📋 Plan du Cours
- L’Union européenne, organisation internationale supranationale
- Ordre juridique de l’UE hiérarchisé et contrôlé
- Règles communes aux normes de l’UE
- Territorialité et champ d’application matériel
- Effet direct et applicabilité du droit de l’UE
- Primauté du droit de l’UE et fondements
- Effets combinés primauté et effet direct
- Droit primaire et valeur des traités
- Valeur de la Charte des droits fondamentaux
- Sources internationales et succession des engagements
- Droit dérivé interne règlements directives décisions
- Principes matériels et reconnaissance mutuelle
📖 1. L’Union européenne, organisation internationale supranationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation internationale : Une organisation internationale est une personne morale de droit international créée par des États via un traité, pour poursuivre des objectifs communs.
- Organisation supranationale : Une organisation supranationale est une organisation d’intégration où les États transfèrent une partie de leur souveraineté, permettant des décisions majoritaires et contraignantes.
- Principe de spécialité : Le principe de spécialité limite l’action d’une personne morale à son domaine de compétences attribué par l’acte qui la crée.
- Primauté du droit de l’UE : La primauté du droit de l’Union impose que le droit de l’UE s’applique avant toute règle nationale contraire dans les domaines couverts.
- Effet direct : L’effet direct permet à certaines dispositions du droit de l’UE d’être invoquées par les particuliers devant les juridictions nationales sans attendre une mesure nationale de transposition.
📝 Points essentiels
- L’UE est une organisation internationale d’intégration, donc une forme supranationale liée à son mode de décision et à l’intégration du droit.
- Une organisation internationale est créée par un traité signé puis ratifié par les États, et elle peut avoir la personnalité juridique (art. 47 TUE).
- Les États membres attribuent des compétences à l’UE pour atteindre des objectifs communs, ce qui traduit la logique de spécialité et limite l’intervention de l’UE.
- Dans une organisation de coopération, la décision reflète la volonté des États grâce au consensus ou à l’unanimité, et la mise en œuvre dépend des États.
- Dans une organisation d’intégration, les décisions sont prises à la majorité, créent une minorité, et s’imposent aux États via l’intégration (primauté + effet direct).
- La Commission européenne est indépendante des États (art. 17 TUE) et dispose notamment du monopole d’initiative législative.
💡 Astuce mémo
Coopération = accord total (consensus/unanimité) ; Intégration = majorité + droit qui s’impose (primauté + effet direct).
📖 2. Ordre juridique de l’UE hiérarchisé et contrôlé
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit primaire : Le droit primaire regroupe les traités fondateurs qui constituent le socle initial de l’ordre juridique de l’Union.
- Droit dérivé : Le droit dérivé désigne les normes adoptées sur le fondement des traités, pour mettre en œuvre leurs objectifs.
- Règlement : Le règlement est un acte de droit dérivé à portée générale, obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans les États membres.
- Directive : La directive est un acte de droit dérivé qui lie l’État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant le choix des formes et moyens.
- Recommandation : La recommandation est un acte de droit dérivé dépourvu d’effet contraignant, donc non obligatoire pour ses destinataires.
📝 Points essentiels
- L’ordre juridique de l’UE est composé de normes publiées au Journal officiel et pouvant créer des obligations pour les États et pour les particuliers.
- Les traités (TUE et TFUE) constituent le droit primaire, tandis que les actes adoptés sur leur fondement constituent le droit dérivé.
- L’article 288 TFUE distingue notamment cinq actes du droit dérivé : règlements, directives, décisions, recommandations et avis.
- Les recommandations et les avis ne lient pas, car ils ne sont pas contraignants.
- Le règlement s’applique directement, y compris aux personnes physiques, tandis que la décision est obligatoire dans tous ses éléments pour ses destinataires désignés.
💡 Astuce mémo
Primaire = Traités d’abord ; Dérivé = Découle des traités.
📖 3. Règles communes aux normes de l’UE
🔑 Notions clés & Définitions
- Base juridique : La base juridique est la disposition du droit de l’UE qui fonde la compétence et détermine la procédure d’adoption d’un acte.
- Motivation des actes : La motivation des actes correspond aux raisons et éléments exposés dans l’acte pour justifier la décision du législateur.
