📋 Plan du Cours
- Objet du droit international public
- ONU et sécurité collective
- Traités : définition, champ et exclusions
- Coutume internationale : formation et difficulté
- Sources subsidiaires : jurisprudence et justice internationale
- Sources subsidiaires : doctrine et équité
- Actes unilatéraux des États et des organisations
- Éléments constitutifs de l’État : territoire, population, gouvernement
- Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
- Concept de reconnaissance des États
- Fin de l’État et succession d’États
- Souveraineté de l’État : sens positif et négatif
📖 1. Objet du droit international public
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit international public : Le droit international public est l’ensemble des règles qui encadrent les relations entre les sujets de la société internationale.
- Société internationale : La société internationale désigne l’ensemble des acteurs et des interactions entre États et autres entités, qui influencent directement les caractéristiques du DIP.
- Sujet de droit international : Un sujet de droit international est une entité à laquelle le droit international reconnaît des droits et des obligations.
- Acteur de la vie internationale : Un acteur de la vie internationale est une entité présente dans les relations internationales sans être forcément un sujet de droit international.
- Organisation des Nations Unies : L’Organisation des Nations Unies est une organisation internationale créée pour préserver la paix grâce à la coopération et à la sécurité collective.
📝 Points essentiels
- Le DIP sert à comprendre ce qu’est cette branche du droit et ce qu’elle n’est pas, en lien avec les caractéristiques de la société internationale.
- Le cours distingue les sujets du DIP (notamment l’État, puis les organisations internationales) des acteurs de la vie internationale.
- Une partie du cours traite des moyens d’encadrer des relations souvent conflictuelles entre sujets du DIP : diplomatiques, juridictionnels et encadrement du recours à la force.
- L’ONU est fondée le 24 octobre 1945 par 51 pays et compte 193 Membres aujourd’hui.
- Un État Membre accepte les obligations de la Charte des Nations Unies, qui fixe les principes de base des relations entre pays.
- Les buts de l’ONU sont au nombre de quatre : paix et sécurité, relations amicales, coopération pour résoudre des problèmes et encourager le respect des droits de l’homme, et centre d’harmonisation des efforts des nations
💡 Astuce mémo
DIP = règles pour la société internationale (sujets) ; ONU = Charte = principes + paix.
📖 2. ONU et sécurité collective
🔑 Notions clés & Définitions
- Assemblée générale de l’ONU : Institution de l’ONU où chaque État membre dispose d’une voix pour délibérer et adopter des décisions.
- Conseil de sécurité : Organe de l’ONU chargé de questions majeures liées à la paix et à la sécurité, notamment pour l’élection de ses membres.
- Consensus en Assemblée : Pratique diplomatique visant à adopter des résolutions sans vote formel quand les délégations sont prêtes.
- Majorité des deux tiers : Règle de vote qui s’applique à certaines décisions importantes à l’Assemblée générale.
- Majorité simple : Règle de vote utilisée pour les décisions de l’Assemblée générale qui ne relèvent pas des cas à deux tiers.
📝 Points essentiels
- Chaque État membre a une voix à l’Assemblée générale, ce qui structure la recherche d’accords.
- Les décisions sur certaines questions importantes (recommandations relatives à la paix et à la sécurité, élection des membres du Conseil de sécurité) exigent une majorité des deux tiers.
- Les décisions sur les autres questions à l’Assemblée générale sont prises à la majorité simple.
- Ces dernières années, les États membres privilégient l’adoption par consensus plutôt que le vote pour élargir le soutien aux résolutions.
- Le Président consulte les délégations pour vérifier si elles sont prêtes à adopter une résolution sans vote.
💡 Astuce mémo
Deux tiers = sujets “majeurs” (paix/sécurité, Conseil) ; simple = le reste ; consensus = résolution sans vote après consultation du Président.
📖 3. Traités : définition, champ et exclusions
🔑 Notions clés & Définitions
- Paix de Westphalie : Traité de 1648 qui consacre l’affaiblissement de la Papauté et l’égalité confessionnelle entre États chrétiens, avec des effets sur l’ordre international européen.
- Cujus regio, ejus religio : Principe liant la religion des sujets à celle du souverain, limitant la liberté religieuse dans les États après la Paix de Westphalie.
- Jus gentium : Notion de droit des gens issue du droit romain, pensée pour régir les relations entre Romains et non-Romains, sans être un droit international au sens strict.
