  • La clause de non concurrence peut exister dans le contrat de travail mais aussi dans d’autres conventions, y compris des contrats commerciaux.
  • Le domaine est trĂšs Ă©tendu, notamment dans les opĂ©rations de cession de fonds de commerce et les contrats de distribution.
  • Les parties utilisent parfois des intitulĂ©s alternatifs (non rĂ©tablissement, non rĂ©embauchage, non rĂ© affiliation) pour Ă©viter le rĂ©gime, mais le juge procĂšde Ă  la requalification.
  • Ni la loi ni le juge ne sont favorables Ă  ces clauses car elles portent atteinte Ă  la libertĂ© de commerce et Ă  la libertĂ© du travail.
  • L’origine peut ĂȘtre lĂ©gale dans de rares contrats dĂ©terminĂ©s, mais la source principale reste le contrat, souvent pour combler un vide ou encadrer prĂ©cisĂ©ment la situation.

Astuce mémo

Requalification = « le nom ne fait pas la rĂšgle » : si l’effet est une interdiction de concurrence, le juge l’y ramĂšne.

8. Conditions de validitĂ© et intĂ©rĂȘt lĂ©gitime

Notions clés & Définitions

  • Clause de non concurrence : Clause contractuelle qui limite l’activitĂ© concurrente du dĂ©biteur pendant une pĂ©riode et/ou sur un territoire dĂ©terminĂ©s.
  • IndemnitĂ© compensatrice : Contrepartie financiĂšre versĂ©e au dĂ©biteur pour rendre la clause de non concurrence compatible avec les exigences jurisprudentielles.
  • IntĂ©rĂȘt lĂ©gitime : Motif propre Ă  l’entreprise du crĂ©ancier qui justifie l’atteinte portĂ©e Ă  la libertĂ© du dĂ©biteur par une clause de non concurrence.
  • Test de proportionnalitĂ© : ContrĂŽle du juge consistant Ă  vĂ©rifier que la clause n’excĂšde pas ce qui est nĂ©cessaire pour protĂ©ger l’intĂ©rĂȘt lĂ©gitime.
  • Garantie d’éviction : Obligation du cĂ©dant visant Ă  empĂȘcher l’acquĂ©reur d’ĂȘtre privĂ© de la jouissance paisible, notamment par une concurrence prohibĂ©e.

Points essentiels

  • En droit du travail, l’absence de clause n’empĂȘche pas l’interdiction de concurrence pendant le temps de travail, au titre de l’exigence de bonne foi.
  • Pour qu’une clause de non concurrence soit valable, elle doit prĂ©voir une indemnitĂ© compensatrice, dont la jurisprudence exige qu’elle ne soit pas dĂ©risoire.
  • La contrepartie financiĂšre est exigĂ©e en matiĂšre de contrat de travail, mĂȘme si la doctrine propose son extension Ă  d’autres contrats.
  • Une clause de non sollicitation de collaborateurs n’interdit pas la concurrence en tant que telle et n’est donc pas rĂ©munĂ©rĂ©e comme une clause de non concurrence.
  • En matiĂšre de fonds de commerce, la clause de non concurrence peut ĂȘtre rattachĂ©e aux intĂ©rĂȘts du cessionnaire (Ă©lĂ©ments d’exploitation comme stock, enseigne, marque, bail).
  • La garantie d’éviction impose au vendeur de ne pas concurrencer l’acquĂ©reur, notamment en Ă©vitant de s’installer Ă  proximitĂ© avec une activitĂ© similaire.

Astuce mémo

IntĂ©rĂȘt lĂ©gitime = preuve + nĂ©cessitĂ© : pas d’IL, pas de CNC ; pas de nĂ©cessitĂ©, pas de CNC.