- Considérants : Les considérants sont les passages explicatifs d’un acte qui exposent le contexte et les raisons de la décision.
- Journal officiel de l’Union européenne : Le Journal officiel de l’Union européenne est le support officiel de publication des actes de l’UE, conditionnant leur opposabilité.
- Administration indirecte : L’administration indirecte est le principe selon lequel la mise en œuvre des actes de l’UE incombe d’abord aux États membres.
📝 Points essentiels
- La base juridique est une exigence de sécurité juridique : l’acte doit indiquer expressément la disposition servant de fondement et la forme juridique à respecter.
- Le choix de la base juridique a une portée constitutionnelle : une base erronée peut invalider l’acte si la procédure d’adoption diffère de celle effectivement suivie.
- La motivation est imposée par l’article 296, al. 2 TFUE : les actes doivent être motivés et viser les propositions, initiatives, recommandations, demandes ou avis prévus par les traités.
- La motivation est une formalité substantielle : si elle empêche le juge de contrôler ou si le destinataire ne peut pas comprendre, l’acte peut être annulé.
- Critère de suffisance (Mandelli) : la motivation est suffisante si elle permet aux intéressés de comprendre les éléments essentiels de fait et de droit sur lesquels repose la décision.
- Différence (Di Bernardo) : une absence de motivation rend l’acte illégal automatiquement, tandis qu’une motivation insuffisante peut parfois être complétée a posteriori seulement si une base de motivation existe déjà.
💡 Astuce mémo
Base juridique = compétence + procédure ; Motivation = compréhension + contrôle ; Publication = opposabilité ; Administration indirecte = États d’abord.
📖 4. Territorialité et champ d’application matériel
🔑 Notions clés & Définitions
- Monisme : Le monisme est une conception où le droit international et le droit interne forment un ordre juridique unique, rendant l’intégration automatique des traités et actes de l’UE possible.
- Dualisme : Le dualisme est une conception où le droit international et le droit interne restent séparés, de sorte qu’un traité doit souvent être repris par un acte interne pour produire des effets.
- Règlement de l’UE : Le règlement de l’UE est un acte de portée générale qui, par sa nature, produit des effets dans l’ordre interne sans médiation législative.
- Directive de l’UE : La directive de l’UE s’adresse aux États membres et nécessite en principe une transposition pour produire des effets dans l’ordre interne.
- Applicabilité directe : L’applicabilité directe est la capacité du droit de l’UE à créer des droits invocables par les particuliers dans l’ordre national.
📝 Points essentiels
- En France (approche moniste), la ratification intègre automatiquement le traité dans l’ordre interne, et les règlements de l’UE produisent un effet immédiat sur le territoire.
- Dans les États dualistes (ex. Italie/Allemagne), un traité ne produit d’effets qu’après reprise dans les formes du droit national, souvent via une loi de transposition.
- En Italie, l’affaire San Michele illustre que le règlement n’était contraignant dans l’ordre interne qu’après l’adoption de la loi qui le reprenait.
- En France, la Cour a affirmé en 1977 que les règlements sont obligatoires dans tous leurs éléments et immédiatement applicables.
- La Cour de justice abandonne une position dualiste en 1973 et affirme qu’un acte de l’UE, dès qu’il a les formes nécessaires à son entrée en vigueur, produit automatiquement des effets de droit au niveau national.
- L’effet immédiat ne concerne pas seulement le règlement : la jurisprudence reconnaît aussi l’effet de droit pour la jurisprudence de la Cour, sans condition d’intervention nationale.
💡 Astuce mémo
Monisme = « ça s’injecte » ; Dualisme = « ça se copie-colle ».
📖 5. Effet direct et applicabilité du droit de l’UE
🔑 Notions clés & Définitions
- Primauté du droit de l’UE : La primauté désigne la priorité d’application du droit de l’Union sur le droit interne en cas de conflit.
- Effet direct : L’effet direct permet à certaines dispositions du droit de l’UE d’être invoquées par les particuliers devant les juridictions nationales.
- Article 55 de la Constitution : L’article 55 donne aux traités régulièrement ratifiés une autorité supérieure à la loi, sous réserve de réciprocité.
- Article 88-1 de la Constitution : L’article 88-1 organise la participation de la France à l’UE et sert de fondement constitutionnel à l’intégration du droit de l’Union.