- Droit des gens : Désignation du droit international à l’époque, proche du jus gentium, associée à l’idée d’un droit fondé sur une raison universelle.
- Ordre juridique international : Cadre du droit international distinct de l’ordre interne, caractérisé par l’absence de constitution, de législateur, d’exécutif et de juridiction obligatoire.
📝 Points essentiels
- La Paix de Westphalie consacre l’égalité religieuse entre catholiques et protestants au niveau international, y compris entre luthériens et calvinistes.
- Cette égalité ne donne pas une liberté religieuse aux sujets : ils doivent suivre la religion du prince ou émigrer.
- L’acceptation de l’égalité confessionnelle entre États chrétiens suppose l’uniformité religieuse à l’intérieur de chaque État.
- Le champ des relations internationales reste européen mais n’exclut pas des traités entre États européens et États hors d’Europe.
- Le droit international contemporain hérite de la Paix de Westphalie comme ossature européenne fondée sur souveraineté et égalité des États.
- Le jus gentium est conçu pour régir des relations entre Romains et non-Romains, donc entre particuliers, et non entre entités territoriales souveraines.
💡 Astuce mémo
Westphalie = ÉGALITÉ entre États, mais sujets = PRINCE (cujus regio).
🔑 Notions clés & Définitions
- Coutume internationale : La coutume internationale est une norme issue d’une pratique générale, acceptée comme étant le droit par les Etats.
- Article 38 du Statut de la CIJ : L’article 38 du Statut de la CIJ énumère les modes de détermination du droit que la Cour applique aux différends.
- Valeur coutumière de l’article 38 : La valeur coutumière de l’article 38 signifie que sa liste est considérée comme reflétant le droit applicable au-delà du seul texte.
- Ex aequo et bono : Ex aequo et bono désigne la faculté pour la Cour de trancher en équité lorsque les parties y consentent.
- Actes unilatéraux : Les actes unilatéraux d’Etats ou d’organisations internationales peuvent produire des effets juridiques pour leurs auteurs, même sans être cités à l’article 38.
📝 Points essentiels
- La formation du droit international a été progressivement juridictionnalisée, ce qui a conduit à des listes de modes de formation dans des textes successifs.
- La Convention XII de 1907 (Cour internationale de prises) prévoit, à défaut de convention, l’application des règles du droit international assimilées à la coutume, puis des principes d’équité.
- La Convention XII de 1907 a été signée par 31 Etats mais n’a été ratifiée que par le Nicaragua en 1909 et n’est jamais entrée en vigueur.
- L’article 38 du Statut de la CIJ fait appliquer : conventions, coutume, principes généraux, puis décisions et doctrine comme moyens auxiliaires, sous réserve de l’article 59.
- L’article 38 ne couvre pas tous les modes de formation : il omet notamment les actes unilatéraux et le droit des organisations internationales, d’où une critique d’incomplétude.
- La référence aux « Nations civilisées » dans l’article 38 reflète l’idéologie du XIXe–début XXe siècle et le contexte colonial de l’époque de rédaction du Statut de la CIJ/PJCI, mais peut être réinterprétée à la lumière,
💡 Astuce mémo
Article 38 = « Conventions → Coutume → Principes → Auxiliaires », et si accord des parties : « Équité (ex aequo et bono) ».
📖 5. Sources subsidiaires : jurisprudence et justice internationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Convention de Vienne sur le droit des traités 1969 : La convention de Vienne de 1969 codifie les règles relatives à la conclusion, l’application et l’extinction des traités, en s’appuyant largement sur le droit coutumier.
- Commission du droit international : La Commission du droit international est un organe subsidiaire des Nations-Unies composé d’experts indépendants chargé du développement progressif du droit international public.
- Effet relatif des traités : L’effet relatif des traités signifie que les obligations conventionnelles ne lient en principe que les États qui ont signé ou ratifié le traité.
- Traité humanitaire : Un traité humanitaire est un traité dont l’objet porte sur la personne humaine et qui bénéficie d’un régime particulier en matière d’inexécution.
- Jus cogens : Le jus cogens désigne une norme impérative du droit international général qui limite la portée de certaines règles du droit des traités.
📝 Points essentiels
- Le traité est le mode privilégié de création du droit international, et la multiplication des traités renforce l’institutionnalisation et la régulation de la société internationale.