9. Sanctions de la violation et de l’irrĂ©gularitĂ©

Notions clés & Définitions

  • RĂ©fĂ©rĂ© : ProcĂ©dure d’urgence permettant au juge d’ordonner des mesures provisoires en cas de violation d’une clause de non-concurrence.
  • Clause de non-concurrence : Engagement contractuel imposant au dĂ©biteur de ne pas concurrencer, directement ou indirectement, une activitĂ© ou une clientĂšle.
  • Dommages et intĂ©rĂȘts : RĂ©paration pĂ©cuniaire due en cas de non-respect d’une obligation de ne pas faire, couvrant notamment la perte subie et les gains manquĂ©s.
  • InopposabilitĂ© : Sanction permettant d’écarter l’effet de la clause Ă  l’encontre de son dĂ©biteur lorsque les conditions de validitĂ© ne sont pas rĂ©unies.
  • RĂ©faction de la clause : Modification judiciaire du contenu d’une clause jugĂ©e irrĂ©guliĂšre, afin d’en rĂ©duire la portĂ©e lorsque la demande Ă©mane du dĂ©biteur.

Points essentiels

  • Le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s peut ordonner des mesures provisoires, dont l’interdiction de poursuivre l’activitĂ© concurrentielle fautive ou la dĂ©claration d’inopposabilitĂ© de la clause.
  • Le rĂ©fĂ©rĂ© suppose l’urgence et l’absence de contestation sĂ©rieuse, ce qui impose au demandeur de le dĂ©montrer.
  • Pour qualifier la faute, le juge interprĂšte l’obligation contractuelle (souvent imprĂ©cise) afin de dĂ©terminer si le comportement relĂšve bien de l’interdiction de non-concurrence.
  • Le non-respect d’une obligation de ne pas faire se rĂ©sout en principe par l’allocation de dommages et intĂ©rĂȘts, sur le fondement de la rĂ©paration du prĂ©judice.
  • Le dommage se calcule comme la perte subie et les gains manquĂ©s, et la perte de clientĂšle peut servir de base lorsque la clientĂšle a Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©e.
  • L’exĂ©cution en nature (cessation de l’activitĂ©) peut ĂȘtre ordonnĂ©e lorsque la clause est jugĂ©e valable, sauf hypothĂšse renvoyĂ©e Ă  un autre cours.

Astuce mémo

Violation = faute → D&I; IrrĂ©gularitĂ© = juge → rĂ©faction/inopposabilitĂ© (avec urgence au rĂ©fĂ©rĂ©).

10. Pratiques commerciales déloyales entre entreprises

Notions clés & Définitions

  • Protection contre les pratiques commerciales dĂ©loyales : RĂ©gime juridique visant des pratiques entre entreprises interdites car dĂ©loyales, distinct des actions en concurrence dĂ©loyale et des pratiques anticoncurrentielles.
  • Partie la moins puissante : Principe de protection de la partie Ă©conomiquement la plus faible dans la relation commerciale, notamment au titre des articles L442-1 et suivants du Code de commerce.
  • Transparence tarifaire : Exigence de communication et de clartĂ© sur les conditions et montants tarifaires lors des nĂ©gociations et pendant l’exĂ©cution des contrats commerciaux.
  • CGV : Conditions gĂ©nĂ©rales de vente qui doivent contenir les Ă©lĂ©ments dĂ©terminant le prix, ĂȘtre communiquĂ©es et respecter des dĂ©lais et sanctions prĂ©vus par le Code de commerce.
  • PĂ©nalitĂ©s logistiques : Sanctions que le distributeur peut infliger au fournisseur en cas d’inexĂ©cution d’obligations logistiques, encadrĂ©es par des rĂšgles de proportion et de plafond.

Points essentiels

  • Ces pratiques visent des relations transparentes et loyales entre professionnels et protĂšgent la partie la moins puissante (C. com., L442-1 et s.).
  • Le rĂ©gime prĂ©voit des sanctions administratives, civiles et parfois pĂ©nales selon les manquements.
  • L’ordonnance du 24 avril 2019 a cherchĂ© Ă  simplifier le texte et Ă  supprimer des pratiques peu invoquĂ©es, mais a aussi créé de nouvelles pratiques commerciales dĂ©loyales.
  • La transparence tarifaire s’impose lors des nĂ©gociations commerciales (C. com., L441-1 et s.) et pendant l’exĂ©cution du contrat (C. com., L441-9).
  • Les CGV doivent contenir l’intĂ©gralitĂ© des Ă©lĂ©ments permettant de dĂ©terminer le prix et ĂȘtre envoyĂ©es chaque annĂ©e avant le 1er mars dans un dĂ©lai raisonnable.
  • AprĂšs rĂ©ception des CGV, le distributeur dispose d’un dĂ©lai raisonnable pour notifier son refus ou son acceptation des CGV (C. com., L441-1).