- Arrêt Simmenthal : L’arrêt Simmenthal précise les conséquences concrètes de la primauté pour le juge national face à une norme interne contraire.
📝 Points essentiels
- La primauté est reconnue en droit interne par la jurisprudence et s’appuie, en Allemagne, sur une double source constitutionnelle et législative liée au transfert de souveraineté.
- En Allemagne, la base constitutionnelle est notamment l’article 24(1) de la Loi fondamentale, complété par la loi de ratification qui réalise le transfert une fois l’accord de l’État acté.
- En France, l’article 55 fonde la priorité des traités, mais la clause de réciprocité est écartée pour le droit de l’UE car l’UE est trop vaste pour une réciprocité contrôlable.
- La décision IVG (15 janvier 1975) marque la séparation des contrôles : le juge constitutionnel refuse le contrôle de conventionnalité, tandis que les juges ordinaires l’exercent.
- La jurisprudence française intègre ensuite le contrôle de conventionnalité : Jacque Vabre (24 mai 1975) rattache la primauté du droit de l’UE à l’article 55, puis Nicolo (1989) confirme la primauté en droit administratif
- L’arrêt Simmenthal (9 mars 1978) impose au juge national de laisser inappliquée toute disposition nationale contraire, sans attendre l’abrogation, et empêche la formation valable de nouveaux actes nationaux incompatibles
💡 Astuce mémo
Primauté = juge qui écarte : Simmenthal fait “tomber” la norme nationale contraire.
📖 6. Primauté du droit de l’UE et fondements
🔑 Notions clés & Définitions
- Arrêt Melloni : L’arrêt Melloni illustre une tension entre l’effectivité du droit de l’Union et la protection des droits fondamentaux.
- Arrêt Taricco (M.A.S.) : L’arrêt Taricco (M.A.S.) correspond à un réexamen de la logique de primauté lorsque des droits fondamentaux sont en jeu.
- OMT (5 mai 2020) : L’OMT est une décision allemande où la Cour constitutionnelle fédérale critique la légalité d’un acte de droit dérivé au regard de la compétence de l’Union.
- French Data (2021) : French Data est une affaire française où le Conseil d’État interroge la compatibilité d’une conservation indéfinie de données avec le droit de l’Union.
- Hypothèse Arcelor : L’hypothèse Arcelor désigne une démarche du Conseil d’État permettant de s’écarter d’une interprétation de la CJ lorsque l’intérêt national n’est pas protégé par le droit de l’Union.
📝 Points essentiels
- La primauté du droit de l’UE a suscité des réactions nationales quand la CJ privilégie l’effectivité au détriment de la protection des droits fondamentaux.
- Dans Melloni, la CJ est critiquée pour avoir insuffisamment pris en compte la protection des droits fondamentaux dans la balance avec l’effectivité.
- Dans Taricco (M.A.S.), la CJ revient partiellement en arrière dans un litige présenté comme presque identique.
- En Allemagne (OMT, 5 mai 2020), la Cour constitutionnelle fédérale estime qu’un acte de droit dérivé dépasse les compétences de l’Union et juge le raisonnement de la CJ défaillant.
- En France (French Data, 2021), la CJ répond plutôt négativement à la compatibilité d’une conservation indéfinie des données avec le droit de l’Union, et le Conseil d’État passe outre.
- Dans Arcelor, le Conseil d’État s’autorise à s’écarter de l’interprétation de la CJ au motif qu’un intérêt national (exigence de sécurité) n’est pas protégé par le droit de l’UE dans l’affaire.
💡 Astuce mémo
Melloni→Taricco : effectivité d’abord, puis retour pour mieux protéger les droits ; OMT/French Data/Arcelor : des juges nationaux “reprennent la main” quand la primauté heurte des garanties.
📖 7. Effets combinés primauté et effet direct
🔑 Notions clés & Définitions
- Primauté du droit de l’UE : La primauté impose que le droit de l’Union s’applique avant toute règle nationale contraire, y compris dans les litiges portés devant les juridictions nationales.
- Effet direct : L’effet direct permet à un justiciable d’invoquer certaines dispositions de l’UE devant le juge pour obtenir une conséquence juridique.
- Effet direct vertical : L’effet direct vertical vise les situations où un particulier peut invoquer une disposition de l’UE contre l’État.