- La Convention de Vienne sur le droit des traités (1969) est entrée en vigueur le 27 janvier 1980 et ne s’applique pas aux traités conclus avant cette date (art. 4).
- La Convention de Vienne (1969) a un caractère supplétif : elle s’applique en l’absence d’autres dispositions conventionnelles pertinentes.
- La codification de 1969 résulte des travaux de la Commission du droit international, créée en 1947 par l’Assemblée générale des Nations-Unies.
- Une Convention de Vienne de 1986 vise les traités entre États et organisations internationales ou entre organisations internationales et reflète largement le droit coutumier.
- La Convention de Vienne sur la succession d’États en matière de traités (1978) est entrée en vigueur en 1996 mais a eu un faible nombre de ratifications et un retentissement limité dans la pratique.
💡 Astuce mémo
Traités = « règle écrite » : Vienne 1969 (codifie) + effet relatif (liens seulement signataires/ratifiants) + humanitaire = pas de réciprocité.
📖 6. Sources subsidiaires : doctrine et équité
🔑 Notions clés & Définitions
- Déclaration unilatérale : Une déclaration unilatérale est un acte par lequel un État manifeste sa volonté d’écarter ou de modifier l’effet juridique de certaines clauses d’un traité à son égard.
- Réserve au traité : Une réserve au traité est une déclaration par laquelle un État vise à exclure ou à modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traité dans son application.
- Coutume internationale : La coutume internationale est une règle de droit issue d’une pratique générale et de l’acceptation de cette pratique comme étant le droit.
- Opinio juris sive necessitatis : L’opinio juris sive necessitatis est l’élément psychologique qui traduit la conviction des États que la pratique correspond à une obligation juridique.
- Principes généraux du droit : Les principes généraux du droit sont des règles communes aux ordres juridiques internes que le juge international transpose dans l’ordre international.
📝 Points essentiels
- La Charte des Nations unies prime en principe sur les autres traités internationaux, ce qui limite le jeu du volontarisme conventionnel.
- La CIJ rattache certains principes fondamentaux de la Charte à la coutume, ce qui les rend moins dépendants des choix conventionnels des États.
- Les réserves sont des déclarations faites lors de la signature, le plus souvent, ou parfois lors de la ratification d’un traité.
- La réserve vise à exclure ou à modifier l’effet juridique de clauses, même si le libellé ou la désignation de la déclaration varie.
- La coutume se dégage d’une pratique générale reconnue et respectée, mais elle peut être difficile à identifier tant qu’elle n’est pas formulée.
- La coutume est dite « spontanée » car le passage du fait social au caractère juridique se fait par une prise de conscience collective sans mécanisme formel déterminé.
💡 Astuce mémo
Coutume = Pratique + Conviction (opinio juris). Réserve = Clause “pas pour moi” (ou “pas comme ça”).
📖 7. Actes unilatéraux des États et des organisations
🔑 Notions clés & Définitions
- Charte des Nations unies : Traité fondateur de l’ONU qui encadre le règlement des différends et interdit le recours à la force entre États.
- Article 2 paragraphe 3 : Disposition de la Charte qui impose aux États de régler leurs différends internationaux par des moyens pacifiques pour préserver la paix, la sécurité et la justice.
- Article 33 : Disposition de la Charte qui propose une liste de moyens de règlement des différends internationaux.
- Justice internationale : Ensemble de mécanismes où un tiers tranche un litige international, avec des organes indépendants et une procédure contradictoire fondée sur le droit.
- Mesures conservatoires : Décisions provisoires de la CIJ destinées à protéger les droits des parties pendant l’instance jusqu’à la décision définitive.
📝 Points essentiels
- La Charte de l’ONU interdit le recours à la force et impose le règlement pacifique des différends internationaux.
- L’article 33 distingue des moyens proposés aux parties (enquête, médiation, conciliation) et des moyens imposés (arbitrage, règlement judiciaire).
- La justice internationale se rapproche de la justice interne par la présence d’un tiers, l’indépendance de l’organe, la contradiction et le fondement juridique.
- Dans l’ordre international, les principaux justiciables sont les États et le droit de saisine des individus est exceptionnel.
- La justice internationale est facultative et il n’existe ni coordination ni hiérarchie entre les juridictions internationales.