Astuce mémo

Transparence = CGV avant 1er mars + facture à la livraison : si ça manque, l’amende tombe.

11. Transparence tarifaire dans la relation commerciale

Notions clés & Définitions

  • ResponsabilitĂ© civile L442-4 Ccom : La responsabilitĂ© civile peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de non-respect des obligations prĂ©vues par le rĂ©gime des pratiques commerciales dĂ©loyales, avec exposition Ă  une amende civile.
  • Pratiques restrictives de concurrence : Les pratiques restrictives de concurrence sont des comportements visant Ă  obtenir des avantages ou imposer des conditions susceptibles d’engager la responsabilitĂ© de leurs auteurs.
  • Avantage sans contrepartie ou disproportionnĂ© : La pratique consiste Ă  obtenir ou tenter d’obtenir un avantage ne correspondant Ă  aucune contrepartie ou manifestement disproportionnĂ© par rapport Ă  la valeur de la contrepartie consentie.
  • DĂ©sĂ©quilibre significatif : La pratique vise Ă  soumettre ou tenter de soumettre l’autre partie Ă  des obligations crĂ©ant un dĂ©sĂ©quilibre significatif dans les droits et obligations des parties.
  • Rupture brutale de relations commerciales Ă©tablies : La pratique sanctionne la rupture brutale de relations commerciales Ă©tablies, notamment lorsque le prĂ©avis est insuffisant.

Points essentiels

  • Le non-respect des obligations du rĂ©gime peut engager la responsabilitĂ© civile et exposer Ă  une amende civile (L442-4 Ccom).
  • La rĂ©forme a tentĂ© de simplifier l’ancien L442-6 CCom en réécrivant le texte et en dressant des listes de pratiques illicites et de clauses contractuelles interdites.
  • Le champ des pratiques dĂ©loyales a Ă©tĂ© Ă©largi par la dĂ©finition de l’auteur et par la notion de victime, avec un remaniement du texte (L442-1 Ccom).
  • En 2020, deux modifications interviennent : le 3 dĂ©cembre pour des pratiques visant les plateformes en ligne, puis le 7 dĂ©cembre pour remettre l’interdiction liĂ©e aux pĂ©nalitĂ©s logistiques.
  • En 2021, le rĂ©gime est complĂ©tĂ© par un renvoi aux articles L441-17 Ă  19 CCom et rĂ©introduit l’interdiction de la discrimination abusive, puis ajoute des pratiques restrictives spĂ©cifiques Ă  l’agriculture et Ă  l’aliment (
  • Le 30 mars 2023 qualifie notamment comme pratiques restrictives de concurrence les pĂ©nalitĂ©s logistiques et le fait de ne pas avoir menĂ© de BF aux nĂ©gociations commerciales.

Astuce mémo

''Avantage/Disproportion = A-D ; Déséquilibre = D ; Rupture = R (préavis insuffisant)''

12. Pratiques restrictives de concurrence et sanctions

Notions clés & Définitions

  • DĂ©sĂ©quilibre significatif : Le dĂ©sĂ©quilibre significatif est l’état contractuel apprĂ©ciĂ© globalement par le juge pour dĂ©terminer si une partie impose Ă  l’autre des conditions manifestement dĂ©favorables.
  • Rupture brutale de relations commerciales Ă©tablies : La rupture brutale de relations commerciales Ă©tablies dĂ©signe la fin d’une relation commerciale sans prĂ©avis suffisant, malgrĂ© l’existence d’une relation durable.
  • Revente hors rĂ©seau : La revente hors rĂ©seau correspond Ă  la commercialisation de produits en violation d’un rĂ©seau de distribution sĂ©lective, engageant la responsabilitĂ© du participant Ă  la violation.
  • Clauses noires : Les clauses noires sont des clauses prohibĂ©es par le droit commercial qui sont dĂ©clarĂ©es nulles de plein droit.
  • Action en responsabilitĂ© dĂ©lictuelle : L’action en responsabilitĂ© dĂ©lictuelle permet Ă  la victime de demander rĂ©paration en prouvant faute, prĂ©judice et lien de causalitĂ©.