- Effet direct horizontal : L’effet direct horizontal permet d’invoquer une disposition de l’UE dans un litige entre particuliers.
- Charte des droits fondamentaux de l’UE : La Charte est un texte contraignant qui s’impose aux institutions de l’Union et aux États membres lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union.
📝 Points essentiels
- La primauté signifie qu’en cas de conflit, le juge national doit écarter la norme nationale contraire au droit de l’Union.
- La Charte s’adresse aux institutions de l’Union en toutes circonstances, et aux États membres uniquement lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union (art. 51 CDFUE).
- La Charte ne s’applique que dans les domaines relevant de la compétence de l’UE, ce qui élargit le champ d’application selon la logique retenue par l’arrêt Akerberg Fransson (2013).
- Un particulier peut contester une mesure nationale portant atteinte à un droit de la Charte seulement si le litige relève du champ d’application du droit de l’Union ; sinon, il doit s’appuyer sur d’autres sources comme C
- L’effet direct dépend de la rédaction : une disposition doit être claire, précise et inconditionnelle pour produire des effets invocables par les particuliers.
- Effet direct intégral : une disposition peut être invoquée à la fois dans les rapports État/particulier et entre particuliers, notamment si elle formule une interdiction générale.
💡 Astuce mémo
Primauté = priorité ; Effet direct = invocabilité ; Charte = institutions toujours, États seulement quand ils mettent en œuvre le droit de l’UE.
📖 8. Droit primaire et valeur des traités
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 351 TFUE : Dispositif du TFUE qui protège certains engagements internationaux antérieurs au droit de l’Union, sous conditions strictes.
- Succession GATT : Mécanisme par lequel l’Union devient membre d’un accord comme le GATT sans l’avoir signé, car la compétence a été transférée et tous les États étaient déjà parties.
- Accords mixtes : Accords internationaux portant sur des domaines relevant à la fois de l’Union et des États, nécessitant une signature/ratification par l’Union et par les États.
- Primauté du droit de l’Union : Principe selon lequel un État ne peut pas maintenir un engagement international incompatible avec le droit de l’Union.
- Effet direct des traités : Possibilité pour des particuliers d’invoquer certaines dispositions d’un traité devant le juge, si les conditions de clarté et de précision sont réunies.
📝 Points essentiels
- Pour les accords conclus après l’entrée dans l’Union, la primauté du droit de l’Union impose qu’un État ne ratifie pas un engagement contraire au droit de l’Union.
- L’article 351 TFUE vise les conventions antérieures (au 1er janvier 1958, ou avant l’adhésion pour les États adhérents) et précise qu’elles ne sont pas affectées par les traités de l’Union.
- En cas d’incompatibilité avec les traités, l’État concerné doit utiliser tous les moyens appropriés pour éliminer les incompatibilités, avec assistance mutuelle et, si besoin, attitude commune.
- Si l’élimination est impossible, l’État peut, en dernier recours et dans une interprétation très stricte, ne pas appliquer le droit de l’Union pour préserver l’engagement antérieur.
- La CJ a qualifié l’article 351 TFUE d’exception d’interprétation stricte car il s’agit d’une dérogation à l’application du droit de l’Union.
- Pour le GATT, la CJ retient une logique de succession à partir de 1957 : tous les États membres de 1957 y ont adhéré et la compétence a été transférée à la Communauté dans le domaine concerné, ce qui entraîne l’adhésion/
💡 Astuce mémo
351 = « avant l’UE » : on protège l’ancien, on corrige l’incompatible, et seulement si impossible → dérogation très stricte.
📖 9. Valeur de la Charte des droits fondamentaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet direct des directives : L’effet direct des directives permet, sous conditions, d’invoquer certaines dispositions d’une directive devant le juge pour écarter une règle nationale contraire.
- Effet direct vertical : L’effet direct vertical vise les litiges où un particulier oppose la directive à l’État, afin de faire prévaloir le droit de l’Union.
- Effet direct horizontal : L’effet direct horizontal désigne l’invocation d’une directive entre particuliers, que la Cour refuse en principe.
- Invocabilité conforme : L’invocabilité conforme oblige le juge national à interpréter le droit interne à la lumière du texte et de l’objectif de la directive.