- Les mécanismes internationaux sont nombreux et leurs compétences varient selon l’organe et le type de litige (matériel et personnel).
💡 Astuce mémo
Charte = Paix + Justice : art. 2§3 = pacifique, art. 33 = moyens (proposés vs imposés).
📖 8. Éléments constitutifs de l’État : territoire, population, gouvernement
🔑 Notions clés & Définitions
- Territoire de l’État : Le territoire est l’assise spatiale sur laquelle l’État exerce ses fonctions et fonde sa souveraineté.
- Population de l’État : La population désigne l’ensemble des personnes rattachées à l’État, sur lesquelles s’exercent ses compétences.
- Gouvernement de l’État : Le gouvernement est l’autorité organisée qui permet à l’État d’agir et d’exécuter ses décisions.
- Souveraineté territoriale : La souveraineté territoriale correspond au pouvoir exclusif de l’État d’exercer des fonctions sur son territoire, à l’exclusion des autres États.
📝 Points essentiels
- Il ne peut pas exister d’État sans territoire, car le territoire conditionne l’exercice de la souveraineté.
- Dans l’affaire de l’île de Palmas (sentence du 4 avril 1928), la souveraineté est décrite comme une indépendance permettant d’exercer des fonctions étatiques sur une partie du globe.
- La souveraineté implique une compétence exclusive de l’État pour son propre territoire, en excluant l’intervention d’un autre État sur le même espace.
- Le territoire sert de base à l’organisation nationale et au développement du droit international, qui consolide l’idée de compétence exclusive.
- La population et le gouvernement complètent la définition de l’État en permettant respectivement l’effectivité du lien humain et la capacité d’action de l’autorité étatique.
💡 Astuce mémo
Territoire = sol de la souveraineté ; Population = corps rattaché ; Gouvernement = tête qui décide.
📖 9. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
🔑 Notions clés & Définitions
- Libre détermination des peuples : Principe de droit international selon lequel les peuples choisissent librement leur statut politique et poursuivent leur développement sans ingérence extérieure.
- Droit inaliénable de choisir un système : Droit international proclamé par l’ONU qui garantit aux peuples le choix de leur organisation politique, économique, sociale et culturelle sans ingérence d’un autre État.
- Reconnaissance internationale : Procédé par lequel un sujet du droit international accepte qu’une situation ou un acte, né sans sa participation, lui soit opposable juridiquement.
- Théorie constitutive de la reconnaissance : Thèse selon laquelle la reconnaissance serait un acte qui ferait naître ou produire des effets juridiques à l’égard de l’État reconnu.
- Théorie déclarative de la reconnaissance : Thèse selon laquelle la reconnaissance n’est qu’une attestation de l’existence préexistante de l’État, sans la créer.
📝 Points essentiels
- La Résolution 1514 (XV) de l’AGNU affirme que tous les peuples ont le droit de libre détermination et déterminent librement leur statut politique et leur développement.
- La Résolution 2625 (XXV) de l’AGNU évoque un droit inaliénable de choisir son système politique, économique, social et culturel sans ingérence étrangère.
- Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes apparaît comme la base dont découle la libre détermination des peuples.
- La reconnaissance rend opposable juridiquement une situation ou un acte à l’État qui n’y a pas participé à l’origine.
- La sentence arbitrale de 1929 (Deutsche Continental Gas-Gesellschaft) retient que la reconnaissance n’est pas constitutive mais déclarative.
- Dans l’affaire Kosovo, l’AGNU (résolution A/RES/63/3 du 8 octobre 2008) demande à la CIJ un avis consultatif sur la conformité au droit international de la déclaration d’indépendance des institutions provisoires d’autoad
💡 Astuce mémo
Libre détermination = choix politique + développement libre (AGNU 1514 XV) ; Reconnaissance = attestation (déclarative) et non création.
📖 10. Concept de reconnaissance des États
🔑 Notions clés & Définitions
- Égalité souveraine des États : Principe du droit international selon lequel les États membres de l’ONU ont des droits et obligations équivalents, impliquant une réciprocité des avantages.
- Personnalité internationale de l’État : Notion juridique désignant l’État comme sujet de droit international titulaire de droits et d’obligations, maintenu malgré des changements matériels ou territoriaux.
- Continuité de l’État : Principe selon lequel l’État subsiste en droit international même si son territoire ou sa configuration matérielle change, sauf cas d’anéantissement juridique.