Points essentiels

  • Le juge rĂ©alise une analyse globale du contrat pour rechercher l’existence d’un dĂ©sĂ©quilibre significatif, en intĂ©grant aussi les clauses purement financiĂšres.
  • Les clauses financiĂšres entrent dans l’apprĂ©ciation du dĂ©sĂ©quilibre, mais cela n’implique pas un contrĂŽle du prix de la prestation par le juge.
  • La rupture brutale des relations commerciales Ă©tablies est prohibĂ©e par l’article L442-2 II du code de commerce.
  • La responsabilitĂ© ne peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de prĂ©avis que si le prĂ©avis est insuffisant au regard de la nature et de la durĂ©e des relations.
  • Une rupture est qualifiĂ©e de brutale notamment sans notification avec prĂ©avis, ou lorsqu’elle est totale/partielle, ou encore lorsqu’elle rĂ©sulte d’une diminution drastique des commandes.
  • MĂȘme sans prĂ©avis, une faute peut ĂȘtre invoquĂ©e par la victime, et la pratique retient souvent un repĂšre de 18 mois pour apprĂ©cier la suffisance du prĂ©avis.

Astuce mémo

DS = Analyse globale (y compris financier) mais pas contrÎle du prix ; Rupture = préavis suffisant (sinon faute).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
18Ăšme s.DĂ©veloppement de la libertĂ© de la concurrence sous l’impulsion du libĂ©ralisme Ă©conomique
2 juillet 1890Sherman Antitrust Act : prohibition des ententes et des abus de monopolisation
1 déc. 1986Ordonnance relative à la liberté des prix et de la concurrence (droit moderne)

Tableaux de synthĂšse

Concurrence dĂ©loyale : conditions d’action

ÉlĂ©mentCe qu’il faut Ă©tablirRĂŽle de la JP
FauteComportement contraire aux usages professionnelsComportement déloyal requis, intentionnel ou non
PrĂ©judiceTrouble commercial et perte d’une clientĂšle (Ă©tendue Ă  chiffrer)PrĂ©somption de prĂ©judice par la faute, mais preuve de l’étendue
Lien de causalitéImputation du départ de clientÚle au comportementPrésomption de causalité, renversable

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre protection du marchĂ© et protection des concurrents : la concurrence dĂ©loyale vise la victime, pas la rĂ©paration du “dommage concurrentiel” au sens large.
  2. Croire que le dommage concurrentiel est toujours rĂ©parable en responsabilitĂ© civile : le cours indique qu’il ne l’est pas en principe, sauf hypothĂšses (faute, dĂ©nigrement, clause de non-concurrence rĂ©munĂ©rĂ©e, etc.).
  3. Penser que l’action en concurrence dĂ©loyale exige un rapport de concurrence : l’arrĂȘt du 20 nov 2007 supprime cette condition (il suffit de faits fautifs gĂ©nĂ©rateurs d’un prĂ©judice).
  4. MĂ©langer dĂ©nigrement et critique : les messages humoristiques/non commerciaux/informatifs et exacts sont en principe prĂ©servĂ©s par la libertĂ© d’expression.
  5. Oublier que l’imitation illicite suppose un risque de confusion dans l’esprit de la clientĂšle : sans confusion, l’action fondĂ©e sur la concurrence dĂ©loyale est fragilisĂ©e.
  6. Confondre clause de non concurrence et concurrence dĂ©loyale : la clause relĂšve d’une limitation contractuelle (avec intĂ©rĂȘt lĂ©gitime, proportionnalitĂ©, indemnitĂ© en travail), alors que la concurrence dĂ©loyale sanctionne
  7. Croire que le juge “contrĂŽle le prix” dans le dĂ©sĂ©quilibre significatif : le cours prĂ©cise que l’analyse globale n’implique pas un contrĂŽle du prix de la prestation.