- Invocabilité de réparation : L’invocabilité de réparation permet d’obtenir une indemnisation en cas de non-transposition ou de mauvaise transposition d’une directive.
📝 Points essentiels
- Les directives ne produisent pas d’effet direct automatiquement : il faut examiner, pour chaque disposition, sa nature, son économie et ses termes (logique issue de Van Duyn).
- Une directive peut avoir un effet direct si la disposition est claire, précise et inconditionnelle (critère posé par Becker).
- Il n’y a pas d’effet direct tant que le délai de transposition n’est pas expiré (Ratti).
- Une transposition incorrecte peut ouvrir la voie à l’effet direct, même si la directive n’a pas été correctement mise en œuvre (idée illustrée par Max Planck).
- L’effet direct des directives poursuit deux fonctions cumulatives : assurer une application uniforme du droit de l’Union et corriger les conséquences d’une non-transposition ou d’une mauvaise transposition, en remplaçant
- L’effet direct est admis uniquement en vertical : le particulier peut invoquer la directive contre l’État (Marshall).
💡 Astuce mémo
Vertical = contre l’État ; Horizontal = non (sauf contamination via Charte + directive reprenant la même interdiction).
📖 10. Sources internationales et succession des engagements
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 2 TUE : Valeur fondatrice du traité qui érige la démocratie comme principe central de l’Union et guide l’ensemble de son fonctionnement.
- Article 10 TUE : Règle du traité qui consacre la démocratie représentative comme mode de décision au sein de l’Union.
- Démocratie participative : Forme de démocratie qui complète la représentation par des mécanismes permettant aux citoyens d’influencer les décisions de l’Union.
- Initiative citoyenne européenne : Mécanisme du traité qui permet aux citoyens de proposer une initiative législative à l’échelle de l’Union.
- Équilibre institutionnel : Principe d’organisation des pouvoirs qui impose à chaque institution d’agir dans les limites de ses attributions prévues par les traités.
📝 Points essentiels
- L’article 2 TUE fait de la démocratie une valeur, et le traité décline ensuite des mécanismes concrets dans le TUE et le TFUE.
- Le TUE contient des dispositions relatives aux principes démocratiques (notamment articles 9 à 12) et le TFUE relie démocratie, citoyenneté et non-discrimination (notamment articles 18 à 25).
- L’article 10 TUE prévoit aussi une ouverture vers la participation citoyenne, avec des décisions prises aussi ouvertement et aussi près que possible des citoyens.
- La transparence est assurée par l’accès aux documents et par l’obligation de publication et de motivation des institutions, notamment via l’article 15 TFUE.
- La participation passe par des mécanismes comme les consultations et surtout l’initiative citoyenne européenne, prévue à l’article 10 TUE paragraphe 3 et encadrée par l’article 2 paragraphe 4 (selon le contenu fourni).
- L’initiative citoyenne européenne exige, d’après la source, des signatures d’1 million sur 490 millions de citoyens européens pour déclencher la proposition d’initiative législative.
💡 Astuce mémo
Démocratie = 10 (représentation) + 10§3 (participation) + 15 TFUE (transparence) + ICE (initiative).
📖 11. Droit dérivé interne règlements directives décisions
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit dérivé de l’Union : Ensemble des actes adoptés par les institutions de l’UE pour faire fonctionner le droit de l’Union dans les États membres.
- Règlement de l’Union : Acte de droit dérivé à portée générale qui s’applique directement dans les États membres sans transposition.
- Directive de l’Union : Acte de droit dérivé qui fixe un résultat à atteindre, laissant aux États membres le choix des moyens et nécessitant une mise en œuvre.
- Décision de l’Union : Acte de droit dérivé obligatoire qui vise des destinataires déterminés et produit des effets juridiques à leur égard.
- Intégration positive : Construction d’un espace sans frontières par des actions juridiques de l’Union, notamment via le droit dérivé.
📝 Points essentiels
- La reconnaissance mutuelle repose sur une présomption d’équivalence entre États, sans exiger une identité parfaite des solutions nationales.
- L’équivalence recherchée est garantie par l’harmonisation, car la reconnaissance mutuelle s’appuie sur des niveaux communs de protection.
- L’harmonisation totale remplace le droit national par du droit de l’UE, mais elle est longue car elle exige l’accord des États sur tout le secteur.