- Débellatio : Situation de mort juridique d’un État liée à son anéantissement militaire par un autre État, entraînant la disparition de la personnalité internationale.
- Capacité internationale de l’État : Ensemble des compétences dont dispose l’État dans l’ordre juridique international, encadrées par des limites imposées par le droit international.
📝 Points essentiels
- L’égalité souveraine implique une réciprocité des droits et avantages, mais certains États en développement ont contesté cette logique dans le domaine économique.
- La personnalité internationale de l’État correspond à une entité juridique dotée de capacités et de droits/obligations issus de normes du droit international.
- La continuité de l’État joue lors d’une acquisition ou d’une perte de territoire : l’État ne disparaît pas automatiquement en droit.
- L’État ne cesse que dans des hypothèses comme la fusion d’États ou la mort juridique liée à la débellatio.
- La capacité internationale est limitée par la soumission à l’ordre juridique international et par l’interdiction du recours à la force armée.
- La capacité internationale est aussi limitée par l’obligation de règlement pacifique des différends et par la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État.
💡 Astuce mémo
Continuité = territoire change, État reste ; disparition = fusion ou débellatio (mort juridique).
📖 11. Fin de l’État et succession d’États
🔑 Notions clés & Définitions
- Constitution d’une organisation internationale : Une constitution d’organisation internationale désigne l’ensemble des règles issues de l’acte constitutif qui fixe le cadre d’action de l’organisation.
- Acte constitutif : L’acte constitutif est le traité qui crée l’organisation internationale et détermine ses compétences ainsi que ses moyens.
- Pacta sunt servanda : Le principe pacta sunt servanda impose aux États de respecter les engagements internationaux qu’ils ont acceptés.
- Article 103 de la Charte de l’ONU : L’article 103 règle les conflits entre obligations des États en vertu de la Charte et celles issues d’autres traités internationaux.
- Personnalité juridique objective de l’ONU : La personnalité juridique objective est l’idée que l’ONU possède une capacité juridique internationale nécessaire à l’exercice de ses fonctions, même si la Charte ne la formule pas explicitement.
📝 Points essentiels
- Les traités constitutifs d’organisations lient les États à l’organisation et entre eux, et les États doivent en principe accepter le traité en bloc sans réserves incompatibles avec ses buts.
- Les traités constitutifs organisent souvent la primauté de l’acte dans sa sphère de compétence sur les autres engagements internationaux des États.
- La Charte de l’ONU (art. 103) fait prévaloir les obligations des États membres au titre de la Charte sur leurs obligations issues de tout autre accord international.
- Dans l’affaire Lockerbie, la CIJ a admis que l’art. 103 impose de céder à une résolution du Conseil de sécurité, même face à une convention invoquée par la Libye pour juger elle-même les suspects.
- Les accords sur le règlement des différends et la juridiction de la CIJ conclus par les parties restent subordonnés à l’art. 103 en cas de conflit d’obligations.
- Les organisations internationales se distinguent de leurs membres : elles disposent d’organes propres qui expriment la volonté de l’organisation, imputable à l’organisation et non aux États pris individuellement.
💡 Astuce mémo
Art. 103 = « Charte au-dessus du reste » : en conflit, la Charte gagne.
📖 12. Souveraineté de l’État : sens positif et négatif
🔑 Notions clés & Définitions
- Personnalité juridique internationale : La personnalité juridique internationale est la capacité d’une organisation à être titulaire de droits et à agir sur la scène internationale.
- Personnalité objective : La personnalité objective désigne une personnalité opposable à tous les États, indépendamment de leur qualité de membres.
- Principe de spécialité : Le principe de spécialité limite les organisations internationales aux compétences d’attribution nécessaires à leurs objectifs communs.
- Pouvoirs implicites : Les pouvoirs implicites sont des compétences non écrites dans la charte mais nécessaires pour accomplir efficacement la mission de l’organisation.
- Organisation internationale sujet second : La notion de sujet second signifie que l’organisation internationale agit dans un cadre dérivé et limité par le droit et les États.
📝 Points essentiels
- La CIJ relie la personnalité juridique internationale à la capacité d’accomplir effectivement les fonctions confiées à l’organisation.
- Dans l’affaire Bernadotte, la CIJ juge que l’ONU devait pouvoir agir pour réclamer un dédommagement, ce qui suppose une large mesure de personnalité et de capacité d’action internationale.