Checklist Examen

  1. Définir le droit de la concurrence et la liberté de la concurrence, puis expliquer pourquoi la rivalité pousse à améliorer qualité et prix.
  2. Expliquer pourquoi la concurrence pure et parfaite n’existe pas (atomistique, transparence, substituabilitĂ©, contestabilitĂ©) et ce que suppose la contestabilitĂ©.
  3. Citer l’origine amĂ©ricaine du droit antitrust et rappeler le rĂŽle de la Sherman Antitrust Act (ententes/monopolisation et sanction de dĂ©mantĂšlement).
  4. Distinguer compĂ©tence interne et compĂ©tence UE : territorialitĂ© (effets) cĂŽtĂ© interne et critĂšre d’affectation du commerce entre États membres cĂŽtĂ© UE.
  5. PrĂ©senter le contentieux concurrentiel : rĂŽle de l’ADLC, recours devant la CA de Paris, et compĂ©tence exclusive des juridictions spĂ©cialisĂ©es pour certaines demandes de D&I.
  6. Expliquer l’action en concurrence dĂ©loyale : faute, dommage et lien de causalitĂ©, et prĂ©ciser la suppression du rapport de concurrence (arrĂȘt 20 nov 2007).
  7. MaĂźtriser les 4 catĂ©gories de fautes concurrentielles (imitation, dĂ©nigrement, dĂ©sorganisation, parasitisme) et leurs logiques gĂ©nĂ©rales (ex. risque de confusion, propos pĂ©joratifs, secret/ fichiers, s’immiscer dans le s
  8. Expliquer la prĂ©somption de prĂ©judice et la nĂ©cessitĂ© de prouver l’étendue, ainsi que la prĂ©somption de causalitĂ© et sa possibilitĂ© de renversement.
  9. Qualifier l’imitation : objet imitĂ© (signes, prestations, prĂ©sentation), antĂ©rioritĂ©/ non banalitĂ©, et risque de confusion ; distinguer action concurrence dĂ©loyale vs contrefaçon (DPI existence/actualitĂ©).
  10. Expliquer le dĂ©nigrement : propos pĂ©joratifs, diffusion, victime identifiable, et frontiĂšre avec la critique ; rappeler l’idĂ©e de publicitĂ© comparative comme comparaison objective (loyale/vĂ©ridique).
  11. PrĂ©senter la dĂ©sorganisation : dĂ©bauchage fautif (avec clause/ manƓuvres) et dĂ©sorganisation par obtention irrĂ©guliĂšre d’informations privilĂ©giĂ©es ou dĂ©tournement de fichiers.
  12. Expliquer le parasitisme Ă©conomique : s’immiscer dans le sillage sans dĂ©penser, concurrence parasitaire vs agissements parasitaires (ex. prestige).
  13. Définir la clause de non concurrence et distinguer concurrence interdite vs concurrence déloyale ; rappeler la requalification par le juge des intitulés alternatifs.
  14. Donner les conditions de validitĂ© : intĂ©rĂȘt lĂ©gitime (indispensable/protection de l’entreprise), limites dans le temps/espace/objet, et test de proportionnalitĂ© (nĂ©cessitĂ©/ adĂ©quation).

Test your knowledge

Test your knowledge on Principes et pratiques de la concurrence with 3 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Pourquoi la liberté de concurrence est-elle généralement admise en droit économique ?

2. Quelle est la principale difficultĂ© pour qu’une clause de non-concurrence soit requalifiĂ©e en vĂ©ritable restriction de concurrence par le juge?

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Memorize the key concepts of Principes et pratiques de la concurrence with 9 interactive flashcards.

Justification de la liberté de concurrence

Elle pousse à améliorer qualité et prix.

Liberté de concurrence

Permet l'accĂšs libre Ă  l'exploitation commerciale.

Concurrence pure — limites empiriques

Marché ni atomistique, ni transparent, ni substituable, contestable.

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