- L’approche de la Commission pour accélérer combine harmonisation minimale et reconnaissance mutuelle : un niveau minimum commun permet la circulation, tout en autorisant des protections plus élevées à l’intérieur du seul
- La combinaison harmonisation minimale + reconnaissance mutuelle peut créer une discrimination à rebours : les produits importés doivent respecter le minimum commun, tandis que le droit interne peut exiger davantage.
- La confiance mutuelle est un principe central : un État accepte la décision ou l’appréciation d’un autre État parce qu’il présume que celui-ci respecte le droit de l’Union et, en particulier, les droits fondamentaux.
💡 Astuce mémo
Confiance mutuelle = « je présume que tu respectes le droit » ; reconnaissance mutuelle = « donc j’accepte ta décision », et l’harmonisation minimale sert de socle.
📖 12. Principes matériels et reconnaissance mutuelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Harmonisation minimale : Approche du droit de l’Union qui fixe seulement des exigences essentielles, afin de permettre la circulation des produits conformes sans harmoniser tout le détail technique.
- Reconnaissance mutuelle des biens : Principe selon lequel un bien légalement commercialisé dans un État membre doit pouvoir circuler librement dans les autres États, dès lors qu’il respecte les exigences essentielles.
- Achèvement du marché intérieur : Communication de la Commission qui vise à accélérer la construction du marché intérieur en combinant harmonisation minimale et reconnaissance mutuelle.
- Directive 2004 sur les citoyens en général : Texte de droit dérivé qui organise, pour les citoyens de l’Union, le droit de circuler et de séjourner, d’abord sans condition pendant 3 mois puis sous conditions au-delà.
- Mandat d’arrêt européen : Mécanisme de reconnaissance mutuelle en matière pénale qui impose l’exécution des mandats entre États membres selon un principe de remise.
📝 Points essentiels
- Entre 1969 et 1985, peu de textes ont été adoptés pour la libre circulation des marchandises, ce qui a conduit à chercher une autre méthode.
- En 1985, la Commission propose l’« achèvement du marché intérieur » et une nouvelle approche combinant harmonisation minimale et reconnaissance mutuelle.
- L’idée centrale est d’abandonner l’harmonisation totale : un produit conforme aux exigences essentielles doit pouvoir circuler dans l’ensemble du marché intérieur.
- Un règlement existe pour organiser la reconnaissance mutuelle des biens commercialisés dans l’Union.
- En matière de citoyenneté, la libre circulation ne concerne plus seulement les travailleurs : elle devient un droit des citoyens de l’Union (article 21 TFUE), avec des limites prévues par les traités.
- La directive 2004 prévoit un droit de séjour sans conditions pendant 3 mois, puis des conditions au-delà (travail, études, membre de la famille, ou ressources suffisantes).
💡 Astuce mémo
Harmonisation minimale = « juste les essentiels », reconnaissance mutuelle = « si c’est légal ailleurs, ça circule ici ».
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 9 mai 1950 | Déclaration SCHUMAN (début du rapprochement menant à l’intégration) |
| 18 avril 1951 | Signature du traité CECA (communauté européenne du charbon et de l’acier) |
| 1957 | Signature des traités de Rome (CEE et CEEA) et élargissement de l’intégration à l’économie |
| 1992 | Traité de Maastricht (création de l’UE et extension à PESC et ELSJ) |
| 2007 | Traité de Lisbonne (disparition de la Communauté européenne et remplacement par l’UE dotée de la PJ) |
| 2016 | Sortie du Royaume-Uni de l’UE |
| 7 décembre 2000 | Proclamation de la Charte des droits fondamentaux de l’UE à Nice |
| 12 décembre 2007 | Adaptation de la Charte à Strasbourg (mentionnée dans l’article 6 TUE) |
| 15 janvier 1975 | Décision IVG (séparation des contrôles : juge constitutionnel refuse la conventionnalité, juges ordinaires l’exercent) |
| 24 mai 1975 | Arrêt Jacque Vabre (rattache la primauté du droit de l’UE à l’article 55 de la Constitution) |
📊 Tableaux de synthèse
Coopération vs intégration (logique de décision)
| Type d’organisation | Décision | Mise en œuvre |
|---|
| Coopération | Consensus ou unanimité (volonté des États) | Mise en œuvre laissée aux États (dépend des États) |