- La CIJ qualifie la personnalité de l’ONU d’« objective » et l’oppose à tous les États, y compris ceux qui ne sont pas membres.
- La CIJ fonde l’admission de cette personnalité objective sur une logique de représentativité (ex. 50 États représentant une large majorité).
- La CIJ précise que l’organisation internationale n’est « ni un État ni un super État ».
- Il n’existe pas de statut uniforme des organisations internationales : on déduit leurs pouvoirs de la charte constitutive et du droit international applicable à leur action et à la souveraineté des États.
💡 Astuce mémo
Personnalité = « agir utilement » : sans capacité juridique, pas de mission internationale possible.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1648 | Traités de Westphalie (Paix de Westphalie) consacrant l’égalité religieuse entre États chrétiens et l’ossature européenne du droit des gens |
| 24 octobre 1945 | Fondation de l’Organisation des Nations Unies (ONU) par 51 pays |
| 27 janvier 1980 | Entrée en vigueur de la Convention de Vienne sur le droit des traités (1969) |
📊 Tableaux de synthèse
Majorités et consensus à l’Assemblée générale de l’ONU
| Décisions | Majorité | Pratique récente |
|---|
| Questions essentielles (paix/sécurité, admission, budget) | majorité des deux tiers | tendance au consensus plutôt qu’au vote |
| Autres questions | majorité simple | tendance au consensus plutôt qu’au vote |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre DIP et ONU : le DIP est un ensemble de règles, tandis que l’ONU n’est pas un gouvernement mondial et ne légifère pas.
- Mélanger sujets et acteurs : les individus, ONG et entreprises sont des acteurs, mais n’ont pas la qualité de sujets de DIP (droit essentiellement interétatique).
- Croire que l’égalité confessionnelle de Westphalie implique la liberté religieuse des sujets : ils doivent suivre la religion du prince (cujus regio, ejus religio) ou émigrer.
- Penser que l’article 38 de la CIJ épuise toutes les sources : il est incomplet (il omet notamment les actes unilatéraux et le droit des organisations internationales).
- Inverser coutume et traité : la coutume exige pratique générale + opinio juris, alors que le traité est un accord écrit régi par le droit international.
- Oublier l’effet relatif des traités : en principe, les obligations lient seulement les États signataires/ratifiants, avec des exceptions notamment pour les traités humanitaires.
- Confondre reconnaissance constitutive et déclarative : la reconnaissance d’État n’est pas constitutive mais déclarative (attestation de l’existence).
✅ Checklist Examen
- Définir le DIP, la société internationale et distinguer sujets du DIP et acteurs de la vie internationale.
- Expliquer le rôle de l’ONU dans la sécurité collective et rappeler les quatre buts de l’ONU.
- Maîtriser le fonctionnement de l’Assemblée générale : une voix par État, deux tiers vs majorité simple, et la logique du consensus (consultation du Président).
- Présenter la Paix de Westphalie : égalité religieuse entre États chrétiens, absence de liberté religieuse des sujets, et lien avec souveraineté/égalité.
- Expliquer l’ordre juridique international (absence de constitution, législateur, exécutif, juridiction obligatoire) et situer le DIP classique vs moderne.
- Décrire la coutume internationale : formation, difficulté d’identification, et les deux éléments (pratique + opinio juris).
- Savoir ce que recouvre l’article 38 du Statut de la CIJ : conventions, coutume, principes généraux, jurisprudence/doctrine, valeur coutumière et ex aequo et bono avec accord.
- Comparer les sources subsidiaires : jurisprudence (source auxiliaire) et doctrine, puis expliquer l’équité ex aequo et bono (faculté conditionnée).
- Définir traité et ses exclusions (accords verbaux, engagements politiques, etc.), puis rappeler l’intérêt du régime des traités (Vienne 1969, caractère supplétif, effet relatif).
- Expliquer signature, ratification et adhésion, ainsi que pacta sunt servanda et l’exception liée au jus cogens.
- Définir réserve et déclaration unilatérale, préciser leur moment (souvent signature, parfois ratification) et leur fonction juridique.
- Expliquer les actes unilatéraux : reconnaissance, protestation, notification, et distinguer leurs effets ; puis maîtriser les éléments constitutifs de l’État (territoire, population, gouvernement) et la souveraineté (ind
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