| Intégration | Décisions à la majorité (minorité possible) | Droit intégré au droit national via primauté + effet direct (contrainte) |
Actes de droit dérivé : portée et destinataires
| Acte | Caractère contraignant | Effets |
|---|
| Règlement | Obligatoire dans tous ses éléments | Directement applicable (y compris aux personnes physiques) |
| Directive | Lie l’État destinataire quant au résultat | Nécessite transposition (effet direct seulement sous conditions) |
| Décision | Obligatoire dans tous ses éléments pour ses destinataires | Effets obligatoires pour les destinataires désignés |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre organisation de coopération et organisation d’intégration : en coopération, la décision reflète l’accord des États et la mise en œuvre dépend d’eux, alors qu’en intégration la majorité et l’intégration du droit
- Croire que la primauté signifie “hiérarchie” au sens constitutionnel interne : la primauté impose au juge national d’écarter la norme nationale contraire, sans attendre l’abrogation, et empêche la formation d’actes posth
- Penser que les directives ont un effet direct automatique : il faut examiner nature, économie et termes, et respecter les conditions (claire, précise, inconditionnelle, et délai de transposition expiré)
- Mélanger applicabilité directe et invocabilité : l’applicabilité directe est la capacité à créer des droits, mais l’invocabilité est la possibilité de s’en prévaloir devant le juge national
- Croire que la Charte s’applique toujours : elle s’adresse aux institutions en toutes circonstances, mais aux États membres seulement lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’UE (art. 51 CDFUE)
- Confondre effet direct vertical et horizontal : l’effet direct des directives est admis en vertical (contre l’État) et refusé en principe en horizontal entre particuliers
- Oublier la différence “motivation absente” vs “motivation insuffisante” : l’absence rend l’acte illégal automatiquement, tandis qu’une insuffisance peut parfois être complétée a posteriori seulement si une base de
✅ Checklist Examen
- Définir l’UE comme organisation internationale d’intégration et expliquer la logique de spécialité (compétences attribuées) et de primauté + effet direct (décisions majoritaires contraignantes)
- Expliquer la structure de l’ordre juridique de l’UE : droit primaire (TUE/TFUE) vs droit dérivé (actes fondés sur les traités) et la place des règlements, directives et décisions
- Maîtriser les règles communes de validité/opposabilité : base juridique (compétence + procédure), motivation (art. 296 al. 2 TFUE) et publication au Journal officiel (opposabilité et entrée en vigueur)
- Raisonner sur le champ d’application territorial et matériel : application aux États membres (art. 52 TUE + art. 355 TUE) et principe d’attribution (art. 5 TUE) avec typologie des compétences (exclusive/partagée/appui)
- Expliquer primauté et effet direct en droit interne : rôle du juge national (Simmenthal) et conséquences sur l’inapplicabilité des normes nationales contraires
- Présenter les réactions nationales à la primauté quand des droits fondamentaux ou des compétences sont en jeu (Melloni, Taricco (M.A.S.), OMT (5 mai 2020), French Data (2021), Arcelor)
- Distinguer primauté + effet direct + Charte : champ d’application de la Charte (art. 51 CDFUE), conditions d’invocabilité et logique de l’effet direct (claire, précise, inconditionnelle)
- Expliquer l’effet direct des directives : conditions (Van Duyn, Becker, Ratti), fonctions cumulatives (uniformité + correction) et refus de l’effet direct horizontal (Marshall)
- Maîtriser l’invocabilité des directives : invocabilité conforme (Von Colson, Dominguez), exclusion/substitution (Simmenthal) et réparation (Francovich)
- Expliquer la valeur des traités et sources internationales : art. 351 TFUE (exception stricte), succession GATT, accords mixtes et hiérarchie des traités signés par l’UE vs droit dérivé
- Connaître la valeur de la Charte : caractère contraignant (art. 6 TUE), champ d’application (art. 51 CDFUE) et articulation avec les droits fondamentaux dans le raisonnement de la CJ
- Savoir mobiliser les principes matériels : libre circulation (marché intérieur), non-discrimination, reconnaissance mutuelle/harmonisation minimale et confiance mutuelle (présomption et exceptions)
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